MÉDICAMENT
verrons plus tard que l’huile essentielle de cette résine a été employée dans le catarrhe vésical le plus aigu; bornons-nous maintenant à étudier le catarrhe chronique dans ses rapports avec la Térébenthine molle ou cuite.
Le catarrhe de la vessie ou cystite chronique est rarement primitif chez les jeunes gens et les hommes d’un Age moyen ; mais il est assez commun qu’il s’établisse d’emblée chez les vieillards.
Il atteint les premiers sous forme aigue et presque toujours alors il est le produit d’une métastase rhumatismale ou d’une affection de cette nature, se fixant sur la vessie dès son début, ou bien de l’absorption du principe irritant des cantharides , assez souvent aussi d’un coup porté sur l’hypogaslre , ou d’une chute qui retentit vivement dans les organes de cette région; la propagation d’une blennorrhagie au col de la vessie et ù sa cavité y donne aussi quelquefois lieu , ainsi que la présence d’un calcul raboteux et de tous les corps étrangers. Les vieillards calculeux souffrent plutôt du catarrhe chronique qui tourmente aussi les vieux goutteux et les hommes sédentaires , occupés jusqu’à un âge avancé des travaux du cabinet , surtout ceux qui ont eu des blennorrhagies dans leur jeunesse et qui en conservent des rétrécissements de l’urètre. Lorsque les malades ont traversé la période aiguë du catarrhe , ou bien que celte affection a eu primitivement la forme chronique , ce qui se reconnaît à 1, 'absence des symptômes fébriles (bien que souvent celte forme s’accompagne quelquefois , surtout chez les vieillards affaiblis , d’un léger mouvement fébrile sur le soir, avec chaleur de la paume des mains, rudesse de la peau , sécheresse de la langue , soif et assoupissement), de tuméfaction hypogastrique, à la diminution du ténesme vésical', de la dysurie , et à ce qu’il ne reste que de la pesanteur dans le bassin et sur le rectum, de la difficulté à expulser les premières gouttes de l’urine , etc. , etc.... enfin , et c’est là le caractère pathognomonique de cette maladie, à ce que ce liquide dépose au fond du vase une quantité plus ou moins considérable d’une matière soit albumineuse, fi'ante , demi-transparente , semblable à du blanc d’œuf , adhérant fortement aux parois du poL de chambre même renversé , ou bien s’écoulant alors en formant une colonne non interrompue de mucus , depuis le bord du pot jusqu’au fond de celui où on transvase l’urine (catarrhe muqueux); soit qu’à celle coifc
EXCITANTS
che visqueuse surnage une matière blanchâtre , trouble, bourbeuse, se mêlant à l’urine et offrant l’aspect du pus ( catarrhe mucoso-purulent ) ; soit que cette dernière matière constitue S'-ul le dépôt, les urines étant alors troubles immédiatement après leur émission et se séparant bientôt en deux couches , l’une supérieure , d’urine limpide , se troublant aussitôt qu’on agile le vase , l’autre inférieure , formée par une matière blanchâtre , n’adhérant point au vase et ressemblant ù du soufre précipité des sulfures par les acides (catarrhe purulent); c’est alors que se présente l’indication de l’emploi de la Térébenthine. On la prescrit dans ces cas à la dose d’un demi-gros en 24 heures , par pilules de quatre grains , prises une à une toutes les deux heures. On élève progressivement la quantité qu’on gradue en se conformant à la susceptibilité variable des sujets, jusqu'à un, deux, trois et quatre gros par jour et même plus , s’il est nécessaire. Nous parlons ici de la Térébenthine cuite et privée d’une grande partie de son huile essentielle. La Térébenthine pure et molle se donnera à peu près à moitié dose. On peut aussi l’administrer aux mêmes doses suspendue dans une émulsion, en en corrigeant la saveur forte et désagréable au moyen d’une eau distillée aromatique. S'il y a impossibilité ou inconvénient de la faire prendre par la bouche, on la donne en lavements , délayée dans un jaune d’œuf et de l’eau tiède. Des frictions sur l’hypogaslre avec un Uniment dont la Térébenthine forme la base comme, par exemple , le baume de Fioraventi el l’application sur ce point de compresses imbibées desemblables liqueurs peuvent à la rigueur remplacer les autres modes d’administration ou en aider l’action.
L’efficacité de ce traitement dans le catarrhe chronique de la vessie est telle qu’on peut dire sans témérité, que si l’administration sage et bien indiquée de la Térébenthine de Venise ne guérit pas toujours complètement cette maladie , elle le fait à peu près dans la moitié des cas , et qu’elle améliore presque constamment l’état des malades.
Ce qui s’observe chez les sujets soumis à la médication que nous venons d’indiquer peut se réduire aux circonstances suivantes :
1° La Térébenthine développe toute son action physiologique , tous ses effets généraux et particuliers ( voir plus haut quels sont ces phénomènes. )
2° Son action reste incomplète et se passe tout
TÉRÉBENTHINE
Mitière sur le tube digestif qu’elle se borne à stii ululer vivement , provoque de nombreuses évacuations par haut et par lias avec la matière desquelles est rejetée la pins grande partie du médicament.
3° Le malade n’éprouve aucun des effets précédents. L’odeur de violete des urines est seule (»our attester que le médicament a été absorbé.
Reprenons ces trois circonstances.
Voici ce qui se passe dans la première : Dans !es vingt-quatre heures qui suivent l’administration de la Térébenthine , outre les effets d’excitation générale qui sont les plus variables , excepté peut-être l’ardeur épigastrique, les nausées, (es éructations et la céphalgie . le catarrhe vésical ïemble revenir et revient en effet momentanément * la forme aigue. Le malade ressent de la chaleur dans la région des reins et des uretères , l’hypogastre est plus rénitent , quelquefois très-sensible à la pression , les douleurs de la vessie s’exaspèrent en même temps qu’ont lieu dans certains cas de la diurèse, d’autres fois des urines plus rares , de la dysurie , de la slrangurie , de l’ischurie , de l’ardeur dans l’urètre et une sécrétion plus abondante des produils du catarrhe, en un mot une véritable récrudescence de cyslile aigue. Puis bientôt , soit spontanément , soit en y aidant par la cessation du traitement , quelques bains , des boissons copieuses émulsionnées et nitrées, cette irritation artificielle se calme et les matières catarrhales ou purulentes ne sont plus rendues , ou rendues en quantité notablement moindre. Tout se passe ou à peu près comme si on avait injecté dans la vessie un liquide térébenthiné.
Dans le second cas , il y a vomissements et superpurgalion ; les malades n’éprouvent pas de diminution dans les symptômes , et c’est tout au plus si l’effet révulsif de la térébenthine a agi quelques instants au bénéfice du catarrhe.
Dans la troisième circonslance que nous avons établie comme les deux précédentes , d’après l’observation d’un grand nombre de faits , il arrive que même ayant pris de très hautes doses de Térébenthine ( jusqu'à quatre onces ) , les malades ne s’en sont pas aperçus, et que sans l’odeur caractéristique de leurs urines et mieux encore la guérison complète de leur catarrhe, on aurait pu mettre en doute une modification quelconque de l’économie et supposer que dans ce cas la Térébenline avait été absolument inerte. Mais il faut bien dire aussi que dans plusieurs de ces circonstances et malgré que l’odeur des urines ne permclle aucun soupçon sur l’absorption du médicament , le ca-
larrhe vésical ne reçoit pas plus d’influence que le reste de l’organisme.
On voit que les trois faits généraux en lesquels nous avons cru pouvoir résumer tous les cas qui se présentent dans le traitement du catarrhe . chronique de la vessie par la Térébenthine se retrouvent , à l’exception des modifications qui y sont presque constamment liées dans l’affection qui est l’objet de la médication , se retrouveut , disons-nous, dans l'action physiologique de cette subslance et qn’on est en droit de faire servir les premiers à l’explication des seconds. En effet ceux-ci n’en diffèrent que par l’exaspéralion momentanée et la cessation des symptômes , fait nécessairement en rapport avec l’étal de la muqueuse vésicale chez l’individu alfeclé d'un catarrhe chronique de cette membrane , qui , bien que modifiée par l’agent thérapeutique de la même manière que lorsqu’elle est saine , répond autrement à cette modification et y répond comme par analogie on aurait pu l’attendre de toute surface muqueuse affectée de catarrhe et qui vient à être irritée. Nous assimilons donc l’action thérapeutique de la Térébenthine dans le catarrhe chronique de la vessie à l’action évidente et incontestable qu’elle exerce, lorsqu’appliquée directement sur des surfaces muqueuses, siège d’un écoulement mucoso-purulent ou sur des ulcérations cutanées suppurantes , elle en active la vitalité jusqu’à l’irritation , en accroît primitivement ’ l’exhalation et finit par amener ces parties à ne plus fournir de produits morbides ou à se cicatriser ; en un mot nous croyons à un mode d’action de la Térébenthine , par irritation substitutive , même lorsque cette substance est prise intérieurement et ne va changer l’état des membranes muqueuses qu’en passant par les voies de l’absorption et de la circulation. L’identité de ce qui a lieu par ce mode d’administration de la Térébenthine et de ce qui s’observe par l’injection de celte substance dans la vessie, suffirait seule pour nous faire regarder cette opinion comme la plus vraisemblable. D’ailleurs nous serons obligés de revenir sur ce point à propos du traitement d’autres graves affections par la Térébenthine et son huile essentielle , ainsi que par d’autres balsamiques qui ont des propriétés tiès-ana’ogues , et là nous développerons plus fructueusement notre manière de voir en même temps que nous pourrons en déduire des conséquences et de plus larges applications.
Il nous reste à ajouter quelques remarques et à signaler quelques précautions et contr’indicalions sur le traitement du catarrhe chronique
M ÉDiCAMENTS EXCITANTS.
de la vessie per la Térébenthine de Venise.
