PURGATIVE
ils sont des antiphlogistiques sûrs, au même titre que les émissions sanguines , attendu qu’ils agissent dans le même sens et de la même manière. Si , par les émissions sanguines, le praticien enlève au corps vivant des matériaux de nutrition et de réparation , et s’oppose à la fluxion hypertrophique de l’inflammation , il est évident que les purgatifs agissent de la même manière, d'abord en divertissant une grande masse de sang qu’ils accumulent dans le système de la veine-porte et qu ils enlèvent temporairement à la masse, et ensuite en sollicitant l’évacuation d’une grande quantité de produits de sécrétion , produits qui nécessairement se sont formés aux dépens du sang.
La fluxion sanguine que les purgatifs appellent du côté des organes digestifs n’est pas du même ordre, pathologiquement parlant, que celle que l’on provoquerait vers la peau à l’aide d’un large sinapisme ou de tout autre moyen irritant. En effet, les irritations de la peau retentissent sur l’économie de toute autre manière que les irritations de la membrane muqueuse digestive, et tandis que les premières donnent lieu à une réaction assez forte, les autres au contraire dépriment plus tôt, et n’éveillent presque pas de sympathies sthéniques.
Lorsque l’inflammation que l’on a à combattre est de sa nature superficielle et temporaire , comme sont les érésipèles, les affections rhumatoïdes diverses, il est bon de préférer les antiphlogistiques purgatifs aux antiphlogistiques purs , parce que le but thérapeutique est atteint par les premiers avec beaucoup moins de perte de forces que par les seconds ; et dès que l’on cesse l’usage des purgatifs, l’économie se trouve tout entière et avec toutes ses ressources pour la coclion et pour les convalescences.
La pléthore est sanguine, séreuse ou nerveuse ; la dernière ne nous occupera pas ici, nous en traiterons à l’article des sédatifs. Mais la pléthore sanguine et la pléthore séreuse se confondent souvent, ou plutôt sont souvent confondues par les médecins inattentifs.
Si l’on voit un homme dont les yeux soient saillants et injectés, la face d’un rouge violacé, les veines du cou turgescentes, l’intelligence paresseuse, la respiration embarrassée, le pouls dur et serré, ou large et développé, on crie à la pléthore sanguine et l’on saigne en ouvrant la veine II y a soulagement immédiat, et l’on s’applaudit de la médication. Puis quand après quelques jours la même scène se reproduit , on
MÉDICATION
saigne de nouveau, en s’étonnant de la persistance des accidents; et l’on saigne encore, jusqu'à ce qu’enfin le sang devienne presque séreux cl qu’il survienne une anasarque générale : et quand il ne reste plus dans les veines que de l’eau teinte , les symptômes de la prétendue pléthore sanguine sont encore présents.
C’est qu'on avait affaire à la pléthore séreuse, dont en effet nous avons donné la fidèle description dans le tableau que nous avons tracé tout à l’heure.
l).ins la pléthore sanguine il n’y a pas excès dans la quantité du sang, mais bien seulement excès dans la proportion des éléments réj»araleurs du sang.
L’obésité accompagne souvent la pléthore séreuse ; la maigreur , la pléthore sanguine.
Lorsque le sang, trop riche d’éléments réparateurs, stimule excessivement le cerveau, le cœur, les glandes, les tissus élémentaires, il y a indigestion fonctionnelle, qu’on nous permette celle expression figurée ; c’est-à-dire que les tissus divers ne sont pas montés au ton d’assimilation d’un sang aussi riche : de là des troubles sans nombre, tous sthéniques; de là des réactions franchement et violemment inflammatoires : ici la saignée , les boissons aqueuses et alcalines sont indiquées : il y a pléthore sanguine.
Mais . dans la pléthore séreuse , il y a toujours plénitude vasculaire; et celle plénitude lient à ce que de la sérosité en excès vient s'ajouter à la masse cruorique. Cette forme de pléthore est constante dans les maladies organiques du cœur, dans la plupart de celles du foie et des reins, dans quelques affections pulmonaires.
