LAURIER-CERISE
Laurier-cerise ; padus lauro-cerasus, Miller. {Prunus lauro-cerasus, Linné). Laurier-amande laurier-lait; arbre de médiocre grandeur, de la fannlle des rosacées, section des amygdalées. Ses feuilles sont ovales, lancéolées, fermes, coriaces, il un vert luisant en dessus , perrennrs, alternes! Lorsqu’on les froisse entre les doigts , elles ont une odeur d’amandes amères extrêmement prononcée : les feuilles sont les seules parties de la liante dont on se serve en médecine.
Cet arbre n’a été importé en Europe que vers a fin du seizième siècle. Recherché d’abord seuemenl pour la beauté de son feuillage; il entra uiMitol da,,J quelques préparations culinaires , à cause de 1 arôme que scs feuilles donnaient a
STUPEFIANTS.
certains mets ; plus lard ses vertus toxiques furent connues, et ce fut alors qu on songea a utiliser en médecine un agent qui modifiait si puissamment l’organisme.
Action toxique du laurier-cerise.
11 n’est pas rare de voir des nourrices imprudentes aromatiser le lait des enfants avec des feuilles de laurier-cerise et produire ainsi des empoisonnements. Ingenliousza vu la décoction tle deux feuilles de laurier-cerise dans du lait causer de graves accidents ( Expériences sur les végétaux , pag. 235).
L’eau distillée est, au dire de quelques auteurs, un poison tellement violent qu’il suffit de quelques gros pour donner la mort a un animal de forte taille ; suivant quelques autres cest une préparation tellement innocente qu’on en peut administrer jusqu’à douze onces par jour à un homme sans qu’il en soit notablement incommodé. M. Barrueî a préparé de l’eau distillée de laurier-cerise aussi active que l’acide prussique de Schéèle , et nous avons souvent donné à 1 Ilôtel-Dieu jusqu’à quatre onces à la fois de celle qui avait été préparée à la pharmacie centrale des hôpitaux, sans causer le moindre accident: cela tient sans doute à ce que, par le procédé de M. Barruel , ou plutôt par le soin qu’il apporte à la distillation , il enlève aux feuilles de laurier toute l’huile essentielle qui alors se liouvc combinée avec l’eau, tandis que parles piocedés ordinaires on laisse dans 1 alambic la plus grande partie du principe actif de la plante ; cela tient encore à quelques circonstances que nous indiquerons plusbas. Par là s’expliquent les résultats différents auxquels sont arrivés les divers expérimentateurs, et le peu de conformité des résultats thérapeutiques obtenus par les médecins.
De ce qui précède on doit néanmoins tirer la conclusion que l’eau distillée de laurier -cerise ne doit être employée à l’intérieur qu’avec la plus grande circonspection , à moins que par des essais répétés on ait pu connaître 1 activité de celle que l’on emploie.
L’huile essentielle de laurier-cerise est aussi activement délétère que l’acide hydroeyanique dont il partage d’ailleurs toutes les propriétés. Les expériences de Nicholss ( dissertatio de lauro-cerasi, etc., etc.), celle de Fonlana ( Traite du poison de la vipère ) le démontrent assez.
Les symptômes de l’empoisonnement par l’eau
distillée et par l'huile essentielle de laurier-cerise ne diffèrent pas de ceux que produit l’acide hydrocyanique dont nous avons parlé plus haut.
Les usages thérapeutiques du laurier-cerise sont aussi les mêmes «pie ceux de l’acide prussique. Linné ( Amccuit . Acad., loin. iv, p. 40), conseille le laurier-cerise dans la phthisie pulmonaire , et il dit que ce médicament est d’un u âge mpulaire en Belgique pour le traitement de celle redoutable affection. Il est probable que l’assertion de Linné , que rien n’a justifiée de nos jours a encouragé quelques médecins de notre époque à conseiller l’acide prussique dans la même maadie et avec aussi peu de bonheur. Kiimer a pu- >lié des observations qui démontrent, suivant ui , l’utilité de la vapeur de l’eau de laurier-cerise dans les affections spasmodiques des poumons et des muscles de la poitrine. Il fait respirer depuis un gros jusqu’à une demi once de cette eau bien préparée, versée sur un vase chaud de manière à s’évaporer en dix ou douze minutes (Dictionnaire de Méral et de Lens , loin, v , p. 165 ).
Le même médicament a été conseillé et comme moyen topique et comme remède interne dans les même circonstances que toutes les substances qui contiennent du Cyanogène et surtout que les amandes amères dont nous avons traité tout à l’heure.
Préparations et doses.
Les préparations que l’on emploie sont : l’eau distillée , l’huile essentielle, la poudre , l’infusion , la décoction.
L’eau distillée , disent MM. Mérat et de Lens, est la préparation la plus employée. Elle a d autant plus de force qu’elle est plus récente, plusi trouble, que la distillation en est faite avec des feuilles plus fraîches, qu’on en a mis davantage, qu’elle passe par la première distillation , etc.. Le trouble est causé par la suspension de l’huile essentielle. Si on filtre cette eau, comme le rej commande avec raison le codex; l’huile s en trouve séparée , et il ne reste plus qu’une eau beaucoup plus transparente , qui est beaucotq moins active et qui peut se donner par onces Tandis que lorsqu’elle est trouble , si l’on se stn surtout de la partie qui surnage , elle peut ern poisonner à la dose d’un ou deux gros.
L’huile essentielle est un médicament beaucou moins infidèle. Son extrême énergie ne perin* pas de le donner à plus de trois ou quatre gou les en vingt-quatre heures. On doit alors la su:
CYANOGÈNE.
prendrait par doses fractionnées on ayant soin de bien agiter chaque fois le mélange. On peut encore pour l’usage médicinal , l’étendre de dix ou douze fois son poids d’huile d’amandes douces. Cette huile sert aussi à composer des liniments , des pommades dont on a tiré parti pour calmer des douleurs locales.
La feuille séchée et pulvérisée, a perdu beaucoup de son activité, on peut l’administrer à la dose de douze, vingt-quatre grains et jusqu’à deux gros en vingt-quatre heures.
Pour une infusion ou une décoclion d’une livre u’eau ou de lait on prend de une à quatre feuilles raidies. Au commencement de ce chapitre nous nous vu que deux feuilles pourraient chez ies infants produire quelquefois des accidents graves. :;V$i de celle manière que i’on fait le lait amande, •réparation culinaire très-recherchée , et qui :erles est un excellent moyen à employer dans es toux nerveuses qui fatiguent si souvent les ernraes du monde.
celles dont l’action toxique n’est pas notable ; la douce amère et la morelle.
30LANÉES VIREUSES.
Les Solanées vireuses que nous allons étudier ici sont la belladone, ledalura , la mandragore , la jusquiamc et le tabac.
Les amandes du noyau des pêches , des abri- °ts, des brugnons, des merises, des prunes, les cerises, contiennent aussi une très-grande •roportion d’une huile essentielle peut-être iden que à celle des amandes amères, et du laurier cnse, et que l’on fixe | ar la distillation ou par • macération , dans des liqueurs connues sous le om de Eau de Noyau, Kirchenwaser , Ralafial,
1 c ” elc’ En ,os distiilant avec l’eau, elle don- 'ol une eau distillée dont l’odeur, la saveur et s propriétés ne diffèrent pas de celles du Iauei -cerise. Nous croyons donc tout à fait inuli'e ' nous y arrêter davantage.