SOLANÉES
La famille naturelle des Solanées contient un
non,i;:e (,H I,1',n(e8 adoptées en médecine. ■ «•s que on emploie le plus communément. , ; 1,1 bel,ad ine * le datura , la mandragore , la jusqmame , la morelle , la douce
Sous le point de vue de l’intensité de leur !0n le3 Stdanées peuvent se ranger en deux ca-
wes; Ja première comprendra les Solanées
euses ; ce sont : le datura , la belladone , la rulragore , le labac et la jusquiamc ; la seconde
Action toxique.
Action toxique commune. Toutes ces Solanées ingérées ou appliquées sur une surface absorbante produisent des troubles fonctionnels identiques, le tabac seul lorsqu’il est préparé, se distingue par quelques propriétés spéciales que nous indiquerons séparément.
En lisant avec attention les nombreuses histoires d’empoisonnement par les diverses solanees vireuses on esl frappé de la ressemblance parfaite des symptômes. La seule différence est dans les doses de l’agent toxique , de sorte que 5 d faut un gros d’extrait de jusquiarne pour produire des effets donnés, deux ou trois grains d’exlrait de datura causeront les mêmes désordres.
BELLADONE
Bellaucîve, Atropa Belladona. P.'anle vivace de la famille naturelle des solanées J.... de la pentandrie monogynie L...
Effets physiologiques et toxiques de la Belladone. La Belladonne est une plante vireuse dont toutes les parties exhalent une odeur nauséeuse , très désagréable. C’est un poison extrêmement violent, qui agit à la manière des substances narcolico-âcres. Les fruits sont la partie de la plante la plus dangereuse à cause des méprises funestes auxquelles ils peuvent donner heu. En effet , dans leur maturité , ils ont beaucoup de ressemblance avec des cerises ou des guignes, au point que des enfants ou des personnes plus âgées, poussés par la soif, ont été plusieurs fois victimes de méprises de ce genre. Ou concevra comment de pareils accidents ont eu heu , lorsque l’on saura que ces fruits bien mûrs ont une saveur douceâtre, fade , il est vrai , mais nullement désagréable. Dans le nombre des exem-
1 htl ^l’oisounements par les baies de belladone
nous citerons, comme les plus remarquables’ Saies ( Buillard , Pt, v6nén.,’ji. 201 }> et ceîu/dc
STUPÉFIANTS
cent cinquante soldats français qui furent \ intimes d’une semblable méprise (Gaultier de Claubry, Journ. gêner, deméd., t- xlvim, p. oolj ). Gependanl , d’après quelques observations dignes de foi , il paraît que l’empoisonnement par les baies de Belladone n’a beu que lorsqu’on en mange une certaine quantité ; on peut en ingeir i deux ou trois sans éprouver de symptômes fâcheux.
Mais le fruit de la Belladone n’est pas la seule partie vénéneuse de la plante. La racine en a été de toutes les parties regardée comme la plus active. Les résultats chimiques obtenus par 51. Pauquy viendraient à l’appui de cette opinion, s’il ne régnait pas encore beaucoup d’incertitude sur ce point de chimie végétale. Ce médecin dit que sur une quantité donnée de l’herbe eide la racine , cette dernière contenait une p'us grande quantité de surmalale d’atropine ( Thèse , p-25).
Le suc exprimé des feuilles est très-énergique. L’extrait préparé avec ce suc a une force nécessairement plus grande. Beux grains suffisent pour déterminer des symptômes fâcheux. Mais cet extrait est très-variable dans ses effets , comme l’a éprouvé M. Orfila dans ses expériences {Toxicolog. gén. ). Suivant ce médecin, le plus actif des extraits est celui qui est obtenu en faisant évaporer à une douce chaleur le suc de la plante fraîche. L’atropine et les extraits alcooliques paraissent plus actifs encore. De nouvelles recherches sont nécessaires pour éclaircir ces points divers.
Avant de passer â l’indication des phénomènes produits chez l’homme par la Belladone, il est bon de connaître ceux que déterminent les parties ou les préparations de celle plante chez les animaux. Un lapin fut nourri de Belladone pendant huit jours sans en ressentir de marnais effets , même sans dilatation des pupilles ( Journ. de phann. , t. x, p. 85). M. Orfila a fait avaler trente baies de belladone à un petit chien , qui n’en éprouva rien. D’autres chiens , soumis pai cet expérimentateur à faction de l’extrait aqueux de Belladone, périrent avec les symptômes communs de l’empoisonnement par les narcolicoâcres , et avec la dilatation des pupilles propre à diverses solanées. L’action du poison fut plus intense cl plus prompte lorsqu’il fut injecté dans les veines que lorsqu’il fut appliqué sur le tissu cellulaire , et , à plus forte raison , que dans les cas où il avait été introduit dans l’estomac. Dans les cas où le poison avait été porté dans l’estomac, cet organe ne présenta pas une inflammation bien
vive , mais il offrit, dans l’une des deux observations rapportées, quatre petits ulcères dans le centre. Les autres altérations remarquées ne sont pas assez notables pour éclairer le mode d’action du poison. D’après les expériences de M. Flourens sur les oiseaux , la Belladone exercerait une action spéciale sur les tubercules quadrijumeaux ; elles les rend aveugles , et on observe , assure cet expérimentateur, une tache rouge à l’endroit correspondant du crâne, par suite de l’infiltration du diploé ( Recherch. expér. sur les fonct. du syst. nerv. 1824 ).
L’atropine , quelle que soit la nature de celte substance obtenue par Brandes , a été expérimentée par M. Reisinger. 11 la regarde comme beaucoup plus puissante que les extraits. Un grain j d’atropine détermina chez un chien , une demiheure après l’introduction dans l’estomac , une légère dilatation de la pupille , quelques symptômes de narcotisme qui, après s’être dissipés au bout de deux heures, reprirent une heure après avec une grande intensité ; tandis qu’un grain d’extrait de Belladone , administré à un chien de même âge , produisit , â la vérité , les mêmes symptômes en une demi-heure; mais , trois heures après, l’animal était complètement remis. La même dose d’atropine et d’hyosciamine qui, suivant M. Reisinger, a les mêmes propriétés , donnée à de jeunes lapins , n’eut pas le moindre effet sur eux {Med. et cliir. Zeitung , et Archives génêr., t. xvm, p. 300 ).
