ES
à' irritation vont «le toutes parts vous intimider et vous commander l'abstinence scrupuleuse de tout tonique. Qu’est-ce en effet que l’ irritation? On répond que c’est l’exaltation morbide des propriétés vitales d’une partie. Il n’est pas de notre sujet de combattre ici les vices de cette définition et de signaler tout ce qu’elle laisse de vague , d’arbitraire, et par conséquent, d’insignifiant. Nous devons seulement dire qu’en la prenant pour guide dans l’appréciation des symptômes de la chlorose, à l’examen de chaque appareil, de chaque fonction, on criera à l’irritation , parce qu’on n'en trouvera pour ainsi dire aucune dont les propriétés vitales ne semblent pathologiquement exaltées . ce dont on jugera soit par des exaltations de la sensibilité qui surgissent de tous les points, et de l’estomac en particulier, soit par des dérangements fonctionnels qui paraîtront attester un surcroît d’activité do l’appareil, etc
Et, si quelques fonctions présentent des signes de langueur, d’inertie, d'abirritation, on n’y verra que le résultat d’une révulsion produite par l’irritation des autres parties, d’après cette proposition qui est un des pivots de la doctrine : « L’exaltation d’un ou de plusieurs systèmes organiques , d’un ou de plusieurs appareils , détermine toujours la langueur de quelque autre système ou appareil. »
Aussi M. Broussais ajoute-t-il, en vertu de cette proposition: « Fort mal, si les règles sont retenues par une irritation viscérale. » Le médecin imbu des principes qui précèdent ne sera jamais embarrassé pour trouver une et même plusieurs de ces irritations viscérales qui retiennent les règles, etil repoussera les toniques qui n’ont uesuccès que lorsque l’estomac languit par anémie.
On se rappelle ce que nous avons dit plus haut des fameuses gastrites chez les chlorotiques et les femmes nerveuses , des sensations pathologiques et des troubles fonctionnels «pie l’inertie des forces assimilatrices accumulait vers l’estomac, eL loin que ces prétendus signes d’irritation et d’inflammation, doivent faire renoncer à l’usage des préparations chalybées, ils devront au contraire en fournir l’indication plus formelle.
Nous avons insisté suffi-amment sur ce point , au chapitre où nous avons spécialement traité du fer, que la chlorose n’était pas due à l’aménorrhée, puisque beaucoup de chlorotiques sont réglées cl surabondamment réglées. Nous avons dit que, quand il y avait aménorrhée , le fer la faisait c«-sser en guérissant la chlorose dont elle n’était qu’un accident, et que, quand il y avait ménor- 2e
rhagie, le fer la modérait par sa puissance hémostatique. On ntî l,eut concevoir en effet un hémostatique plus puissant, et celle vertu, il la doit ù la faculté dont il jouit à un si haut degré , de faire prédominer dans le sang la fibrine et le ci uor, de lui rendre par conséquent les propriétés nuit itives et stimulantes dont il était dépouillé. Or, par les premières , il devient moins ténu , moins lluide , plus coagulable , plus consistant , et traverse plus difficilement les vaisseaux exhalants; par les secondes , il détermine la tonicité des tissus qui, en se resserrant, en acquérant de l’orgasme et de la contractilité , le font plus énergiquement circuler sans permettre son épanchement passif à l’extérieur.
Pour nous -résumer et formuler le plus substantiellement possil.de les indications générales des remèdes martiaux, il nous paraît juste et pratique de dire qu’ils sont principalement utiles dans les étals morbides essentiellement et actuellement caractérisés par une inertie et une déviation profonde de la force d’assimilation, avec appauvrissement du sang et tous les accidents qui en résultent, lorsque ces étals se sont produits lentement et ont tellement perverti les fonctions digestives , hémalosiques et altérantes , que ces fonctions so?il incapables de faire subir aux aliments les élaborations successives qu'exige la nutrition , et qu’il faut porter immédiatement dans les secondes voies des principes reconstituants.
Si on veut se rappeler ce «pie nous avons dit plus haut (page loi ) , on verra quecelte conclusion est simplement déduite de l’observation des faits les plus importants elles plus caractéristiques de la chlorose.
Alimentation substantielle. Gymnastique.
Bains frais. Ces agents de l’hygiène sont , comme nous l’avons déjà dit , des auxiliaires puissants des préparations ferrugineuses dans le traitement de la chlorose et des maux de nerfs hystériques. Nous devons maintenant, en d- ux mots, montrer les raisons qui en recommandent quelquefois l’emploi exclusif comme moyens curatifs principaux.
Les médicaments ferrugineux , avons nous dit plus haut, conviennent surtout dans les maladies où le sang a perdu lentement, et par une perversion graduelle des fonctions viscérales , ses qualités excitantes et plastiques , Unîtes les lois cnlin que les actes préparatoires de la chimie vivante ne s exercent plus, et ne réagissent plus fructueusement sur les aliments de manière à eu
1MÊD1CAT1C
former des principes assimilables , comme cela se voit dans la chlorose.
Les Ioniques alimentaires , au contraire, sont efficaces lorsque les fonctions assimilatrices , lorsque le sang, sont depuis peu de temps frappés d’inertie et de pauvreté , comme à la suite et dans la convalescence des maladies aiguës fébriles qui ont exigé un travail actif et rapide des forces altérantes, une période de coction longue et puissante, surtout chez les enfants et les adultes vigoureux.
11 faut garder une dièle sévère tant que les forces altérantes de l’économie ont à exécuter un travail pathologique nécessaire. Introduire alors des aliments serait vouloir de ces forces un surcroît d’action nutritive, qui enrayerait ou les élaborations pathologiques, ou les élaborations . . réparatrices. C’est ce qui a faiL dire à Hippocrate dans ses Aphorismes {le 10m° de la sect. 2mc) : Imput a corpora quo niagis nutriveris , èo tnagis lœdes.
Le travail morbide altérant une fois consommé, la diète nuit j elle engendre la débilité et les maux de nerfs , ce qu’elle ne fait pas tant que les forces de la chimie vivante sont occupées à digérer et à mûrir des produits pathologiques.
Dans les maladies humorales , la diète est donc bien plus nécessaire que dans les maladies nerveuses ; et ce qui prouve combien les actes qui appartiennent aux forces altérantes de l’organisme sont exclusifs des phénomènes nerveux . des aberrations de la sensibilité et des mouvements des spasmes, en un mot, c’est que dans les maladies humorales ou fébriles aiguës où ces forces peptiques , suivant l’expression d’Hippocrate, sont dans une grande activité, on n’observe pas de spasmes, de maux de nerfs, et que, s’il en survient , c’est un signe de suspension du travail pathologique et de la marche régulière de la maladie.
L’alimentation dans le cours et la convalescence des affections aiguës paraissait très-importante à Hippocrate, qui s’en est beaucoup occupé, et dans un traité spécial {Devict. rat. in acul.), et dans plusieurs aphorismes de la première section.
Vers le déclin des maladies fébriles aiguës , des inflammations graves, des pyrexies exanthématiques , il est besoin d’une grande sagacité pour savoir quand il faut commencer à nourrir. Souvent alors des phénomèmes nouveaux surgissent, de la fièvre persiste ou se développe , etc. , etc. , qu’une alimentation opportune apaise aussitôt.
