PURGATIVE. SS
soit, se trouve modifiée à moins de frais que si l’on avait fait usage de purgatifs salins.
L’utilité incontestée de ces agents de la matière médicale dans le traitement de la dyssenterie avait fait considérer celle affection comme bilieuse dans le plus grand nombre des épidémies; presque jamais elle n’était inflammatoire, quelquefois bilioso- inflammatoire. Mais nous dirons ici ce que nous avons dit.pl us haut à propos de l’embarras gastrique et de la fièvre bilieuse: on ne voyait dans le purgatif que l’évacuant , tandis qu’il fallait voir aussi l’agent irritant subslituleur.
Quand l’inflammation dyssenlérique est peu profonde , ou qu’en vertu de la constitution médicale de l’année elle ne suscite que peu de réaction fébrile , elle est alors dite bilieuse , et alors les purgatifs, salins suffisent. Si la phlegmasie est plus grave et que la réaction soit plus énergique , la dyssenterie est dite biliosoinflammaloire ; les antiphlogistiques, les stupéfiants, secondent alors utilement l’emploi des purgatifs qui doivent être un peu plus énergiques que si la réaction générale est soutenue et trèsforte : le régime antiphlogistique doit occuper le premier rang , et immédiatement on passe à l’usage des drastiques, à la tête desquels il faut placer le calomel , médicament précieux qui agit à la fois et par ses qualités topiques substitutives et par ses propriétés altérantes antiphlogistiques.
Ce que nous avons dit plus haut de la constipation ne s’applique pas aux lumeui sstercorales, accident grave, accident commun, et qui tous les jours donne lieu à d s erreurs de diagnostic et à des fautes thérapeutiques. 11 faut ici considérer la cause du mal : celte cause est évidemment l’accumulation des matières fécales; et, bien qu’autour de celte cause viennent se grouper des phénomènes inflammatoires souvent fort violents, c’est à la cause qu’il faut s’attaquer comme à l’épine. En effet, du moment que le bol excrémenliliel qui distendait l’intestin et qui l’irritait si douloureusement a été expulsé, tout rentre dans l’ordre, à moins que le mal n’ait duré trop longtemps et que quelque inflammation phlegmoneuse ne se soit développée, comme cela est assez commun, dans le tissu cellulaire secondaire iliaque et du petit bassin. Dans ce dernier cas , l’effet de la cause mérite lui-même une considération importante, et un autre ordre de moyens est nécessaire quand, à l’aide des purgatifs, on a pourvu à la première et à la plus pressante indication.
so MÉDICATION
C’esi surtout chez les femmes en couche que les tumeurs stercorales jouent le rôle le plus imporlant. Chez elles la constipation est fort ordinaire,chez elles aussi la moindre cause irritative devient la cause d’accidents inflammatoires trèsvéhéments. Comme les matières fécales ne s’accumulent ordinairement que dans le cæcum et dans l’S du colon , on comprend comment, dans des organes si voisins de l’utérus et de ses annexes , l’inflammation acquiert une gravité relativement plus grande, puisqu’elle peut s’étendre rapidement à la matrice, aux ovaires, au péritoine, au tissu cellulaire pelvien. De là le précepte si universellement adopté de tenir, chez les femmes en couche, le ventre libre, soit à l’aide des laxatifs , soit à l’aide des clyslères.
Mais si les matières fécabs se sont accumulées, ou par l'incurie de la malade ou par l’imprévoyance du médecin, et que tout à coup il survienne de violentes douleurs dans la région iliaque droite ou gauche, il ne faut pas croire tout de suite à un phlegmon iliaque, à une inflammation de l’ovaire, ou à une métropéritonite, quelque intense que soit d’ailleurs la douleur locale ; mais il faut songer à la cause , l’éliminer , sauf ensuite à combattre les accidents s’ils persistent. Ce qui doit surtout inviter les praticiens à user dans ce cas des purgatifs, c’est que ces agents sont utiles chez une femme en coin lie , lors même que l’utérus et le péritoine seraient primitivement et principalement envahis.
A n’en pas douter, l’accumulation des matières stercorales est le plus souvent la cause des péritonites partielles, des phlegmons de la fosse iliaque et des ovaires; mais ces affections peuvent dépendre de toute autre cause , et quelquefois leur développement a été précédé de plusieurs jours de diarrhée. Chose remarquable ! lors même qu’il en est ainsi , les purgatifs n’ont pas moins d’utilité que dans le cas où une constipation opiniâtre a précédé l’invasion de la maladie.
En résumé, on peut dire que les purgatifs sont spécialement utiles aux femmes en couche, quels que soient les accidents qu’elles éprouvent. Les purgatifs , dans la plupart des cas où nous venons d’en conseiller l’emploi , ont été directement contre l’inflammation locale , soit par une action substitu trice , soit en faisant disparaître la cause qui avait favorisé son développement ; à ce litre ils peuvent et doivent être placés à côté des antiphlogistiques ; mais, à bien prendre,