L’usage que l’on fait de la Belladone en thérapeutique et de fréquentes méprises ont donné souvent l’occasion d’étudier les effets physiologiques et toxiques de celte plante et de ses préparations chez l’homme. A petite dose , sur quelque surface organique qu’on l’applique , sur la peau qui entoure l’orbite , sur la conjonctive , sur la plaie d’un vésicatoire , ou ingérée dans l’estomac, la Belladone produit la dilatation de la 'pupille ; effet qui peut avoir lieu sans aucun dérangement des fonctions. Comme l’a remarqué M. Chrislison i {Treatise on poisons) , la dilatation qui est produite par l’application de la Belladone aux eu\irons de l’œil n’est pas souvent accompagnée dej trouble de la vue ; une expérience du docteur Elilers sur lui-même confirme celle observation! {Traduct. du Mèm. d’IIimly) ; tandis quêta vuei est communément obscurcie lorsque la Belladone, introduite â l’intérieur, a amené celle dilatation . quelquefois même il y a cécité complète: cri effet sur les yeux peut persister pendant un deux ou trois jours et même davantage. Contrai-
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rement à l’assertion île quelques physiologistes , de M. Ségalas , entre autres ( Arch . , t. xm et Xiv), AI. Detnours affirme n’avoir jamais vu la Belladone agir sur celui îles yeux auquel elle n’avait pas été appliquée. Peut-être eet effet sur un seul oeil , qui démontre d’ailleurs l’action directe de la substance , n’a-l-il lieu que dans les cas où la petite quantité du médicament employé fait qu’il n’en a pas été absorbé assez pour influencer les deux yeux û la fois.
AI. grandes rapporte que la seule vapeur de la dissolution d’atropine ou de ses sels occasionne la dilatation de la pupille, un violent mal de tête, des vertiges . des douleurs dans le dos , et des nausées. Ayant goûté une petite quantité de sulfate d’atropine, qu’il trouva plutôt salé qu’amer, il éprouva un embarras dans la tête, un tremblement de tous les membres , des alternatives de chaleur et de frisson , une violente tension de la poitrine avec difficulté de respirer , faiblesse du pouls ; le mouvement du cœur n’était presque plus sensible. Les principaux symptômes se calmèrent au bout d’une demi-heure.
A une dose un peu plus forte , la Belladone produit , outre la dilatation constante des pupilles, des nausées, quelques vertiges, et même du délire qui peut durer pendant douze et vingt-quatre heures sans avoir rien d’inquiétant : c’est ce qu’on a observé quelquefois lorsque, dans un but thérap utique, on a porté trop haut dès le commencement la dose médicamenteuse, ou qu’on l’a trop vile di'qiassée, et, dans certains cas, par l’effet seule de la susceptibilité individuelle.
Les effets que produit la Belladone portée à une dose toxique diffèrent , non-seulement suivant les individus, mais suivant beaucoup de circonstances , telles que la quantité de poison introduit dans l’économie animale , la voie par laquelle il y a été introduit , les médications employées pour combattre les accidents, etc. : ce sont les b lies , qui ont été , dans le plus grand nombre des cas , l’occasion des empoisonnements ; et c’est par les voies digestives que le poison a été le plus souvent introduit. Dans un cas . la poudre , à la dose de 44 grains, a été la cause des accidents {Obs. de M. Jolly, Nouv. Biblioth. mèd. ,1. irr , et Archiv. gén. , l. xvm , p. 92). D’autres fois c’est en lavement que le poison a élé ingéré. Dix grains d’extrait ordinaire, administrés de celle manière , produisirent tous les symptômes de l'empoisonnement (Rnst's Mag. fur die des. Ileilc. , t. xxv , p. 078). M. Couiy de la Pommerais a rapporté une obscr-
valion où deux lavements, contenant chacun dix grains d’extrait, déterminèrent des accidents terribles {Arch. gén. , t. xvn , p. 107). Enfin , une décoction d'herbe de Belladone , de jusquiame et de pavot noir , donnée en lavement, donna lieu à l’empoisonnement chez deux individus {Obs. de AI. Sarlandière , Journ. univ. des sc. mèd, , t. xxn, p. 239).
D’après les faits observés, les symptômes qui se sont manifestés sont les suivants : nausées qui ne soin pas toujours suivies de vomissements , sécheresse et conslrietion de la bouche , du gosier ; embarras de la tête, céphalalgie, vertiges , éblouissements, dilatation extrême et immobile des pupilles, le plus souvent en même temps, confusion de la vue , et quelquefois cécité complète , au point que l’œil était insensible à la lumière la plus éclatante, tuméfaction et rougeur de la face, globe de l’œil injecté <i saillant, regard fixe , hébété ou hagard ; quelquefois ardent et furieux ; hallucinations ;-délire léger d’abord , puis plus intense , ordinairement gai ou marqué par des extravagances , des gesticulations nombreuses et ridicules, des ris immodérés ou une loquacité inlarrissable : dans quelques cas, comme dans l’observation de AI. E. Gautier de Claubry , relative aux cent cinquante soldats , il y a aphonie ou articulation pénible de sons confus; Frank dit avoir vu un individu aphone pour avoir pris une simple décoction de feuilles de Belladone. Quelques-uns des soldats étaient hébétés; mais la majeure partie étaient gais et folâtres : la plupart éprouvaient sans doute quelque illusion visuelle , car ils cherchaient continuellement à saisir quelque chose sur les babils de leurs camarades ou Jes assistants. Chez l’un des malades dont AI. Sar- Iamlière rapporte l’observation , le délire eut quelque chose de singulier; ce fut un véritable état de somnambulisme: pendant vingt-quatre heures cet homme fut insensible â tous les objets extérieurs, occupé uniquement à faire tous les gestes de son élat de tailleur, comme s’il eût travaillé réellement; plus tard il eut des hallucinations, parlant comme s’il eût suivi une conversation avec un interlocuteur. C’est à tort qu’on a affirmé que le délire produit par la Belladone était toujours gai ; et qu’il ne dégénérait jamais en fureur : plusieurs faits démontrent cette asserlion. Bouclier dit , dans l’une des observations qu’il rapporte ( Ancien Journ. de mèd. , I. xxiv ), que 1 enfant lut pris de convulsions et de fureur qu’on avait peine à contenir. Murray parle de quatre enfants empoisonnés par des baies
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qui , en moins d’une demi-heure , furent pris d’un délire gai , et peu après de mouvements convulsifs. L’un d’eux tomba dans un délire 1 u rieiix avec grincements de dents : la fureur continua même après le vomissement {Appar. ntèd.)
