‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 224 sur 242 · FROID · texte numérisé non relu

FROID

fièvres essentielles, dans, les inflammations du domaine de la clinique interne, que le froid est indiqué. On l’emploie pourtant dans certaines phlegmasies comme celles du cerveau et des méninges. Nous pensons que, dans ce cas, il peut soulager la céphalalgie souvent si intense et si fixe qui accompagne celle maladie, mais qu’il n’a aucune action sur la méningite ou l’encéphalite. Comment en effet aurait-on jamais pu constater celle efficacité? Qui oserait citer un cas de guérison de méningite aiguë?

Dans les péritonites traumatiques, dans l’iléus, les étranglements internes, l’application du froid sur l'abdomen est avantageuse; mais cela n’infirme pas notre règle générale, puisque ces cas rentrent par leur nature dans le domaine du traumatisme.

En pathologie interne, c’est donc surtout dans les maladies sme matériel que l’on utilise l’action sédative du froid. Mais ici encore, que de circonspection et d’art sont nécessaires, nonseulement pour être utile, mais encore plus pour ne pas nuire !

C’est moins dans les lésions de la sensibilité que dans celles de la contractilité et de la caloricité que la médication réfrigérante est opportune. Ainsi, il est rare qu’on emploie le froid comme topique dans Je traitement des névralgies : frigus nervis inimicum. II y a un tact pratique qui fait redouter cet agent contre de telles maladies, d’abord parce que très-souvent elles sont de nature goutteuse et surtout rhumatismale ; ensuite parce que l’expérience a appris qu’il n’était pas toujours prudent de supprimer brusquement ainsi les névralgies. Il n’est pas de praticien qui n’ait vaguement reçu de la tradition et de sa propre expérience le conseil de se défier des douleurs spontanées, et qui ne se conduise empiriquement et à son insu dans leur traitement, d’après notre théorie des affections spontanées que nous considérons comme la période d’opportunité des maladies chroniques.

Dans le traitement des spasmes et des convulsions , on a plus souvent occasion d’employer le froid , soit en bains , soit en boisson , soit en lavements. Les bains froids sont un puissant moyen dans la chorée. Est-ce comme sédatifs ou comme toniques qu’ils agissent dans ce cas? Nous pensons que ces deux médications combinées ont chacune part aux bons effets qu’on en relire. La perturbation y est aussi quelque chose; car, dans beaucoup de cas , la surprise et l’impression subite de l’immersion ou de l’affusion

paraissent être la condition la plus importante du traitement. Sous ce triple rapport, le froid se recommande donc dans la danse de Saint- Guy.

Dans l’hystérie , il ne faut pas en abuser. La surprise ou la perturbation entrent aussi pour beaucoup dans les succès qu’on en obtient alors.

L’éréthisme du système nerveux et les nombreuses formes de névroses qui s’y rattachent sont , de toutes les maladies nerveuses , celles qui présentent le plus souvent l’indication de l'emploi du froid. La sédation qu’il cause est utile ; mais la tonicité spontanée que reprend le système après la sédation n’entre pas pour peu de chose dans les immenses bienfaits de celte médication. Chez les personnes sujettes à l’éréthisme et chez les hypocondriaques , le régime froid , c’est-à-dire la précaution de faire prendre toutes les boissons et tous les aliments à une température fraiche , réussit souvent à merveille et mieux que les traitements les plus actifs.

Dans les vomissements incoercibles , dans le choléra asiatique et sporadique , l’ingestion des boissons glacées et des fragments de glace est fort utile. Dans les gastralgies sans vomissements, il faut en être sobre et accorder plutôt des boissons tempérantes que la glace elle-même.

11 est vrai de dire , pourtant , que si l’ingestion des petites doses de glace ou de boissons glacées est souvent le seul moyen d’apaiser les gastralgies spasmodiques, d’empêcher les efforts de vomissements et de faire digérer quelques légers aliments , cette indication ne se présente plus dans l’intéralgie spasmodique et dans toutes les formes de coliques nerveuses ou autres. Chose singulière , c’est l’application de la chaleur qui ici jouit d’une efficacité connue de tout le monde! Ainsi, nous avons très-souvent vu l’application de la glace sur l’épigastre calmer la gastralgie et les vomissements spasmodiques; tandis que personne ne s’aviserait de recourir à l’application de la glace sur l’abdomen dans les entéralgies , dans les coliques , soit intestinales , soit utérines. Au contraire, les antispasmodiques aïomaliques , les eaux distillées de même nature, les infusions des semences chaudes, l’application externe du calorique , ont alors un succès plus certain encore que l’emploi du froid dans les gastralgies.