* TONIQUE
Galien avait déjà reconnu qu’après certaines fièvres ou maladies aiguës intenses, qui avaient beaucoup affaibli les individus, se déclarait une fièvre nerveuse que calmaient les Toniques analeptiques : Equidem ità fébricitantes aliquos ostendi tibi maxime ex iis qui è longo morbo convaluerant , quorum quutn uni forte fortunâ occurrissem qui tnox ante horrescere cœpisset , ut rem exposuissel , dato ex vino diluto pane, continuo horrorem inhibui; atque ut setnel dicam , quibus incipientis adliuc accessionis aderant symptomata iis omnibus panent ex vino diluto et calente mature exhibens , horrorem statim inhibui , et febrem prohibai.
La longueur présumée de la maladie, les pertes que fait le malade par les diverses évacuations qui le dépouillent de sa substance et réduisent , pour ainsi dire , l’organisme à son canevas, la considération des habitudes, de la forme intermittente, rémittente, ou continue de l’affection, etc... doivent surtout guider le médecin dans la manière dont il dirigera la diète de ses malades. L’aphorisme suivant d’Hippocrate résume bien une partie de ces motifs : Considerare oporlet etiam œgroianteni, nùtnad tnorbi vigorem victusufficiet , et an priùs il/e deficiet , et victu non su/ficiet , an morbus priùs deficiet et obtundetur.
Sans qu’il nous soit nécessaire d’énumérer tous les cas où les toniques alimentaires sont indiqués, il suffira, nous pensons , de dire d’une manière générale qu’ils le sont toutes les fois que la force d’assimilation et le sang ont été rapidement affaiblis, par des perles abondantes ou par des maladies pendant lesquelles les actes de la chimie vivante ont été absorbés dans un travail pathologique qui a dû longtemps commander une diète rigoureuse , et qu’ils sont puissants pour faire cesser tous les accidents nés de ces conditions , alors que les fondions digestives et hématosiques n’ont pas perdu leur pouvoir physiologique.
Quant aux effets qu’on peut retirer des toniques alimentaires dans les maladies chroniques, cela rentre dans le régime et regarde l’hygiène en général , et nous ne nous en occuperons pas.
Toutefois, il faut dire que lorsque, dans les affections où les martiaux sont si bien indiqués, les fonctions commencent un peu à se régulariser et à jouir d’une action et d’une telle influence réciproques normales , les toniques alimentaires deviennent profitables et acquièrent une puissance curative considérable, surtout lorsqu’on en favo-
riseles bienfaits par la gymnastique , etc., il nous reste à parler en quelques mots :
u L’exercice des muscles locomoteurs, dit M. le professeur Broussais ( Proposit . 573. Ex. des doct. , tome i ) , est le meilleur moyen de détruire la mobilité convulsive. 11 agit eu déplaçant les irritations viscérales (la latitude vicieuse que M. Broussais donne au mot irritation permet qu’on le prenne ici pour synonyme de douleurs, de spasmes, de névropathie en un mot), en consumant une activité superflue , et en appelant les forets vers la nutrition et vers les tissus exhalants et sécréteurs. »
Celle proposition renferme une profonde vérité trop méconnue ou trop dédaignée des médecins qui croiraient n’avoir pas bien guéri, et se trouveraient indignes de leur titre, s’ils avaient guéri sans le secours de la pharmacie; vérité méprisée aussi par les malades, qui ne font aucun cas d’un docteur , quand celui-ci a la conscience de ne pas les droguer, et qui jugent que leur médecin ne voit rien à leurs maux, qu’il est inactif, ou qu’il désespère d’une guérison , quand il cherche exclusivement ses moyens curatifs dans les ressources de l’hygiène !
C'est une chose proverbiale que les travaux d’esprit sont plus fatigants et usent bien plus les forces de l’économie que les travaux du corps; mais on ne se rend pas compte physiologiquement de celte différence qui semble extraordinaire.
L’homme de cabinet, l’écrivain méditatif, vivant du malin au soir dans l’immobilité et le silence de l’élude , dépense-t-il plus de vitalité que celui dont les travaux exigent le mouvement continuel du corps et une activité musculaire déployée dans les champs ? Non ; mais si celui-ci dépense beaucoup, il répare beaucoup; tandis que le premier dépense sans réparer.
L’exercice trop continuel et trop intense de la pensée met l’homme de lettres dans un état nerveux perpétuel. Chez lui, les mouvements vitaux, au lieu d’être expansifs , fructueux, d’imprimer de l’activité aux puissances organiques par lesquelles la vie végétative s’entretient, telles que la digestion, la circulation, l’hématose, les secrétions , etc..., les mouvements vitaux sont comprimés , enchaînés , et la force d’assimilation languit ; de là la fréquence des maux de nerfs chez cette classe d’hommes. Leur travail, au heu d’être une occasion d’activité fonctionnelle pour les organes nutritifs, est au contraire pour ces organes une cause incessante de langueur et de perversion ; puis bientôt la cause s'accroît de son
effet. Digestions imparfaites , d’où inappétence; désir nul de réparation alimentaire. Difficulté des sécrétions, des exhalations, des exonérations. Inertie des fonctions respiratoires. Défaut de fatigue musculaire, troubles digestifs , suractivité cérébrale qui se réunissent pour éloigner le sommeil , ce bienfaisant tonique.
Ainsi, sans se fatiguer, sans avoir fait une légitime dépense de vie qui puisse appeler le besoin d’une réparation nécessaire et profitable , les individus dont il s’agit interdisent à leur organisme la satisfaction de ses plus importants besoins, en affaiblissant et en détournant les actes qui président à l’accomplissement de ces besoins.
Le contraire se voit précisément chez ceux qui en plein air se livrent selon leurs forces aux travaux corporels. Ils font une énorme dépense de vitalité , mais ils acquièrent un appétit vif et vrai qu’ils satisfont avec fruit et pour de légitimes besoins. Leur hématose est puissante, leur circulation active , les sécrétions , les exhalations abondantes et de bonne qualité. Leur sommeil est naturel, profond et réparateur, etc...
Chez ces individus, les forces agissantes , pour parler comme Barthez, par leur exercice constant et bien proportionné, loin de s’épuiser, ne font qu'augmenter la somme des forces radicales, dans lesquelles elles trouvent sans cesse une nouvelle puissance d’action. Or, nous avons vu que le caractère des toniques est de corroborer les forces radicales de l’économie. « L’énergie des forces radicales s’accroît dans un rapport composé de l’intensité d’action des forces agissantes dans chaque fonction, et de la constance des rap-1 ports d’activité entre toutes les fonctions qui ont été formés par l'habitude....
» L’agitation répétée de tout le corps dans un exercice convenable et les impressions renouvelées d’un air libre excitent les forces radicales du principe de la vie. » (Barthez, Nouv. Êlèm. de la Sc. de VHom , l. n , p. 1G8.)
11 est des femmes sujettes aux maux de nerfs chez lesquelles ni les préparations ferrugineuses ni les toniques alimentaires ne peuvent absorber et faire rentrer dans l’ordre les fonctions nerveuses; telles sont principalement celles qu’affecte l’hystérie convulsive et quelques-unes aussi de celles que tourmente l’hystérie spasmodique et vaporeuse. Une grande persévérance dans l'habitude des exer cires du corps et une gymnastique bien dirigée sont alors les seuls Ioniques utiles. On voit aussi certaines femmes en proie à tous les spasmes et à tous les maux de uerfs hyslé-
TÜNIQÜES ANALEPTIQU ES.
, dont
riques que nous avons principalement attribués aux personnes chétives et délicates, bien que ccs femmes soient d’une constitution sanguine et vigoureuse.
