‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 39 sur 242 · DOUCE AMÈRE · texte numérisé non relu

DOUCE AMÈRE

La Douce Amère est un de ces médicaments dont les propriétés thérapeutiques ont été exallées avec une telle exagération , que les expérimentateurs qui sont venus depuis , trompés presque toujours dans leur attente , ont fini par contester à cette plante toute vertu médicinale ; et si le discrédit dans lequel est tombée la Douce Amère n’est pas tout à fait mérité , au moins faut-il reconnaître que les éloges dont, elle avait été l’objet étaient plus injustes encore.

Indiquée par Dioscoride , qui la croyait diurétique et qui la conseillait dans l’bydropisie, elle est encore mentionnée avec honneur dans les commentaires de Matlbiole et dansBauhin; mais c’est surtout aux éloges de Boerbaave , de Linné et de Sauvages qu’elle dut la grande faveur dont elle jouit dans tout le cours du siècle dernier.

Donnée à hautes doses , la Douce Amère peut produire des effets toxiques analogues à ceux que peut occasionner la Jusquiame . La céphalalgie , l’rvresse, l’embarras de la langue , l’ardeur de la gorge , le délire , la nymphomanie , la suppres-

sion et la rétention d’urine, des démangeaisons et des éruptions à la peau ; comme le démontrent les témoignages de Linné , de Carrère , de Slarke , de De Haen. Aussi a-t-elle été conseillée dan* des cas analogues à ceux où l’efficacité des solauées vireuses était peu contestable.

Linné et Carrère la donnaient avec avantage dans le rhumatisme chronique ; Cullen, qui reconnaît son efficacité, admelpourlanl qu’elle ne réussit que dans le plus petit nombre des cas. Slarke, Bergins et Carrère que nous venons de citer affirment que par son emploi on calme les douleurs violentes de la goutte. De Ilaen l’a vue réussir dans l’asthme, et calmer l'oppression qui accompagne certaines affections pulmonaires : dans le journal de Hufeland , on trouve quatre observations sur son heureuse application dans la coqueluche; Werlboff , Boerbaave, la regardent comme trèsutile dans la phthisie pulmonaire. Il est probable que cette plante, comme les autres solanées, soulage certains accidents nerveux et spasmodiques qui surviennent dans le cours de la fonte tuberculeuse des poumons ; mais il est plus probable encore que Boerbaave a guéri par ce moyen des catarrhes chroniques et non des phthisies, comme il le prétend.

Mais un très-grand nombre d’observalurs ont été d’accord sur ce point que la Douce Amère était particulièrement utile dans le traitement des maladies que l’on attribuait avec juste raison à un vice particulier des humeurs. Les témoignages de Carrère, de Bertrand, de la Gresie, de Slarke, de Poupart, de Swediaur , permettent d’ajouter foi aux propriétés de la Douce Amère , dans le traitement des dartres , des scrophules , des véroles constitutionnelles , et de toutes ces affections diverses qui assiègent les malades lorsque des maladies cutanées se sont supprimées, et que l’économie semble en souffrir profondément. De nos jours Chrichton a publié un travail fort important sur l'efficacité de ce médicament dans le traitement delà lèpre, et M. Gardnerle conseille surtout dans les maladies de la peau accompagnées d’une vive irritation telles que le prurigo, le psoriasis , l’iclhyose. Bretonneau de Tours , dont le témoignage est si grave en thérapeutique, regarde la Douce Amère comme un des agents les plus utiles dans le traitement de toutes les affections chroniques dont nous venons de parler , et il le considère comme le dépuratif le moins infidèle. Résumons-nous : la Douce Amère en tant que substance vireuse , est de beaucoup inférieure aux autres solanées , et surtout à la slra-

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