Les spasmes hystériques, les anxiétés épigastriques, les flatuosités purement nerveuses des femmes sujettes à l’hystérie vaporeuse, les palpitations, les menaces d’attaques convulsives,

SÉDATIFS ET CONTRO-STIMUEANTS

peuvent fréquemment être dissipées par les lavements frais ou des lotions sur l’épigastre et le devant de la poitrine avec une éponge imbibée d’eau fraîche. Dans ces cas aussi , les bains à 22, 20 et 18° Réaumur , pris pendant 5 à 10 minutes, sont un des plus sûrs moyens à mettre en usage concurremment avec l’exercice et foutes les ressources de la gymnastique. Les bains de mer sont alors très-indiqués , mais à leur vertu sédative immédiate se joint la médication tonique et l’avantage des lieux; puis, l’action médicamenteuse que l’eau de mer lient de ses principes salins.

Le froid employé sous la forme des affusions agit non-seulement comme moyen sédatif , mais aussi comme moyen puissamment perturbateur. De cette manière , il peut trouver son indication dans certaines maladies ataxiques, dans certaines fièvres essentielles, cum materiâ, dans le cours desquelles l’état fébrile, l’harmonie dë la fonction pathologique sont suspendus et sont remplacés par des phénomènes nerveux , tels que le délire , les convulsions , les soubresauts des tendons, etc. , etc. L’affusion froide peut ramener l’équilibre et l’harmonie de la fonction pathologique ou apaiser des accidents ataxiques qui s opposaient à l’établissement de la convalescence ; mais il ne faut pas abuser de ce redoutable moyen , et ne le tenter qu’avec bien des précautions. Il faut préalablement , par des lotions fraîches , par l’exposition du malade au frais , sonder pour ainsi dire l’opportunité de cette médication , et n’y arriver que si ces premières tentatives ont paru amender les accidents. En définitive, dans la forme ataxique des fièvres essentielles, des fièvres typhoïdes , par exemple, nous dissuadons les praticiens de l’emploi de ce moyen que nous avons vu employer et employé dans ces cas un grand nombre de fois , sans aucun succès. S’il a réussi dans quelques cas de fièvres éruptives accompagnées d’accidents ataxiques graves , c’est plutôt comme moyen tonique et perturbateur que comme moyen sédatif; car alors il a dû son efficacité à ce qu’il a rendu à l’organisme une force de réaction plus franche pour accomplir l’éruption empêchée.

On emploie le froid en affusion avec beaucoup plus de succès dans l’éclampsie des femmes en couche. Il faut commencer par de l’eau tiède et arriver insensiblement à des degrés de température de plus en plus bas, de manière à descendre à 20, 18 et 16° Réaumur, après avoir passé par des degrés supérieurs, depuis 20° pui

exemple. La malade est placée nue dans une baignoire vide , et on verse l’eau sur sa tête et sur ses épaules avec un grand vase, de manière à ce qu’elle soit enveloppée dans une nappe d’eau; on poursuit cette opération pendant 5 à 0 minutes. D'autres fois, on place la malade dans un bain à 25° , puis on lui verse sur la tête de l’eau à 22 et 20° Réaumur. Après ces diverses opérations, on se hâte d’essuyer la malade , ou plutôt de la recevoir dans un drap et de la porter dans son lit.

Il y a des céphalées opiniâtres , des ophlhalmies intenses qui se trouvent bien de cette dernière manière, c’est-à-dire du bain tempéré avec affusions fraîches sur la tête.

Mais nous le répétons , c’est dans l’éréthisme nerveux des femmes , dans les dyspepsies et les vomissements qui accompagnent cet état, dans ces mille et une anomalies qui surgissent alors , surtout dans le système nerveux des voies digestives, que le froid sous toutes les formes peut remplir les indications les plus importantes.

Dans les maladies avec matière, dans les phlegmasies , il n’est indiqué qu’en chirurgie , dans les plaies de tête, dans les fractures eomminutives , dans les brûlures, dans les grandes plaies par arrachement, etc. , etc. On l’emploie aussi efficacement, mais avec précaution, dans les hernies, pour en faciliter la réduction par l’atrophie passagère qu’il cause dans les parties qui forment la hernie , ainsi que dans les invaginations.

Il doit être banni du traitement des fièvres essentielles et des phlegmasies de cause interne. Et pourtant, grâce à la puissance des chiffres , il a été employé avec succès dans le traitement de la péripneumonie et de la pleurésie, par un médecin italien, le docteur Campagnano. C’est qu’il n’y a pas d’absurdité , si grossière qu’elle soit , qui ne puisse être consacrée par le nuinérisme. Les numéristes de l’école de Paris nous

le prouvent chaque jour.