Les indications thérapeutiques consistent dans ce cas uniquement . à consumer , par l’exercice musculaire, une activité superflue et à appeler les forces version utrition et vers les tissus exha lantset secréteurs, comme le veut M. Broussais.
L’espèce de toniques dont nous nous occupons maintenant est peut-être la seule qui convienne aux hypochondriaques, qui ne peuvent presque jamais supporter les toniques de là matière médicale à cause de l’irritabilité excessive de leur système gastro-hépatique, laquelle s'élève quelquefois jusqu’à une nuance d'irritation et de subinHammalion chroniques, surtout lorsqu’ils sont depuis longtemps atteints de leur triste maladie. On sait quelle confiance le grand Sydenham avait . pour ces sortes de malades , dans l’cxer- Cîce du cheval. Jt verà . dit-il . nihil e.v omnibus quœ mihi liactenus innotuerè , acleô im-
pensè SAtVGÜIiXKM SPIRITISQUE FOVET FIR.1IVTQUE ac dm multurnque sinç/ulis ferè diebus equo
velu Quid qu'od sanguis perpetuo hoc
raotu indesinenfer agitatus exagitatus ac permixlus quasi renovatur ac vigescit.
Ci st toujours le même but atteint par des i moyens différents; c'est toujours la Médication Tonique-analeptique, qui a pour objet immédiat la réhabilitation des forces nutritives.
Mais il faut bien de la méthode et de l’attention pour administrer et doser convenablement celte sorte de toniques. Non-seulement les exercices musculaires ne doivent pas dépasser la mesure des forces de l’individu ; il est indispensable, en outre, qu’ils soient bien réglés relativement à l’espèce d’affection contre laquelle on les met eu usage. Ils doivent occuper et mettre en activité l’ensemble de^ fonctions de 1 dation et être en rapport avec un but intellectuel ou moral , être proportionnés avec l’alimentation et le sommeil . secondés par une température et des vêtements appropriés ; il faut y apporter une grande constance , et ne pas se rebuter parce qu’après quelque temps on n’en aura pas encore retiré d’effets salutaires ; car tous les moyens tirés de l’hygiène ont une influence progressive, douce, lente, insensible, mais durable cl profonde, posée de l intensité d’action que les forces agissantes déploient dans chacune des fonctions principales de î’économ.e animale, et de la conservation des rapports d activité cnlie toutes ces (onctions que
l’habitude a établies dans la forme de santé qui est propre à chaque individu.
a Les forces radicales ainsi reproduites (par l’exercice du corps) résistent moins aux causes de maladies chez les sujets qui mènent habituellement une vie inactive cl chez ceux qui se livrent presque tous les jours à des travaux forcés. »
Les bains frais sont aussi une espèce de toniques et de toniques bien puissants, par le câline qu'ils impriment (Bâbord au système nerveux , calme général , uniforme , égal . suivi bientôt d’une réaction excentrique, générale, uniforme, égale, pleine d’harmonie et de spontanéité. Celte heureuse réaction , aidée et soutenue au sortir du bain ( qui ne doit jamais dans ce cas être prolongé , mais durer huit à dix minutes dans une eau graduellement descendue à 215 , 24 , 20 et même 18 degrés du thermomètre de Réaumur) par des frictions sèches ou aromatiques , le massage, un repas fortifiant aiguisé par quelques cordiaux . etc. , etc. , se manifeste par une fièvre physiologique qui est le plus puissant antagoniste des maux de nerfs.
Oui, une lièvre générale de celle nature fait taire la mobilité nerveuse , el éteint les sympathies, loin de les éveiller, comme on le prétend dans l’école physiologique. La fièvre accable, est une ex* pression populaire qui n’a pas assez fait réfléchir les médecins. La fièvre est le type des réactions salutaires. C’est la maladie par excellence.
Nous terminerons celte partie déjà trop étendue de notre médication tonique , en considérant , premièrement, que toutes les réactions de l’organisme qui s’accomplissent par les actes les plus généraux et les plus rudimentaires, par ces fonctions que M. Récamier appelle vitales communes, que ces réactions , disons-nous , telles que la fièvre et l’inflammation , qui mettent si vivement en jeu la force d’assimilation , sont les plus légitimes, les plus calculables , les plus critiques, les plus salutaires.
D’un autre côté, nous voyons les réactions de l’organisme , qui s’accomplissent par des actes spéciaux et sans intéresser les fonctions vitales communes , être caractérisées par des traits tout opposés aux premières ; nous les voyons, et telles sont toutes les maladies nerveuses, incalculables!; dans leur marche, incohérentes dans leurs expressions symptomatiques, sans tendance critique , incapables de se juger par elles-mêmes.
Ainsi , les premières , confiées aux fonctions; vitales communes (c’est-à-dire partagées par tout être vivant) . se font avec harmonie, ensemble ,
TONIQUES AXALEPTIQU ES.
ier.
ont des périodes calculables , un terme dont on peut assigner l’époque et le mode.
Les secondes se manifestent par «les anomalies dans l’action et l’intluencè des fondions spéciales (eYst-à dire qui n’existent que chez certains êtres vivants), marchent sans ordre, sans harmonie , n’ont rien de calculable , persistent indéfiniment et ne peuvent être prévues, ni dans 1 enchaînement île leurs phénomènes ni dans leur mode de terminaison.
Cependant l’observation nous apprend que ces deux classes d'affections son i exclusives les unes des au’ res , et qu'il est' bon que les premières se substituent aux secondes, parce qu’elles en amènent la solution la plus naturelle , comme cela résulte, ainsi qu’on vient de le voir , de leurs caractères respectifs, (Eoyez, pour un plus ample développement de ces idées , la thèse inaugurale de l’un de nous : Essai sur les lois de la force médicatrice ; Paris, février 1835 ; n° 56.)
Or, les Toniques analeptiques font prédominer dans l’organisme les fonctions vitales communes , la force d'assimilation , et par conséquent les réactions les plus calculables , les plus légitimes , les plus salutaires.
Donc iis sont les agents curatifs véritables et naturels des affections nerveuses que nous avons spécifiées dans le cours de cette importante division de la médication tonique.
Le dernier argument que nous produirons à l’appui de celle loi thérapeutique capitale, c’est celui qu’une observation journalière nous a mille fois appris , savoir que les individus dont la constitution est caractérisée par la prédominance de la force d’assimilation, ne sont point sujets aux maladies nerveuses . et au contraire sont fortement et facilement fébricitants dans toutes les réactions morbides qu’ils ont à supporter; tandis que ceux d’un tempérament nerveux et qui sont fort sujets aux spasmes, aux maux de nerfs, dans l’un et l’autre sexe , sont rarement fébricitants , réagissent difficilement par des pyrexies.
En réunissant ceque nous avons dit de la médication antispasmodique (impartie), po ur pallier les affections nerveuses essentielles, ù la médication Tonique-analeptique, appelée à remplir les indications curatives radicales dans ces affrétions ,on aura , nous osons l’espérer, les données fondamentales pour se guider dans la thérapeutique si difficile de celle classe nombreuse et importante de maladies.
Sydenham sentait bien la nécessité d’avoir à «a duposi ion deux ordres de ressources dans le
traitement des maux dé nerfs ; et il savait se servir simultanément ou alternativement des antispasmodiques, comme ou le voit dans le passage qui suit : Quolies vero paroxysmus invaserit , si taie aut tantum si malum ut induews ferre nolit, donec sanguine et spirilibus corroborons, quasi per ambages sanaripossit , confeslim ad remedia hysterica isla confugiendum est , quœ odore viroso ac gravi, spiritus , ut dixi , exorbitantes ac deser tores in proprias s'ationés remandant, sivè intrà corpus sumantur , sivè naribus admoveantur odoranda sivè esterais applicenLur ; eu jus modisunt assa-fætida, galbanum,castoreum , spiritus salis a?nmoniaci , et quicquid es< déni que quod odore m tetrum admodùm ingratumque spirat. (Syd.
op., loin, i, p. 276.)
