HISTORIQUE ET ACTION THÉRAPEUTIQUE
De la presque nullité des effets physiologiques de la Valériane faut-il conclura à la nullité de son action thérapeutique? Non certes, car , avec
ANTI-SPASMODIQUES
celle logique, le quinquina serait inerle....
Une chose qui a droit de surprendre , c’est que la Valériane ait été vantée jusqu’au ridicule dans le traitement de la maladie, où pas plus qu’autre chose' elle n’a le privilège de guérir , et qu’à peine elle soit mentionnée dans la thérapeutique d’une foule d’autres affections où elle peut très-utilement s’employer. Décrite par Dioscoride et Aëtius , connue d’Arétée qui en fît usage , elle disparut pour être tirée d’un long oubli par Fabius Columna, napolitain d’une illustre origine, et qui avait le malheur d’étre épileptique. Après avoir épuisé tous les remèdes imaginables , il se dévoua à la botanique pour chercher dans les plantes quelques secours contre sa terrible maladie , et c’est vers la fin du 16e siècle qu’il nous dit avoir été parfaitement guéri par la Valériane et avoir eu des succès aussi absolus chez plusieurs de ses amis affectés du même mal. Jusqu’à quel point faut-il ajouter foi à ce récit ? Aujourd’hui que le diagnostic est plus éclairé que du temps de Columna , on voit encore un si grand nombre de médecins confondre l’hystérie ou toute autre maladie convulsive avec l’épilepsie , qu’il est permis de contester , sans être taxé de trop de scepticisme , la valeur des observations du noble italien; il nous a laissé fort peu de titres pour répondre de sa capacité médicale: ses ouvrages sont plutôt ceux d’un naturaliste que ceux d’un médecin. Là ne finit pas le rôle anti-épileptique de la Valériane. — Destinée à des succès rares mais éclatants, elle reparaît un siècle plus tard, sous les auspices de Dominique Panaroli, médecin distingué de Rome qui guérit par ce moyen un pêcheur épileptique dont les accès revenaient deux ou trois fois par jour, et qui , dit l’auteur, n’avait obtenu aucun soulagement par l’usage opiniâtre des remèdes les plus énergiques, contre l’épilepsie , tels que le pied d’élan et le crâne humain. Si de pareilles observations sont peu probantes , on ne peut pas ne pas accorder un certain degré de confiance à celles rapportées en quantité par Haller, De Haën , Sauvages , Willis, Marchant et surtout par Tissot , Quarin ; par Boërhaave , qui , sans regarder la Valériane comme le spécifique de l’épilepsie , ne lui refusait pas une certaine efficacité ; certes , ces autorités sont imposantes , mais une semblable question est peut-être plus difficile à juger que ne le pensaient ces grands praticiens.
Essayons de montrer le côté juste et le côté inexact de ces assertions : sous le rapport de la gravité du pronostic , et par conséquent sous
celui de l’efficacité des divers traitements , il est important de bien distinguer l’épilepsie de la convulsion épileptiforme. L’épilepsie est à elle seule une maladie : ce mot fait naître tout à la fois à l’esprit l’idée d’une modification particulière de l’innervation cérébro-rachidienne , modification grave, profonde, essentiellement chronique et réfractaire , finissant par imprimer aux fonctions par le trouble intermittent desquelles! elle s’annonce, des altérations permanentes et» qui oblitèrent toutes les attributions du système, nerveux de la vie animale ; plus l’idée d’une cer-i taine forme convulsive et apoplectique revenant i par accès plus ou moins rapprochés : voilà l’épi— j lepsie, l’épilepsie presque toujours incurable, l’épilepsie essentielle , idiopathique, le véritable morbus sacer . La convulsion épileptiforme , au, contraire, n’est que le dernier élément dont nous» ! venons de parler ; c’est la forme convulsive ei apoplectique de l’épilepsie moins l’épilepsie; c’est-à-dire, que c’est une modification morbide quelconque de l’économie autre que l’état qu(j nous avons spécifié plus haut , modification quelconque empruntant à l’épilepsie , pour se mani-J fester, sa forme seulement et rien que sa forme. C’est aux hospices de Bicêtre , de la Salpétrière, qu’on rencontre les vrais épileptiques , et voye; combien peu on en guérit ! C’est à peine si ons’er occupe , par l’expérience qu’on a de l’inefficacih de tous les traitements. Néanmoins il faut ici faire une remarque , c’est qu’il est commun de von des épileptiques passer plusieurs mois , plusieurs années sans accès , bien qu’ils ne cessent pas d* vivre sous le poids inamovible du mal qui n’élai que dissimulé pour se réveiller plus menaçant e plus funeste : or , l’expérience apprend qu’un< médication quelconque , même la plus insigni fianle, peut suspendre ainsi le mal, soit quelque fois par sa vertu intrinsèque, soit plus souveni par la bienfaisante impression que doit produire sur l’esprit d’un épileptique l’espoir du succè qu’il attend de cette nouvelle tentative ; mais nous le répétons , le mal n’est que pallié et nou ne refusons pas à la valériane ce pouvoir pal liatif.
Quant aux convulsions épileptiformes qui par l’appareil phénoménal de l’accès lui-mêmj ne diffèrent en rien de l’épilepsie , elles ne sort graves qu’en raison des causes très-variées don elles dépendent. On appelle éclampsie celles qu surviennent chez les femmes en couche et chelî les enfants ; elles sont graves dans ce cas , et 1; Valériane n’est pas alors sans action quand ot