SCILLE
Set lia maritima , Scillœ radix . C’est une plante indigène de la famille des Liliacées , qui croit sur les bords de la mer. On n’emploie que les écailles du bulbe.
Celui-ci est ovoïde, du volume du poing et même des deux poings, formé de squammes brunâtres , minces et sèches à l’extérieur, moins foncées, plus épaisses, humides, charnues et visqueuses à mesure qu’elles sont plus concentriques. La matière médicale choisit celles qui sont intermédiaires à ces deux extrêmes. L’humidiLé dont elles sont chargées est rubéfiante et jusqu’à un certain point épispaslique , car lorsqu’on a pendant quelques instants manié ces écailles, les doigts éprouvent de la cuisson , une assez vive rougeur et quelquefois des ampoules très-douloureuses. Les yeux sont aussi désagréablement affectés par la vapeur qui s’élève des bulbes de Seille. La saveur de ces oignons est âcre , piquante en même temps qu’amère et un peu nauséeuse. Il faut éviter de les employer trop frais et trop secs ; mieux vaut cependant qu’il approchent plus de la dernière de ces qualités que de la première. On doil les recueillir en automne. L’analyse de la Seille y a fait reconnaître par M. Vogel outre un principe âcre , volatil , de la gomme et autres substances , une matière amère , visqueuse , nommée Scillitine , formant à peu près les 54 centièmes du bulbe dont elle constitue la partie la plus active d’après les essais de M. le professeur Fouquier.
Les effets physiologiques de la Seille sont trèsanalogues à ceux produits par les poisons narcotico-àcres parmi lesquels elle est rangée par certains loxicologisles à côté du tabac et des substances vireuses. Absorbée, elle va d’abord porter une action funeste sur le système nerveux, action prouvée par des accidents ataxiques généraux très-violents , se manifestant par des symptômes résultant d’une confusion et d’une alternative de phénomènes de surexcitation et de deliquiutn dans les fonctions de la vie animale et de la vie organique ; puis, si la mort tarde à avoir lieu, le tube digestif contracte une assez vive phlogose. Si la mort est prompte , on ne rencontre aucune trace d altération organique dans cet appareil. La cardialgie et les vomisse*
MÉDICAMENTS EXCITANTS
menls sont les deux effets les plus communs de la Scille donnée à dose toxique.
L’emploi thérapeutique de ce médicament a surtout pour but de provoquer la sécrétion urinaire. C’est un de nos plus puissants diurétiques. Il jouit en même temps de deux autres actions incontestables , une action expectorante et une action émétique. La première est encore tous les jours mise à profit , tandis que la seconde est négligée , depuis que nous possédons des vomitifs beaucoup plus sûrs et dont les effets sont plus exclusifs et plus constants.
Une foule de préparations fort actives sont offertes au praticien pour l’usage de la Sciile , Ce sont: 1° la poudre des squammes du bulbe. Ce mode d’administration auquel on peut donner la forme pilulaire est un des moins équivoques de son action. On donne ainsi dans la journée trois, quatre , cinq , six et huit grains de Scille en substance et à doses fractionnées (deux à trois grains chaque fois), ayant soin d’éprouver d’abord par de faibles doses la tolérance de l’estomac pour cet agent, qui occasionne quelquefois des vomissements et une cardialgie insupportables. Pour prévenir ces effets,- on peut l’associer soit à de faillies quantités de quelque narcotique, soit des substances aromatiques. Les acides , le vin d’Espagne , s’opposent aussi aux effets émétiques de la Scille. 2» L’oxyrnel scillilique est une des préparations les plus commodes et les plus usilées. Il se donne ù la dose de deux gros, une demi-once et une oncfe dans un ou deux pots de tisane commune ou antre boisson favorable à la diurèse, ainsi que dans des potions, des juleps, etc... Nous en dirons autant du vin et du vinaigre scilliliques. Le premier ainsi que la teinture de Scille s’emploie plus fréquemment ù l’extérieur, en frictions ou en fomentations suivies parties infiltrées de sérosités et sur la peau qui recouvre des cavités splanchniques affectées d’hydropisip. Lorsque nous arriverons ù la médication diurétique nous ferons part d’une méthode particulière d’employer la Scille à l’extérieur dans le but de déterminer une abondante diurèse sans fatiguer les organes de la digestion.
Nous y parlerons aussi de plusieurs associations de la Scille avec d’autres médicaments qui en activent les propriétés, en atténuent les inconvénients ou la rendent propre à remplir des indications spéciales et composées.
On a employé les bulbes de Scille comme rubéfiants. On en fuit encore des cataplasmes maltiratifs,elc.