li survient très-rarement, des convulsions partielles ou générales. Chez un entant, dont Mun- ' niks a donné l'histoire ( Extrait de la Diss. de Munniks , Journ. gén. do niéd., I. xxiv.
1>. 228), il y avait état convulsif de la mâchoire, des muscles de la face et des extrémités , et plus tard rigidité de l’épine. Chez le tailleur dont nous avons parlé précédemment, l’état de somnambulisme fut précédé d’une roideur tétanique pendant quelques moments. Plus souvent il y a faiblesse, lipothymie , abattement extrême , soit que cet étal alterne avec l’agitation ou des spasmes , soit qu’il n’y ail que délire. Plusieurs des soldats observés par M. Gautier deClauhry se tenaient difficilement ou ne pouvaient se tenir debout ; il y avait flexion fréquente du tronc en avant , des mouvements continuels des mains et des doigts . ces derniers mouvements ont été souvent rcmarqués dans d’autres observations. Ensuite il se manifeste un assoupissement et une stupeur plus ou moins prononcés, et se prolongeant pendant plusieurs heures. Sage cite un cas dans lequel le coma a duré trente heures ( Moyens de remédier cm oc poisons régit.). Dans quelques cas il n’y a aucun symptôme de stupeur.
Les autres phénomènes observés dans les empoisonnements par la Belladone sont moins importants et n’existent pas tous d’une manière constante : telles sont la sécheresse et la chaleur du gosier , qui s’observent presque toujours , et qui quelquefois semblent s’étendre à tout le conduit digestif ; la difficulté et même l’impossibilité d’avaler, la soif, les sueurs abondantes , la chaleur de la peau : chez l’individu dont M. Jolly a rapporté l’observation , il y eut un érythème général.'Dans quelques cas aussi on a observé des éruptions aphtheuses au gosier , qui succédèrent au narcotisme ( Obs . de Sage), et au déliré (Obs. de Munniks). Pouls tantôt vif et accéléré , tantôt faible et irrégulier ; d’autres fois fort et frequent, principalement quand ii y a congestion sanguine manifeste vers la tête ; quelquefois les battements du cœur sont tumultueux , la respiration courte , précipitée, quelquefois irrégulière et oppressive, sterloreuse pendant la période de stupeur. Deux jeunes enfants , qui s'empoisonnèrent avec des baies , et dont l'observation curieuse a été consignée par M. A. Smith dans le Jour, de chim.
mèd ., (. m, p. 580, présentèrent une lonxcroupale. Nous avons déjà parlé de l’aphonie. Chez deux enfants observés par I\I. Koestler, devienne, qui, après avoir mangé des baies , éprouvèrent le délire propre à la Belladone , sans lièvre , sans altération de la circulation, sans congestion sanguine générale ou locale, la voix était frêle et enrouée, il y avait aversion pour tout liquide, et
des symptômes spasmodiquis se manifestaient lorsqu'on voulait 1rs forcera avaler quelque chose. Ou observa, en outre, une excitation particulière des organes génitaux, marquée par des érections, de fréquents attouchements et une émission involontaire d’urine ( Dullet . des sc. mèd ., t. xxvm, p. 50). Assez souvent constipation et météorisme du ventre : chez le malade de Munniks , ces deux symptômes, dont la disparition avait été accompagnée d'amélioration , se montrèrent de nouveau eu même temps que le délire. Des déjections alvines n'ont lieu le plus souvent que parleslaveinen’s ou potions purgatives que l’on adminislre. Quelquefois , suivant ce qu’a signalé M. G. de Claubry, d y a un faux besoin d’aller à la garderobe. Le malade cité de Sage rendit du sang par les selles. Chez un idiot qui n’éprouva que de médiocres accidents après avoir mangé plus de 50 baies , il y eut une forte évacuation alvir.e {Gazet.de scintè, an xiii; <i\.Ovft\a,ToxicoLgèn.). Enfin , dans quelques cas , on a remarqué de la strangurie et la suppression d’urine {Obs. citée de M. Jolly , et cas rappelé par M. Cliristison , d’après Wiliner, On veget. poisons , p. 17).
Les symptômes que nous avons indiqués comme appartenant à l’einpoisonnemenl par la Belladone n’existent pas tous à la fois , ainsi que nous l’avons vu. Les principaux d’entre eux , tels que les nausées , le vertige , le délire , les spasmes , l’assoupissement, se succèdent ou alternent entre eux c le temps auquel ils surviennent est assez variable. L’assoupissement , qui suit quelquefois le délire , se montre après un assez court intervalle , comme le constate l’observation de Munniks et plusieurs autres. La même, observation montre le délire reparaissant après avoir ce^sé. Dans quelques cas, ce symptôme, qui d'ordinaire arrive assez près de l’invasion , ne se manifeste qu’assez longtemps après. Dans 1 un des cas décrits par M.Bruimvell {Lond. Med. obi. and inqui r., I. vi. p. 225), le délire ne parut que trois jours après l'empoisonnement.