D’abord il est à peine nécessaire de dire qu’on ne doit pas espérer par celle médication la guérison des catarrhes symptomatiques de la gravelle , des calculs urinaires , des autres corps étrangers venus du dehors , des rétentions d’urine par paralysie de la vessie , ou rétrécissements considérables de l’urètre et obstacle complet ou notable à l’émission de ce liquide , des affections de la prostate qui irritent sympathiquement ou mécaniquement la membrane muqueuse vésicale , etc., etc., encore dans tous ces cas doit-on ne pas abandonner l’usage de la Térébenthine , car l’observation prouve que même dans le catarrhe symptomatique de la pierre , ce remède est utile à titre de paillalif et pour diminuer la quantité des produits morbides sécrétés par la vessie , sécrétion qui , à elle seule , finit par affaiblir considérablement les vieillards calculeux. C’est donc dans les catarrhes idiopathiques occasionnés et entretenues par les causes diverses que nous avons fait connaître plus haut, que sera surtout opportun et souvent héroïque l’emploi de la Térébenthine aux doses et de la manière que nous avons déterminées.
Malgré l’autorité des médecins anglais , nous regardons comme prudent de n’administrer la Térébenthine que dans la forme chronique du catarrhe vésical et alors que presque toute la maladie consiste dans les produits pathologiques exagérés ou viciés. 11 est vrai qu'on pourrait conclure de l’innocuité et mieux de l’efficacité du copahu dans les blennorrhagies les plus aiguës , ù la probabilité d’obtenir les mêmes avantages dans la blennorrhagie vésicale aiguë. Dans tous les cas , on fera sagemenL de ne commencer l’emploi de la Térébenthine qu’après celui des saignées générales ou plutôt locales proportionnées à l’intensité des accidents, et après avoir usé quelque temps des bains généraux prolongés, des fomentations émollientes , des boissons abondantes émulsionnées , camphrées et nitrées,
etc., etc pour ne pas risquer les accidents
d’un emploi prématuré et “périlleux de la Térébenthine , nous conseillerons aussi de tâter la susceptibilité des malades pour ce traitement en commençant par leur prescrire quelques boissons qui ont une action analogue et moins énergique , et dont l’usage plus ou moins facilement supporté ou plus ou moins avantageux , avertira le praticien qu’il peut adopter celle nouvelle médication ou doit l’ajourner encore. Ces boissons seront indifféremment ou l’eau de goudron , ou
l’infusion de bourgeons de sapins du nord , ou celles des baies de genièvre , succédanés et adjuvants de la Térébenthine que nous étudierons plus bas.
On se rappelle combien est variable l’action physiologique de la Térébenthine , puisqu’une faible dose détermine chez certains individus des effets violents , soit primitifs sur le tube digestif, soit secondaires dans toute l’économie et sur certains systèmes en particulier , tandis que d’autres se trouvent guéris par d’énonnes quantités sans avoir acheté ce résultat par les troubles physiologiques qui le précèdent ordinairement. Celle observation doit engager à débuter par de faibles doses qui peuvent suffire chez certains sujets, quitte à les élever selon le besoin ; puis celte pratique a encore l’avantage d’éviter que le remède pris eu trop grande quantité ne sollicite trop vivement le tube digestif et provoque en pure perte des évacuations qui enlèvent à l'absorption des principes qui n’ont d'action qu’en passant par celte voie. Si l’étal de l’estomac permet déjuger à priori qu’il ne supportera pas la Térébenthine avec quelque précaution qu’elle lui soit confiée ou bien que le malade la vomisse opiniâtrement, il faut l’administrer en lavements comme nous l’avons dit plus haut , et à la rigueur en embrocations et applications permanentes sur l’hypogastre.
Une autre précaution importante est de ne pas en discontinuer l'usage dès que les urines ne contiennent plus de matières catarrhales ou purulentes, mais de poursuivre cet usage pendant plusieurs jours et même quelques semaines à doses successivement décroissantes , car rien n’est plus commun que les récidives du catarrhe vésical si ce n’est celles du catarrhe urétral. 11 est bien important de connaître les conditions qui favorisent si puissamment ces récidives. Or, on sait combien toutes les affections catarrhales , tous les flux muqueux sont étroitement subordonnés aux variations barométriques de l’atmosphère, aux diverses constitutions de la température qui suffisent dans la plupart des cas pour les produire , à plus forte raison pour les entretenir. Les catarrhes des voies urinaires et principalement de la vessie subissent encore plus facilement ces influences que les autres maladies du même genre. Combien de fois n’avons-nous pas vu Dupuytren prédire des recrudescences ou des rechutes de ces catarrhes , ou bien leur amendement et leur cessation par cela seul qu’il observait que la température passait du sec chaud ou froid à l’humide
TÉRÉBENTHINE
haud, mais surtout froid pour le premier cas, >u de ces dernières conditions aux premières mur le second cas ? Les vieillards affectés de cette naladie pronostiquent même à coup sûr les vicissitudes atmosphériques d'après l’inspection de eurs urines plus ou moins limpides, plus ou moins chargées de produits morbides. Le praticien doit loue être bien pénétré de cette circonstance pour liriger sagement l’emploi de la Térébenthine , ne >as lui faire honneur de changements qui lui sont (rangers , comme ne pas lui imputer un défaut >u une insuffisance d’action qui ne sont dus pi’aux conditions défavorables qui coïncident ;vpc le traitement. Est-ce à dire pour cela , que 'efficacité de la Térébenthine soit illusoire et oute relative au temps qu’on choisit pour l’admifistrer ? Ce serait mal nous comprendre.
L’action du quinquina n’est certainement pas me action empruntée , parce qu’il est souvent lonné à des fébricitants que le seul repos, le seul changement de quelqu’une des choses non naturelles , l'éloignement des causes, etc suffi-
ent pour exempter de leur fièvre. Il n’est pourantpas défendu défaire tourner au profit d’une nédication tous les éléments de succès qu’elle >eut réunir, d’aider l’effacité de la Térébenthine >ar le concours d’une température favorable et éciproquement. Ainsi de tous les traitements, ’our neutraliser autant que possible les fâcheux Avis , du froid humide chez les gens affectés de catarrhe chronique de la vessie et mieux juger «arconséquenl l’action propre delà Térébenthine, ■ien n’est plus avantageux que de porter de la ête aux pieds et immédiatement appliqués sur la >eau des tissus de laine et en particulier de la 11aielle, et d’éviter par-dessus tout le froid et l’hunidité des pieds.
Ï1 peut arriver que l’exaspération momentanée pie le catarrhe chronique de la vessie éprouve de l’action de la Térébenthine ne soit pas aussi passagère et bornée qu’elle doit l’être; que la période de rémission et de suppression du flux catarrhal ne succède pas promptement à l’acuité artificielle qui est souvent le moyen de la guérison , ou même ne lui succède pas du tout. Le dernier cas surtout est rarement observé. Le premier, c’est-à-dire celui où l’accroissement des accidents parait excessif, disproportionné et ne sait aas se terminer, exige qu’on suspende aussitôt ’usage de la Térébenthine et qu’on soumette le naïade aux boissons émollientes, acidulés ou trèségèrement aromatiques , aux bains généraux et nèrae aux applications de sangsues sur l’hypo-
gastre. L’emploi graduel , opportun et ménagé des préparations de Térébenthine ou agents analogues, suivant les règles que nous avons indiquées expose rarement à ces inconvénients qui d’ailleurs ne sont jamais graves et se dissipent avec facilité.
L’emploi de la Térébenthine n’est pas contr’iuiliqué par cela qu’on aurait acquis la grande probabilité que la membrane muqueuse vésicale est ulcérée et que c’est de la surface de ces ulcères que s’écoule le plus qu’on retrouve dans les urines. Une observation directe et l’analogie de ce que produit la Térébenthine immédiatement appliquée sur les ulcérations qui nous sont apparentes dans d’autres régions de la peau et des membranes muqueuses, doivent assez nous persuader du peu de fondement de cette conlr’indication. Il est beaucoup plus raisonnable de se demander jusqu’à quel point une affection des reins compliquant le catarrhe de la vessie, apporte des obstacles à l’usage de la Térébenthine.
L’odeur si singulière des urines de ceux qui sains ou malades prennent une quantité un peu notable de Térébenthine ou de son huile essentielle, ne permet pas de douter que cette substance ait une action puissante sur les organrs sécréteurs de l’urine ; d’un autre côté , l’ardeur et les douleurs que ressentent ces individus dans la région des reins, l’hématurie et la diurèse qui s’en suivent quelquefois ne permettent guère de douter non plus que celte action soit de nature irritative. Voilà bien un élément du problème à résoudre, mais le plus indispensable nous manque, l’observation clinique. Nous n’avons jamais vu administrer et n’avons administré nous-mêmes la Térébenthine dans de pareilles complications. Nous lisons bien dans une thèse de M. Avisard (Paris , 1819), sur l’usage de la Térébenthine dans le catarrhe chronique vésical, thèse dont les matélériaux ont été recueillis à la clinique chirurgicale de Dupuytren , « qu’en général lorsqu’on soupçonne la co-existence d’une affection des reins ou des uretères, on doit s’abstenir de l’usage de la Térébenthine, qui fréquemment ne fait qu'aggraver le mal; cependant qu’elle a été quelquefois utile en pareil cas »; néanmoins cette assertion est bien vague et ne précise pas les maladies des reins où l’emploi .de la Térébenthine est contr’iiidiqné, celles où il ne l’est pas. On sait que la membrane muqueuse qui tapisse l’intérieur des calices et du bassinet est susceptible , quoique bien plus rarement que celle de la vessie , de calai ihe idiopathique , et si quelque chose ici peut être accordé à 1 analogie , on serait en droit de
M ÉD IC AMENTS EXCITA NTS.
