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BISMUTH

reconnaît son efficacité dans la gastralgie, dans la débilité de l’estomac avec tendance aux spasmes, dans l’hystérie; Bonnat {Journal de médecine, 1788), dans les douleurs chroniques de l’estomac.

Enfin Odier, revenant sur les effets de ce médicament , dit que , dans un cas , il l’a vu calmer de violentes douleurs d’estomac causées par un squirrhe; mais il reconnaît lui-même qu’il ne pouvait rien contre la maladie ellemême, non plus que contre les lésions organiques graves des viscères gastriques.

Il nous reste maintenant à donner le résultat de l’expérience de Bretonneau et de la nôtre propre. Nous avons si souvent conseillé le bismuth , et nous le donnons encore à tant de malades , que , plus que personne peut-être , nous pouvons indiquer les applications thérapeutiques que l’on peut en faire.

Usage interne. — Maladies de V estomac. — 11 est certain que les maladies de l’estomac sont heureusement modifiées par le sous-nitrate de bismuth ; mais les indications données par Odier, par Carminati et par Bonnat, sont tellement vagues dans l’état actuel de la science , qu’il est essentiel de préciser un peu davantage.

Le sous-nilrale de bismuth convient aux personnes dont les digestions sont habituellement laborieuses , et s’accompagnent souvent d’éructations nidoreuses et de tendance à la diarrhée. Quand les éructations sont acides, ou qu’il n’y a que des flatuosités purement inodores, le médicament échoue presque toujours.

Il est indiqué dans les vomissements chroniques non fébriles qui succèdent à une gastrite aiguë , à une indigestion , à l’ingestion d’un médicament violemment irritant , et dans les gastralgies qui compliquent si souvent cet état. Il réussit encore très-bien dans les vomissements spasmodiques chez les femmes nerveuses.

Il est donc particulièrement utile dans la gastrite subaiguë et dans la gastrite chronique , et dans la gastralgie qui se complique d’un état inflammatoire de la membrane muqueuse de l’estomac.

Mais quand la gastralgie s’accompagne de constipation habituelle, qu’il n’y a pas de vomissements , ou que les vomissements sont purement glaireux et insipides ou acides , quand elle complique la chlorose et qu’elle alterne, comme il arrive si souvent, avec la névralgie temporofaciale ou avec un rhumatisme; quand elle se lie à l’hypocondrie, à la leucorrhée, au flux

immodéré des hémorroïdes ou à tout autre flux que la diarrhée, le sous-nitrate de bismuth ne rend que peu de services.

Les vomissements des enfants qui se lient à la dentition, et qui précèdent si souvent le ramollissement de la membrane muqueuse de l’estomac, ceux qui succèdent aux indigestions que cause leur extrême voracité, ceux qui accomgnent le muguet , sont heureusement combattus par le sous-nitrate de bismuth.

Quant aux maladies de l’intestin , proprement dit, celles qui sont modifiées par le bismuth sont analogues à celles de l’estomac qui guérissaient à l’aide du même moyen.

En première ligne , nous placerons la diarrhée alors qu’elle succède à une gastro-entérite légère, et qu’elle ne s’accompagne plus de fièvre ; quand elle se montre pendant la convalescence de la dothinentérie , ou de toute autre maladie aiguë , et qu’elle ne peut être considérée comme un phénomène critique.

Le sous-nitrate de bismuth convient particulièrement aux enfants débiles qui éprouvent de la diarrhée sous l’influence de la moindre cause, et surtout au moment du sevrage , lorsque les viscères gastriques se révoltent contre une alimentation nouvelle , ou bien encore lorsque le dévoiement , qui accompagne habituellement la dentition , persiste encore après l’éruption de la dent.

Usage externe. Bretonneau est, à ce que nous sachions , le seul médecin qui ait utilisé le sous-nitrate de bismuth dans le traitement des maladies externes. Il emploie surtout ce sel dans les ophlhalmies catarrhales à l’état subaigu et chronique. Il insuffle dans l’œil de 1 à 2 décigrammes (2 à 4 grains) de sel , une ou deux fois par jour ; ou bien encore , il fait renverser la tête du malade , enlr’ouvre l’œil et y répand une pincée de bismuth. Quelquefois aussi il saupoudre de la même manière les ulcères sanieux et ceux qui causent de vives douleurs. Enfin dans certaines dartres, telles que l’eczéma chronique, l’impétigo , il calme les démangeaisons et accélère la guérison , en enduisant la peau d’une pâle faite avec de l’eau et du magistère de bismuth.

Si maintenant on cherche à se rendre compte du mode d’action thérapeutique du sous-nitrate de bismuth, on sera vraiment embarrassé ; on ne saisit en effet aucun effet intermédiaire entre l’emploi du médicament et son résultat curatif. Malgré l’attention que nous y avons mise , nous n’avons pu apercevoir la moindre influence sur

ANTHELM INTIQUES.

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les fonctions générales. Quand un individu en bonne santé prend du sous-nitrate de bismuth , le seul phénomène que l’on remarque , c’est la constipation; mais les fonctions nerveuses, la chaleur animale, les mouvements du cœur, les sécrétions urinaire et cutanée ne sont pas influencées d’une manière appréciable.