Malgré la gravité des symptômes, l'empoisonnement par la Belladone esL rarement mortel. M. Gigault, médecin à Dont-Croix , département
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lu Finistère, écrivait en 1828 à l’Académie de Médecine que dans le pays qu’il habile , et où :roil beaucoup de Belladone, il a vu souvent des uiipoisonnemenls par le fruit de ce végétal , que es habitants appellent guignes de côtes ; que îéanmoins depuis trente ans qu'il pratique il n’a ai personne en mourir ( Arch . , t. xvn , p. 201). Les accidents, après avoir duré communément rendant un , deux ou trois jours , disparaissent , remplacés ou non par un état fébrile éphémère, ■l les malades souvent n’ont pas le souvenir de ce jui s’esi passé. Dans quelques cas, la cécité periisle après la cessation de tout trouble des foncions cérébrales. Chez les deux enfants dont parle J A. Smith , les yeux furent aussi insensibles rendant trois jours à la lumière la plus vive; en nême temps il y avait une grande altération et luelques secousses convulsives. En général , la lilalation des pupilles ne se dissipe que longemps après tous les autres symptômes. On a vu nême divers accidents nerveux, tels que des veriges , des tremblements , du trouble daus la viion , persister pendant trois ou quatre semaines Rust's Mag . fur die gesam . Htilkunde , t. vxi, p. 550).
Plusieurs faits fournissent cependant l’exemile d'une terminaison fatale, arrivée par les progrès de l’état comateux. Ainsi, un grand nombre les soldats dont parle M. Gaultier de Claubry ont iuccombé : mais il est ü remarquer que ces sollals ne reçurent aucun secours ; qu’ils étaient •xiénués par la faim et la fatigue depuis plusieurs ours: quVnfin ils furent exposés au froid et à humidité pendant qu’ils étaient en proie h i’iuoxication. D’autres individus , toutefois , et sur- •>ul des enfants, qui n’étaient pas dans ces conliiions défavorables, succombèrent.
L’examen des cadavres , dans le petit nombre les cas où il a été fait, n’a donné que peu de lunière sur les causes organiques de la mort : il dit seulement que sur le cadavre d’un enfant, jui était mort le lendemain du jour où il avait nangé des baies, on trouva trois plaies à l’estonac, le cœur livide et le péricarde sans sérosité llist. de VAcad. des sc. , ann. 1703 , p. GO). )ans un cas que rapporte Faber (de St rychnouaniâ, obs. 2). on a seulement noté que le vente était tendu , gonflé, (pie l'estomac était pareille de tâches gangreneuses. Un autre cas, dont »arle M. Christ ison comme ayant été fourni par I. Gmelin ( Geschichte der Pflanzengisten,p. 38), est celui d'un berger qui mourut dans lecoma, louze heures après avoir mangé des baies de Bel-
ladone. Sur le cadavre , qui avait un commencement de putréfaction , on trouva les vaisseaux de la tête gorgés; le sang était tout fluide; il s’en écoulait avec abondance de la bouche , du nez et des yeux.
11 nous serait difficile, d’après ces données si minces d’anatomie pathologique, et même d’après celles plus complètes que fournissent les expériences sur les' animaux , d'apprécier le mode d’action de la Belladone. Les symptômes gastriques observés pendant la vie , et les altérations trouvées dans les viscères digestifs des animaux sacrifiés , ne dénotent pas que ce poison ail une affection bien irritante sur les organes avec lesquels il est eu contact. Toutefois l’application qu’on en fait sur le derme dénudé est très-douloureuse, et les plaies des animaux dans lesquelles on en a déposé , pour en provoquer l’absorption, sont assez enflammées (Orfila. Toxic. , art. Bellad., expér. v). Quant aux autres symptômes, qui paraissent dus à une modification du cerveau, leur condition organique est couverte d’uu voile épais, comme tout ce qui tient à celle du délire et du narcoiisine.
Le traitement de l'empoisonnement par la Belladone ne diffère en rien de celui qui convient pour les empoisonnements par les autres substances stupéfiantes ; ce sont des émétiques, des lavements purgatifs , quand il y a chance d’évacuer une parlie du poison. 11 est à remarquer que l’estomac est souvent réfractaire à des doses très fortes de tartre slibié : ce sont des acidulés, la décoction de café , des dérivatifs aux extrémités inférieures , pour combattre les symptômes de sliipetir; des bains frais ou tièdes contre l’agitation et le délire : ce sont enfin des saignées générales ou locales , quand la congestion sanguine de la tète est menaçante. En général , les accidents ont diminué lorsque la constipation a pu être surmontée : c’est une indication pour insister sur les lavements laxatifs et salins.
L’empoisonnement par la Belladone a été rarement produit dans des intentions criminelles. 11 est presque toujours l’effet d’une méprise. Toutefois Gmelin ( ouvr ■ cité , p. 527) parle de deux faits de ce genre : daiu^’un la mort fut donnée à l’aide du jus de baie mêlé à du vin ; dans l’autre , ce fut une vieille femme qui imagina de faire prendre une décoction de bourgeons à un individu, dans le but de commettre un vol pendant qu il serait assoupi. Dans le cas où un empoisonnement de celle nature serait l'objet d’une enqueie médicale , les symptômes , le caractère
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même du délire si singulier ne suffiraient pas pour constater le délit; ils pourraient tout au plus mettre sur la voie, C’esL à tort, comme nous l’avons dit, qu'on a prétendu que le délire produit par la Belladone avait un caractère particulier que ne présentait pas celui 'qui survient dans l'empoisonnement par la pomme épineuse et la jusquiame. Si dans l’empoisonnement par ces deux dernières plantes on a observé plus souvent le délire furieux qu’après l’empoisonnement par la Belladone, ce genre de délire en a été quelquefois l’effet, comme nous l’avons vu : et d’un autre côté , le délire gai , extravagant , a été dans plusieurs cas remarqué après l’empoisonnement par la jusquiame eL le stramonium.
