‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 217 sur 242 · MÉDICATION PURG A TI VE · texte numérisé non relu

MÉDICATION PURG A TI VE

de la médication vomitive , nous avons analysé le mécanisme des sécrélions pancréatique et biliaire; ce que nous avons dit de l’embarras gastrique, de la gastrite bilieuse, s’applique entièrement à l’embarras intestinal et à la diarrhée aigué.

La diarrhée peut avoir son siège dans divers organes, dans le duodénum , dans l’intestin grêle, dans le gros intestin.

La diarrhée duodénale se lie presque toujours à l’embarras gastrique et à la gastrite bilieuse dont nous avons eu déjà l’occasion de parler. Elle tient à une surexcitation delà membrane muqueuse qui augmente d’abord la sécrétion des follicules si abondants dans cet intestin, et ensuite la sécrétion du foie et du pancréas. C’est cette forme qui a particulièrement été décrite par les auteurs des deux derniers siècles sous le nom de diarrhée bilieuse.

Comme l’estomac est presque toujours malade en même temps, il n’y a pas d’appétit; et si les malades mangent, les aliments ou sont vomis ou traversent le canal intestinal sans subir le travail de la digestion.

La phlegmasie gastro-duodénale s’étend le plus souvent dans ce cas à tout l’intestin grêle ; et alors la sécrétion folliculaire peut devenir aussi abondante que celle des glandes, et la diarrhée est considérable.

Quand, au contraire, l’irritation n’occupe que l’iléon, le dévoiement lient moins à l’exagération delà sécrétion des glandes qu’à celle des follicules, et alors il est moins abondant. Les déjections, moins bilieuses, le sont pourtant encore; car si l’irritation du duodénum est la cause du plus grand afflux des sucs versés par le foie et par le pancréas, celle de l’estomac et de l’iléon retentit pourtant, quoiqu’à un plus faible degré, sur ces deux glandes.

La diarrhée qui lient à l’inflammation aiguë du gros intestin est toujours peu abondante, bien que les coliques soient plus vives et que les déjections soient en général plus fréquentes.

Mais si l’irritation delà membrane muqueuse de l’estomac, du duodénum et du reste de l’intestin grêle, peut être la cause de la surexcitation du foie et du pancréas, à leur tour les sucs biliaires et pancréatiques peuvent causer une phlegmasie de la membrane muqueuse, dans le sens rigoureux où l’entendait Stoll.

Nous supposons d’abord une irritation duodénale primitive qui augmente les sécrétions du foie et du pancréas ; le produit de cette sécrétion

versé à grands Ilots dans l’intestin grêle et dans le gros intestin doit, par son étrangeté , causer une assez vive irritation, et dans ce cas la bile est véritablement la cause de l’entérite. Mais celle cause, tout évidente qu’elle soit, n’a pas l’importance singulière que Stoll et Tissot lui attribuaient.

Jusqu’ici nous ne supposons qu’une inflammation aiguë érythémateuse de la membrane muqueuse, et non pas une phlegmasie pustuleuse, ou une irritation chronique, car les moyens qui vont réussir dans le premier cas ne sont plus aussi efficaces dans le second.

Or, dans la diarrhée aiguë qui s’accompagne de symptômes semblables à ceux que nous avons dit appartenir à l’embarras gastrique, qui ordinairement est caractérisée par une fièvre rémittente quelquefois fort intense, les vomitifs, mais surtout les émélo-calharliques , amènent une guérison presque immédiate, et qu’on n’obtient aussi promptement par aucune autre médication. Quand la même forme de diarrhée existe, et que les vomissements , les douleurs d’estomac et la fièvre ne sont pas très-considérables, les purgatifs suffisent sans qu’il soit besoin d’avoir préalablement recours aux vomitifs. Enfin , si la réaction générale est très-forte, qu’il y ait des symptômes de fièvre inflammatoire , la saignée préalable peut trouver son opportunité , et un purgatif termine la guérison.

Le purgatif, suivant nous, n’agit pas ici parce qu’il évacue la bile , mais bien seulement parce que l’irritation locale qu’il détermine se substitue à l’inflammation maladive ; c’est encore une conséquence de la loi homceopathique que nous avons indiquée dans la deuxième partie , à l’article de la médication irritante.

Mais le choix du purgatif est important ; il est essentiel de ne pas choisir ceux dont l’action est violente et persiste longtemps encore après qu’on les a administrés.

Les sels neutres sont particulièrement indiqués dans cette circonstance; et tandis que les purgatifs fortement irritants augmentent quelquefois la phlegmasie gastro-intestinale . les sels au contraire modifient la membrane muqueuse dans une juste mesure, et suffisent pour éteindre une inflammation superficielle.

Mais quand la diarr hée reconnaît pour cause une inflammation boutonneuse de l’intestin grêle, comme celte éruption a une marche fatale , à l’instar de la variole, de l’érésipèle, de la scarlatine et des autres exanthèmes , les purgatifs ne

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peuvent rien , du moins sur l’affection principale, que’ques prétentions qu’ait élevées à cet égard le docteur Delarroque. 11 suffit d’avoir expérimenté en grand dans les hôpitaux , pour se convaincre que les purgatifs, pas plus que les antiphlogistiques ou les toniques, ri’arrèlent le développement de l’éruption doihinenlhérique : mais i's modifient heureusement l’étal général du malade, soit qu’ils s’opposent par leur action topique substitutive à l’inflammation qui s'étend des cryptes à ta membrane muqueuse qui les entoure , soit que l’évacuation continuelle des sucs biliaire, pancréatique et muqueux, agisse comme moyen de déplétion, et partant comme antiphlogistique, soit enfin que le renouvellement fréquent de ces mêmes sucs empêche leur altération dans l’intestin, et les rende par conséquent moins irritants.

Si les expériences de Delarroque n’ont pas conduit à un résultat thérapeutique direct , du moins ont-elles fait voir que les craintes de l’école du Val-de-Grâce étaient au moins exagérées, et que , dans le traitement de la fièvre typhoïde , les purgatifs n’étaient pas aussi incendiaires que Broussais et ses élèves le croyaient.

Toutefois il est bon de remarquer que, dans celle maladie , les purgatifs violemment irritants sont tout à fait contre-indiqués, et que les sels neutres doivent être à peu près exclusivement conseillés.

Nous avons vu tout à l’heure que l’entérite aigue érythémateuse cédait à l’emploi d’un seul purgatif, que l’entérite folliculeuse parcourait invinciblement ses phases; mais il peut exister des formes d’inflammation intestinale profonde et sans marche fatale : la dyssenlerie est dans ce cas.

Trop de faits démontrent l’efficacité des purgatifs dans le traitement de la dvssenterie pour qu’à cet égard il soit permis d’élever le moindre doute : mais comme , dans ce cas , l’inflammation profonde est très-grave, l’action superficielle des purgatifs faibles ne suffit plus; il faut une médication substitutive proportionnée à l’intensité du mal ; et alors, si on emploie les sels neutres, il faut en répéter l’emploi comme nous l’avons indiqué dans un mémoire que nous avons publié en 1828 dans les Archives générales de médecine ; ou bien il faut recourir à des purgatifs plus énergiques, tels que le calomel, la gomme-gutte, ou bien encore recourir aux lavements de nitrate d’argent, qui, en définitive, agissent dans le même sens. Par là , la phlegmasie dyssenlérique , si profonde qu’elle

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