penser que la Térébenthine doit avoir du succès dans ces cas ; mais bien plus souvent aussi , ces séries de catarrhe sont symptomatiques de la gravelle et des calculs néphrétiques . et alors, nous présumons qu’il y aurait imprudence à user de la Térébenthine , malgré l’apparente contradiction qu'on peut trouver entre ce précepte et celui où nous avons recommandé de ne pas rejeter ce remède à titre de palliatif dans le catarrhe lié à la présence d'un calcul vésical. Remarquons qu’ici les conditions sont bien autres : le rein est un organe parenchymateux; sa substance propre est sujette aux phlcgmasies chroniques, aux suppurations, aux désorganisations diverses, etc., et le calcul néphrétique est la cause la plus commune de ces graves altérations, car un grand nombre de ceux qui sont affectés de cette maladie succombe à la phthisie rénale déterminée à la longue par l’irritation incessante du calcul ; il serait par conséquent à craindre que le stimulus imprimé à la muqueuse des cavités intérieures du rein parla Térébenthine, ne retentît dans le parenchyme, et que celui qu’elle porte aussi bien probablement sur ce tissu glanduleux n’agît au profit de la phlegmasie et des lésions désorganisatrices qui amènent la destruction de la partie et de l’individu. Si on croit pouvoir opposer à ce raisonnement le fait de l’avantage des diurétiques ordinaires dans les affections dont nous venons de parler, nous répondrons qu’il n’y a aucune ressemblance à établir entre l'action de ces médicaments sur les reins et celle de la Térébenthine. Les premiers se bornant à rendre les urines plus abondantes et cela sans déterminer dans les organes qui la sécrètent ces douleurs , celte vive ardeur, ces sortes de coliques néphrétiques qu’on voit quelquefois suivre l’usage de la Térébenthine. Les effets avantageux qu’Amalus Lusinalus raconte de la Térébenthine contre les calculs rénaux ne méritent guères notre confiance. Nous aurons à revenir sur ces propriétés auti-calculeuses quand nous étudierons l’huile essentielle de celte résine.
Nous ignorous si la Térébenthine a été essayée dans le diabètes. Les reins de presque tous les diabétiques qu'il nous a été donné d’ouvrir étaient hypertrophiés, mais surtout généralement pâles, exangues , mous et comme macérés. Aurait-on quelque chance en activant la vitalité , en modifiant la circulation et la nutrition de ces organes par l’action spéciale de la Térébenthine sur eux, de les rétablir dans leur sécrétion normale? Cela est à tenter. Nous n’en répondrions pas. L’en-
semble de la maladie et l’observation de quelques reins de diabétiques trouvés dans la plus parfaite intégrité, semblent bien prouver qu’il y a dans cette grave affection autre chose déplus primitif et de plus considérable qu’un dérangement pur et simple des fonctions uropoiéliques, comme serait , par exemple, une perversion particulière de la nutrition générale. Celle condition ne devrait pourtant pas être de nature à rendre tout à fait inutiles les moyens thérapeutiques dirigés dans le but de modifier les reins eux-mêmes et de changer leur mode de sécrétion. Nous appelons aussi les essais des praticiens sur l’action que pourrait avoir la Térébenthine dans cette funeste maladie des reins récemment décrite par un auteur anglais qui lui a donné son nom , nous voulons dire l’affrclion granuleuse de Bright.
Les catarrhes des membranes muqueuses autres que celles des voies urinaires sont plus incertainement modifiés par la Térébenthine. Ainsi nous avons dans le copahu un moyen bien plus sûr de guérir les écoulements de l’urètre, du vagin ; c’est pourquoi nous réservons ce que nous avons à dire sur le traitement de ces maladies par les substances résineuses et balsamiques , pour l’élude du copahu donll’usage leur est presque exclusivement affecté. Bien que les catarrhes pulmonaires chroniques soient susceptibles d’être avantageusement modifiés par la Térébenthine , on lui préfère généralement et avec raison d’autres remèdes, balsamiques et quelques composés tirés de celle résine . Les cas de cette nature où elle trouverait volontiers son indication sont ceux de ces personnes , les vieillards surtout , affectées de branchorrhée mucoso-purulenledans lesquelles il n’est pas rare de voir la quantité des crachats s’élever jusqu’à plusieurs livres en un jour, cela sans presque de toux . sans aucun symptôme d’irritation, avec une membrane muqueuse souvent épaissie , mais plutôt décolorée qu’injectée, une dilatation partielle ou générale des bronches, etc., etc. Nous avons plusieurs fois observé celte forme de catarrhe pulmonaire si bien faite pour simuler la phthisie tuberculeuse la plus consommée, et qui a dû très fréquemment induire en erreur de diagnostic les anciens médecins qui plaçaient à un rang distingué dans le traitement de la phthisie les substances balsamiques dont nous parlons. Disons aussi que malgré tous les perfectionnements de nos moyens de diagnostic local dans la phthisie pulmonaire , ces cas nous en imposent encore souvent, non-seulement à cause de la fonte purulente si effroyable qui sem-
TÉRÉBENTHINI
Me alors se faire dans les poumons, à cause des sueurs nocturnes, du dévoiement et du marasme qui s’y joignent dans quelques cas; mais aussi parce que les dilatations bronchiques dont nous avons parlé peuvent fournir à l’auscultation et à la percussion plusieurs des signes réputés pathognomoniques île la phthisie tuberculeuse au troisième degré. Le mode d’administration est le même dans ces circonstances que dans les catarrhes de la vessie. C’est dans de pareilles conditions que les balsamiques et en particulier la férébenthinc , l’eau de goudron sont en possession d’opérer des sortes de prodiges , en ramenant à la santé des malades qui semblaient marcher à une mort inévitable par tous es degrés de la consomplion colliquative la plus rapide.
En terminant cet article , nous jetterons un coup d’œil général sur toutes les vastes suppurations qu'il est important de modérer ou de tarir, et les envisagerons sous le rapport des indications qu’elles peuvent présenter pour l’emploi des substances résineuses et balsamiques.
Des auteurs d’un mérite également recommandable ont conseillé l’usage de la Térébenthine dans le but d’obtenir des effets en apparence opposés et qui pourtant n’ont rien de contradictoire. C est ainsi que CuIIen affirme , d’après son expérience , que celte substance « est un des plus certains laxatifs que l’on puisse employer dans les coliques et les autres cas de constipation rebelle ;» tandis que Baglivi et Yan-Sviéten s’en sont servis avec succès dans les dévoiements chroniques et colliqualifs. Voici comment s’exprime le premier de ces deux grands médecins dans son intéressant chapitre de diarrheâ et dysenteriâ : Inteteratis alci flucibus, dysenteriâ, tenesmo , relaxatione ani, etc..., excipiatur per infenora vapor Terebinthinœ prunis ardcntibus injcctœ , et sanabuntur.
Nous aurions peut-être dû ne mentionner ce mode d’administration de la Térébenthine qu’en parlant de son usage externe, puisqu’il s’agit de fumigations dirigées vers l’anus ; mais nous avons ' oulu rapprocher celte pratique de Baglivi de celle de Yan-Swiéten qui donnait aussi la Térébenthine dans les dévoiements colliqualifs dus à la résorption du pus chez les phthisiques arrivés au dernier degré de la fonte tuberculeuse des poumons : In consuiumolâ pht/iisi , à pure rcaorpto , tolum santjuincm corrumpi cl sic dissolvi, ut per musardica rasa elapsi humores putridissiman diarrheam faciant quœet
morbo ci vitœfinem brevi imponeresolet , etc. ... Bien ne lui parait plus propre à calmer celle diarrhée et prolonger les jours du malade abrégés si souvent par cet accident , que les lavements préparés avec un gros de Térébenthine bien purifiée, triturée avec un jaune d’œuf, en y ajoutant une deini-once de thériaque et quatre onces de lait. Ce lavement doit être gardé le plus longtemps possible. Rien d'étonnant que la Térébenthine soit donnée comme laxatif, puisque dans l’examen de son action physiologique et thérapeutique , nous l’avons vu si fréquemment déterminer des déjections alvines. Rien d’étonnant non plus qu’elle puisse arrêter un flux muqueux de l'intestin , puisqu’elle le fait à l'égard de tant d’autres sécrétions morbides du même genre et que sa propriété dessicative est ce qu’elle a de plus caractéristique.
Nous croyons devoir passer sous silence une foule de maladies contre lesquelles la Térébenthine a été mise en usage , parce que l’expérience n’a pas confirmé les premiers succès qu’on croyait en avoir retirés et que son emploi dans ces cas a été complètement abandonné, et nous arrivons à l’élude thérapeutique de l’huile essentielle de cette résine, nous réservant de traiter de son mode externe d’administration sous ces deux formes, lorsque nous parlerons de diverses matières obtenues de la Térébenthine et dont l’emploi est exclusivement extérieur.
Nous nous contenterons d’apprécier les indications et conlr’indicalions de l’essence de Térébenthine prise à l’intérieur, 1° dans les névralgies, et principalement les névralgies sciatiques; 2° contre les vers intestinaux et en particulier le lœnia;5° dans les coliques hépatiques symptomatiques de calculs biliaires ; 4° enfin dans la péritonite puerpérale.
1° Si on ne veut pas considérer Galien comme le médecin qui ail le premier fait un usage intérieur de l’essence de Térébenthine clans les névralgies, fondé sur ce que le mol douleurs des jointures , n’est pas assez précis , et sur ce que cet auteur ne se servait pas de l’essence mais de la Térébenthine elle-même, deux bien faibles motifs, il faut pour trouver cette pratique explicitement recommandée , arriver h Iloine , Herz Thillenius , Cheyne et Picairn qui ont administré ce remède , comme il l’a été plus récemment en France par M. le professeur Récamier et d’autres médecins. Murray en parle comme d’un moyen vulgairement connu : Pleins doviesticutii est in malu ischiadico et rheumatismis , mellc ex-
lût
MÉDICAMENTS EXCITANTS
ccpto x cl liquido quodam, La formule était : Huile essenlielle de Térébenthine deux gros, miel line once; prendre soir et matin une petite cuillerée de ce mélange.