Si l’empoisonnement avait été produit par les baies de Belladone , qui sont réfractaires à l’action digestive de l’estomac , il se pourrait faire que des débris ou des baies entières se trouvassent dans les matières des vomissements ou des selles, même assez longtemps après qu’elles auraient été avalées, deux où trois jours, par exemple. Quant aux autres préparations, rien ne pourrait en constater l’introduction dans l’économie animale. Toutefois M. Runge , de Berlin ,a proposé un moyen pour découvrir cet empoisonnement. D’après ses expériences , dont le résultat se trouve exposé dans un Mémoire communiqué à l’Académie des sciences en 1824, la Belladone, la jusquiame et le datura stramonium sont les seules substances qui , appliquées sur l’œil d’un chat , déterminent la dilatation de la pupille. L’action de ces trois végétaux est encore la même lorsqu’on les a mêlés avec des matières animales , et que le mélange s’est putréfié. 11 y a plus , l’urine d’un lapin que l’on avait nourri pendant huit jours avec ces végétaux frais , appliquée sur l’œil des chats, agissait de la même manière. Les excréments trouvés dans le rectum de cet animal , ayant été traités par l’eau , donnèrent un liquide qui opérait une dilatation beaucoup moindre. Le sang tiré des poumons et de la bile était sans action sur l’œil (Orfila , Toxic. gén ., t. ii, p. 149 , 5e éd.). Mais , comme le remarque avec raison M. Orfila , qui a reconnu l’exactitude d’une partielle' ces expériences , on n’osera jamais affirmer qu’il y a eu empoisonnement par la jusquiame , la Belladone ou le stramonium , parce (pie les matières du canal digestif ou les fluides des sécrétions auront dilaté la pupille du chat. Toul au plus on regardera ce fait comme propre à établir quelques probabilités d’empoisonnement, si les symptômes et les lé-
sions du tissu sont de nature à faire croire qu’il a pu avoir lieu.
Effets thérapeutiques de la Belladone .
L’hisloire médicale delà Belladone est fort obscure. On ignore aujourd’hui si nous devons attribuer à celte plante ce que les anciens ont écrit du stryclinos manicos ; et ce que , dans un temps plus rapproché de nous , on a dit de la mandragore, et en général des plantes connues sous le nom commun h' herbe aux sorciers.
Les propriétés vénéneuses de la Belladone étaient depuis longtemps connues des empoisonneurs el des magiciens italiens ; mais ce n’c.st guère que vers la fin du dix-septième siècle que nous trouvons quelques traces de l’emploi thérapeutique de cette plante. Longtemps les vertus précieuses delà Belladone et des autres solanées vireuses restèrent dans le domaine exclusif des empiriques et des prétendus sorciers ; il est impossible que des propriétés aussi actives n’aient pas été exploitées par la cupidité el par l’ignorance avant que les médecins s’en soient occupés.
Mtincb ( Ilannov . Magaz., an. 1707, p. 1011, et an. 1709 , p. 1795 ) raconte qu’une femme de la campagne de l’électorat de Hanovre employait la Belladone contre le cancer et les tumeurs en général , dès l’année 1085 ; el que, plus de cent ans auparavant , on employait , dans le même pays , el contre la même maladie , un onguent dans la composition duquel entrait la Belladone. Toujours est-il , si l’on en croit Murray {Apparat. médicam., t. l,p.G54), qu’un certain Brunimen est le premier médecin qui , au commence, ment du dix-huitième siècle , usa contre les tumeurs d’une préparation de Belladone. Ce secret fol par lui transmis à un médecin deWisbade , nommé Spaelli , mort en 1755. Cependanl , dans un ouvrage de thérapeutique, publié en 1725 ( Couspect. thera. general. , 1725 , p. 491 ) , Juneker parle de cet arcane que Spaelli lui avait fait connaître. Michel Alberli , en 1739 , publie une dissertation sur la Belladone, comme spécifique du cancer occulte. Dans la collection des thèses de Haller (t. ii, n° 41) il est encore question du même moyen employé dans la même circonstance. Enfin, dans tous les recueils publiés pendant la dernière moitié du dix-huitième siècle , l’efficacité de la Belladone dans le traitement du cancer est constatée par un grand nombre de faits authentiques. Celle meme période a vu pu-
BELLADONE
lier aussi un grand nombre de faits conlradic- >ires et également authentiques.
Il est évident que toute la difficulté roulait sur le eu de précision du diagnostic. Ce n’est guère que -puis trente ans que l’on a appris à distinguer s tumeurs cancéreuses des autres tumeurs que art et la nature guérissaient avec facilité ; et aumrd’huion est bien d’accord sur ce point, savoir: ue l’on calme évidemment , par l’emploi local j interne delà belladone , les douleurs les plus gués du cancer, mais que jamais, parce moyen, i n’a véritablementguéri une tumeur carcinomausc. D’un autre côté , il est incontestable que s applications extérieures de belladone soulagent ipidemenl les douleurs dont certaines tumeurs tïammaioires sont souvent le siège et amènent, ms un temps plus ou moins long, la résolution : ces mêmes tumeurs. Ainsi s’expliquent les disienees qui ont éclaté sur ce sujet entre les pradens des derniers siècles , dissidences qui d eu lieu égal, ment sur la ciguë, le datura , l’anit, etc.
Les propriétés stupéfiantes delà Belladone, que nombreux empoisonnements avaient permis de instater , engagèrent les médecins à user de lie plante comme succédanée de l’opium. D’aues propriétés spéciales, que le hasard seul à it découvrir , ont augmenté encore les ressours thérapeutiques que cette plante précieuse ofe à ceux qui savent s’en servir.
La Belladone tut d’abord administrée comme mnifère ; et si quelque chose doit étonner, c’est ie tous tes auteurs de matière médicale vantent icore ses vertus hypnotiques. Or, il résulte des milieux essais que nous avons tenté chez omme, que la Belladone appliquée à l’extérieur donnée à I intérieur, sous quelque forme que soit , loin de produire le sommeil, cause le as souvent une exaltation nerveuse extraordiire, pourvu que les doses aient été un peu :vee.i : g est vrai que chez certains malades, de Violentes douleurs empêchaient de dormir, belladone rend souvent le sommeil ; mais il y ci un effet thérapeutique complexe : il est plus ii forme a l’analogie d’attribuer le sommeil à la isatiou de la douleur qu’à la vertu assoupissante la Belladone.