La pléthore sanguine reconnaît pour cause une alimentation trop succulente, trop sèche, l’usage des toniques analeptiques, tels que le fer : elle n'est jamais produite par une lésion organique.
En traitant de la médication antiphlogistique nous aurons l’occasion de revenir sur les caractères distinctifs de la pléthore sanguine; qu’il nous suffise pour le moment d’avoir sommairement traité le parallèle de deux états de l’économie si souvent et si déplorablement confondus.
Or, dans la pléthore séreuse, en ouvrant la veine, on évacue il est vrai une certaine quantité de la sérosité qui nuit ; mais en même temps on enlève le cruor dont l’économie a si grand besoin, et dont elle a un besoin d’autant plus
VURGÀTIVE.
grand que celle forme de pléthore est ordinairement un des symptômes des cachexies. La sérosité se reproduit presque instantanément , parce que c’est l’élément du sang le moins organisé, le plus semblable aux ingestions inorganiques , à l’eau ; et bientôt les mêmes accidents se reproduisent, qu’on ne pourrait combattre sans un grand danger par les mêmes moyens.
C’est ici que trouvent leur opportunité les agents de la matière médicale qui n’enlèvent au sang que la partie séreuse, et qui par conséquent désemplissent les vaisseaux sans en soustraire les éléments réparateurs. Les diurétiques remplissent le mieux cette indication ; mais quand ils sont ou insuffisants ou inefficaces , les purgatifs concourent à peu près au même but. Nous disons à peu près, parce que l'action des uns et des autres n’est pas absolument la même. Les diurétiques en effet n’enlèvent aucun des matériaux de nutrition, aussi peut-on pendant longtemps faire usage de ces médicaments sans que l’économie souffre le moindre dommage; mais les purgatifs, outre qu’ils allèrent les fonctions digestives , source de toute réparation , sollicitent encore l’évacuation d’une grande quantité de sérosités , mais en même temps celle de la bile , du suc pancréatique et du mucus, qui tous contiennent des éléments de réparation organique.
Ce nonobstant, les purgatifs tiennent un rang très-important dans le traitement de la pléthore séreuse et des diverses hydropisies qui se lient à cet état. Aussi , ceux qui déterminent les évacuations séreuses les plus abondantes , c’est-à-dire les drastiques , ont-ils reçu le nom d’hydragogues.
Les purgatifs sont encore employés comme dépuratifs ; déjà , en parlant de la médication irritante spoliative, 2e partie, p. 27, nous avons montré comment l’écoulement continuel du pus à la surface du cautère , ou le long de la mèche d’un séton, et la fluxion sanguine sans cesse fixée sur le même point, étaient un utile moyen à la fois de détourner l’irritation fixée sur quelques organes importants , et en même temps d’entrainerau dehors les éléments morbides charriés par les vaisseaux , et sans cesse présents à l’action d’un émoncloire énergique.
Nous avons vu que les sudorifiques agissaient exactement dans le même sens , il en est de même des purgatifs, qui sous ce rapport remportent sur les sudorifiques, et sont préférables même au cautère, au vésicatoire et au séton , chez les
médication antiphlogistique.
personnes dont les viscères gastriques sont en bon état.
La fluxion abdominale que les évacuants déterminent est un moyen assez utile pour rappeler les règles. On remarqué en effet que si l’on purge une femme le lendemain du jour que ses règles ont cessé, le flux menstruel reparaît souvent: de là le précepte de ne jamais purger quand on a lieu de craindre une métron hagie ; de là les pro-
priétés abortives des drastiques, propriétés ex- • ploilées d’une manière si coupable parles femmesjl qui cachent une faute par un crime, et par les); médecins qui se rendent complices d’un homicide., j Mais pour rappeler le llux hémorroïdal, lej môme ordre de moyens doit encore être mis eni| usage, et l’on sait combien l’abus des purgatifs)* dispose aux congestions de l’extrémité de l’intestin.