Cljeyne faisait distiller à plusieurs reprises l’huile de Térébenthine avec parties égales d’alcool. Il donnait ce composé depuis un gros jusqu’à quatre gros par jour. Ce praticien pensait qu’ainsi administrée l’essence gardait toutes ses propriétés antinévralgiques et était dépouillée de ses inconvénients, ce que M. Martinet a nié de nos jours. M. le professeur Récamier se sert de la formule suivante dans le plus grand nombre des cas : Essence de Térébenthine 2 gros, miel rosat A onces. On prend trois cuillerées de ce mélange par jour, Pour déguiser l’insupportable saveur de ce médicament, on peut l’unir à des sirops agréables , des eaux distillées aromatiques diverses; au laudanum dans le besoin , si le malade est trop disposé aux vomissements, etc. , etc. ... Mais il faut avoir soin de ne faire prendre de ces divers composés qu’une quantité qui réponde à celle indiquée dans la formule ordinaire. On peut avec avantage aider l’action de l’administration interne par des frictions loco dolenti avec le liniment suivant: huile de camomille 2 onces, essence de Térébenthine 1 once , laudanum de Syd. 1 gros. Si au bout de huiL ou dix jours , on n’a pas de résultat , il faut renoncer à la médication. Les résultats obtenus par le célèbre praticien que nous avons nommé et qui le premier en France a traité la sciatique par l'essence de Térébenthine , ont été d’abord enregistrés dans la thèse de M. le docteur Martinet ( Paris 1818 ). Ce praticien en décrivant les effets immédiats de l’essence de Térébenthine à la dose de 1 jusqu’à plusieurs gros dans les névralgies sciatiques , signale , outres les phénomènes que nous avons fait connaître, une chaleur accompagnée de sueur dans les membres abdominaux , particulièrement dans celui qui est le siège de la névralgie et plus encore le long du trajet du nerf malade. Cullcn avait déjà observé ce fait et n’avait pas hésité à attribuer à cette particularité l’efficacité de l’essence de Térébenthine , qui avait déjà été constatée par Clieync et Pitcairn dans les affections névralgiques et rhumatismales des membres. Home , qui employait beaucoup en pareil cas cet agent thérapeutique, en attribue tous les effets à cette action qu’il nomme topique. Les premiers résultats consignés dans la thèse citée de M. Martinet sont ceux ci :
Guérison complète.
Névralgies sciatiques 7
Névralgies brachiales 5
Soulagement très-marqué.
Cm cesse l'usage du médicament.
Névralgies sciatiques , 2
Névralgies traitées par les frictions ... a
Soulagement léger.
On supprime le médicament.
Névralgies sciatiques 2
Insuccès.
Névralgies sciatiques 3
Total 20
Toutes ces névralgies dataient d’un temps assez long. Des trois derniers, l’un mourut au bout de dix-huit mois d’une maladie organique de l’articulation coxo-fémorale; chez un autre la névralgie était à peu près générale et peu caractérisée; enfin chez le troisième , elle fut très-opiniâtre , rebelle à beaucoup d’autres moyens et pouvait, en partie, \u certains symptômes, se rallier à une affection organique du nerf. {Thèse citée). M. Martinel a fait de sa thèse augmentée un mémoire en 1824 , et une seconde édition de ce mémoire en 1829. Ce dernier travail porte que sur 70 sujets traités jusqu’alors, y compris les cas rapportés dans sa thèse, 58 ont été guéris, Sur ce nombre, 00 ont dû leur guérison à l’emploi intérieur de l’essence , trois seulement aux seules frictions.
Il est important d’exposer , d’après l’auteur , les conditions qui sont favorables ou défavorables à l’emploi de l’essence de Térébenthine dans les névralgies :
1° C’est dans les névralgies sans altération du nerf que l’on obtient le plusse succès et particulièrement dans celles qui sont idiopathiques et permanentes.
2» Toutes choses égales d’ailleurs , plus les caractères névralgiques sont bien dessinés, plus les douleurs sont vives , quels qu’aient été les manques de succès par d’autres moyens , plus les chances sont favorables.
3° C’est dans les névralgies des extrémités inférieures et dans la sciatique plus particulièrement
TÉRÉBENTHINE
que ce médicament semble confirmer sa supériorité.
4° Des observations prouvent cependant que *’on peut en retirer de grands avantages dans les névralgies des extrémités supérieures, alors même qu’il y aurait paralysie.
On voit que JM. Martinel, retranche des sciatiques susceptibles d’être heureusement traités par •'essence de Térébenthine, celles qui sont rhumatismales , les névrites, les névralgies symptomatiques d’une compression par quelque tumeur ou autre lésion organique développée dans le névrilèine, etc....
La Revue médicale (août 1825) contient la relation de G guérisons sur sept malades par M. Dufour. Ce praticien n’a observé ni action purgative, ni sudorifique , ni diurétique produite par l’essence, et néanmoins les résultats ont été heureux et prompts. A la même époque M. de la Roque a cité à l’Académie de médecine douze ou quinze cas de réussite. Nous convenons que la lecture des observations de M. Martinet est faite pour frapper les médecins et porter la conviction dans les esprits. A quoi sert de ne les accepter qu’à condition de les expliqner , comme pour se soulager de la répugnance qu’on éprouve à admettre des faits qui contrarient une idée arrêtée d’avance, idée qui se trouve tout à coup fortifiée des preuves nées pour la détruire? M. Raige-Delonne, par exemple, dans une analyse qu’il donne dans les Archives de médecine de l’année 1824, t. IV, p.400, du premier mémoire de M. Martinet, fait rouler sur l’irritation du tube digestif produite par l’essence de Térébenthine, tous les effets immédiats et consécutifs de ce médicament revendique tout pour la révulsion, etc.. . Remarquons que tous les praticiens qui ont eu à se louer du traitement en question, n’ont rien eu de plus pressé que d appeler l'attention sur l’efficacité d’autan t plus prompte et radicale de la médication, qu’elle s’accomplit plus en silence et sans provoquer d’évacuations alyines !.. Userait déraisonnable et imprudent aussi d’effacer ces faits par une négation dure et sans formes. Pour nous, désirant ne jeter rien d’absolu au milieu de celle question , nous dirons une seu le chose , c’est qu’ayant traité ou vu trader à 1 Hôtel-Dieu , par M. le professeur Récamier, en tout cinq ou six malades affectés de sciatique , se trouvant autant que possible dans les conditions v oulues par AI. Martinel, et prenant l’essence de Térébenthine aux doses et pendant le temps indiqués par lui , nous n’avons pu observer autre phénomène que la répugnance et l’aversion considérables de ces malades à avaler
le remède , qu’ils ont régulièrements pris et digéré néanmoins , sauf des nausées et une cardialgie des plus fatigantes.
2° C’est aux médecins étrangers , et surtout aux Anglais, que nous sommes redevables des faits qui attestent les propriétés anlhelrninliques en général, et tœnifuges en particulier, de l’huile essentielle de Térébenthine à hautes doses. Avant de passer à ce titre dans la matière médicale humaine, les vertus anlivcrinineuses de celle substance ont été éprouvées sur les animaux. Chabert préconise beaucoup pourexpulser, les eulozoaires des bêles de sommes, une et plusieurs onces du mélange d’une livre d’huile animale empyreumatique eide (rois livres d’huile essentielle de Térébenthine , distillées ensemble. C’est pourtant le hasard qui a présidé au premier cas de guérison du ver solitaire chez l’homme.
Un marin avait le lœnia, et remarquait que chaque fois qu’il prenait beaucoup de genièvre , il rendait quelques fragments de l’animal. Or , les hommes de nier anglais, ont dans leur liqueur au genièvre remplacé les baies de celle plante par une certaine quantité d'huile essentielle de Térébenthine.Le marin attribuant avec raison les effets vermifuges de sa boisson spiritueuse à l’essence active qu’elle contenait, pensa se délivrer plus complètement de la cause de son mal en s’administrant pure et à plus fortes doses l’huile essentielle de Térébenthine. Le tœnia fut à jamais tué et expulsé. Encouragé par ce fait, Jean Halle, en proie au même mal, prend le matin à jeun trois onces d’essence de Térébenthine. Même dose au bout de deux heures ,1a première n’opérant pas. Malaise, céphalalgie, ivresse, selle abondante où se trouve le cadavre entier de l’enlozoaire. Pas de récidive. Le docteur Jean Ralph-Fenwick de Durham rapporte six cas de guérison de la même maladie par le même remède. Il administre l’huile essentielle pure , le malin à jeun à la dose de deux onces ; puis bientôt après une troisième once qui agit comme purgatif, et détermine l’expulsion du lœniamisà mort par la première potion. Sur ces six malades , quatre ont été d’une première fois débarrassés de leur ennemi qui ne n’est jamais reproduit ; deux ont eu des récidives dont un second traitement les a entièrement préservés pour l’avenir.
M. Cross, de l’intéressant mémoire duquel ces observations sont tirées (. Jourix . de mèd. de Leroux, tome 35, pag. 147), rapporte de sa propre pratique un fait très-concluant en faveur de l’usage de l’essence de Térébenthine contre le tumia.