TONIQUES RADICAUX OU SPÉCIFIQUES
Le mode d’action caractéristique des Toniques radicaux ou spécifiques consiste , avons-nous dit (pagelôl de cette partie), à imprimer immédiatement aux forces radicales de l’économie de la résistance vitale , et à y rétablir les synergies.
Il s’agit actuellement de développer celte proposition.
Dans la section précédente, nous avons beaucoup parlé de la force d’assimilation. C’est sur la force de résistance vitale que doit maintenant porter notre attention.
Dumas de Montpellier a, selon nous, fait preuve d’un grand talent d’observation , quand , malgré les attaques et les critiques injustes de bailliez , îi a reconnu dans l’organisme une force de résistance vitale essentiellement distincte de sa force d’assimilation. Lorsque nous aurons exposé ce qui concerne spécialement la médication Toniquespécifique , nous signalerons sommairement les différences qui la séparent de la médication Tonique-analeptique. Néanmoins , avant d’aller plus loin, il est fort à propos que nous expliquions en quoi la force de résistance vitale diffère de celle d'assimilation.
Le célèbre, pli ysiologistequc nous venons de nommer , après avoir établi les deux forces en question, définit mal, ù notre avis, sa force de résistance vitale, et ne choisit pas, pour en motiver I admission, les faits et les exemples frappants qui suffi aient A lui de toutes parts. C’est pourquoi nous nous voyons obligés de réel lier et d’éclaireir la chose , surtout de la fonder sur l’observa-
IGG
M INDICATION TONIQUE
lion de faits plus scindés et plus caractéristiques.
La force d’assimilation est cette faculté primitive et générale dont jouissent tous les êtres organisés de convertir en leur propre substance, de s’identifier, de s'assimiler des matières étrangères dont la composition, variable suivant la constitution de ces êtres, est déterminée par des lois constantes et primordiales.
La force de résistance vitale est cette autre faculté dont jouissent les mêmes êtres d’opposer une réaction énergique, régulière, coordonnée et conservatrice à toutes les influences normales ou anormales , salutaires ou nuisibles qui agissent incessamment sur eux , faculté par laquelle ils se maintiennent et consomment leur existence jusqu’à son terme naturel , à travers toutes les causes d’altération et de destruction auxquelles ils sont exposés.
Chez les végétaux et les plus inférieurs des animaux., cette force semble se confondre avec la force d’assimi.lation en laquelle leur vie se résume presque entièrement. Mais, chez l’homme, objet de notre science , elle a des phénomènes et des lois qui exigent qu’on la considère séparément.
Que Dumas ait eu tort d’en faire une force à part , un être existant par lui-même , exécutant des actes distincts, comme, parmi les appareils organiques, l’appareil digestif existe par lui-même et exécute des actes distincts et qui ne sont pas ceux de l’appareil respiratoire, etc.., cela est possible , et peu nous importe. Si on ne veut pas que ce soit une force spéciale créée ad hoc et présidant exclusivement à la résistance vitale, qu’on nous accorde seulement qu’elle exprime un grand fait physiologique, auquel il faut subordonner un certain ordre de phénomènes qui, à cause de leur importance, des résultats spéciaux et indépendants qu’ils présentent à observer, doivenl nécessairement relever d’un principe unique , d’un centre auquel on puisse les rattacher. C’est une abstraction ; soit : mais une abstraction déduite de l’observation de l’homme résistant puissamment aux causes nuisibles, en vertu de conditions particulières', comme la fécondation, par exemple, est une abstraction tirée de l’observation des êtres se fécondant, en vertu de conditions particulières ; comme la vie est une abstraction tirée de l'observation des êtres qui vivent sous certaines conditions particulières.
Tout ceci va s’éclaircir en se réduisant en faits simples , consacrés par l’autorité de l’expérience et du sens commun.
Un individu étant donné, dans l’étal anatomi-
que et physiologique le plus parfait, vivant sons des influences ordinaires et régulières , il est impossible de déterminer à priori le degré de résistance vitale dont il est pourvu. Il faut pour cela le voir à l’œuvre , s’il est permis de parler ainsi : ce n’est qu’à posteriori , qu’ empiriquement, qu’on pourra reconnaître chez lui le degré de cette faculté ; car elle n’est nullement en rapport (direct et nécessaire au moins) avec sa force d'assimilation , la niasse de son appareil locomoteur, le développement, le volume, la consistance , les proportions de ses formes extérieures, pas plus qu’avec la structure, la conformation , les dispositions anatomiques plus ou moins normales de ses organes intérieurs (1).
Tant pis pour l’école organiciste si ces assertions embarrassent un peu la séduisante simplicité de sa doctrine; mais ainsi le veulent les faits : car :
On se tromperait grossièrement si, de ce qu’un homme est bien conformé , d’un beau développement musculaire, d’une constitution athlétique même, de ce que tous ses organes sont dans l’état le plus normal anatomiquement el physiologiquement , on concluait qu’il résistera mieux à des influences nuisibles; que , frappé par une cause morbide, la réaction qu’il y opposera, c’est-à-dire la maladie qui s’ensuivra , sera plus régulière , plus calculable dans sa marche, mieux coordonnée dans les actes et les phases qui la composeront, d’un traitement plus simple et plus naturel, d’une issue plus prompte et plus définitive , que celle qui résultera de la même cause chez un sujet évidemment placé dans des condil ions organiques beaucoup moins favorables en apparence..
Combien de gens à belle carnation , à frais embonpoint , à nutrition énergique , à belles dents , à longs cheveux , à sang plastique et immédiatement organisable , qui sont abattus par un souffle , qui ne peuvent supporter la perte de deux onces de ce sang si riche, qu’un bain anéantit, qu’une frayeur fait pâmer , qui tombent en syncope à la moindre émotion , à la vue d’une
(1) Quand nous disons que le degré de résistance vitale n'est pas en rapport avec la structure, la conformation, les dispositions anatomiques plus ou moins normales des organes, il est bien entendu que ce n est que dans de certaines limites, et que nous n’avons pas l'intention absurde de faire croire qu’un organe fonctionne également bien malgré te renversement complet de ses conditions anatomiques. Du reste, notre pensée se précisera mieux par les exemples que nous choisissons. «
lancette, en essuyant la douleur d’un coup reçu d’une brûlure légère! etc. Enfin, et ce fait est un des plus importants à signaler , parce qu’il ex prime la faiblesse de la fonction la plus essentielle de l’économie, de la fonction à l’existence de laquelle est inséparablement lié l’èlat de vie : nous voulons parler de la fonction de calorification', de tels individus sont promptement engourdis par le froid et anéantis par la chaleur. Ils sont incapables, dans le premier cas, de cette excitation spontanée, et, dans le second, de cette sédation spontanée, qui neutralisent chez les êtres animés l’influence funeste des abaissememenls et des élévations excessives de température.
Ces gens sont le type parfait qui représente la force d'assimilation à son maximum d’activité ; et cependant ils sont le type qui nous montre la force de résistance vitale ù son minimum de puissance.
