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EXCITANTS BALSAMIQUES

TÉRÉBENTHINE

TÉuÉEENTniNE , Tcrebinthina. Suc propre, résineux-volatil , qui découle naturellement ou

TÉRÉBENTHINE

à l’aide d'incisions , de plusieurs végétaux , surtout ceux île la famille des Conifères et de celle des Téréhenthaeées ; elle tire son nom du Térébenlhe, Pistacia terebinthus, l’un d’eux, (pii en fournit une des sortes connues dès la plus haute antiquité. Le nom de ce végétal vient de rtptw , je blesse, à cause des incisions qu’on pratique sur son tronc pour obtenir sa Térébenthine ( Mèrat et île Le ns ).

On distingue dans le commerce plusieurs espèces de Térébenthines (pii sont : la Térébenthine de Bordeaux, Terebinthina picea, fournie par le pinus maritima ; celle de Strasbourg, Térébinthina abietina , par le Pinus picea ; celle du Canada, Terebinthina Canadensis, par le Pinus balsamea ; et enfin celle de Venise, Terebinthina laricea qui provient du Pinus larix. Celle dernière est la seule employée en médecine et la seule aussi qui doive l’être. Nous ne décrirons pas les autres espèces. D’ailleurs tous ces produits ont des caractères communs , et quel que soit le végétal qui les fournisse, elles ont la consistance d’un sirop épais , sont visqueuses , plus ou moins transparents , de couleur jaune-verdâtre , d’un goût âcre et amer , d’une odeur forte et pénétrante , odeur qui se change assez dans l’écononie pour donner aux urines un parfum de violette très-marqué.

Les Térébenthines sont composées de résine et et d’huile essentielle ou essence. Le calorique suffit pour dégager en partie le dernier de ces principes. La partie résineuse est une substance de consistance ordinairement solide et friable , odorante , âcre , un peu plus pesante que l’eau, demi-transparente, d’une couleur en général jaunâtre , soluble en grande partie dans l’alcool même froid , insoluble dans l’eau froide , s'électrisani négativement , étant mauvais conducteur du calorique , rougissant le papier de tournesol , contenant un principe amer , de l'extractif, des sels , etc. , brûlant avec une grande facilité , répandant une flamme forte et jaune en dégageant beaucoup de fumée et de suie. Supposée pure , celte substance est élémentaimnenl composée de carbone, d'hydrogène et d’oxygène, dans des proportions (jui varient suivant l'espèce. Nous avons dit que la résine était soluble dans l’alcool: elle se dissout aussi dans l'éther, dans les huiles fixes siccatives, mais bien mieux encore dans les huiles volatiles. Les acides ne la dissolvent qu’en Palléran t .

L’huile essentielle ou essence est incolore , ténue, plut légère que Peau , d’une odeur forte et désagréable , toujours liquide même par un froid

de22u. Elle dissout une foule de corps , notamment la choies' érine.

Les Térébenthines sont plus ou moins consistantes selon que prédomine l un des deux piincipes que nous venons de faire connaître ; ainsi , si la résine est plus abondante , le mélange reste solide , ce qui a lieu le plus souvent dans les pins ,* si c’est l’essence , elle demeure molle , comme on le voit dans les sapins. Toutes les Térébenthines s’épaississent avec le temps ; surtout lorsqu’elles sont exposées à Pair , par la dissipation de leur huile essentielle et leur combinaison avec l’oxigène de Patmosplière. M. Le Garni a démontré l’existence de Pacide succinique dans les Térébenthines. On a même prétendu y avoir observé de l’acide benzoïque; mais il est probable que c’est du précédent qu’on a voulu parler , car Pacide benzoïque ne se rencontre que dans les baumes que sa présence caractérise.

Les Térébenthines distillées donnent leur huile essentielle ; le résidu est la colophane , ou bien on ie nomme Térébenthine cuite , lorsqu’après avoir bouilli quelque temps dans Peau et s’être séparé eu partie de sou huile volatile , elle devient ferme et cassante si elle est jetée dans Peau froide.

La Térébenthine de Venise ou de Briançon , à laquelle il faudra rapporter tout ce qui suit , provient du Mélèze. Pour l’obtenir, on fait un trou dans l’arbre avec une tarière et on y adapte une écorce qui conduit le fluide qui s'écoule dans un vase, peu à peu, surtout dans les heures les plus chaudes. A l’automne , on bouche ce trou , et trois ans après , cet arbre peut en donner de nouveau. Celte Térébenthine, après avoir été filtrée à travers des tamis de cuir , est claire , transparente, peu amère au goût , d’une odeur faible, un peu plus consistante que celle des sapins avec laquelle on la falsifie souvent. Son huile essentielle est moins abondante et sa colophane trèssupérieure surtout pour les vernis. Mêlée avec yn liersde sou poids de soude caustique, elle se durcit et se saponifie sur-le-champ, ce qui est particulier à cellie espèce. On la tire du Dauphiné, du

Jura, de la Suisse, etc, etc ( Mèrat et de

Lcns ).