MÉD1CA MENT S EXCITANTS
Dans ce cas, une foule de drastiques et anthclminliques avaient été pendant longtemps employés en vain , et n’avaient jamais procuré que l’évacuation de quelques anneaux détachés du ver. Les symptômes persistaient. Le remède, aux doses ci-dessus fut employé avec un tel succès, que depuis huit ans que le lœnia a été rendu sous l'action de l’essence de Térébenthine , nulle récidive ne s’est fait sentir. JM. Chaumelon , dans une analysequ’il fait du mémoire de RI. Cross ( Journ . cit.), raconte un cas de guérison semblable de la pratique de M. le docteur Marc, et que lui a communiqué ce praticien. La prescription fut celleci : Huile essentielle de Térébenthine, une once; sirop de gomme , une once ; eau distillée de menthe, huit onces. M. Cross mélange aussi l’huile essentielle à deux fois son poids de sir op. Ce médecin assure connaître nombre de guérisons par ce remède de malades tourmentés de cruelles démangeaisons de la fin du gros intestin par les ascarides vermiculaires. Dans ce cas, il suffit de donner l’essence en lavements, mêlée à un mucilage. MM. Peschiez Butini et Maunoir de Genève ont constaté les propriétés vermifuges de l’essence de Térébenthine. Le docteur Kennedy en a cité cinq ou six cas fort curieux et bien détaillés qu’on lit dans le tome troisième des Archives de médecine. Il mélange souvent l’essence à l’huile de racine. 11 csl inut ile que nous dressions la liste de tous les praticiens anglais qui, dans ces cas , se sont toujours avec efficacité servi de l’agent énergique que nous éludions. MM. Mérat et de Lens disent l’avoir employé deux fois contre le lœnia, et les deux fois cet animal a été réduit et rendu en putrilage. Ils ajoutent que celte méthode de traitement est aujourd’hui peu suivie, 1° parce qu’elle n’est pas toujours efficace; 2° parce qu’elle donne lieu à des accidents parfois graves ; 5° parce qu’on possède dans la racine de grenadier un tœnifuge plus assuré. Ces motifs de proscription nous semhlentvagues, peu péremptoires, insuffisants pour discréditer l’usage vermifuge de l’huile essentielle de Térébenthine , et cela est d’autant plus frappant que les conclusions de ces auteurs suivent immédiatement l’énoncé dedrux succès complets après lequel il est permis de les trouver peu conséquentes.
5° On connaît depuis bien longtemps la fréquence des calculs biliaires, leur importance; les grands maîtres des siècles derniers y ont parfaitement rattaché toute la série et la variété d’accidents que l’anatomie pathologique moderne a démontré leur appartenir. Nous sommes même
persuadés qu’EKmulIer , Bianchi , F. Hoffman , Boérhaave, Van-Swiélen , Baglivi , Leniilius, Valisneri, Héberden, Durande , etc., etc., ont écrit sur cepoinl de la pathologie du foie des choses plus vraies , plus complètes , plus finies, plus médicales qu’on ne l’a fait de nos jours. Presque tous ces praticiens avaient eu la pensée de chercher un dissolvant des pierres biliaires , et jeté les yeux pour atteindre ce but difficile sur des liquides spiritueux, volatils, depuis ELI millier, qui regardait l’esprit de nitre dulcifié comme capable d’agir un peu sur ces pierres; Poullelier qui attribuait la même propriété à l’alcool pur, jusqu’à Boérhaave qui employa à cette fin l’huile essentielle de Térébenthine sans aucun mélange ; Witlie et Yalisnrrie qui combinèrent ces deux liquides spiritueux , essayés isolément jusqu’à eux , et enfin Durande quidès l’année 1775(et non 1782comme l’indique Sprengel dans son Histoire de médecine) substitua l’éther sulfurique à l’alcool , et publia, en 1782, dans les semestres de l’Académie de Dijon son mémoire sur les coliques hépatiques et leur traitement par le fameux mélange qui dès lors a porté son nom.
Nous laissons Durande lui-même exposer le mode d’administration de son remède , les précautions et les conditions qu’exige son emploi , puis nous tâcherons d’apprécier la valeur de ses assertions et l’utilité de la médication qu’il a tant exaltée.
Durande fait l’histoire complète et très-satisfaisante des calculs biliaires, s’étend sur leurs dangers, leur pronostic , leur diagnostic différentiel, etc.;discule les avantages de quelques secours accessoires comme la saignée, les alkalins , les bains, etc., puis il ajoute : « Après un long usage d’Iuimeclanls et de délayants (six semaines à deux mois), d’apéritifs doux, on donne le dissolvant des pierres biliair es, à la dose d’un gros tous les matins, en faisant prendre par-dessus une écuelle de petit lait, ou d’eau de veau avec la chicorée, ou de sirop de violettes avec de l’eau pure. Si ce remède agite, s’il échauffe trop les malades , si la région du loie devient douloureuse, ou saigne et l’on con tinue les bains. On joint au contraire les apéritifs et les Ioniques les plus doux à ce remède, si l’on s’aperçoit que le foie se gonfle avec très-peu de douleur, que les malades soient plutôt appesantis qu’échauffés. On insiste plus ou moins sur ce remède , suivant l’ancienneté et l’opiniâtreté de la maladie; mais assez généralement les malades doivent prendre une livre de mélange d’éther sulfurique et d’huile volatile de Térébenthine. Lors-
TEREBENTHINE.
qu’il n’y a plus de jaune, ni sur le visage ni dans les yeux ; lorsque la douleur de l’hypochondre cesse de se faire sentir, que le malade n’éprouve aucune anxiété, et même après le repas et l’exercice , on conçoit que la santé se rétablit , que le cours de la bile est libre, et qu’il est temps d’employer les purgatifs doux, qui pour lors agissent utilement, sans causer la moindre douleur ù ceux même qui, avant l’usage du dissolvant, avaient été le plus fatigués par l’usage de ces remèdes.
On doit ensuite s’attacher à prévenir le retour des coliques , et empêcher la bile de se coaguler de manière à former de nouvelles concrétions. Les moyens capables de rendre la circulation du sang plus libre dans les vaisseaux de la veine-porte préviendront l’épaississement de la bile. Sous ce point de vue , les apéritifs doux ont leur utilité ; mais le |dus généralement la chaleur du foie , l’acrimonie et l’abondance de l'humeur bilieuse sont les cau-es des ces retours de maladie. Tout ce qui rend les urines jaunes et pénétrantes, la bouche mauvaise , l’haleine forte, doit être proscrit comme irritant : aussi les graisses , les salures , l’excès de nourritures animales, les boissons spiri'.ueuses , les épices, les plantes amères, âcres ou échauffantes , telles que le cresson, les asperges, les artichauts ; l’usage trop fréquent des purgatifs , les fatigues , les veilles sont très-contraires à ces malades. Mais un régime doux et modéré avec les viandes, surtout les volailles bouillies ou rôties ; les herbages, les farineux, les fruits bien mûrs ; les boissons délayantes , telles que le petit lait , la limonade, le citron et l’orange; letartrile acidulé de potasse , les eaux minérales , les saignées faites à propos, le lait d’ànesse m’ont paru suffisants pour prévenir le retour de cette •maladie , surtout lorsqu’on y joint à des intervalles très-éloignés de petites doses du dissolvant des pierres biliaires , ou que l’on peut même substituer la dissolution du jaune d’œuf dans l’éther , qu'à imaginée M. Morveau , et qui parait suffisante pour prévenir la formation des pierres biliaires,ou même pour les dissoudre dans leur principe. Ce dernier remède aura l’avantage d’être moins désagréable aux malades. »
Le mélange de Durande était d’abord composé de parties égales d’éther sulfurique et d’essence de Térébenthine ; plus tard il diminua d’un tiers la proportion de celle-ci , et le forma avec trois parties d’éther et deux d’essence.
L’auteur fait suivre son mémoire de vingt observations à lui propres, et de quelques autres qui lui furent communiquées par Marct,L‘ivortct Hoin,
toutes attestant l’effieacilé du mélange en question .
Nous ne disputons à ces observations ni l’exactitude de leurs détails , ni l’importance de tous leurs éléments , ni leur authenticité, ni la piécision du diagnostic pour un certain nombre au moins , ni même les avantages qu ont retire les malades du traitement employé. Il n’y a qu une chose sur laquelle elles nous laissent dans le doute, et cette chose est précisément celle que Durande s’est obstinée à établir à si grands frais ; celle chose , c’est la propriété dissolvante du mélange d’éther et d’essence de Térébenthine. Car, comment démontrer ce genre d’action ? Rien n’est plus difficile. 11 ne faudrait rien moins que le concours de plusieurs circonstances qu’on ne peut rassembler que bien rarement; peut-être même ne l’onl-elles jamais été au degré nécessaire pour déterminer une conviction. Il faudrait, 1° avoir nettement constatédans la région correspondant au siège de la vésicule biliaire une tumeur offrant au palper une résistance inorganique , si nous pouvons ainsi parler, une résistance pierreuse , une tumeur qui , comprimée ou percutée , laissât percevoir au loucher ou à l’oreille une sensation ou un bruit semblables à ceux que produisent , comme l’a observé J.-L. Petit, des noisettes qu’on froisserait dans un petit sac; 2U puis, que dans de telles conditions, le mélange de Durande fut pendant quelque temps administré , et que la tumeur disparût plus ou moins lentement , sans qu’il ait été possible de trouver des concrétions biliaires dans les matières évacuées par le malade. Il, faudrait que pareils phénomènes se répétassent un grand nombre de fois chez plusieurs individus ; il faudrait suspendre le traitement et le reprendre , voir si la maladie ou plutôt sa cause matérielle se conformerait à ces alternatives , etc.... Hors de ces circonstances presqu’impossibles à réunir , il ne peut y avoir que doute et tout au plus vraisemblance, interprétation arbitraire , manière de voir. Combien pourtant les observations de Durande manquent de ces éléments indispensables de solution! Uu’y voit-on ? Des malades sujets û des dérangements fréquents de la digestion , pris de coliques hépatiques plus ou moins vraies , de vomissements, de jaunisse pour la plupart; celle série d’accidents se renouvelant par intervalles et chez le plus petit nombre , s’accompagnant de quelques concrétions biliaires dans les selles, rendues avant ou après le traitement. Celui-ci est institué selon les principes exposés plus haut , la médication classique ou rationnelle , comme
MÉDICAMENTS EXCITANTS