Combien de gens maigres , pâles et d’une constitution qu’on appelle chétive, que les premiers pourraient écraser sous leur poids, quelquefois affligés d’un vice de conformation congénitale ou d’une lésion organique acquise , etc..., ([ui vivait impunément au sein d’influences délétères , de foyers épidémiques, sans en subir l’atteinte ; qui , affectés par les causes morbifiques , réagissent salutairement et recouvrent merveilleusement leur état physiulogique , tandis que les premiers exposés aux mêmes causes succombent, où survivent laborieusement et au milieu de toutes sortes d’anomalies ou de périls qui attestent la faiblesse et l’incohérence de leur résistance vitale !
Cettè organisation , en apparence si délicate, si peu parenchymateuse , supporte mieux souvent les perles de sang que celles dont nous la rapprochons pour en faire saillir les différences j les douleurs physiques et morales , les épreuves de tout genre la trouvent toujours en mesure de repous-er leurs coups par des efforts naturels et synergiques , c’est-à-dire qui puisent leur force dans leur spontanéité et dans leur harmonie. Enfin , soumise à des abaissements et à des élévations considérables de température, elle y oppose facilement une excitation et une sédation spontanées , suffisantes pour en neutraliser la funeste influence.
Ces gens sont le type parfait qui représente la force de résistance vitale ii son maximum de puissance,et cependant ils sont le type qui nous montre la force d'assimilation à sou minimum d’activité.
IONIQUES RADICAUX OU SPÉCIFIQUES. 167
C’est cette force de résistance vitale qui fait que . de deux individus affectés des mêmes li -
sions organiques du cœur ou des poumons , par exemple , l’un vit longtemps sans grand dérangement de la santé , presque sans troubles fonctionnels de l’organe lésé , tandis que 1 autre silfccombe rapidement ou traîne une vie douloureuse. C’est elle qui , chez deux enfants nés à sept mois, pourvus l’un et l’autre, organiquement et au même degré apparent , de tout ce qu’il faut pour vivre, accorde la viabilité à l’un et la refuse à l’autre, etc., etc...
11 nous semble donc impossible de contester l’opportunité et l’avantage qu’il y a à admettre l’existence , dans l’économie , d’une force de résistance vitale , tout à fait indépendante de la force d’assimilation , et dont on ne peut évaluer sainement le degré d’après les conditions anatomiques d’organisation.
Le système nerveux ganglionaire, comme nous l’avons déjà dit (page 150 de cette partie) , nous paraît concourir spécialement, par la nature et l’im;ior'lance de ses attributions , à produire et à régler les phénomènes de cette force de résistance vitale.
Rappelons maintenant ce qui a été annoncé au commencement de ce chapitre, savoir, que certaines causes morbides , par leur nature essentiellement délétère et antivilale, frappent immédiatement les foyers principaux de ce système, et anéantissent ou détraquent primitivement la résistance vitale ; que d’autres causes, maisd’une nature quelconque , rencontrant l’organisme dans certaines conditions , dont les unes peuvent être déterminées autant que possible , dont les autres sont tout à fait indéterminables d’avance, produisent le même résultat.
Il nous reste, par conséquent, à parler de ces états pathologiques sous les points de vue principaux de leur histoire, qui peuvent servir à éclairer les indications thérapeutiques que sont appelés à remplir ù leur égard les Toniques radicaux ou spécifiques.
On sait que ces médicaments , dont l’élude spéciale et détaillée a été faite en son lieu , sont les amers en général , mais par excellence , et à un degré dont nul autre n’approche , le quinquina.
Le caractère qui mérite le plus de fixer l’attention dans les maladies dont nous avons ù nous occuper , c’est la malignité.
Quelques modernes se sont beaucoup amusés de celle expression cl l’ont fait disparaître du
MÉDICATION TONIQUE
langage médical; puis la clioso a élé ridiculisée et méconnue comme le nom, qui doit Cl re pourtant réhabilité, puisqu'il désigne un t’ait ^rave et incontestable que nul autre mot n’exprime plus exactement.
"Qu’est- ce dont que la malignité en pathologie?
Écoulons, non une définition, mais la comparaison aussi juste que pittoresque d’un grand praticien.
La fièvre maligne , dit Tissot, est un chien gui mord sans aboyer.
En effet, ce qui frappe avant tout dans les affections malignes, c’est leur marche insidieuse.
L’imminence insidieuse de l’extinction directe et prochaine de la vie, est donc ce qui constitue la malignité.
Pour que cette extinction soit directe , il faut admettre que les forces radicales de l’économie ont été primitivement atteintes; et c’est pour celte raison, comme nous l’avons déjà fait sentir, que .'•ont indiqués des agents spécifiques, c’esl-àdire dont la puissance curative est primitive, et n’a ]'as besoin, pour produire ses effets thérapeutiques, d’ètre précédée d’effets physiologiques.
« La résolution des forces radicales me semble être ce qui constitue les maladies malignes. » (Barthez.)
On a cru pouvoir remplacer le mot malignité par celui d 'ataxie. C’est à tort, selon nous. Ataxie exprime un désordre, une incohérence, un défaut d’harmonie fonctionnelle en général , et n’entraîne pas nécessairement l’idée d’une terminaison funeste. C’est un mol générique qui embrasse tout et ne spécifie rien. La malignité , au contraire, est celte espèce d'ataxie qui porte sur les fonctions vitales . c’est-à-dire dont l’exercice est actuellement et incessamment nécessaire à la persistance de la vie. El voilà pourquoi elle a pris le nom de malignité : parce que la force qui préside à ces fonctions étant frappée directement et dans son essence , la synergie eu la simultanéité d’action qui doit régner entre elles sous peine de mort étant rompue, l’existence est prochainement et insidieusement menacée de s’éteindre.
C* tle distinction est de la plus haute importance pour l’objet de la médication qui nous occupe, car l’emploi des Toniques spécifiques n’est pas indiqué dans toute ataxie , mais seulement dans celle qui réunit les conditions que nous venons de spécifier.
En effet , les fonctions d’un ou de plusieurs ap-
pareils peuvent offrir une prostration profond.-, (h s desordres , un defaut d harmonie, une incohérence de phénomènes absolument exempts de danger et sans que l’existence en soit compromise ; nous n’en exceptons même pas les fonctions vitales. Mais il faut, pour cela, que la cause de ces anomalies soit indirecte et n’ait pas' porté immédiatement son influence sur les forces vitales de l’économie. C’est ce qui constitue l’oppression des forces , la faiblesse et l’ataxie indirectes , lesquelles fournissent des indications thérapeutiques tout opposées.
Il est donc bien essentiel de savoir distinguer ces deux étals, si semblables pour l’aspect et la forme , si dissemblables pour le fond, la nature, le traitement.
Barthez , que nous /aimons à pouvoir citer dans ces hautes questions de pathologie générale , parce qu’il ne les a jamais touchées sans y laisser l’empreinte de son profond génie, Barthez ( Nouv ■ Êlétn. de la sc. de l’H., tom. n, p. 181 et suiv.) établit les principes suivants, que nous développerons et que nous éclaircirons par des exemples à mesure que cela nous paraîtra nécessaire.
« Dans les maladies malignes, le système des forces du principe vital se trouve affaibli par une véritable résolution de s forces de tous les organes qu'ont produite les causes primitives de ces maladies, en portant le plus grand désordre dans
la succession des fonctions. »
Pour prendre une idée juste et frappante de cette résolution des forces radicales qui apporte un si grand désordre dans la succession des fonctions, commençons, selon notre habitude , par chercher nos types dans des cas pour ainsi dire physiologiques, puis dans ceux qu’au moyon d’agents toxiques nous pouvons produire sous nos yeux , et arrivons ainsi aux affections que sont appelés à combattre les Toniques spécifiques.