En définitive, le médecin qui sera bien pénélri du mode d’action physiologique du froid et de: principes que nous avons développés dans no; médications antispasmodique, tonique et anli phlogistique , ne devra pas craindre d’user in tempestivement de l’action sédative ou toniqir du froid. Tous les moyens sont susceptibles d bienfaits précieux entre les mains d’un palho logiste attentif et observateur, tous peuvcn nuire entre les mains d’un empirique. Qui su/ ficitad cognoscendum morbnm, sufficit quo que ad curandum (Hipp. )•

DIGITALE

Les agents thérapeutiques que nous rangeons à la suite du froid, et sous le même titre (pie lui, sont pourtant loin de lui être analogues en tout point. On doit même dire qu’aucun d’eux ne possède toutes ses propriétés. Ils jouissent seulement d’actions sédatives spéciales à la manière des substances narcotico-âcres que les médecins de l’école italienne appellent des contro- stimulants. C’est surtout sur la chaleur animale et les mouvements du cœur qu’ils exercent leur vertu sédative. On peut dire avec vérité, pour légitimer leur rapprochement avec le froid, qu’ils enchaînent les manifestations d’activité vitale par une action directe et comme ennemie de la vie; mais leur influence n’est pas uniformément dépressive; et souvent, en même temps qu’ils apaisent une manifestation vitale, ils en excitent une autre ; c’est ce qui se voit surtout lorsqu’ils agissent comme poisons et qu’ils produisent ces phénomènes ataxiques singuliers qui caractérisent les intoxications par les substances narcotico-âcres. Presque tous aussi sont diurétiques. Leur place se trouve donc mieux ici que partout ailleurs.

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Digitale pourprée, Digitalis purpurea, Digitalis folia. C’est une plante de la famille des scrofulariées , bisannuelle, indigène, qui fleurit en juin et en juillet. On se sert principalement des feuilles.

Ces feuilles ont une odeur vireuse, un goût âcre , nauséeux , amer et fort peu agréable. L’odeur se perd par la dessiccation. Il faut, disent MM. Mérat et de Lens, faire sécher ces feuilles à l’ombre, choisir les plus grandes et plutôt celles du haut de la tige que celles du bas, au moment de la floraison. 11 ne faut pas les garder plus d’un an ; car, après ce laps de temps, elles ont perdu déjà beaucoup de leur vertu.

Il est surprenant qu’une plante dont les propriétés médicinales sont si puissantes et si singulières n’ait pas figuré plus tôt dans la classe des végétaux qui fournissent à la matière médicale tant et de si héroïques agents, lorsqu’on voit Dioscoride , Aétius , accorder les propriétés Jes plus merveilleuses à une foule de simples dont la réputation est venue se perdre dans les temps modernes. En effet, c’est seulement en 1721 qu’au rapport de Murray, on voit la* digitale admise dans la pharmacopée de Londres d’où elle est d’abord bannie pour reparaître

en 1788, et prendre place définitivement dans les traités des drogues. Murray attribue celle fluctuation à l’idée exagérée qu’on se faisait des propriétés vénéneuses de cette plante. C est à dater des travaux de Withering , médecin anglais , que sa vertu antihydropique ou hydragogue fut incontestablement reconnue , et que son efficacité fut tellement vantée , qu’on crut l’humanité à jamais prémunie contre les hydropisies. Cet espoir devait être bientôt déçu.

C’est à la même époque que Cullen , ami de Withering, signala en même temps que lui une autre propriété de la digitale pourprée, qui, jointe à celle sur laquelle Withering venait d’appeler l’attention , complète à peu près ce qu’on doit retenir et étudier de l’action thérapeutique de cette plante ; nous voulons parler de l’influence sédative qu’elle exerce sur le grand appareil de la circulation , et principalement sur son centre, le cœur , dont elle ralentit singulièrement les mouvements.

La digitale a des propriétés générales qui devraient la classer parmi les végétaux narcotico-âcres dont elle produit physiologiquement tous les effets caractéristiques. Mais comme parmi ces effets dominent surtout la diurèse qui ne se fait guère remarquer dans l’action immédiate des plantes narcotico-âcres , et la sédation du pouls , qui , bien qu’elle fasse partie de cette action , n’est pourtant pas aussi marquée et aussi spécifique après l’absorption de la belladone , du datura , de la ciguë , etc., qu’après celle de la digitale , c’est sous le titre de ces deux propriétés principales , savoir , l’action diurétique et l’action sédative du cœur , que le végétal dont nous nous occupons a été classé dans la matière médicale.

Effets physiologiques. — La digitale exerce une action locale irritante , mais à la manière de tous les agents morbifiques qui attaquent les tissus et peuvent les désorganiser. Sa poudre , appliquée sur une membrane muqueuse ou sur le derme dénudé , y produit une irritation fort cuisante, puis une phlegmasie qui peut aller jusqu’à l’ulcération. Mais ce serait tomber dans une erreur que nous avons combattue et réfutée victorieusement dans nos recherches pour servir à la médication antiphlogistique, que de faire procéder de celte lésion locale les phénomènes généraux spécifiques qui appartiennent à l’absorption de la digitale , et résultent de son action immédiate sur le système nerveux au moyen du sang qui s’en fait le véhicule et le

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dissolvant. Dans la doctrine physiologique, il faut cependant, pour titre rigoureux, admettre que la diurèse , les vertiges , la titubation , l’obnubilation de la vue, la faiblesse musculaire, le délire, les sueurs froides , la rareté et l’intermittence du pouls, la lenteur de la respiration, le froid général ou partiel , la somnolence, la cécité, etc., sont les effets sympathiques de l’irritation portée sur l’estomac par la digitale. Si on rejette cette interprétation, la doctrine est renversée, car on vient d’accepter la spécificité et les matières morbifiques. Tels sont donc les effets les plus remarquables de la digitale dans l’état physiologique, si on y ajoute une diarrhée assez abondante qu’elle produit toujours lorsqu’elle est prise à haute dose.

