‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 70 sur 242 · POIVRE · texte numérisé non relu

POIVRE

Piper nigruni , Piperis nigri fructus. Cet arbuste , de la famille des pipérinées, croit sans culture aux Indes-Orientales. On n’emploie que ses fruits , qui sont des baies du volume et de la forme d’un petit pois , noires, ridées, à l’extérieur; à l’intérieur, d’un gris jaunâtre- Leur saveur et leur odeur sont aromatiques , mais surtout âcres , chaudes et pénétrantes à un très-haut degré.

Le Poivre blanc est celui-ci privé de son épiderme par une opération qui consiste à l’enduire d’un mélange de chaux et d’huile de moutarde. Ainsi modifié, il est moins énergique dans ses qualités que le Poivre noir.

On trouvera au chapitre de la médication ex-

citante les indications qu'on peut remplir avec le Poivre. Nous devons parler ici de l’efficacité très-vanlée de ce stimulant exotique dans les fièvres intermittentes.

Il est déjà recommandé par Celse. Cet illustre écrivain qui a excellé en hygiène et en thérapeutique s’exprime ainsi dans son chapitre qui a pour titre : Curatio horroris in febriwn : Si nec balneum guident profecit , ante accessionem allium edat , aulbibat calidam aqnam cùrn pipere, s i guident ea quoqtiè assumpta ealorcm movent qui horrorem non admiltunt. La lecture de ce chapitre prouve que Celse ne confondait pas les fièvres intermittentes avec les continues. Dioscoride a aussi parlé très - explicitement de l’emploi spécial du Poivre dans ces circonstances. Le poivre , dit-il, tant pris en breuvage qu’appliqué , guérit et ôte les frissons et tremblements qui précèdent les fièvres qui ne sont continuelles . Les faits rapportés par Van-Swiéten et Murray pour infirmer cette vertu du 'Poivre et détourner de son usage par le souvenir des accidents fébriles , inflammatoires , cérébraux, thoraciques qu’on l’a vu déterminer chez des malades atteints de fièvre intermittente, ces faits n’ont, pas empêché des praticiens de nos jours d'en rajeunir l’emploi. C’est Louis Frank qui le premier y est revenu à l’imitation de ce qu’il avait vu pratiquer chez les Orientaux , et a traité par le Poivre en grains 170 malades qui tous ont guéri aussi rapidement qu’avec le quinquina, et ont offert moins de disposition aux rechutes. La dose employée par ce praticien était de 0 à 10 grains une, deux , trois et jusqu’à quatre fois par jour , cela sans considération pour l’époque présumée de l'invasion de l’accès. Il évacuait préalablement les premières voies lorsqu’elles étaient dans les conditions qu’on sait réclamer ce traitement préparatoire, et regardait le poivre comme contr’indiqué dans les fièvres intermittentes vernales , à cause de la forme un peu sanguine qu’elles revêtent dans cette saison. Un grand nombre d’autres médecins étrangers ont suivi celte médication et en ont rapporté de nombreux exemples de succès. L’un d’eux , le docteur Riedmiller , de Nuremberg, a traité ainsi fort heureusement plus de 500 malades.

Au chapitre de la médication révulsive , il sera fait mention de l’emploi externe du poivre comme épispastique. Pris en grains, et c’est sous celte forme qu’il est employé dans les fièvres I intermittentes ainsi que dans quelques dyspepsies, ' il a une action moins énergique qu’en poudre,

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