Nous n’hésitons pas à dire , et cela pour I r constaté par de très-nombreuses expéi irne c de tous les médicaments employés contre nptôme douleur, il n’en est pas qui nous nblé plus efficace que la Belladone, ltlais ic h soigneusement distinguer , car , dans
douleurs internes, l’opium est évidemment plus utile ; mais il n’en est plus de même pour les douleurs extérieures.
Névralgies. A l’intérieur , la Belladone a été souvent employée dans le traitement des névralgies ; on l’a donnée sous forme de poudre, d’infusion , de décoction, d’extrait , de teinture : ce moyen réussit évidemment. Dans les névralgies, nous l'administrons ordinairement de la manière suivante : nous faisons préparer des pilules d’un quart de grain d’extrait , et nous en ordonnons une toutes les heures jusqu'à ce qu’il se manifeste des vertiges. Ordinairement les douleurs sont déjà diminuées ; il convient alors d’éloigner les doses, caron verrait bienlôtse manifester du délire, qui, pour n’avoir rien de grave ; n’en doit pas moins être évité, à moins que la douleur ne puisse être calméeautrcment. Nous continuons ainsi pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que le malade n’éprouve plus aucun accident névralgique. C’est surtout dans le traitement de la névralgie de la face que nous avons fait usage de ce moyen. I! ne nous a pas à beaucoup près aussi bien réussi dans la sciatique. Nous devons dire que même pour les névralgies de la face, la Belladone seule n’a pas suffi à la complète curation, et qu’il a été nécessaire , pour prévenir le retour de la maladie
de donner de fortes doses de quinquina ou de préparations martiales. Toutefois , dans les névralgies fugaces , il esl inutile d’avoir recours à ces derniers moyens.
Riais quand le nerf malade est situé superficiellement, les applications de Belladone sur la peau revêtue de son épiderme ont une efficacité incontestable. Nous avons vu plusieurs névral-
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demi-heure par l’application de l’extrait de Belladone sur l’arcade surciliôre ; et quand la maladie était périodique , chaque accès était facilement prévenu en usant préalablement du même moyen. Que si, malgré l’absence de la douleur, le malade éprouvait néanmoins le malaise qui ordinairement accompagne le paroxysme , le quinquina terminait tout. Le même moyen réussit assez bien encore pour calmer les névralgies temporales ; mais il échoue ordinairement quand le mal occupe le nerf maxillaire inférieur ou le sous-orbitaire , ce qui lient sans doute à la plus grande profondeur où ces nerfs se trouvent placés. Jamais, par ce moyen , nous n’avons pu calmer de douleurs sciatiques.
Le mode d’application auquel nous avons recours le plus souvent esl le suivant : nous faisons
STUPÉFIANTS
préparer de l'extrait de Belladone à consistance demi-liquide , el nous en faisons frictionner la peau au point où la douleur se fait le plus vivement sentir, avec dix, douze et jusqu'à trente -six {trains. Dès que l’extrait se sèche par la chaleur de la peau, on l’humecte avec quelques gouttes d’eau. Celle friction est continuée pendant dix minutes ou un quart d’heure. Cela lait, nous recouvrons la partie d’une compresse humide sans enlever l’extrait. Nous recommençons celte opération toutes les heures jusqu’à ce que les douleurs soient calmées ; puis nous laissons quatre, cinq et jusqu’à douze heures d’intervalle dès que les paroxysmes ont entièrement cédé. 11 est important de faire , deux fois par jour des frictions de ce genre , pour prévenir plus sûrement toute récidive. On réussit souvent mieux en appliquant des compresses imbibées de teinture alcoolique de Belladone.
Lorsque la névralgie occupe le cuir chevelu, ce qui malheureusement est fort commun, il n’est pas possible d’appliquer l’extrait de Belladone sans raser la tête en totalité ou en partie , et peu de malades se décident à ce sacrifice. Nous avons recours alors au moyen suivant : Nous faisons préparer une décoction d’une once de feuilles et de tiges de Belladone dans deux livres d’eau ; nous imbibons les cheveux de celte décoction, et nous recouvrons la partie douloureuse d’une compresse très-épaisse imbibée de la même manière ; puis nous engageons le malade à envelopper sa tète d’un bonnet de toile cirée. Par celte médication si simple nous avons chez plusieurs personnes, fait disparaître des douleurs névralgiques qui duraient depuis plusieurs mois, et même depuis deux ans. La teinture de Belladone est au moins aussi efficace.
Les moyens que nous venons d’indiquer réussissent quelquefois assez bien dans le traitement de la migraine ou de la céphalée , pourvu toutefois que ces maladies ne tiennent pas à une syphilis constitutionnelle , ou à quelque lésion organique de l’encéphale.
L’insuffisance de la Belladone appliquée sur la peau dans le traitement des névralgies profondes nous paraissait dépendre de la difficulté de l’absorption. Nous résolûmes alors de mettre l’extrait delà [liante en contact avec le derme dénudé. Cet essai fut couronné du plus grand succès, et plusieurs sciatiques traitées par ce moyen furent guéries en quelques jours. Quand celle névralgie datait de plusieurs mois, les douleurs ne se dissipaient pas entièrement , et nous eûmes alors recours au
moyen suivant: entre le grand trochanter et l’ischion , nous faisions à la peau une incision qui pénétrait jusqu’au tissu cellulaire grais eux , et, dans cette espèce de cautère, nous introduisions, en guise de pois, des boulettes de grosseur variable qui contenaient deux , quatre et jusqu’à quinze et vingt grains de poudre de belladone , ou mieux, mie quantité moitié moindre d’extrait; les boulettes étaient maintenues à l’aide d’un bandage approprié. Celte médication, la plus constamment utile que nous ayons employée dans le traitement de la sciatique , réunissait les avantages du cautère et ceux des applications stupéfiantes.