Ainsi ingérée, elle est un poison violent, comme l’attestent plusieurs accidents causés chez l’homme par de funestes méprises et la mort qu’elle ne manque pas de donner aux animaux. Et ce qui prouve mieux que toute autre chose, que les accidents généraux qui déterminent la mort et l’espèce d’empoisonnement si particulier propre à la digitale, sont idiopathiques et non sympathiques , c’est que tous ces accidents sont rapidement produits par l’injection dans les veines d’une solution des extraits résineux ou aqueux de cette plante. Au reste , s’il en était autrement , on ne voit pas pourquoi un irritant quelconque, appliqué sur l’estomac et sur toute autre surface irritable, ne donnerait pas lieu aux phénomènes caractéristiques qu’on n’attribue qu’à la digitale et à quelques autres plantes narcotico-âcres.

Une chose fort remarquable et à laquelle on n’a pas fait assez attention , c’est que tous les sédatifs de la circulation sont diurétiques, et réciproquement , que tous les diurétiques sont sédatifs de la circulation , cela à commencer par le froid , jusqu’au nitrate de potasse, à la digitale , à la scille, aux pointes d’asperges , à l’étber , etc. D’où vient celle communauté de propriétés, celte liaison intime entre l’une et l’autre de ces actions ? car il y a là plus qu’une coïncidence ; on ne peut y méconnaître un l'apport qui tient à ce que , entre le plus ou moins d’activité de la sécrétion urinaire et de la circulation du sang, il existe une relation physiologique dont on n’a pas recherché la loi.

Un fait tout d’abord doit frapper, fait opposé au précédent, c’est que toutes les causes qui stimulent la circulation , la calorification , les fonctions végétatives et l’action de la peau ,

diminuent la sécrétion de l’urine. Ainsi agissent les fièvres essentielles générales et les médicaments sudorifiques, échauffants, pyrélogénésiques. D’un autre côté , nous voyons tout ce qui agit dans un sens opposé, tout ce qui enraye les fonctions végétatives , ce qui diminue la chaleur organique et l’action cutanée , affaiblit l’action du cœur, etc., déterminer une diurèse copieuse. Dans ce cas sont la syncope, la peur, la période de frisson des fièvres , l’état qu’on désigne sous le nom de vapeurs, l’asthme nerveux, l’hypocondrie, les médicaments antispasmodiques spécifiques, le froid , etc., toutes circonstances qui diminuent la fonction de calorification , l’action du cœur, et qui en même temps font rendre des urines copieuses et limpides.

On peut donc mesurer la puissance sédative et antivitale d’un agent thérapeutique par sa puissance diurétique , et réciproquement. Mais est-ce l’action diurétique qui produit l’action sédative, ou bien la première est-elle due à celle-ci? Nous pensons que c’est parce que la digitale est un agent directement antivital et sédatif qu’elle produit la diurèse , au même titre que nous pensons qu’un bain frais ou le sentiment de la peur n’augmentent subitement la sécrétion et l’émission des urines que parce qu’ils ont primitivement causé une sédation profonde. Il semblerait que lorsque les fonctions végétatives et plastiques se ralentissent, comme dans les circonstances citées lorsque l’action exhalante de la peau est diminuée , que le saug n’a pas une circulation périphérique bien énergique , toute la sérosité qui n’est pas employée par ces fonctions trouve à s’échapper à travers l’émonctoire uropoéiétique ; et ce qui vient à l’appui de cette idée , c’est que dans ces diurèses dues à la sursédation de l’organisme , les urines sont limpides , peu denses , d’une pesanteur spécifique peu considérable, très-peu chargées de matière colorante, très-limpides en un mot. Il est à remarquer aussi que toutes les causes physiques ou morales qui enchaînent les manifestations d’activité vitale et jettent l’économie dans la sédation , comme les syncopes , la peur , et certains agents de la matière médicale , etc., activent considérablement l’absorption ; et comme cette absorption s’exerce d’abord sur les liquides les moins animalisés et les plus ténus , tels que *la sérosité, on trouve encore dans celte circonstance une nouvelle condition de diurèse et une I manière de concevoir l’action utile des médica- ■

DIGITALE

nienfs analogues à la digitale dans le traitement des hydropisies ou des épanchements séreux.