Action physiologique.

Nous confondrons ici les effets de la Térébenthine et de son huile essentielle, puisque c’est à celle-ci que la première doit son action en général ainsi que ses effets spéciaux.

MÉDICAMENTS EXCITANTS

Immédiatement après avoir avalé un gros d’huile cssénsielle de Térébenthine , on éprouve au pharynx et à l'estomac un sentiment dè chaleur et d’âcreté , un peu d’anxiété , quelques nausées , rarement des vomissements , plus souvent des coliques avec tortillements d’entrailles , irritation considérable , météorisme; puis bientôt dans un grand nombre de cas , une excitation générale annoncée par une ardeur fébrile et une chaleur qui s'étend à toute l’économie , un pouls dur et fréquent, de la céphalalgie, de la rougeur à la face , la soif et la sécheresse des membranes muqueuses , la dysurie , des urines rares , très-rouges , d’autres fois très-copieuses et plus pâles, exhalant dans l’un et l’autre cas une odeur de violette bien prononcée, des sueurs abondantes fortement imprégnées ainsi que la transpiration pulmonaire , de l’odeur caractéristique de l’essence de Térébenthine, de l’anorexie , des pesanteurs d’estomac, et chez plusieurs personnes un état assez analogue â l’ivresse , enfin un peu de dévoiement. Si on élève la quantité d’essence à la dose d’une et de deux onces, il arrive, 1° ou bien que toute l’action de cette substance s’épuise à stimuler le tube digestif et détermine , outre les effets locaux indiqués plus haut , des vomissements dans la matière desquels on peut reconnaître le médicament ingéré, et bientôt de vives coliques suivies de nombreuses déjections alvines rappelant l’odeur delà Térébenthine, et quelquefois mêlées à celte essence surnageant et encore reconnaissable , tous ces symptômes disparaissant rapidement et sans incommodité ultérieure, aussitôt que sont terminées les dernières évacuations. Dans ce cas, les urines offrent â peine l’odeur de la violette , et les autres liquides exhalés n’ont rien qui retrace celle de la Térébenthine j2° ou bien une grande partie et même loute la dose d'essence passe dans les secondes voies, et alors indépendamment des signes qui annoncent une vive stimulation du canal alimentaire , excepté toutefois les déjections promptes, abondantes et multipliées, se manifestent énergiquement des phénomènes généraux attestant le transport de l’agent excilani à tous les appareils , puis des phénomènes spéciaux qui ne permettent pas de douter que certains organes soient plus particulièrement modifiés que d’autres , comme on va le voir.

En même temps que le pouls est fréquent , serré et dur , que la peau est chaude et couverte de tueur , qu’une ardeur épigastrique brûlante ,

des anxiétés , des syncopes , des nausées et un peu de délire existent à des degrés qui varient avec la susceptibilité individuelle, les accidents spéciaux qui frappent le plus sonL ceux qui se manifestent sur l’appareil urinaire ; en second lieu sur les membranes muqueuses, surtout celle des voies aériennes , enfin plus rarement sur le système nerveux des membres. Les premiers se révèlent par une douleur et une chaleur considérables de la région lombaire principalement aux points qui correspondent aux reins, ainsi que de la région hypogastrique , celle-ci douloureuse à la pression , laquelle détermine comme dans la cyslüe aiguë du ténesme vésical , des douleurs dans l’urètre et de la slrangurie ; puis de l’ardeur en urinant, de la dysurie, une cuisson vive, quelquefois une véritable urétrite , des urines rares, rouges, sanguinolentes même , des érections douloureuses comme dans la chaudepisse dite cordée ; assez souvent pourtant les urines , comme nous l’avons déjà dit, sont faciles, incolores et très-abondantes. Les membranes muqueuses se sèchent comme dans la première période d’une affection catarrhale , elles sont injectées, turgides et chaudes, il y a fréquemment un herpes labialis, des douleurs sous-stermales gravalives et des picotements de la trachée comme dans le commencement des bronchites; les sujets ont été vus rendre des crachats striés de sang ; la peau se trouve quelquefois soudainement rougie par des plaques érythémateuses , vésiculeuses ou papuleuses d’une existence très-éphémère, comme après l’ingestion de certains mollusques ou crustacés. Quant à l’effet que nous avons dit être dans quelque cas éprouvé par le système nerveux des membres , il consiste en une sensibilité exquise surtout dans les extrémité inférieures, un endolorissement général de ces parties, mais existant plus spécialement sur le trajet des gros nerfs. Une céphalalgie des plus vives et persistant longtemps après la cessation de tous les autres effets est aussi un des résultats les plus constants de l’administration un peu prolongée de la Térébenthine. Ajoutons que tous ces phénomènes qui indiquent une action irritante particulière sur les systèmes désignés sont d’autant plus marqués que ces systèmes se trouvent déjà dans un état de douleur et d'irritation. Sachons bien aussi que dans un assez grand nombre de cas , des individus n’ont éprouvé aucune espèce d’effet physiologique ni local, ni général, ni spécial de l’ingestion d’une , deux et même trois onces d’huile essentielle de Térébenthine.