Les effets des passions dépressives, de la peur, par exemple, sont très-propres à nous initier à la physiologie des maladies malignes.
Supposons un homme pusillanime saisi tout à coup d’un effroi profond à la vue de quelque objet qui menace ses jours, et, pour charger davantage la situation , admettons que cet homme est à jeun , affaibli par le besoin d’aliments.
C’est une expression consacrée : être glacé d’effroi. Ainsi donc soudainement la vie est attaquée dans son symbole le plus essentiel, la calorification spontanée. Remarquons que ce n’est pas con-
TONIQUES RADICAUX OU SPÉCIFIQUES
séculivemenl 5 la dépression de quelque fonction spéciale que la réfrigération sYsl fait sentir. Un instant indivisible a dans certains cas confondu la cause et son effet; et plus d’une fois cet effet a été la mort. Cette mort, ou, pour ne pas aller si loin, le froid et la syncope instantanés de la peur, par quoi ont-üs été précédés? list-ce le cerveau , le cœur ou le poumon, lequel des trois qui le premier est tombé en résolution et a entraîné le collapsus des autres? Mais il n’y a pas en agonie; car l’agonie est un combat , et ici le premier coup a été mortel. Ce n’est pas telle fonction spéciale prilimitivemenl abolie, et dont le maintien indispensable à l’action des autres ail suspendu celles-ci par son arrêt. C’est quelque chose encore avant cela; c’est cet enonnon, cet impetum faciens qui imprime le mouvement à ces grands rouages qu’on appelle cœur, poumon ou cerveau.
Que la trachée-artère soit tout à coup oblitérée y qu’une des cavités du cœur vienne à se rompre subitement, qn’une luxation rapide de l’allas sur l’axis détermine une compression instantanée du bulbe rachidien, voilà la mort directe par le poumon, le cœur ou l’encéphale. Mais qu’un individu soit étendu sans vie par un coup violent reçu sur la région épigastrique , indépendamment de toute lésion appréciable d’organisation; ou que le même effet soit produit par l’annonce d’une nouvelle funeste (et dans ces deux cas le mécanisme est le même), nous dirons que la vie, que le principe vital a été éteint dans sa source, qui n’est ni au cœur, ni au poumon , ni au cerveau. Après avoir dit où elle n’est pas , on n’exigera certainement pas que nous disions où elle est. Cela demanderait une excursion dans la physiologie comparée et l’embryologie dont nous saurons nous abstenir. Nous avons constaté le fait : cela suffit à notre objet.
Revenons aux effets primitifs de la peur.
Ce froid glacial est intéressant à observer, car nous le retrouverons au début des maladies malignes les plus graves et les mieux caractérisées. Que les modernes partisans de la théorie chimique et mécanique delà calorification, que ceux qui attribuent la cause de toute la chaleur organique a la formation du gaz acide carbonique dans les poumons , au roulis des globules sanguins , aux combinaisons chimiques de la nutrition, que ceux-là viennent donc mesurer leurs théories avec le fait que nous étudions !
L’atteinte directe portée aux forces radicales de l’économie qui président à la résistance vitale .
va bientôt se révéler par des incohérences fonctionnelles. Les synergies sont brisées , et cYst en cela que consiste l’ataxie ; et si ces synergies brisées sont celles des fondions vitales, il y aura malignité. Des sueurs froides partielles, du dévoiement, des urines limpides involontaires, la volonté de parler sans parole, v ox faucibus liœsit, des efforts pour fuir, et les pieds fatalement fixés au sol, les yeux sans larmes, la bouche sèche. Les causes des douleurs physiques , une brûlure , un coup, une plaie, ne sont pas perçus. Les mouvements de la respiration sans coordination avec ceux du cœur, des battements énergiques et partiels d’arlères , l’ictère et jusqu’à l’instinct de conservation perverti et sans puissance.
Vous avez vu la vie incertaine , prêle à défaillir. Deux onces de vin portées dans l’estomac peuvent renouer les synergies et affermir la résistance vitale.
Quelques substances vénéneuses , telles que divers poisons septiques fournis par les animaux , comme sont les venins d’ophidiens , les plantes vit euses, comme le tabac, le dalura stramonium, la jusquiame , elc..., produisent des symptômes analogues à ceux des maladies malignes , et qui attestent une atteinte directe portée aux forces radicales. Nous renvoyons, pour la description de ces accidents , aux ouvrages de toxicologie
o II es! très-important de bien distinguer cet état de résolution des forces, qui caractérise une maladie maligne d’avec l’étal de simple oppression des forces; d’autant que dans cette oppression, des évacualiotis convenables développent souvent très-promptement l’action des forces radicales, que l’on croyait éteintes. »
Deux hommes giseni, froids, pâles, sans pouls, sans mouvement, sans sensibilité, sans connaissance. L’un ne se meut, ne seul, ni ne pense, parce qu’il est gorgé d’aliments et de boissons ; l’antre ne se meut, ne sent , ni ne pense, parce qu’il est à jeun depuis quatre jours. Ces deux hommes peuvent être rendus à la vie dans un instant. Le choix des moyens de traitement est-il indifférent? Les ferez -vous vomir tous deux, les alimenterez-vous tous deux? L’un a toutes ses forces en puissance, quoiqu’il ne les ait pas en action ; elles ne sont qu’enchaînées. Qu’il soit évacué, elles vont se déployer soudain. L’autre ne les a pas en action , parce qu’il ne les a plus eu puissance. Que vous lui présentiez un cordial , puis un bouillon , elles vont renaître , non pas soudain , mais graduellement , parce qu’il faut réhabiliter la puissance.
MÉDICATION TONIQUE
Ce cas se présente souvent en médecine pratique , et il n’est pas besoin de dire combien il importe de ne pas confondre une action embarrassée, opprimée seulement dans sa manifestation, dans son jeu, avec une action abolie dans sa cause, dans son foyer d’impulsion ; de ne pas confondre un membre, qui malgré les contractions musculaires les plus énergiques, ne produit que des mouvements obscurs et avortés , parce qu’il est fixé et retenu immobile par une puissance supérieure, avec un membre libre, mais paralysé, et qui refuse d’obéir à la volonlé.
« Il me paraît que les forces radicales de tout le système sont résoules, dans une maladieaiguë, lorsque les causes manifestes qui l’ont préparée et produite ont affecté profondément ces forces et lésé directement les fonctions de plusieurs organes , et qu’elles sont seulement opprimées lorsque les lésions particulières des organes qui constituent les divers symptômes de celte maladie sont entièrement dépendantes de la lésion d’un seul organe. »
Un poison de la nature de ceux dont nous parlions il y a un instant est porté par la circulation à tous les organes, et frappe de langueur ou jette dans le trouble ou l’incohérence les fonctions de ces organes. — Un viscère important est atteint d'une phlegmasie violente, et, soit absence de l’influence physiologique que, par la nature de ses fonctions , il irradiait aux autres appareils , soit excès de réaction générale inégalement tolérée par ces appareils , un grand désordre règne dans l’organisme,- les actes généraux et particuliers de l’économie souffrent et périclitent par exagération, par insuffisance ou dépravation fonctionnelles. Nous supposons ce dernier cas chez un homme surpris en bonne santé par une maladie accidentelle et dont la cause n’a rien de spécifique.