Effets thérapeutiques. — L'intelligence de ces effets résulte clairement de ce gui vient d’être dit de l’action physiologique de la digitale. Nous n’avons à nous occuper ici de ces effets qu’en tant qu’ils se rapportent à la médication sédative, puisque ailleurs nous avons parlé des diurétiques et des indications qu’ils peuvent remplir. La digitale a bien aussi été employée pour satisfaire à d’autres besoins qu’à ceux de modérer l’action du cœur, mais on ne la compte plus, comme sur la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci , parmi les spécifiques si nombreux inventés et prônés contre la phthisie pulmonaire et les scrofules; et si ce n’était l’école conlro-stimuliste d’Italie, qui en a fait un agent héroïque et plus puissant que la saignée dans le traitement des fièvres et des phlegmasies aiguës , les traités de matière médicale moderne devraient se borner à la mentionner exclusivement dans le traitement des affections organiques ou non organiques du cœur et des épanchements séreux.

11 est fort curieux que les deux maladies dans le traitement desquelles la digitale a une action incontestablement très-utile se trouvent précisément très-souvent réunies. En effet , lorsque les affections organiques du cœur sont parvenues à un certain degré de développement et au point d’apporter un obstacle notable à la circulation veineuse , divers épanchements , d’abord cellulaires, puis splanchniques, finissent presque toujours par compliquer la maladie primitive. Alors la digitale remplit simultanément les <leux indications capitales auxquelles elle est appropriée , on peut dire exclusivement.

Pourtant c’est alors que n’existent pas encore les infiltrations cellulaires et les épanchements séreux que l’administration de la digitale peut rendre le plus de services dans le traitement palliatif des maladies organiques du centre circulatoire. Nous avons souvent vu , à celte période, l’emploi sagement gradué et ménagé de la poudre de digitale , placer les malades dans un tel amendement qu’ils croyaient à jamais conjurée leur inexorable maladie, et que sans la persistance des signes physiques , l’illusion du malade aurait pu aussi nous gagner, tant était complète la disparition des signes physiologiques ou rationnels. Pourtant, après quelques mois, de nouvelles palpitations, une dyspnée plus intense ramenaient les inquiétudes du ina-

Inde.* Quelques doses de digitale avaient bien encore le pouvoir de calmer les expressions symptomatiques , jusqu’à ce qu’enfin cette vertu s’usât et ne jouit plus que du faible et inconstant privilège d’apporter quelque répit incomplet aux angoisses orlhopnéiques des malheureux anévrismatiques.

On doit encore s’estimer très-heureux lorsque l’action de la digitale ne fait que s’user successivement et qu’on n’est pas forcé d’en suspendre l’usage en raison de l’intolérance de l’irritation , des chaleurs, du pyrosis, des dyspepsies que celte poudre détermine quelquefois d’emblée, d’autres fois après un temps plus ou moins long ; ce qui fait qu’on ne doit jamais abuser de la tolérance des malades, et suspendre de temps en temps la médication, car il est plus facile de prévenir l’inconvénient dont nous parlons que de le faire cesser et de s’en rendre maître lorsqu’il existe. Très-souvent, alors, on ne peut plus vaincre cette intolérance , et les moindres doses reproduisent une irritation mal éteinte, d’autant plus que beaucoup d’anévrismaliques sont goutteux et ont un estomac par conséquent fort intraitable.

On peut éviter en grande partie ce côté fâcheux de l’action de la digitale en l’introduisant dans l’organisme par la voie endermique , c’està-dire en pansant un vésicatoire appliqué sur la région du cœur avec quatre, cinq, six et huit grains de poudre de digitale.

Il y a une importante distinction à faire entre les affections organiques du cœur , sous le rapport des indications que ces maladies présentent pour l’emploi de la digitale. Toutes les fois , quelle qu’en soit la cause , qu’il y a hypertrophie avec ou sans dilatation des cavités du cœur, que les contractions ventriculaires sont énergiques , etc., l’usage de la digitale est indiqué ; mais dans ce que Corvisarl appelait les anévrismes passifs par rapport aux précédents qu’il nommait actifs , toutes les fois que les cavités du cœur dilatées sont en même temps amincies , flasques , et que , presque dès le début, les infiltrations sont considérables ainsi (pie le froid des extrémités , l’asphyxie , la teinte violacée , etc., la digitale, en enrayant davantage les mouvements du cœur, accroît l’état pathologique , et voilà pourquoi nous avons dit plus haut que c’était surtout au début des hypertrophies qu’il convenait de l’employer.