TÉRÉBENTHINE

L’action physiologique de celte substance est digne d’être notée et pr ise en considération , attendu qu’une analogie assez raisonnable peut chercher à y découvrir la véritable manière d’agir de ce médicament énergique et arriver par là à trouver de nouvelles indications de son emploi et à constater aussi des faits et établir des principes dont la pathologie et la thérapeutique générales peuvent profiter. Ceci deviendra plus clair dans quelques instants.

Action thérapeutique.

Les propriétés les plus importantes de la Térébenthine, celles que notre expérience journalière nous force à lui attribuer , ont été éprouvées et reconnues dès la plus haute antiquité. Ces deux passage d’Uipocrate en font assez fois : Terebinthi fructus menses ciet ( De Nat. Mut. ). Is etiàm ex vino et aqaâ ditutus et potus , fluorem muliebreni sistit ( De Morb. Mut. Lib. 2 ). Si la première de ces citations est vague et caractérise peu l’action spéciale de la Térébenthine , ce que nous sommes loin de nier, puisque le père de la médecine n’a presque jamais parlé d’un remède excitant sans le déclarer emménagogue , la seconde établit clairement que cet immense observateur avait administré la Térébenthine dans les cas où elle est le mieux indiquée , les flux muqueux et spécialement ceux des voies génito-urinaires. L’opinion de Dioscoride sur cet agent thérapeutique confirme ou peut-être ne fait que constater l’observation pratique d’Hipocrate , mais aussi elle renferme des assertions qui n’ont pu résulter que de l’expérience. Le fruit de Tèrêbinthin échauffe , fait pisser et provoque à la luxure.... Toutes ces résines ont vertu de modifier, résoudre et mondifier. Prises simplement ou composées en forme de look avec du miel, elles servent à la toux et aux phthisiques. Elles purgent les maux de la poitrine , provoquent l’urine , digèrent les crudités , lâchent leur ventre et font repren dre leur poil aux paupières qui l’ont perdu. S’en oignant avec vert de gris , vitriol et nitre, elles guérissent la gale. Mises dans les oreilles purulentes avec huile et miel, elles y font grand bien et servent aux démangeaisons des parties secrètes. En onctions et simplement appliquées elles aident grandement aux douleurs de côté. ( Diosc . , Trad. par Matth. p. 68 ).

Nous retrouvons dans ce passage , outre les

faits attestés par Hippocrate, 1° l’action diuréti. (pie de la Térébenthine; 2° ses propriétés dessiccatives et cicatrisantes ; 3 * la formule de son mélange avec le miel, remise en honneur de nos jours ; 4° ses vertus contre les catarrhes pulmonaires et pour retarder la fonte tuberculeuse chez les phthisiques ; 5° sa propriété laxative ; 6° son utilité dans les blépharophthalmies chroniques qui déterminent la chute des cils; 7° ses avantages dans la gale , les maladies chroniques de la peau , les affections eczémateuses et prurigineuses du scrotum et des grandes lèvres ; 8° son emploi heureux dans les otorrhées ; 9° enfin son application topique , si vulgaire et si souvent mise à profit contre les pleurodynies, les rhumatismes musculaires.

Galien est allé plus loin et peut-être serait-on autorisé ù trouver la première idée de l’emploi intérieur de l’essence de Térébenthine contre les névralgies, dans l’éloge qu’il donne à la Térébenthine prise à l'intérieur à la dose d’une once unie à trois labiées , l’yvetle , la sauge et le slœchas , pour soulager les douleurs des jointures. Il l’employait du reste beaucoup en liniment anli-psorique et la faisait servir aux usages que lui avaient reconnus ses prédécesseurs.

11 loue de plus ses avantages contre les tuméfactions de la rate , prétention qui a été renouvelée par quelques médecins de notre époque. Aëlius , Oribase , Paul d’Egine , Alex, de Traites n’ont fait que le copier à ce sujet.

Parlons d’abord des propriétés thérapeutiques de la Térébenthine de Venise et des cas où son emploi est indiqué. Nous exposerons séparément ce qui concerne plus particulièrement son huile essentielle.

Nous n’avons guère à nous arrêter dans cette première partie , et pour ce qui est de l’usage interne de la Térébenthine, que sur les catarrhes chroniques de la vessie et des poumons ainsi que sur quelques suppurations anciennes dont l’abondance peut être diminuée par celle résine.

L’observation de l'action physiologique de la Térébenthine nous a appris que celle substance portail principalement son excitation sur le système des membranes muqueuses qu’elle irrite évidemment ; mais nous avons reconnu aussi que la membrane interne des voies urinaires était de toutes, celle qui ressentait le plus vivement et quelquefois exclusivement celle action irritative. C’est précisément contre les affections de cette membrane muqueuse que la Térébenthine a l’efficacit la plus incontestable. Nous

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