on dit , précède, accompagne et suit rigoureusement la médication prétendue spécifique et dissolvante, c’est-à-dirc l'administration du mélange étheré et téi’ébenthiné ; les malades sont notablement soulagés ou radicalement guéris.... N’est-ce donc pas assez ? Pourquoi ne pas se borner à constater cet effet, l’attribuant, comme cela peut être juste, à l’action du traitement, sans prétendre saisir l’intermédiaire entre le médicament donné et le résultat obtenu ? Ce sage empirisme n’est-il pas préférable à une explication probablement erronée , explication qui n’a peut-être servi qu’à mettre en défiance contre les avantages du moyen proposé , parce que nécessairement on a dû souvent confondre le fait avec la théorie , et rejeter celui-là , parce que celle-ci paraissait fausse et absurde. Si le moyen est utile , et nous ne le nions pas , pourquoi ne pas se contenter de poser les conditions de celte utilité, au lieu d’avoir la vanité de trouver telles de son action intime , sans autre fruit que de discréditer ce moyen, en l’associant au sort éphémère de toute explication? Durande se fonde principalement sur ce que les calculs biliaires mis en contact dans un vase avec son mélange ou simplement exposés aux vapeurs qui s’en dégagent, deviennent bientôt friables , puis se dissolvent entièrement. 11 n’est pas besoin d’insister sur le vice et l’insuffisance de l’analogie que ce fait le porte à établir. L’éther ou l’alcool seuls sont incapables , assure-t-il , de dissoudre ainsi les pierres hépatiques , et cependant plusieurs médecins avant lui , ceux que nous avons désignés plus haut, se sont vantés d’obtenir avec ces liquides des résultats semblables aux siens. Mais une chose plus frappante encore dans les observations de Durande , c’est la rapidité d’action du remède et le caractère de l’élément de la maladie contre lequel celle action paraît surtout se manifester. En effet, c’est au symptôme colique que le remède en question s'attaque principalement ; c’est ce symptôme qu'il est en possession de mieux calmer qu’aucun autre moyen. Or, se peut-il concevoir que la vertu dissolvante du mélange de Durande se développe en aussi peu de temps qu’il lui en faut pour dissiper la douleur hépatique ? Une action altérante de ce genre (en la considérant comme possible dans l’espèce) , suppose une opération lente , insensible , moléculaire, toutes conditions incompatibles avec l’instantanéité qu’on remarque dans la disparition d’un phénomène nerveux sous l’influence de l’éther térébenthine. Nous savons bien que Du-
rande , en vertu de l’idée qu’il s’est faite du mode d’influence de son remède, prescrit de le conlineur pendant longtemps ; mais indépendamment de ce que cela ne prouve rien , puisque quelques-uns de ses malades qui n’ont pas suivi ce conseil n’ont pas essuyé de récidives , à plusieurs autres il ne fesait prendre ainsi que l’éther avec le jaune d’œuf, et nous apprenons de ui que l’éther n’a pas la propriété dissolvante des pierres biliaires. Enfin , de ces malades , les uns ont rendu des calculs, et chez ceux-là , il n’a pas le droit d’invoquer l’action dissolvante du remède ; les autres n’en ont pas rendu , bien que plusieurs d’entre eux présentassent une série d’accidents qu’il était assez naturel de rattacher à l’existence de pierres biliaires ; mais ici que d’obscurité! Des individus après des éruptions, des sécrétions accidentelles, des fonctions supplémentaires supprimées, des vieillards bilieux, mélancoliques, sont pris de symptômes d’indigestion , de langueur générale, de cachexie atrabilaire, de douleurs épigaslralgiques ou hypochondriaques , de vomissements , de constipation ou de selles décolorées , d’urines lixivielles , d’ictère , etc...., on les soumet pendant un très-long temps à une diète délayante , et comme on disait autrefois altérante, aux lavements laxatifs , aux boissons minoratives , apéritives, savonneuses, alkalines, aux eaux minérales de Seltz , de Vichy, au petit lait , etc 5 puis on leur donne le mélange vo-
latil , et ils sont rétablis après une plus ou moins longue administration de cette médication , achevée par des purgatifs , et le retour par intervalles au fameux mélange , etc... Comment démontret-on alors son effet dissolvant ? Parce que le cours de la bile s’est rétabli , que les selles du malade sont colorées , ou qu’il rend une bile noire et épaisse qu’on prétend être la matière du calcul redevenue fluide.... Nous accordons, d’après noire propre observation, qu’il est certains dérangements des fondions biliaires, caractérisés par des ictères inopinés, et qu’on ne peut rattacher à aucune lésion hépatique appréciable, par une langueur profonde de tout l’organisme et des actes digestifs en particulier , une constipation opiniâtre , un découragement mortel , quelquefois le sentiment d’une barre épigastrique, d’une pesanteur dans la région du foie , la mort dans quelque cas , sans que l’autopsie fasse découvrir d’altérations dignes d’avoir présidé à la maladie (ce sont les maladies atrabilaires des anciens auteurs), lesquelles affections semblent plutôt pouvoir être attribués à une ineilie de l’appareil
TÉRÉBENTHINE
sécréteur et excréteur de la bile, à une atonie de la circulation et de l’innervation de cet important s ystème , etc..., qu'à toute autre cause , et 1 expérience a prouvé que le régime et les agents thérapeutiques qui ont la propriété de fluidifier nos humeurs, telles sont celles énumérées plus haut y. et que Durande employait en quantité et longtemps chez ses malades , que les purgatifs et tout ce qui peut réveiller la sensibilité du tube digestif et .stimuler les sécrétions , que l’exercice à pied , en voiture , à cheval , etc...; l’expérience a prouvé , disons-nous , que ces ressources hygiéniques et médicamenteuses combinées sont utiles dans les cas que nous venons de signaler. Voilà de quelle manière nous interprétons les succès de Durande et de ceux qui se sont conformés à lui dans leur pratique.
Quant à la propriété incontestable qu’a l’éther térébenlhiné, de calmer les coliques atroces et les vomissements dont s’accompagnent fréquemment les calculs biliaires et certaines névralgies hépatiques , nous la considérons comme purement antispasmodique, ce n’est pas un fait nouveau. Durande, après tout , a le mérite d’avoir bien connu les maladies produites par les pierres biliaires, et de leur avoir appliqué une bonne méthode de traitement.
4° Ii nous reste à juger une question de thérapeutique bien autrement grave encore que celle qui vient d’ètre examinée. Quelle confiance méritent les travaux des médecins anglais qui tendent à prouver l’insigne efficacité de l’huile essentielle de Térébenthine contre la péritonite puerpérale? Nous posons la question dans ces termes pour laisser de suite entrevoir notre défiance envers la valeur et la solidité de ces travaux , et pour prévenir que nous ne leur concéderons que ce qu’il nous sera rigoureusement impossible de leur refuser. C’est entre eux et nous une pure question de diagnostic ; cl , nous devons le dire par avance , les motifs de nos doutes résultent et de l’insuffisance des détails capables de caractériser la maladie , résultent du merveilleux et de l’incroyable des effets racontés aussi bien que de l’habitude où nous sommes de ne presque jamais pouvoir vérifier sur nos malades ce que les médecins anglais observent dans leurs hôpitaux. Qu’ils sont loin les temps de Thomas Sydenham !
Au mois de décembre 1812 , il régna à l’hôpital des femmes en couche de Dublin une épidémie de péritonite puerpérale à laquelle aucune malade n’écbappail , quelque lût le traitement
employé, jusqu’à ce que le docteur Drenan se mît à essayer l’huile essentielle de Térébenthine.
Ce médecin rapporte six observations dans son
ouvrage imprimé, à Londres, en 1814 , sous ce titre : Tliougts on puerpéral fever and its cure by spirits of turpentine. Drenan décrit ainsi en peu de mots l’aspect général de la maladie : « J’ai en général trouvé qu après 1 accouchement le plus favorable , les femmes devenaient malades dès le troisième ou quatrième jour , et présentaient ce (pie les garde-malades appellent fièvre puerpérale éphémère. 11 y avait un frisson violent, suivi de douleurs vives dans l’abdomen et les intestins ; l'estomac était excessivement irritable; il survenait des vomissements; le ventre se tuméfiait et devenait très-sensible à la pression : la maladie se terminait en peu de jours par la mort. »
Ce dernier trait est sans doute celui qui contribue le plus fortement à caractériser la maladie; car, bien que l’ensemble des premiers phénomènes appartienne à la péritonite puerpérale , on pourrait à la rigueur les attribuer à quelques autres maladies dont nous parlerons plus bas; mais il faut avouer que ces mots : la maladie se terminait en peu de jours par la mort ; que cette circonstance ainsi répétée : aucune femme n’échappait quelque fût le traitement employé , etc..., expriment une rapidité et une fatalité de terminaison dont n’est susceptible aucune des affections des femmes encouche ; et si on ajoute à cela la nature épidémique de la maladie , caractère qui ne s’observe guère pour les maladies puerpérales qu’avec la péritonite et au milieu des conditions que nous trouvons ici ; nous voulons dire, la réunion dans un môme lieu d’un grand nombre de nouvelles accouchées; si on pèse toutes ces considérations , il sera permis de croire qu’en effet les femmes traitées par le docteur Brenan étaient bien affectées de péritonite puerpérale. Poursuivons néanmoins, et discutons la valeur des faits allégués.
La première de ces observations n’atteste pas un succès , et pourtant elle prouve quelque chose. Tout fait croire qu’il y a un épanchement dans le ventre, sensibilité exquise à la moindre pression. Après deux saignées, de quinze onces chaque , élat de dissolution telle, qu’aucune malade n'avait été guérie dans un cas semblable. On administre l’essence de Térébenthine. L’abdomen , de tendu et très-douloureux , devient flasque et indolore. La malade crache du pus , cl meurt ... Ce fait suggère bien des réflexiohs;
MEDICAMENTS EXCITANTS
niais comme elles sont communes à plusieurs autres observations , et que toutes peuvent être considérées d’un point de vue unique, continuons ù présenter les plus intéressantes, en réservant pour la fin notre opinion générale.
La seconde est en tout semblable à la précédente, seulement la mort n’est pas annoncée par un crachement de pus. L’essence est employée h l’intérieur et en frictions sur le ventre.
Dans la troisième : céphalalgie , sensibilité de l’abdomen, nausées, plaintes, gémissements. Une cueillerée à soupe d’essence de Térébenthine et un peu d’eau après. Quinze minutes à peine écoulées , la malade se porte bien • l’amélioration s’affermit.
L’auteur qui rapporte ces observations (Fernandès, Thèse inaug. , Paris 1830) dit que celle qu’on vient de lire n’a pas besoin de commentaire ! !!