Un fait très-digne de remarque et qui n’a pas été assez observé , c’est que l’action sédative de

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la digitale est moins sûre et moins marquée dans les palpitations purement nerveuses que dans celles qui dépendent d’une lésion organique du cœur. C’est que , dans ces derniers cas , le» palpitations ne sont pas dues primitivement à un état vital, mais à un état organique, et qu’ainsi le médicament sédatif a modéré sans peine les manifestations d’activité d’un organisme à la sédation duquel rien ne s’oppose , tant que la lésion n’est pas considérable au point de rendre presqueimpossible la circulation; tandisquedans le premier cas le système nerveux est primitivement surexcité, et qu’on ne l’apaise qu’en atteignant les causes de son excitation ou de son éréthisme. Une maladie organique du cœur pure et simple, due par exemple au rétrécissement de quelqu’un des orifices, etc., n’est vraiment pas une maladie; et si quelqu’un s’étonnait de celte assertion , nous lui demanderions s’il regarderait comme une maladie l’asphyxie lente et progressive d’un homme à qui on aurait passé un nœud coulant autour du cou et qu’on étranglerait tous les joui's en serrant la corde d’une ligne , de manière à le faire mourir ainsi en un ou deux ans. Les malheureux affectés de ces maladies purement organiques du cœur meurent véritablement sans maladie , pleins de vie et de santé. Le diagnostic de ces sortes de maladies n’offre donc ni difficultés ni mérite : c’est l’a b c de l’art; car il n’y a pas d’indications thérapeutiques à découvrir, c’est un fait accompli que le dernier élève peut constater après huit jours d’exercice; et il en sait autant que l’inventeur.

La méthode des contro-stimulistes n’ayant guère été acceptée en France que relativement à l’emploi des préparations antimoniales , nous ne saurions guère que dire au lecteur de l’emploi de la digitale dans le traitement des fièvres et des maladies aiguës. C’est au praticien éclairé et prudent qu’il appartient de résoudre luimême ces questions thérapeutiques. On sait que la digitale modère la chaleur , pousse aux urines et ralentit les mouvements du cœur. Chacun peut , d’après cette donnée physiologique , l’essayer dans les fièvres , les péripneumonies , etc. Dire que les rasoriens s’en louent beaucoup dans ces divers cas , c’est dire peu de chose, puisqu’il n’est guère de remèdes, même parmi les plus excitants , dont ils ne parlent ainsi. Que voulezvous attendre de l’observation de ceux qui ont pour doctrine un brownisme abâtardi , modifié seulement dans la forme et combiné à une théorie moitié solidisle et moitié humoriste des fiè-

vres et des phlegmasies ? Les chiffres et les statistiques ! tout le monde en offre. Ce n’est pas de chiffres , de succès qu’il s’agit, mais de principes. Du moment où un médecin vous place sur le terrain du numérisme , ne l’y suivez jamais. Avec cette brutale et inintelligente méthode on prouve tout. Deux adversaires peuvent soutenir chacun une méthode thérapeutique opposée , et chacun vous apporter en faveur de l’excellence de son procédé autant de chiffres que l’autre. Qui jugera entre ces deux empiriques? Un médecin.

11 y a ici à invoquer une analogie incontestable : c’est que le tartre slibié en lavage, ainsi que l’ipécacuanha à doses réfractées et nauséeuses, sont utiles dans les pneumonies aiguës, par la sédation continuelle , la réfrigération et l’état semi-lipothymique où cette médication jette les malades. Il est très-probable, on peut même affirmer que la digitale agirait de la même manière en pareil cas. C’est une raison suffisante pour en tenter l’emploi , surtout lorsque , par une raison quelconque, on croit devoir s’abstenir des émissions sanguines.

C’est d’après les mêmes données analogiques que la digitale peut rencontrer l’indication de son emploi dans les hémorragies actives, dans l’hémoptysie par exemple.

M. le docteur Bayle , qui , dans le troisième volume de sa Bibliothèque thérapeutique , a rassemblé tous les travaux anciens et modernes sur la digitale, est arrivé aux conclusions suivantes par le rapprochement de tous les faits qu’il a analysés dans son précieux travail.

Ce médicament est en général convenable dans les cas d’hydropisies simples, non compliquées de maladies du cœur , accompagnées de faiblesse générale , de mollesse du pouls , chez les sujets qui ont le teint pâle , la peau froide et conservant bien l’impression du doigt.

Au contraire , les individus robustes , à teint fleuri , à chair ferme , à peau chaude , ceux chez lesquels le ventre est tendu , dur et circonscrit, l’enflure dure et rénitenle, obtiennent rarement de bons effets de l’usage de la digitale.

Ces conclusions sont absolument les mêmes que celles que donne Murray. Il n’y a qu’une seule chose à y objecter , c’est qu’on ne rencontre presque jamais les sujets de ces indications et de ces contre-indications.

Tous les auteurs qui ont vanté, depuis Wilhering et Darwin , la digitale dans le traitement des hydropisies , en ont excepté les hydropisies enkystées. Nec in unâ vel leviori specic hy-

ANTIMOINE

dropis fert opem digitalis ; sed in plcrisquc , risque difficilioribus , ascite , hydrotkorace ; excepte unicè hydrope saccato. (Murray.)

l)e tous les cas comparés dans le travail de M. Bayle , il résulte que , chaque fois que la digitale a réussi dans le traitement des anasarques et des hydropisies , elle a accru la sécrétion urinaire.

