PLOMB
Les effets nuisibles des préparations de Plomb employées dans les arts depuis des siècles n’ont pas empêché les médecins d’utiliser cette substance, et le Plomb occupe dans la thérapeutique une place très-importante.
Comme ses effets toxiques sont parfaitement indépendants de ses propriétés astringentes et que surtout ils ne s’observent jamaisou presque jamais quand on administre les préparations de Plomb dans un but curatif, nous croyons devoir ne pas nous y arrêter ici et passer immédiatement aux lisages thérapeutiques du Plomb.
Les préparations de Plomb employées en médecine sonl : le Plomb métallique, la lilharge, le minium, l’jodure de Plomb , le sous-carbonate et surtout les acétates, sur lesquels nous insisterons plus particulièrement.
Plomb métallique. Le Plomb métallique a été employé seulement pour l’usage externe en lames minces pour recouvrir et comprimer les vieux ulcères des extrémités inférieures. Cette médication , évidemment utile , est trop rarement employée de nos jours, et quoiqu’elle ne vaille pas en général les bandelettes circulaires de diachy-
lon , elle est pourtant préférable quand il s’agit de soutenir une cicatrice revêtue seulement d’une pellicule mince que le diachylon irriterait ou ramollirait.
Litharge. La lilharge, ou proloxide de plomb demi-vitreux, ne s’emploie jamais pure, mais seulement incorporée aux graisses, aux huiles fixes, avec lesquelles elle forme des emplâtres, des onguents, des sparadraps , certains cérals qui sont d’un usage extrêmement commun en chirurgie : les plus employés sont l’emplâtre diachylon, le diapaline, de Canet, de Yigo, diahotanum, etc., etc. Ces emplâtres divers sonl tous astringents et conviennent à merveille dans le traitement des vieux ulcères et des plaies suppurantes. On sait ce que Philippe Boyer a obtenu des bandelettes de diachylon dans le traitement des ulcères des extrémités inférieures; il a constaté qu’en entourant toute la partie malade debandelet tes qui fissent une fois et demie le tour du membre malade , et en renouvelant l’appareil seulement une ou deux fois par semaine, les malades pouvaient vaquer à leurs occupations, et que la cicatrice se faisait plus solidement et plus rapidement que par toute autre méthode.
Minium. Le Minium , deutoxvde ou oxyde rouge de Plomb, a des propriétés analogues à celles de la litharge et il ne s’emploie non plus que pour l’usage externe, et sert à composer des onguents et des emplâtres. Ces emplâtres sont astringents. styptiques, et sonl en général employés dans les mêmes circonstances que ceux dans la composition desquels entre la litharge.
Pur , le minium a des propriétés irritant! s assez énergiques ; on le réduit en trochisques que l’on emploie non commeeschai roliques , mais bien seulement comme caihéréliques polir réprimer les chairs baveuses, pour modifier les fistuhs, aviver leur fond et agrandir leurs ouvertures.
L'Iodure de Plomb a tout récemmenl été introduit dans la matière médicale par Cotlereau et Verdé Delisle ; Guersanl, de l’Hôpital des Enfants , l’a également essayé d’après ce qu’en avaient dit ces derniers (Jour, hebd ., an. 1831. — Rev. méd ., 1831, p. 292). Cet iodure, donné à l’intérieur à la dose d’un dixième de grain à la fois ou incorporé avec de l’axonge dans la proporlion d’un septième , a été tenté contre ceilains engorgements scropbuleux ; l’expérience a démôntré qu’il agissait comme les autres préparations iodées et qu’il ne remplissait aucune indication spéciale.