La dose d’extrait de Belladone que l’on peut mettre ainsi sur la surface des vésicatoires ne doit pas dépasser douze grains , et il convient de commencer par deux ou trois ; autrement on voit survenir du délire, el quelques-uns des accidents propres à l’intoxication par les solanées vireuses.
Il est une chose dont on doit prévenir les praticiens : c’est que l’application de l’extrait de Belladone sur le derme dénudé cause de très-vives douleurs. Pour y obvier , nous avions l’habitude d’enduire d’extrait un morceau de toile fine que nous appliquions du côté où nous n’avions pas mis l’extrait. Nous recouvrions le tout d’un morceau de sparadrap agglutinatif. L’extrait se dissout ainsi peu à peu et ne cause aucune douleur.
Douleurs. Dans les maladies douloureuses , quelle ([ue soit d’ailleurs leur nature , il est souvent fort important de calmer la douleur , el dès que ce symptôme a disparu , les autres accidents se dissipent sans peine. Ceci, par exemple, s’applique aux fissures de l’anus, aux crevasses hémorrltoïdales. Une pommade , composée d’un gros d’extrait de Belladone sur deux gros d’axonge ou de cérat est le meilleur topique que l’on puisse employer dans ce cas. Mais si l’on croit convenable d’introduire dans le rectum des mèches enduites de ce médicament , la dose devra être fort modérée ; autrement on courrait risque de voir se développer des symptômes cérébraux assez graves.
Pour calmer les douleurs utérines qui accompagnent si souvent la menstruation ou les phlegtnasies chroniques de l’utérus, nous nous servons, avec un grand avantage , d’injections composées avec la décoction d’une once de Belladone pour deux livres d’eau. Ces injections doivenlêlre souvent répétées. Dans le même but , et avec plus
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vanlage encore , nous faisons , avec celte (lésion un peu affaiblie el île la farine de riz ou la semoule cuite, des cataplasmes que les fems retiennent dans le vagin A l’aide d'un bandage proprié. 11 est important d’affaiblir celle dé- 'i ion , car nous avons vu chez une femme le ire survenir pendant l'application d’un calaisme que nous avions fait avec la décoction Minée à l’injection.
Dans l’arthritisaigu, dans la goutie,lorsque ces ix maladies ont leur siège dans utieartieulan environnée de peu départies molles, nous ms pu calmer les douleurs les plus atroces par iplication d’un cataplasme ainsi composé: i de pain , quantité indéterminée; eau-de-vie nphrée , quantité suffisante pour donner à la : de pain la consistance d’un cataplasme; es chauffer à une chaleur douce ; versez à la face du cataplasme, laudanum de Sydenham, ni-onee, extrait de Belladone, deux gros: laisee cataplasme appliqué pendant quarantet Heures. Nous avons par ce moyen, guéri en » de temps deux inflammations rhumatismales genou qui avaient amené une flexion comte de la jambe sur la cuisse. Le redressement membre peut être obtenu dans l’espace de inze jours.
De simples cataplasmes faits avec la décocn d’une once de Belladone dans deux livres au, et de la farine de graine de lin , soulagent cacemenl les douleurs que causent les abcès •erticiels, les phlegmasies, certaines affections !a peau , les cancers ulcérés , les phlegmasies testicule , l’inflammation blennorrhagique du f»e de l’urètre. Dans cette dernière maladie obtient plus d’avantages des frictions laites le g du canal avec de l’extrait pur.
Sous avons pour habitude , dans les olalgies, faire dans l’oreille des injections avec une détion de Belladone , et de faire porter ensuite morceau de coton imbibé de baume l faillie: or, on sait que le baume tranquille n’esl re chose qu’une décoction de plantes vireuses îs l'huile. Dans les douleurs de dents , on soue rapidement les malades en plaçant dans la t cariée un demi-grain d’extrait de Belladone. . lotions avec la teinture de Belladone sont un yen très-efficace pour calmer les douleurs que se l’application des sinapismes, bifin dans la goutte et dans le rhumatisme cul.iire, maladiessi cruellement douloureuses, sieurs praticiens ont employé avec succès l’ext de Belladone ou de datura slrainonium A
l’intérieur. Ils donnent un quai t de grain d’extrait Imites les heures; le délire apparaît ordinairement le deuxième jour; ils continuent nonobstant, el quelle que soi l la violence des accidents cérébraux, ils insistent sur le médicament , jusqu A ce que la douluir et la tuméfaction soient entièrement dissipées. M. le docteur Lebreton , qui a conçu et souvent mis en pratique cette médication hardie, nous a souvent répété que les rhumatismes aigus cédaient dans l’espace d’une semaine, et que jamais il n’avait vu les désordres cérébraux avoir la moindre conséquence fâcheuse. Nous avouerons que, sur la foi de ce praticien, nous avons tenté cetle médication; mais nous avons été sur-le-champ effrayé par le délire, et nous n’avons pas osé continuer; de sorte qu’il nous est impossible de juger ici cet héroïque moyen.
Névroses. Pendant la dernière moitié du siècle dentier la Belladone fut regardée comme un spécifique de l’bydropbobic, et Murray ( Apparat . med.j I. 1 , p. 059 ) nous a fait connaître le résultat des nombreuses expériences tentées A ce sujet. 11 est malheureusement vrai qu'aucune de ces expériences n’est concluante, et que la plupart sont apocryphes. De nos jours on a acquis la triste conviction de l’inutilité des moyens divers vantés jusqu’ici dans le traitement de la rage. Nous en dirons autanL de l’épilepsie, el du tétanos traumatique.