Doses et mode d} administration. — La poudre des feuilles est la préparation la plus usitée. On la donne chez les enfants à la dose d’un quart de grain -jusqu’à un et deux grains progressivement , et , chez les adultes , depuis deux jusqu’à huit, dix, vingt, trente grains, et même un gros ; mais en prenant toutes sortes de précautions et de degrés, en interrompant quelquefois pour recommencer plus tard. La poudre doit être verte et d’une forte odeur de foin.

L’infusion se prépare avec un gros de feuilles pour une pinte d’eau. On l’administre ainsi depuis une demi-once jusqu’à une once. Cette préparation est préférée lorsqu’on veut obtenir des effets diurétiques principalement.

Plusieurs praticiens étrangers préfèrent la teinture. En France , on emploie de préférence la poudre à l’intérieur, et on réserve la teinture , les décoctions , etc., pour l’usage externe.

Lorsqu’on veut administrer la teinture à l’intérieur, on la donne dans une potion à la dose de 12, 24 et 56 gouttes.

On fait très-souvent des pilules avec la poudre. Nous avons déjà parlé de l’emploi de cette dernière par la méthode endermique.

C’est en frictions qu’on emploie surtout la teinture sur les parois des cavités splanchniques affectées d’épanchement séreux et sur les membres infiltrés. Nous avons souvent employé une forte décoction de digitale en fomentations. On en imbibe des linges qu’on applique sur le ventre, et qu’on recouvre de toile gommée pour empêcher l’évaporation. La diurèse nous a paru considérablement excitée par ce mode d’administration externe. On évite ainsi l’action irritante sur l’estomac.

Il est important d’avoir à son service un grand nombre de modes d’administration de la digitale, précisément pour être le moins souvent que possible obligé de l’introduire dans les premières voies.

ANTIMOINE

L’antimoine, Antimonium , Stibium , se

trouve dans la nature sous quatre états : à l’état natif, c’est le cas le plus rare ; à l’état de sulfure , c’est ce qui forme la base des principaux minerais; à l’état d’oxyde sulfuré ou de kermès natif; enfin , à l’état de protoxyde , d’acide anlimonieux et d’acide antimonique.

Il est peu de préparations antimoniales qui n’aient été employées en médecine , aussi croyons-nous nécessaire de passer rapidement en revue tous les composés antimoniaux.

L’antimoine pur, régule d’antimoine , a une texture lamelleuse , un éclat qui rappelle celui de l’argent. On l’emploie en poudre trèsfine , obtenue soit par la lime , soit par le porphyre. Il servait jadis à confectionner des gobelets dans lesquels on laissait séjourner du vin blanc acide. Il se formait ainsi une quantité plus ou moins grande de tarlrate de potasse et d’antimoine qui restait en dissolution dans la liqueur. Enfin , avec ce même métal , on faisait de petites balles, qui, avalées, produisaient un effet purgatif , étaient rendues , lavées , puis ingérées de nouveau par la même personne ou par un autre membre de la famille , ce qui leur avait valu le nom de pilules perpétuelles.

Il importe que l’antimoine métallique soit parfaitement purifié; il contient, en effet , presque toujours de l’arsenic. M. Sérullas a indiqué les moyens de purification actuellement les plus usités.

Le protoxyde d’antimoine, oxyde antimonique. — Il est blanc, fusible, volatil ; c’est le seul des oxydes d’antimoine qui puisse se combiner avec les acides. On l’obtient en versant du chlorure d’antimoine dans de l’eau distillée. Il se dépose une poudre blanche qui est de l’oxydo-chlorure d’antimoine. On fait bouillir le précipité avec du carbonate de soude; il se forme un chlorure de sodium soluble, et le protoxyde d’antimoine précipite.

L 'acide antimonieux , ou deutoxyde d’antimoine, est blanc, insipide, et ne peut se combiner aux acides comme le précédent. Au contraire, il fait office d’acide avec les bases, et forme des sels généralement insolubles (antimonites ).

Pour l’usage médicinal , on obtient cet acide en décomposant l’antimonite de potasse par un excès d’acide hydrochlorique.

L'acide antimonique ( peroxyde d’antimoine). — Il est blanc, et rougit le papier de tournesol; il forme, avec les bases, des antimoniates. On l’obtient à l’étal d’hydrate et pour

SÉDATIFS ET CONTftO-STIiMULANTS.

l’usage médicinal en traitant l’antimoniale de potasse par l’acide hydrochlorique.

Vantinioine diapho relique. — Ce composé, qui a reçu à tort le nom d’oxyde blanc d’antimoine, se prépare en jetant successivement dans un creuset, porté au rouge, un mélange d’antimoine métallique et de nitrate dépotasse : dans cette opération , on obtient un produit qui est tantôt du protoxyde d’antimoine, tantôt de l’acide antimonieux qui s’unit à la potasse , et plus souvent encore un mélange d’hypoantimonile , d’antimonite et d’anlimoniate de potasse, suivant les proportions dans lesquelles on mélange le nitrate de potasse à l’antimoine. Aussi doit-on proscrire celle préparation antimoniale si infidèle. Lorsqu’on la retire du creuset , elle prend le nom d’antimoine diaphonique non lavé ; quand , au contraire , on la lave à l’eau bouillante , un sel antimonial soluble est dissous dans l’eau , la partie insoluble contient l'antimoine diaphonique lavé. Si le lavage se fait à l’eau froide , il n’entraîne que le nitrite et le nitrate de potasse, et dans ce cas l’antimoine diaphonique lavé a une énergie d’action tout aussi grande que celle de l’antimoine non lavé.