Il faut ici que nous nous fassions les mêmes questions que dans les exemples allégués plus haut. Dans le premier cas, celui d’une intoxication générale, un principe délétère , ennemi de la vie , partout présent, partout en contact immédiat, a simultanément empoisonné tous les appareils, toutes les molécules vivantes. Il n’est par conséquent aucun organe, aucune portion de matière animée qui soit désormais capable d’une réaction naturelle, puisque tous ont ressenti l’influence toxique: on peut considérer alors l’organisme comme une réunion d’êtres tous individuellement empoisonnés, ei doni les réactions isolées, sans ensemble, discordantes, sont d’autant plus fâcheuses qu'elles sont plus nombreuses , parce que chacune d’elles
use de la vitalité sans profit pour le consensus , pour le bien général.
Dans le second cas , dans celui d’une lésion organique isolée, qui exagère, dé>y'jte 011 troiible l'action des autres fonctions de l’une ou de l’autre manière que nous avons indiquées , les organes étrangers à l’altération idiopathique ne font que sympathiser avec celui qui est le siège primitif et unique de la maladie, laquelle n’a affecté les fondions de cet organe que secondairement , c’est-à-dire après avoir affecté son tissu. Celle dernière remarque est de la plus haute importance dans la question.
Ainsi, bien que dans ce cas toutes les fondions puissent être lésées , elles ne le seront pas toutes directement, parce que la cause qui a frappé l’organe primitivement n’est pas métastatique, ne se transporte pas matériellement à tous les autres , et que les dérangements fonctionnels de ceux-ci ne sont pas le résultat d’une atteinte immédiate , mais d’un retentissement qui se fait en vertu du cotisensus qui lie toutes les parties.
Que si maintenant nous supposons que la cause qui a frappé de phlegmasie un seul organe, comme, par exemple, le poumon dans la pneumonie, ait simultanément frappé un certain nombre d’organes importants, ainsi qu’on le voit dans quelques états inflammatoires généraux, nous aurons une résolution des forces, mais une résolution par oppression et si cette pensée n’a pas été celle de Barthez, il s’est étrangement mépris, car autrement la lésion des fondions ne serait pas , comme il le dit, directe elle serait indirecte au contraire, puisque ces fondions ne seraient lésées que consécutivement à l’altération du tissu de leurs instruments : or, il faut, pour que la lésion soit directe et entraîne par conséquent l’idée d'une extinction des forces radicales , il faut, disons-nous , que la fonction soit troublée ou détruite d’emblée et non secondairement à la désorganisation du tissu de l’appareil par lequel elle est .exécutée. Ainsi la syncope toute nerveuse est une lésion directe de fonction qui révèle une inaptitude radicale, tandis qu'une lésion de structure du cœur n’atteint que fort indirectement la vie cardiaque.
Qu’on applique cet exemple à tous les organes et à toutes les fonctions en particulier, ainsi qu'à l’ensemble des organes et des fonctions, et on aura l’esprit de la proposition de Barthez , tel que nous croyons devoir l’interpréter pour nous conformer aux vues de ce grand médecin; car, bien qu’il ne rende pas explicite son intention , on voit qu’il affecte d’opposer les mots lésion directe de
TONIQUES RADICAUX OU SPÉCIFIQUES
fonctions aux mots résolution des forces radicales, 'et ceux de lésion d'organe à celui d'oppression des forces.
La malignité dans les maladies est produite de deux manières bien distinctes.
Dans le premier cas , elle est due à des causes anlivilales par elles-mêmes, comme les passions tristes , les poisons septiques , et certaines influences morbifiques qu’on remarque surtout dans les épidémies. Ici la cause est tout ou presque tout.
Dans d’autres cas, c’est du côté de l’individu que sont les conditions de la malignité. Celles de ces conditions qui nous sont connues dépendent en général d’un affaiblissement des forces radicales produit à la longue par des maladies antérieures, des excès, des évacuations exagérées, etc... Une cause morbide quelconque qui vient frapper l’économie dans de telles conditions, pourra déterminer des affections qui revêtiront un caractère de malignité.
«< Il faut donc, dit toujours Barthez, pour reconnaître une maladie maligne , examiner si sa production a été manifestement précédée de causes graves ou longtemps continuées , dont les unes aient essentiellement affaibli le système des forces , en portant un grand trouble dans l3 harmonie et la succession des fonctions , et dont les autres, dans la formation primitive de cette maladie , aient lésé particulièrement plusieurs organes divers. »
“ Ainsi , les unes de ces causes sont celles d’un épuisement général , comme le défaut de nourriture , des perles excessives par la transpiration, etc.... »
« L« s autres causes de résolution des forces radicales sont les longues omissions de l’exercice des forces de plusieurs organes et leurs violentes distractions par des efforts simultanés en divers sens.
» Sanctorius a très-bien remarqué que les fièvres malignes sont principalement déterminées: 1° quand on a fait plusieurs excès à la fois des choses non naturelles, comme dans les plaisirs de la table , de l’amour , et dans les passions de l’âme; 2° lorsque les erreurs de régime qui ont précédé ont pour ainsi dire tourmenté la nature en sens contraires , h-s unes ayant porté leurs impressions sur les viscères, et les autres sur les organes extérieurs , etc....
» Lorsque le système des forces vitales est affecté fortement et en même temps par les sympathies des actions de (b ux organes , dont les efforts ne sont point liés l'un à l'autre , mais
se font en des sens divers ou contraires, ces sympathies tendent à déterminer des alléiations simultanées dans les forces des principaux or-*ganes, qui sont le cerveau, le cœur et les viscères réunis dans la région épigastrique.
» Ces altérations sont ou contraires ou extrêmement diverses entre elles pour le mode et pour le degré. L'unité d’affection nécessaire pour l’exercice des forces de chaque principal organe doit manquer alors ; ce qui peut amener promptement l’ interception des fonctions essentielles à la vie. »
Nous avons souligné les mots de ces passages qui nous paraissent le plus propres à inculquer aux lecteurs les idées générales sur lesquelles repose la notion de la malignité dans les maladies.
Il en résulte , comme nous l’avons déjà dit bien des fois , que l’harmonie pathologique est le plus sûr garant de la bénignité des maladies et du maintien de la résistance vitale ; que la disharmonie pathologique ou l’ataxie est le signe le moins trompeur de la gravité des maladies et du défaut de résistance vitale , quand elle a les caractères essentiels que nous a\ons exposés, et surtout quand , portant sur les fonctions vitales , elle constitue la malignité.
Après avoir , dans ce qui précède , défini , distingué les maladies malignes et montré la manière d’agir des causes qui les produisent , nous devons brièvement esquisser leurs caractères génériques, leur marche, leurs terminaisons, pour mettre en évidence la relation intime qui existe entre leur étiologie, leur nature , leur forme, et par conséquent légitimer davantage le traitement qui leur convient , traitement dont les motifs ou les indications se déduisentLoul naturellement de celle série de considérations.
M. le professeur Récamier, dans les notes qui font suite à ses Recherches sur le traitement du Cancer (loraen, page 424 et suiv.), s’estchargé de ce tableau que nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici ,car personne n’a mieux vu ni mieux dit la chose.
