‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 238 sur 242 · EAUX MINÉRALES SALINES · texte numérisé non relu

EAUX MINÉRALES SALINES

constituer des pommades qui ont la même action thérapeutique que celles qui sont faites avec le soufre.

Il nous reste maintenant à parler de l’influence des eaux minérales sulfureuses , naturelles ou artificielles sur la phthisie pulmonaire. Nous avons vu que Galien envoyait en Sicile ses malades atteints de phthisie pulmonaire pour y respirer l’air des volcans. Or il s’exhale des cratères plutôt de l’acide sulfureux que du gaz hydrosulfurique , et nous douions fort qu’il en doive résulter un grand bien; mais la réputation qu’ont acquise les eaux minérales tenant en dissolution de l’hydrosulfate de soude , dans le traitement de la pulmonie , est populaire depuis si longtemps , et un si grand nombre de médecins éclairés ont appuyé de leur autorité cette opinion populaire que nous devons ici l’examiner sans partialité.

Les observations de Bordeu , ce médecin si sagace , ne permettaient guère de conserver des doutes sur la possibilité de la curation de la phthisie pulmonaire à l’aide des eaux des Pyrénées ; mais les faits rapportés par cet immortel praticien trouvaient encore des incrédules parmi les médecins de notre époque. On refusait de croire à l’existence de la phthisie chez les malades de Bordeu , et l’on pensait que le diagnostic n’avait pu avoir la précision qu’il a acquise depuis les travaux de Laënnec. Mais de nos jours des praticiens, très-éclairés à coup sûr sur le diagnostic local de la phthisie , 'MM. Dalmas et Andra 1 , ont constaté de la manière la plus positive la guérison de personnes atteintes de tubercules pulmonaires. Est-ce à dire que de pareilles guérisons soient communes ? nous ne le pensons pas; et aux Eaux- Bonnes , à Cauterels, rendez-vous d’un grand nombre de phthisiques, l’état de presque tous les malades est plus souvent empiré qu’amélioré , et quelques-uns seulement trouvent aux eaux un soulagement que bien probablement ils n’eussent pas trouvé ailleurs. Mais quand la phthisie est confirmée , qu’elle s’accompagne d’expectoration purulente, de fièvre hectique, de sueurs, de diarrhée , les eaux minérales sulfureuses accélèrent plutôt qu’elles ne retardent la marche de la maladie.

Quant au catarrhe chronique , il est évidemment modifié par les eaux sulfureuses, et il n’est aucun médecin un peu répandu qui n’ait dans sa pratique d’assez nombreux clients qui ont trouvé aux eaux sulfureuses naturelles la gué-

rison temporaire de leurs maux. Ce n’est pas seulement le catarrhe pulmonaire qui est heureusement modifié par les eaux sulfureuses ; les autres flux muqueux, ainsi que nous l’avons dit plus haut, sont guéris de la même manière.

A une époque où l’on ne distinguait pas assez bien la phthisie du catarrhe pulmonaire chronique, il a dû souvent arriver que l’on crut avoir guéri un tuberculeux alors que l’on avait traité un catarrhe, et de là sans doute l’immense réputation de ces eaux dans le traitement des tubercules ; mais ne guériraient-elles que le catarrhe chronique, ce serait déjà un avantage assez grand pour qu’on dût ne les jamais négliger.

Dans la phthisie commençante, les eaux sulfureuses naturelles ou artificielles doivent être données d’abord à très-faibles doses , un verre tout au plus dans les vingt-quatre heures. 11 est rare que l’on puisse aller à quatre verres par jour sans inconvénients. Les accidents produits par ces eaux sont la fièvre et souvent l’hémoptysie. On a soin de les couper d’abord avec du lait pour en atténuer l’action , plus tard on les prend pures. Quant aux eaux artificielles, on doit toujours les faire tiédir en vase clos avant de les administrer, afin de les mettre dans les mêmes conditions de température qu’à la source.

On peut les édulcorer , si l’on veut, soit avec du sirop simple , soit avec du sucre , soit avec du sirop de baume de tolu.

Toutes les eaux minérales sulfureuses naturelles peuvent être employées dans le traitement de la phthisie et du catarrhe chronique ; toutefois on donne la préférence , en France , aux Eaux-Bonnes, aux Eaux-Chaudes , à Caulerets, à Bagnères-de-Luchon , dont l’activité est un peu moindre; celles qui sont plus excitantes sont réservées aux maladies externes , ce sont celles de Baréges, d’Aix en Savoie, etc., etc.

Sulfure de sodium. — Nous ne dirons rien du sulfure de sodium sous le point vue thérapeutique ; il fait la base des eaux minérales sulfureuses , et ce que nous avons dit du sulfure de potassium s’applique entièrement à son congénère.

Quant ù la préparation du sulfure de sodium, elle est la même que celle du sulfure de potassium.

Eaux minérales salines.

Parmi les eaux minérales salines , celles qui sont purgatives ne remplissent aucune autre in-

EAUX MINÉRALES

dicalion que les purgatifs eux-mêmes dont nous avons longuement entretenu nos lecteurs au commencement de cette partie. Celles qui sont alcalines sont également indiquées dans les mêmes cas que les solutions de soude et de potasse , et nous avons dit , à la fin de la première partie , dans combien de circonstances elles réussissaient ; nous n’y reviendrons pas. Qu’il nous suffise de dire que les eaux alcalines acidulés s’imitent parfaitement, et qu’en les faisant chauffer au bain-marie, elles ont toutes les propriétés qu’on trouve à la source.

Quant aux eaux dont le chlorure de sodium est le principe minéralisateur et qui constituent l’eau de mer et certaines sources minérales , il convient de nous y arrêter un instant.

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