Le chlorure d’antimoine, ou beurre d'antimoine , est une substance cristalline d’un blanc jaunâtre , d’une extrême causticité , qui absorbe aisément l’humidité de l’air, et se change alors en un liquide huileux que l’on emploie le plus communément en médecine.

On l’obtient à l’état solide en distillant un mélange de deuto-chlorure de mercure et de sulfure d’antimoine et d’antimoine métallique.

Voxy do-chlorure d’antimoine , ou poudre d’Algaroth , est une substance blanche , de texture cristalline, qui n’est autre chose qu’une combinaison d’oxyde d’antimoine et de chlorure d’antimoine. On le prépare par précipitation en délayant le beurre d’antimoine dans une grande quantité d’eau tiède.

Sulfure d’antimoine. — Le sulfure d’antimoine natif ne doit jamais être employé en médecine ; il contient presque toujours de l’arsenic, et il est à craindre que cette substance délétère ne produise de redoutables accidents. On doit le préparer de toutes pièces : on fait fondre ensemble deux parties d’antimoine métallique parfaitement pur et huit parties de soufre , et à la fin de l’opération , on élève un peu la chaleur pour fondre le sulfure, et pour chasser l’excès de soufre : on le porphyrise ordinairement avant de le prescrire aux malades.

Ce que l’on désignait jadis sous le nom de verre d’antimoine, de foie d’antimoine, de crocus metullorum , de rubine d’antimoine, n’était qu’un mélange , en proportions mal définies, d’oxyde d’antimoine avec du sulfure et de l’oxydo-sulfure.

Kermès minéral. (Ilydro- sulfate d’antimoine, sous-hydro-sulfate d’antimoine hydraté.) Cette importante préparation antimoniale fut découverte par Glauber. Il en fit un secret , et elle était célèbre au commencement du siècle dernier, sous le nom de poudre des chartreux, parce qu’un moine de cet ordre l’employait avec un grand succès dans les maladies aiguës de la poitrine.

Le procédé le plus anciennement employé, et qui est encore usité de nos jours, consiste à faire bouillir pendant deux heures , dans 8 parties d’eau pure . 4 parties de carbonate de soude ou de potasse , et mieux encore la soude ou la potasse caustique. On laisse refroidir lentement la liqueur, et le kermès précipite sous forme d’une poudre violette et comme veloutée.

Tartrate de potasse et d’antimoine. (Émétique, tartre émétique, tartre slibié.) Ce sel si célèbre fut découvert, en 1631 , par Adrien Minsycht.

Le procédé de préparation employé aujourd’hui est des plus simples. Dans une marmite de fonte contenant 10 kilogrammes d’eau en ébullition, on jette un mélange de bi-tartrate de potasse et d’oxydo-chlorure d’antimoine pur, et quand la liqueur marque 25°, on filtre à chaud et on laisse refroidir. L’émétique se cristallise ; on sépare les eaux mères et l’on fait sécher.

L’émétique est soluble dans 14 parties d’eau froide et dans 1,88 d’eau bouillante. Il est si souvent employé en médecine qu’il importe beaucoup de connaître comment il se comporte quand il se trouve en contact avec une multitude de substances ordinairement conseillées dans beaucoup de formules. Nous extrairons de M. Soubeiran ce qui est relatif à ces réactions diverses.

Quand on dissout l'émétique dans de l’eau ordinaire, les carbonates calcaires décomposent lentement l’émétique , et , au bout de douze heures , il y a un dépôt d’oxyde d’antimoine. Si l’eau est bouillante, la décomposition est instantanée. Les liquides fournis par les plantes astringentes , et entre autres par le quinquina , décomposent l’émétique. Il se fait de la crème de tartre et un composé insoluble d’oxyde d’an-

ANTIMOINE

liraoine et de tannin. La décoction de tamarin décompose également l’émétique, il se fait des cristaux de crème de tartre et le lartrale d’antimoine reste en dissolution à la faveur de l’excès d’acide. La limonade le décompose également : il se fait de ta crème de tartre et du citrate d’antimoine. Il y a aussi décomposition par le petitlait ; elle est produite par l’acide acétique et les phosphates. Il se fait du phosphate d’antimoine qui reste dissous à la faveur de l’excès d’acide. Dans le plus grand nombre de ces cas , l’action reste la même; mais les effets vomitifs sont dus aux nouveaux sels qui se sont formés.

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