La quatrième est insignifiante , et fait grand
tort aux autres, en prouvant la légèreté du diagnostic et des conclusions de Brenan.
Nous rapportons la cinquième en entier, parce qu’elle est plus importante : accouchement le 12. Le 15, fièvre très-violente, toux très-forte et qui porte à crier , h cause des douleurs du ventre qui est excessivement sensible à la pression. (Essence de Térébenthine appliquée sur l’abdomen; on en donne intérieurement une cuillerée à soupe dans de l’eau sucrée. ) Le 16, point de douleur , appétit; la malade prend des aliments. Elle esL aussi mal que jamais. ( Essence de Térébenthine intérieurement et extérieurement. ) Soulagement, nouvel écart de régime. Les symptômes prennent une très grande intensité jusqu’au 21 ; le cas est désespéré : on la considère comme moribonde. Vomissements de bile verte. ( Une once d’essence de Térébenthine, répétée une heure après ; on l’applique aussi sur le ventre.) Le 22 au matin, amélioration; on la trouve à dormir. (Huile de castoreum , teinture de séné et deux gros d’essence de Térébenthine. ) Plusieurs selles. Le 25 et le 24, la malade se porte mieux , prend des aliments et se lève. Le 27, elle s’en va chez elle.
Dans la sixième on se borne à dire , qu’après un travail difficile , suivi de l’accouchement de jumeaux, la femme se porte très-mal. Elle est guérie par l’usage interne et externe de l’essence.
Voici quelques garanties morales en faveur de l’authenticité des observations du docteur Brenan : 1° ce médecin avai^déjù observé plu-
sieurs cas de péritonite puerpérale , et avait été témoin de l’horrible épidémie qui attaquait alors les femmes en couche ; 2° d’autres médecins ont observé les mêmes malades, et n’ont point réfuté ces observations. Brenan s’exprime ainsi à ce sujet: «Je mentionnerai ici quelques cas que j’ai traités avec l’essence de térébenthine , qui peuvent être considérés comme étant de quelque valeur, parce que, leur authenticité ne saurait cire mise en doute à cause du lieu où ils ont élé observés. Il est bien évident que toute fausse assertion faite devant une aussi nombreuse et aussi respectable corporation que celle de l’établissement de l'hôpital des femmes en couche de Dublin, serait bienlôl réfutée ».5° Les contestations que Brenan a eues avec ses adversaires servent plutôt à prouver la véracité des observations que leur fausseté. Son mépris des égards réciproques que se doivent les gens de l’art l’a engagé dans des disputes personnelles avec ses collègues. La discussion qui a eu lieu entre lui et les hommes placés de la manière la plus avantageuse , pour découvrir ce qu’il y avait de faux dans ses observations , a fini par tourner à son avantage , puisqu’on n’a pu le prendre en défaut ( Fernandès , Thèse cit. ). Nous verrons dans un instant que rien n’est moins difficile.
Le docteur James Macabe , partisan des émissions sanguines, dans la maladie dont il s’agit , rapporte quatre faits pour démontrer l’efficacité de l'essence Térébenthine. De ces quatre faiis , un seul nous semble appartenir à la péritonite puerpérale. 11 est semblable aux deux premiers de ceux rapportés par Brenan ; c’est-à-dire , que sous l’influence de l’essence de Térébenthine , le ventre gonflé et très-douloureux , s’affaisse, devient indolent , et la malade meurt. Dans deux autres cas, les malades nous paraissent avoir été affectées de ces constipations qui , chez les femmes en couche, déterminent des tumeurs stercorales, et quelquefois des douleurs et un gonflement de l’abdomen simulant la péritonite. La Térébenthine a agi en purgeant vivement , et les malades ont élé guéries. Au sujel de ces quatre observations , Macabe écrit à Brenan une lettre où on ht ce qui suit: « Si ces cas sont pour vous de quelque intérêt, je croirais manquer de candeur et de sincérité en ne vous communiquant pas mon opinion sur la découverte d’un médicament qui semble, lorsqu’il est raisonnablement appliqué, être le meilleur de tous ceux qui ont été employés jusqu’à présent dans la fièvre puerpérale , et que par cotisé-
TEREBENTHINE.
[lient l’essence de Térébenthine est une addition rès-précieuse ü la matière médicale. »
Un onzième fait du docteur Àlkinson doit dre rangé dans celle dernière classe , bien qu’il emble fort bien caractérisé, et qu’il soit revenliqué comme un des plus éclatants en faveur de a médication préconisée. Les détails précieux et uffisanls qu’il renferme , nous autorisent ù affirner que ce succès est entièrement dû aux déjecions alvines procurées par l'essence de Térébenhine, les purgatifs et les lavements laxatifs ;u’on y associait , seu'e médication qui triomlie aisément des constipations rebelles si féoudes en accidents graves , et pouvant simuler \ péritonite chez les femmes puerpérales.
Une douzième observation du docteur Henry ’ayne , exposée , avec tous les détails désirables st un exemple type de l’espèce de maladie que ious venons de rappeler. La guérison eslentièreaenl due à l’action purgative de l’essence de Téébenthme et des mixtures salines dont on aidait on effet.
La treizième observation de Richard Edgel est ncapable de prouver quelque chose.
La quatorzième, de Georges Parkmann , renre dans les cas précédents. Douleur abdominale t tympanile symptomatiques d’une tumeur sterorale j sels neutres, essence de Térébenthine lécidant des évacuations rapides el abondantes, uérison subite.
Quatre observations, dues au docteur Isaac ohnson , pour ne pas mériter d’être placées pour a nature des cas, à côté de celles que nous veons de passer en revue, n’en sont pas pour cela ■lus susceptibles défigurer parmi des péritonites uerpérales véritables ; il n’y est question , omme signe peu important , que de l’extrême ensibililé du ventre et de son gonflement ; les lalades ont été rétablies , soit par l’essence de térébenthine purgative , soit , il est vrai , sans elle circonstance ; mais alors la maladie n’est •ien moins que caractérisée. Dans d’autres cas, e traitement se compose de l'essence de Térélenthiue , puis du calomel , des frictions mercu- •itlles , de juleps camphrés , de vésicatoires sur abdomen , de lavements laudanisés , etc..., de orte qu’une conclusion quelconque est interdite un esprit tant soit peu rigoureux , et par la najre équivoque de la maladie, et par la variété es moyens énergiques et réputés concurremment iis en usage. Enfin , nous ne citerons plus qu’une hservation du docteur Wader. Nous sommes )ri disposés à admettre que, dans ce cas, il
s’agissait bien d’une péritonite et peut-être d’une phlébite utérine. La guérison parait due à la Térébenthine , qui a donné lieu à des effets d’autant meilleurs qu’elle a mieux purgé et qu’elle a été associée ü des purgatifs communs.
Maintenant , il est de notre devoir de communiquer quelques documents qu’on a considérés comme capables d’imprimer aux faits précédents un peu de l’autorité et du crédit dont ils ont tant besoin.
John Douglas , qui exerce la médecine h Dublin dans un des plus grands hôpitaux de l’Europe , s’exprime ainsi dans une lettre écrite à Brenan : «J’ai présents il ma mémoire différents cas dans lesquels j’ai administré l’essence de Térébenthine avec les résultats les plus satisfaisants. Je puis même positivement assurer que je ne l’ai jamais ordonnée à aucune malade qui n’ait recouvré la santé par suite de son administration. Si quelqu’un supposait que mes sens ont pu me tromper , je le renverrais au témoignage de personnes, dont quelques-unes seraient en état de certifier, comme moi, à quel médicament elles doivent leur guérison. » Ces vagues attestations sont sans poids dans la question toute spéciale qui nous occupe ; car , qui nous dit que les faits d’où elles sortent ne sont pas frappés de nullité comme la plupart de ceux que nous avons mis sous les yeux des lecteurs ?
Le même praticien faisant sept ans après un rapport sur la fièvre puerpérale , parle ainsi : « J’ai vu souvent l'application externe de l’essence de Térébenthine sans son usage interne, ou sans le secours des saignées , être entièrement ellicace dans le traitement de la péritonite puerpérale. » Plus loin , il ajoute ; « Je penserais être injuste envers la société , si je n’affirmais positivement , que je considère l’essence de Térébenthine, quand elle est judicieusement administrée, comme le remède le plus gënéralevient convenable et le plus efficace de tous ceux qui ont été proposés jusqu’à présent. Je puis assurer que j’ai vu des femmes recouvrer évidemment leur santé par sou influence dans des cas presque désespérés , et après avoir perdu certainement luut espoir de les guérir par le traitement ordinaire. » Douglas dit encore qu’elle lient être employée dans toutes les variétés de celte maladie , el qu il a observé quelquefois que quinze à vingt minutes aprè; son administration externe , elle a produit le plus grand soulagement sans donner lieu A des évacuations alvines.
MEDICAMENTS EXCITANTS
Le docfctir Kinneir s’exprime ainsi : «D’après mon opinion el celle de quelques-uns de mes amis, l’essence Térébenthine est le plus précieux médicament dont on ait usé jusqu’ici dans la péritonite puerpérale. » Un antre praticien anglais , après l’avoir employée, vu les insuccès de toutes les autres médications el la fatalité de toutes les terminaisons, déclare que la découverte de Brenan est une des plus importantes de la médecine moderne. En mars 18215 , à lYsl de Londres , non loin de la rivière dite Farre , régna une épidémie très-meurtrière de péritonite puerpérale. Un praticien perdit sept malades; un autre quatre , et un troisième onze sur treize. Il n’y eut que deux femmes sauvées par l’essence de Térébenthine et sans l’emploi des saignées ( The Lond. med. and. surg.jonrn., vol. 5, pag. 29). Nous nous abstenons de l’allégation d’une foule d’autres témoignages avantageux à l’usage du remède que nous étudions. Deux médecins seulement, Joseph Clarke et Hamillon , ont déposé contre les éloges exagérés qui lui oui été accordés.
