‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 66 sur 242 · CANELLE · texte numérisé non relu

CANELLE

Laurus cinnaniomum L., Cinnamomi cortex; Laurier-eanelle; arbre de la famille des Laurinées , qui croît dans toute l’Inde, mais surtout à Ceylan. Notre matière médicale n’emploie que l’écorce de ce végétal. 11 y a beaucoup d’espèces et de variétés de celte écorce ; nous ne décrirons que celle qu’on cultive à Ceylan, parce que c’est la plus pure , la plus aromatique, la mieux connue et la plus estimée.

La Canelle est constituée par la seconde écorce du Laurus cinnaniomum. On la récolte pendant les pluies , alors que l’arbre est âgé de 5 à G ans, puis on la fait sécher, on la nettoie, on la passe à l’eau de chaux et elle nous est envoyée par bottes très-serrées , les plus petites écorces roulées dans les plus grandes. La meilleure est excessivement mince , souple , flexible , d’un texture fibreuse, d’une couleur jaune-rougeâtre et jaune-blond. Son odeur est spéciale, très-aromatique et pure ; son goût , d’abord doucâlre , devient de suite chaud , piquant , aromatique et longtemps agréable. Celle qui a des qualités con- ( traires est bien moins estimée.

La Canelle contient une huile essentielle, d’un jaune d’or un peu pâle , ce qui est le signe de sa bonne qualité ; l’eau et l’alcool dissolvent tous les principes actifs de ce précieux excitant.

La Canelle s’emploie en poudre, et alors la dose est de dix grains à un scrupule. Son huile essentielle fort chère s’administre à la dose de 5 à G gouLles dans beaucoup de potions stimulantes. L’eau distillée de Canelle , désignée communément sous le nom d 'Eau de Candie orgùe , parce qu’on la prépare en distillant l’écorce dans une décoction d’orge , s’administre aussi dans des potions , des apozèmes , etc., à la dose d'une ou deux onces. Il en est de même du sirop de Canelle. Sa teinture. peut s’employer aussi depuis quelques gouttes jusqu’à un et deux gros , etc. Celte préparation et l’huile essentielle sont usitées en frictions , en linimenls dans certains cas

de rhumatisme chronique, de débilité partielle, etc.

Toutes les anciennes compositions slomacld • ques , cordiales , alexipharmaques , etc. , contiennent de la Canelle.

On peut se servir , comme congénères et succédanés de la Canelle, du laurier d’Apollon, Laurus nobilis , dont les feuilles et les baies sont très-chaudes , aromatiques et excitantes ; et de la Casse en bois , Laurus cassia , dont l’écorce plus grosse , plus épaisse , moins aromatique que la Canelle , jouit des mêmes propriétés qu’elle , quoiqu’à un degré moins prononcé.

CASCARILLE.

CrotonCluteria, Cascarillœ cortex. Arbuste qui croit aux Antilles et au Pérou. L’écorce est la seule partie usitée. Cette écorce est sous la forme de morceaux longs de 5 à 4 pouces , plats ou un peu roulés , d’une demi-ligne d’épaisseur , couverts d’une épiderme gris-blanc et de nombreux lichens. Sa cassure est d'un brun rougeâtre , lisse, résineuse. La saveur en est amère, un peu âcre et aromatique. Brûlée elle répand une odeur assez marquée de benjoin et de musc. Il y a autant de raison pour la placer parmi les toniques amers que parmi les excitants.

Indépendamment des propriétés excitantes fort marquées de la cascarille et des indications qu’elle est propre à remplir en vertu de ces propriétés , beaucoup d’autres lui ont reconnu une efficacité anti-périodique analogue à celles du quinquina.

Nous regardons comme assez inutile la citation des auteurs qui ont vanté ou déprécié la Cascarille. Les témoignages dcCuIlen, Werlhof, Bergius, nous semblent mériter plus de confiance que ceux fort vagues de Slisser , Apinus, Santhesson. Ceux-ci ont préconisé les vertus antipériodiques de la Cascarille que les premiers ont expérimentalement constaté être nulles ou fort peu prononcées. Si Stahl et ses élèves , surtout Junker , la placent si singulièrement au-dessus du quinquina , c’esL qu’ils avaient des raisons de théorie , des intérêts de doctrine qu’ils voulaient sauver et que contrariait l’efficacité reconnue de l’écorce du Pérou. Pinel et M. Aliberl affirment pourtant avoir heureusement associé la Cascarille au quinquina dont elle assure et accroît, disent-ils , la puissance fébrifuge , et Desbois de Rocheforl la dit utile quand il faut arrêter une fièvre intermittente produite ou entretenue par le défaut de ton et un relâchement considérable des premières voies ; ce qui , ajoulc-l-il , arrive

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