« Dans les lièvres ataxiques, la résistance vitale est vive ou paresseuse ; mais essentiellement faible et disposée à s’éteindre , quelle que soit la forme sthénique ou asthénique des phénomènes qui sont fortement ou faiblement dessinés et sans rapport exact entre eux. La marche est incohérente ; les terminaisons sont difficiles ; l’action des agents morbifiques et thérapeutiques , soit en mal , soit en bien , est sans proportion avec leur quantité apparente et avec les phénomènes produits»
MÉDICATION TONIQUE
» Dans les fièvres biosiques ataxiques, l’action vitale opprimée (il < ùl été plus juste de dire déprimée) ou exagérée manque de résistance et tend û s’éteindre , soit qu’elle produise les phénomènes du froid et de la chaleur . ou ceux d’une sécrétion poussée à l’excès. C’est ce qu’on voit arriver dans les fièvres algides auxquelles les malades succombent dans le froid et la sédation ; dans les fièvres ardentes . dans lesquelles la chaleur et la surslimulation donnent la mort ; et dans les sorties , qui font périr par une déperdition excessive.
» Les phénomènes ne sont point en rapport entre eux , le sentiment d’une chaleur brûlante s’alliant à celui du froid . le sentiment d’un froid glacial â celui de la chaleur , une sueur chaude à un pouls serré, fréquent, irrégulier, etc...; ce qui est évidemment lié â la combinaison des anomalies du tact général et des fonctions vitales communes, à l’occasion desquelles on observe la rougeur variée, vermeille, livide, ou la sueur de régions de la peau qui sont froides. Quant aux phénomènes , on observe les formes suivantes : 1 °la prédominance exclusive des phénomènes de l’un des trois stades de froid ou de sur-sédation , de chaleur ou de surstimulation . et de détente ou de sécrétion ; 2° le mélange incohérent de ces trois ordres de phénomènes portés très-loin ; ainsi la chaleur la plus forte , avec le pouls le plus faible, etc...; 3° l} alternative de ces mêmes symptômes au plus haut degré d’intensité , un froid excessif faisant place à une chaleur ardente; 4° la modération et la régularité apparente des phénomènes pendant les premières périodes de la maladie, et leur gl-aviîé fatale et imprévue à une époque plus avancée sans cause évidente et surtout proportionnée; telles sont les fièvres lentes nerveuses.
» Les causes agissent sans proportion avec les effets qui suivent , comme une promenade auprès d'un marais , etc...
» Les agents thérapeutiques qui paraissent indiqués, souvent ne produisent point les eifets qui. leur sont propres et qu’on désire*, et en produisent de fâcheux que souvent on ne peut ni prévoir ni empêcher.
* Les terminaisons sont complètes ou fâcheuses , comme lorsque des phlegmasies intérieures graves remplacent les sécrétions critiques qu'on devait attendre, ou lorsqu’on voit la gangrène frapper , avec ou sans inflammation antécédente on concomitante, les membranes muqueuses buccale, gutturale , gastrique , intestinale , la peau dans des endroits où elle n’a éprouvé aucune
compression , ou divers organes spéciaux de8 fonctions respiratoires , circulatoires , digestives, sexuelles , etc...
» C’est aussi dans les ataxies fébriles qu’on observe parfois les plus grandes anomalies des fonctions vitales spéciales de la respiration . de la circulation, etc., etc... Ainsi, la propension des fonctions vitales communes â leur extinction , qui constitue le véritable désordre vital ou l’ataxie ne doit point être mesurée seulement par le tumulte des phénomènes, mais par l’état de la résistance vitale. Toute méprise sur cet objet pouvant inspirer une sécurité funeste , je crois devoir insister un moment sur ce point de doctrine clinique.
» On désigne par le nom d'ataxique un état de désordre vital, dans lequel la vie est menacée généralement ou localement, quelle que soit ia violence ou la modération apparente des symptômes. 11 ne faut donc pas se faire de l’ataxie l’idée du trouble et du désordre qui accompagnent l’inflammation de quelque viscère. Un homme de trente-cinq ans. bien constitué, éprouve des symptômes lipolhyraiques qui cessent bientôt et se répètent le lendemain à la même heure : on ne prend aucune précaution ; les accidents recommencent le lendemain ; le malade succombe, et la nécropsie ne fait constater aucune lésion physique â laquelle on puisse attribuer une issue fatale aussi prompte. Une demoiselle de dix-neuf ans éprouve des accidents semblables : après la seconde reprise , on se bâte d’administrer le quinquina â haute dose ; la troisième est presque nulle, et la malade guérit immédiatement. Quille i que soit la forme algide, ardente , sudaloire , délirante, spasmodique, paralytique, comateuse, orlhopnéiqtie, cholérique, dyssenlérique, hémorrhagique , pleurétique, pneumonique, gastralgique, douloureuse , etc..., que prenne ia maladie, le résultat pratique est le même que celui dont je viens de parler. Je demande maintenant ce qu’il y a de véritablement utile à connaître dans le cas que je viens de citer? Est-ce l’agitation , le trouble ? Mais lorsque ces accidents constituent de simples névroses hystériques, épileptique*, asthmatiques, etc., ils ne menacent pas la vie , et surtout immédiatement ; et lorsqu’ils dépendent de quelque inflammation locale évidente. ils ont une marche différente : la saignée soulage et le quinquina est nuisible. N’esl-il pas évident que le mode d’invasion , le retour inopiné des accidents et leur progression sur la valeur desquels on est d accord, sont d’une tout autre importance à bien
TOM 01' ES RADICAU
saisir que îles affections locales douloureuses et qui ne donnent pas la mort de la même manière ?
» Ce que je viens de dire pour les fièvres ataxiques intermittentes, il faut que je le dise des continues et des rémittentes du même ordre.
•> 11 n’y «a point de symptômes sans lésion organique, soit : en ce cas, il faut déterminer la lésion organique présumée chez cet enfant en convulsion par la titillation de la barbe d’une plume à la plante des pieds, chez ce lipothymique qui récupère la santé par la projection de quelques gouttes d’eau froide au visage et la position horizontale, etc., etc., etc...; car il n’est pas de forme de symptômes si grave que je ne puisse faire voir survenant et cessant par des agents incapables de produire l’inflammation ou de la faire cesser, et, à plus forte raison , insuffisante pour produire la moindre lésion organique.
» L’étal ataxique fébrile doit donc être envisagé sous le point de vue fie la résistance ou de l’énergie vitale, et non pas seulement sous celui de la vivacité, delà lenteur ou du désordre des phénomènes qui l’accompagnent ; c’est-à-dire que dans l’ataxie fébrile, il faut considérer :
« i° La tendance locale ou générale à l’extinction prochaine de la vie, tendance qui dure jusqu’à la cessation du de rhier phénomène de l’ataxie, quelque peu important qu’il paraisse.
j» 2° La variété des formes des phénomènes , tantôt avec turbulence, tantôt avec collapsus, et tantôt enfin avec une apparente modération, sans que le danger réel de la vie soit moindre dans un cas que dans i’aulre.
» Lors donc que la résistance vitale est menacée prochainement , sans affection locale , évidente et primitive, à laquelle on puisse attribuer les accidents, je dis qu’il y a ataxie. »
Le talent de savoir reconnaître une maladie maligne à son début, la pénétration encore plus précieuse qui, au milieu d’une maladie bénigne ou grave, découvre des tendances ataxiques, et par conséquent en déduit l’indication positive des Toniques radicaux , sont les plus admirables privilèges de notre profession , entourent le médecin d’un pouvoir et d’un respect qui semblent surhumains, et, chose bien importante, lui inspirent de la confiance dans la puissance de sou art. Celle confiance partagée par le public est la plus douce récompen-e de l’homme qui représente dignement un art dont les torts ou les bienfaits soin en général si mal jugés.
Hippocrate promet déjà au médecin l’estime et l’admiration qui l'attendent quand il saura démasquer les affections malignes : Proindè ubi