L’espèce de parenté qui existe entre la rage et la folie engagea, dit Murray, A essayer la Belladone dans le traitement de cette dernière maladie. On fit des tentatives réitérées, el quoique plusieurs auteurs aient proclamé d'assez nombreux succès, on n'a pas de nos jours répété ces expériences et cependant l’analogie, ce guide si sûr en thérapeutique, nous conduit à user de ce moyen dans le traitement de la folie, par cela même que. la Belladone, prise A une dose plus élevée, produit une folie passagère; car l’expérience a prouvé qu’une multitude de maladies étaient guéries par des agents thérapeutiques qui semblent agir dans le même sens que la cause du mal auquel ou les oppose.
Spasmes. On avait facilement constaté que toutes les solanéi-s vireuses avaient une propriété commune, celle de dilater la pupille. Celle dilatation qu'il fallait attribuer au relâchement de l’iris, fût bientôt mise à profit par les chirurgiens clans les maladies des yeux, d’abord pour faciliter 1 opération de la cataracte par abaissement on par extraction, et ensuite pour s’opposer aux coarctations douloureuses de l’iris dans certaines
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opthalmios. On put aussi, par ce moyen, empô- ‘ cher les bords de la plaie de l’iris de se réunir I lorsque l’on avait praliquéune pupille artificielle, 1 etc. Himly propose l’emploi de la Belladone pour ( s’assurer si l’iris est adhérent, et pour empêcher i celte adhérence, en suspendant de temps en temps ( son administration, afin de produire des resserre- < mcnlset des dilatations alternatifs de l’iris (iNIérat 1 cl De Lens, Dict. de mat. mêd., t. Ie', p. 492). I Pour parvenir au but qu’ils se proposent, les ( chirurgiens emploient la Belladone de diverses < manières : tantôt ils se bornent à faire sur la i paupière et sur le sourcil rie l’œil du malade des < frictions avec l’extrait, tantôt ils appliquent sur l’oeil un cataplasme fait avec une décoction de Belladone; quelques uns préfèrent instiller dans l’œil même de l’extrait ou du suc de la plante dissous dans de l’eau; enfin d’autres aiment mieux donner dans un julep l’infusion de dix à quinze grains de feuilles. Ce dernier moyen esL le plus sûr, et il n’est pas moins rapide que les autres. Parmi les remèdes employés pour combattre l’iritis , un de ceux auxquels la plupart des ophtalmologistes accordent une grande efficacité, c’est la Belladone ou le datura stramonium employés de la manière que nous venons d’indiquer.
Mais M. A. Bérard vient de faire tout récemment une très-heureuse application de ce moyen au traitement de la cataracte. Non-seulement, à l’exemple de plusieurs chirurgiens, il emploie la Belladone avant l’opération, mais encore il en fait usage quand l’opération est laite; et, parlé, outre qu’il agrandit le champ de la vision, il prévient l'inflammation de l’iris si commune et si fâcheuse après l’extraction ou l’abaissement du cristallin.
Si la Belladone mettait ainsi dans le relâchement le muscle de l’iris, elle devait agir de même sur les autres muscles. L’analogie conduisit donc à faire usage de la Belladone dans la conslriction de l’anus, dans celle de l’urètre, et enfin dans celle du col de l'utérus. Ce fut Chaussier qui eut cette dernière idée, chez les primipares et chez les autres femmes dont le col ne se dilatait pas après de violentes et longues contractions utérines : il enduisait l’orifice utérin d’une pommade composée de cérat de Belladone ( de un à quatre gros d’extrait pour une once de cérat). En même temps il donnait quelquefois l’ergot de seigle, afin d’augmenter l’énergie des contractions utérines, pendant qu’il faisait cesser la rigidité du col.
Le docteur Holbroolc prescrivait des lavements
avec l’infusion de quelques grains de feuilles de Belladone, et des injections de même nature, aussi bien que des fomentations sur le périnée, pour combattre la conslriclion spasmodique ou inflammatoire du canal de l’urètre ( Bulletin des sciences mèd., t. lrr, p. üfi2 ); et Will, chirurgien des rie pensâmes de Londres, a proposé, dans la même maladie, d’introduire dans le canal des bougies enduites d’un peu d'extrait de Belladone ( Journal des progrès, t. Ur, p. 97). Enfin, des chirurgiens ont dit s’étre servis avec avantage de lavements de Belladone, et d’app icalions topiques d’extrait étendu sur les cataplasmes pour opérer un relâchement dans les libres des aponévroses abdominales , dans le cas de hernie étranglée.
Coqueluche. L’analogie a encore conduit à administrer la Belladone dans la coqueluche. On croyait voir dans cette maladie un spasme des bronches, de la glotte et des muscles respirateurs. Quelque juste que soit l’opinion qu’on s'est formée de la maladie, toujours est-il que dès que la période convulsive delà coqueluche est commencée, l’usage de la Belladone est suivi de résultats fort avantageux. Nous associons ce médicament de la manière suivante : extrait de Belladone -4 grains, extrait aqueux d’opium 4 grains, extrait de valériane un demi gros pour seize pilules; en prendre de une à quatre par jour. Pour les enfants-qui répugnent à prendre des pilules, nous faisons composer le sirop suivant : extrait de Belladone 4 grains; faites dissoudre dans sirop d'opium et de fleurs d’oranger, de chaque une once; en prendre dans les vingt-quatre heures depuis une jusqu’à huit cuillerées à café.
Toutefois, la Belladone administrée soit dans la coqueluche, soit dans divers catarrhes qui s’accompagnent de symptômes nerveux, procure souvent la sédation que l’on attend; mais, bien souvent aussi, elle cause une insomnie contre laquelle il convient de lutter, soit avec l’opium, soit avec la valériane; et c’est cette considération surtout qui nous engage à prescrire ces deux médicaments en même temps que la Belladone.
Dans l’asthme, dit essentiel, nous voulons parler de celui qui ne s’accompagne d’aucune altération organique appréciable du cœur ou du poumon, et qui souvent est tout a fait iutcrinil* lent, on retire quelque avantage de l’administration de la Belladone à l’intérieur mais ces modifications ne peuvent se comparer à celles que l’on obtient en faisant fumer la feuille sèche mêlée à du tabac ou seule. Nous avons vu deux fois des