GOUDRON
Le Gotnnox , Pis liquida , est un produit résineux qui s'écoule du bois des pins en ignition. C’est une substance assez connue pour que nous nous dispensions de la décrire. Il contient de plus que la térébenthine du carbone et de l’huile empyreumatique , de moins qu’elle , de l’huile essentielle.
A l’intérieur, c’est Veau de Goudron qui est principalement usitée. Cette préparation se fail en mettant le Goudron infuser pendant quelques jours dans huit fois son poids d’eau froide , puis la filtrant et la serrant dans des vases clos. Elle a une couleur fauve , une saveur acide , un goût empyreumalique désagréable, et offre parfois une couche huileuse à sa surface. On estime qu’elle contient un grain de Goudron par once d’eau ( Méral et De Lens).
Les circonstances où on l’emploie ne diffèrent guère de celles qui réclament l’usage de la Térébenthine. L’eau de Goudron agit moins puissamment, moins rapidement que celle-ci et sans donner lieu à des effets physiologiques apprécia-
bles. Elle lui sert d’adjuvant très -efficace, comme nous 1 avons déjà indiqué pour le catarrhe chronique de la vessie. Mieux que la Térébenthine ou son essence , elle peut être administrée dans les catarrhes pulmonaire , surtout lorsque ces affections ne sont pas encore exemptes de l’élément inflammatoire capable de contr’indiquer la Térébenthine pure, et parce qu’avec l’eau de Goudron , on ne risque pas l’action physiologique irritative des membranes muqueuses , action qui n’est utile que dans ces bronchorrhée» atoniques et colliquatives dont il a été question plus haut. C’est certainement une des boissons les plus recommandables dans tous les flux muqueux et mucoso-purulenls , principalement dans ceux de la membrane trachéo-bronchique , on peut même dire, dans toutes les phlegmasies chroniques des membranes muqueuses, ulcéralives ou non ; mais ceci regarde plus particulièrement les applications topiques qu'on peut en faire ^ nous en parlerons bientôt. Hors de la classe d’affections (pie nous venons d’indiquer, on ne trouve guère d’autres indications pour l’usage de l'eau de Goudron- Dans des ouvrages récents, elle est conseillée dans les dyspepsies , la cachexie scorbutique. Ce qu’il y a de bien certain , c’est qu’elle augmente l’appétit et pousse aux urines. Il n’est pas impossible d’utiliser ces propriétés. Un évêque irlandais, Georges berkeley, a écrit dans le siècle dernier un livre où sont gratuitement attribuées à l’eau de Goudron les vertus les plus nombreuses et souvent les plus opposées.
11 suffit de citer entre autre extravagances la faculté revendiquée par le crédule évêque , pour l’eau de Goudron , de prévenir le développement de la variole et de toutes les fièvres infectieuses. Il nous semble puéril de discuter devant nos lecteurs les assertions sans fondement prodiguées dans ce livre extraordinaire , car nous pensons avec Murray que le célèbre évêque a singulièrement contribué à discréditer l'eau de Goudron et à faire oublier ce que peut produire d’utile ce remède, par la responsabilité énorme dont il l’a chargé : Dolendum ob prœconia nimia in morbis naturâ suâ valdc diversis , ut solet fieri, in desuetudinem abiisse utilissimain medicinam.
Les fumigations, les liniments , les pommades et les injections sont aussi des modes d’administrer le Goudron qui rencontrent assez souvent leur opportunité. C’est dans les maladies chroniques du larynx, des bronches et du poumon lui-même que les fumigations sont louées ,