Les fails énoncés plus haut forment , pour nous , trois catégories bien distinctes. La première renferme les cas , sinon incontestables et acquis à la thérapeutique , au moins douteux et assez frappants pour qu’il ne soit pas déplacé de s’y arrêter. La seconde se compose des observations qu’on peut et qu’il faut admettre , sauf à les interpréter autrement que ne l’ont fait ceux qui les ont publiées. Dans la troisième, on est forcé de reléguer ceux qui ne prouvent rien pour vouloir trop prouver , et ceux dont il est impossible de tirer la moindre conclusion à cause du défaut absolu de caractères et de détails.
Les premiers sont au nombre de quatre. Trois d’entre eux sont bien remarquables , et parmi ceux-ci, deux surtout cités par Brenan , et observés pendant l’épidémie si meurtrière de 1812. Raisonnons dans l’hypothèse que le docteur anglais avait réellement à faire à des péritonites puerpérales avec suffusion purulente dans la cavité du ventre. L’issue toujours funeste de la maladie et sou caractère épidémique nous donnent le droit de le supposer. Que voyons-nous ? De malheureuses femmes arrivées au dernier degré de l’infection purulente , dont le ventre plein de pus devient tout à coup indolent , flasque , el qui succombent peu de temps après qu’on leur a administré l’essence de Térébenthine... On a vu que Macabe rapporte un fait semblable. Dans le premier , cité par Brenan , la malade crache du
pus, et meurt en même temps que souvenue s’affaisse.... Ou bien, c’est 15 le mode tic terminaison naturelle de la péritonite puerpérale , ou bien la Térébenthine a eu part dans cette issue promptement fatale. La première opinion est bien vraisemblable , car c’est assez souvent de celle manière que finissent les victimes de la péritonite puerpérale épidémique. Aux approches delà mort, les vaisseaux absorbants entrent dans une activité funeste , et par cette voie, les Ilots de pus accumulés dans le péritoine passent rapidement dans le système circulatoire, comme cela a lieu dans les mêmes circonstances pour la sérosité épanchée dans les cavités sans ouverture. Les malades mourraient empoisonnés et typhiques , si cette résorption en masse n’était déjà pas le signal d’une mort prochaine. Faut-il au contraire attribuer ces effets à l’action de l’essence de Térébenthine ? Faut-il, guidé par l’analogie , penser que dans ces maladies où la diathèse pyogénique est si prononcée qu’à peine la fluxion inflammatoire s’est-elle portée sur un tissu, celui-ci exhale une quantité disproportionnée de pus , et que les membranes séreuses eu particulier , deviennent le siège d’une sorte de catarrhe purulent; fautil penser que, dans ces cas , l’essence de Térébenthine jouitd’une action semblable à celle que nous lui avons vu manifester dans les llux pathologiques des membranes muqueuses, et qu’elle supprime les premiers comme ceux-ci ; qu’elle corrige celte disposition à exhaler du pus sous l’influence du moindre stimulus phlegmasique, disposition qui forme un des caractères les plus remarquables des fièvres puerpérales ?... Les faits que nous discutons n’encouragent guère à se fier à celle explication analogique ; car , après tout , les malades sont morts ; el puis avec ce raisonnement , pourquoi la résorption rapide des produits morbides ? Nous n’avons jamais rien rencontré de pareil dans nos observations sur les flux calarrheux proprement dits. La membrane muqueuse cesse d’exhaler anormalement , elle se sèche , mais ne résorbe passes produit.... Peuton concevoir que des faits aussi contraires à une opinion aient été publiés pour la soutenir? Quel 'cas ferons nous de la cinquième observation , la quatrième de celte catégorie? Aucun, parce qu’indépendammenl de ce que sa nature de péritonite puerpérale n’est rien moins qu’établie, elle reste seule, et qu’ainsi, équivoque et isolée , elle ne mérite la confiance de personne. Nous savons trop la difficulté et même l’impossibilité où sont les médecins anglais de faire des autopsies , pour
TÉRÉBENTHINE
u* reprocher une négligence qui, réparée , eût » é ions nos doutes sur l'exactitude de leurdiag- )stic. Ainsi donc, voilà les seules observations i peu sérieuses réduites ù ne rien prouver en vêtir du traitement si pompeusement loué. Quant aux faits de la seconde catégorie , nous ; prenons pour ce qu’ils sont , c’est-à-dire , mine nous l'avons indiqué à propos de chacun ux , pour des cas semblables à ceux que nous ons s; souvent traités à l’Hôtel-Dieu par des rgatifs énergiques plusieurs fois répétés. Ce nt des constipations , des engouements stercoux du cæcum ou de la portion sigmoïde du co- 1 qui s’accompagnent de douleurs vives , de utilement du ventre, de rénitence dans une des ifions inguinales , et peuvent, si on n’en débarsse promptement les nouvelles accouchées , tener des entérites phlegmoneuses , des abcès 11s le tissu cellulaire, qui unit aux deux fosses iques les deux portions d'intestin que nous ons nommées , et même causer des péritonites rtielles , rarement générales. Aussi, voit-on e dans tous les cas de prétendue péritonite erpérale que nous avons assimilée à cette malie, les femmes sont soulagées en raison directe la rapidité et de l’abondance des évacuations -ines provoquées par de fortes doses d’essence Térébenthine et de divers purgatifs qu’on lui iociait. L’auteur delà quatorzième observation, orges Parkman , nous dit en effet : a Je ne sais s pourquoi , dans des cas semblables , un purtif prompt est de beaucoup préférable à un Ire.... » La réponse est aisée à faire. Il est ssi curieux de remarquer que toutes les femmes i font le sujet de ces observations étaient habillement constipées, ce qui, d’après nos propres cherches, est une des conditions prédisposantes ; plus favorables au développement de l’étal orbide en question. Chez presque toutes encore, i note des récidives, et on ne vient à bout d’une ire définitive qu’en insistant à plusieurs reprises ir la médication purgative parla Térébenthine dose capable de produire celte action ou par autres cathartiques. Rien de plus conforme à : que nous voyons tous les jours. Reste à inler- •éler le dernier cas , celui qui de tous nous a mblé le plus authentique quant à la nature de maladie. Nous accordons l’exactitude du diagastic ; c’est une vraie péritonite puerpérale ; lit. Mais faisons attention que l’essence de T’éréentliine a agi en purgeant , et pour qui est-ce ne chose nouvelle que l’utilité de la médication urgalive dans ccs cas , surtout lorsque, comme
dans celui-ci , la maladie n’est pas épidémique? Or, s’il en est ainsi de ce cas, on ne peut plus le citer à l’appui d’une action spécifique de l’essence de Térébenthine. (Voir sur ce point de thérapeutique un article clinique de l’un de nous, Journ. des Conn. méd. chirwrg -, juillet 1 8313 , pag. 22 et suiv.)
Nous avons suffisamment apprécié les fais de la troisième catégorie , en disant plus haut qu’ils sont vides des plus simples détails capables de les caractériser, et que, de plus, le nombre des moyens énergiques, concurremment employés avec l’essence de Térébenthine , ne permet pas de démêler la part que les uns et les autres ont pu prendre à la guérison.
La vertu si exaltée par Douglas de l’application sur le ventre de l’essence de Térébenthine prouvet-elle une action spécifique de cette substance dans la grave maladie qui nous occupe ? Nullement , car l’emploi avantageux qui a été souvent fait dans ce cas d’un large vésicatoire sur l’abdomen , alors que , la période inflammatoire terminée, on veut agir contre l’épanchement comme dans la pleurésie , fait assez voir qu’un épispaslique aussi énergique que l’huile essentielle de Térébenthine promet les mêmes résultats qu’un vésicatoire ordinaire.
La longue discussion à laquelle nous venons de nous livrer, et les conclusions négatives qu’elles nous forcent d’adopter, donnent la mesure de crédit à accorder aux déclarations , aux témoignages spécieux , à la relation des succès inouïs publiés par les médecins anglais , et que nous avons dû, pour être justes , consigner dans cet article. Nous nous sommes ainsi étendus , parce que nous croyons qu’il n’est pas moins important de relever les erreurs que de signaler les vérités et les pratiques utiles. Quel tort n’est-ce pas faire à la thérapeutique que de se contenter comme cela se pratique dans certains ouvrages , de placer aveuglément à la file les uns des autres tous ccs témoignages, sans plus les peser et les épurer que s'il s’agissait d’un vain détail de botanique ? De pareils livres devraient avoir la discrétion de ne prendre que le titre de Matière médicale , sans prétendre à celui de Thérapeutique.
11 va sans dire que l’essence de Térébenthine a été employée contre le tétanos , l’épilepsie et les lièvres intermittentes. C’est encore aux Anglais que nous devons celle découverte , qui ne mérite guère plus que la précédente d’attirer la confiance des praticiens.
Pour les malades pauvres, et que jetterait dans
NÉ DI C AM ENTS EXCITANTS
des dépenses excessives l’usage des balsamiquesgénéralemment préférés dans le traitement des catarrhes pulmonaires chroniques , il nous est souvent arrivé de faire préparer une masse pilulaire obtenue avec l’huile essentielle de Térébenthine solidifiée par la magnésie et d’en administrer J 5 à 20 grains par jour avec succès.
Nous aurions bien encore quelques réflexions à soumettre aux praticiens sur l’usage intérieur de la Térébenthine et de son essence; mais comme elles sont applicables aussi aux substances résineuses et balsamiques qui nous restent à étudier, nous ne nous y livrerons qu’après avoir épuisé l’examen de ce groupe d’agenls thérapeutiques.
L’emploi externe et chirurgical de l'huile volatile de Térébenthine et de la résine elle-même , nous occupera en même temps que celui de quelques autres substances qui en sont tirées, ou bien qui sont des produits des conifères , analogues sous le rapport médical et qui ne reçoivent pas d’autre mode d’administration que celui-là. Nous devons avant de commencer ce (pii regarde ces divers agents, parler en peu de mots du goudron, non qu’il ne soit pas uri des produits en question, mais parce que le plus souvent il est prescrit à l’intérieur et se lie ainsi au sujet que nous venons de quitter, de même que par le caractère de ses propriétés médicales.