‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 230 sur 242 · MOUSSE DE CORSE · texte numérisé non relu

MOUSSE DE CORSE

Tous les végétaux fortement amers , et en tête il faut placer l’armoise, la lanaisie, l’absinthe, l’aurone, la santoline, sont doués de propriétés vermifuges non équivoques. La fève de saint Ignace, la noix vomique, l’anguslure, le quinquina , le Colombo , le quassia ainara , la gentiane , jouissent des mêmes propriétés. Nous ne nous arrêterons pas à ces médicaments dont nous avons déjà traité ailleurs, nous nous occuperons d’une manière plus particulière de la mousse de Corse, du semen contrà, de la fougère mâle et de l’écorce de racine de grenadier.

Le fucus helminthocorton ou mousse de Corse est un végétal que l’on recueille principalement sur les rochers qui bordent la mer en Corse et en Sardaigne. La mousse de Corse que l’on emploie dans les pharmacies est presque toujours mêlée de beaucoup d’autres algues marines , qui d’ailleurs jouissent de propriétés semblables aux siennes. L’emploi de la mousse de Corse, comme anthelminlique , semblerait remonter à une haute antiquité (Mérat et Delens, Dict. de mat. méd.} tom. IV , page 497). Toutefois , ce fut en 1775 seulement que, suivant Sprengel, un médecin corse , Slépbanopoli , lit connaître les propriétés anthelmintiques de ce fucus.

Cette plante n’a pas d’amertume notable. On ne comprend guère, d’après son goût et d’après ses principes immédiats , comment elle agit sur les vers. Le fait est pourtant qu’elle est un de nos meilleurs vermifuges. On la donne aux enfants en décoction dans du lait bien sucré, à la dose de 4 à 16 grammes (1 à 4 gros). On en fait aussi une gelée avec le vin rouge et la cassonade blanche, qui ne dégoûte pas les enfants et qu’on leur donne à la dose de 2 à 5 cuillerées à bouche chaque jour.

Page 1