Ensuite, quand on étudie les effets thérapeutiques de ce sel , dans les maladies externes, et ceux qu’il produit dans les affections internes, on est tenté de ranger le sous-nitrate de bismuth parmi les substances légèrement astringentes ; mais en même temps on ne peut lui refuser des propriétés sédatives qui nous ont déterminé à le placer dans la classe où nous l’avons rangé.

Avant de terminer ce qui est relatif à l’action thérapeutique du sous-nitrate de bismuth, nous devons prévenir les praticiens que les garderobes, pendant l’administration de ce sel et encore quelques jours après , ont une teinte gris noirâtre très-prononcée , et qui inquiète souvent et les familles et le médecin.

Modes d’ administration, et doses. Le sousnitrate de bismuth , à cause de son insipidité , est très-facile à administrer; il n’est pas besoin de le déguiser , et c’est une chose précieuse pour les enfants surtout. On le donne en poudre aux adultes dans une cuillerée de potage ou de confiture ; aux enfants, mêlé à un peu de sirop , de confiture ou de miel , ou bien encore dans leur bouillie. Pour les enfants , nous faisons faire des tablettes qui contiennent chacune 5 centigrammes (1 grain) de sel. Cette espèce de bonbon est fort goûté des enfants qui en redemandent avec empressement.

La dose pour les adultes est de 1 à 4 grammes (18 à 72 grains) dans les vingt-quatre heures. Pour les enfants de 1 à 5 décigrammes (2 à 9 grains).

Le bismuth se donne au moment du repas , autant que possible. Quand les spasmes et les douleurs d’estomac se montrent pendant la nuit ou de grand malin , il convient de l’administrer au moment où les malades se mettent au lit.

ANTIlIiLMINTIQUES.

Il nous reste à étudier très-brièvement une classe de médicaments auxquels on n’attache en général pas assez d’importance , nous voulons

parler des anthelminliques. On entend par anthelmintiques les médicaments qui sont employés pour détruire et pour expulser les vers intestinaux. Ceux (pii détruisent les vers prennent le nom de vermicides. Ceux qui les expulsent sont appelés vermifuges. Parmi les vermicides , tous ceux qui sont purgatifs sont en même temps vermifuges. Les vermifuges ne peuvent former une classe ù part, attendu que ces substances purgatives jouissent de la propriété d’expulser les vers intestinaux , non par l’action spéciale qu’ils exercent sur les vers , mais uniquement parce qu’ils déterminent une abondante sécrétion intestinale, et une augmentation du mouvement péristaltique qui entraîne les vers. D’où il suit qu’on n’est pas fondé à admettre deux classes d’anlhelminliques , et que ceux-là seuls méritent ce nom qui exercent sur les vers une action toxique.

MERCURE

En tête des anthelmintiques , il faut placer le mercure. Nous avons dit dans notre seconde partie, en parlant des mercuriaux, combien était grande leur influence sur les animaux inférieurs, et sur les œufs et les embryons des animaux supérieurs. On explique aisément comment ils peuvent tuer des vers contenus dans le canal intestinal. On administre ou le mercure coulant, ce qui est la plus mauvaise forme, ou l’onguent mercuriel , réduit en pilules , à la dose de 4 à 5 décigrammes (8 à 9 grains), une ou deux fois par jour. Ou mieux encore, le calomel en poudre, à la dose de 2 à 5 décigrammes ( 4 à 9 grains ) , un, deux et jusqu’à trois jours de suite.

L’électuaire anthelmintique de Heisler se préparait selon la formule suivante :

Mercure 10 grain. (1/2 once).

Éteignez avec soin dans 52 gram. (1 once) de mucilage de gomme arabique, et ajoutez :

Quinquina en poudre 52 gram. (1 once).

Sirop de menthe q. s. pour donner la consistance d’un électuaire. On donnait matin et soir gros comme une noisette de cet électuaire.

Les pastilles vermifuges de Barthez ne contenaient que du calomel et du sucre.

Dans quelques formules on associait le calomel et le semen contra comme dans l’électuaire anthelmintique de Yogler, dans lequel le mercure et le semen conlrà se trouvaient réunis à la

AN T1IELM1NTIQUES.

racine de jalap ; enfin , dans l’œthiops antimonial d’Huxham , le mercure , le sulfure d’antimoine , et les fleurs de soufre , étaient réunis et triturés ensemble, et on donnait cette poudre aux enfants ù la dose de 4 à G décigr. (8 A 12 grains).

ARSENIC

L’arsenic a été conseillé comme anlhelmintique , et c’est en effet un remède d’une puissance presque infaillible j mais comme il fait courir d’affreux dangers , tous les médecins sages y renoncent, si ce n’est chez les adultes atteints de ténia. Dans ce cas l’acide arsénieux et mieux l’arséniate de soude se donnent à la dose de 1 à 5 centigr. (1/5° à 1 grain) par jour, dans un liquide mucilagineux. Deux heures après que la dernière dose d’arsenic est prise , il faut administrer un purgatif drastique.

ANTIMOINE

L’antimoine a été conseillé dans le même but. On prescrivait la limaille d’antimoine incorporée à du sucre à la dose de 1 à ô décigram. (2 à 6 grains) dans le courant de la journée. Le tartre stibié est préférable; il se donne à dose vomitive, et en répétant ce moyen deux ou trois fois dans une semaine, il est rare qu’on ne détruise pas la plus grande partie des vers qui habitent le canal intestinal.

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