GOUDRON
, à juste litre , pour quelques-unes de ces madies. La thérapeutique des laryngistes chroniles et des lésions organiques variées qui les •oduisent ou sont produites par elles, compte ses ssources les plus énergiques parmi les agents qui iuverit être directement portés sur les parties modes- Or, le mode le plus avantageux qu’on puisse loisir pour atteindre ce but , est évidemment aspiration de vapeurs médicamenteuses. L’exrienee des autres et la nôtre en particulier s’est ononcée en faveur des vapeurs aromatiques et ilsamiques ; les infusions des plantes labiées »ur les premières , la combustion des subslans résineuses et balsamiques pour les secondes, omissent les meilleurs matériaux pour le dégainent de ces gaz médicamenteux. Devant rever à ce mode d’emploi des substances balsamiies à propos du tolu , du benjoin , nous ferons ars la part des fumigations de Goudron.
Les liniments et les pommades au Goudron éritenl une mention dans le traitement de queles affections cutanées. Le prurigo est une de lies où ces préparations sont le plus usitées le plus utiles, sous la forme suivante : Gouon , une partie ; laudanum de Syd. un huiune ; axonge , quatre parties. La gale, la gne granulée , l’hcrpes , l’eczéma , ces deux rnières maladies surtout pour lesquelles le aticien doit avoir à sa disposition une si grande riété de moyens sont susceptibles d'être heujsemenl modifiés par le Goudron, sous la •me «pie nous venons d’indiquer ou sous toute Ire. On le trouve conseillé par les anciens auirs contre les affections lépreuses (pii sont le ariasis des médecins anglais et de M. Itielt. lien parle d’un mode d’administration bien :arre du Goudron. « L’on fait rôtir , dit-il , un [Ot de mouton (pie l’on arrose avec du Goudron lieu de beurre et l’on introduit fréquemment iis la substance du mouton , une petite broche , ur en faire sortir le jus ; l’on se sert du mélange Goudron et de jus qui se trouve dans la léchete pour en oindre le corps deux ou trois fois suite le soir , et, pendant tout ce temps , le ilade garde la même chemise. L’on prétend (pie remède est utile dans plusieurs espèces de lèl* ; je l’ai \ ii employer avec beaucoup de succès ns l’espèce appelée ichtyosis ; mais pour des sous aisées à saisir, je n’ai pas eu occasion de térer ce moyen. »
Sans avoir recours au gigot de mouton et à la hefrite , car c’est la singularité de ce moyen li a sans doute détourné Culleu de l’emploi suivi
du Goudron dans les maladies cutanées , on peut bien tout simplement unir cette substance à l’axonge comme nous l’avons indiqué plus haut.
Les injections d’eau de Goudron se font surtout dans la vessie affectée de catarrhe chronique , et c’est un moyen que nous conseillons dans les cas où échoue la Térébenthine prise à l’intérieur. Nous nous en sommes souvent servis avec un avantage certain. Failesdans les conduits fisluleux qui donnenlpassage à une suppuration abondante et fétide et sont entretenus par des caries et des nécroses ; dans les clapiers purulents résultant d’abcès profonds qui ont consumé le tissu cellulaire interstitiel des muscles ; entre la peau décollée et les tissus sous-jacents dans certains ulcères scrophuleux , etc.... ces injections sont on ne peut plus favorables , ainsi que dans le conduit auditif externe , siège de ces otorrhées interminables que laissent après elles , chez les enfants surtout , les fièvres éruptives et principalement la scarlatine. Ce court exposé des cas où peut convenir l’emploi interne et externe de l’eau de Goudron et du Goudron en substance , joint aux développements que nous avons déjà donnés et que nous donnerons encore sur les résines et les baumes, principe médicamenteux dont il partage tes propriétés , suffira pour que les praticiens en étendent l’application aux circonstances qu’un bon esprit d’analogie leur indiquera comme susceptibles d’être rapprochées de celles sur lesquelles nous avons spécialement appelé leur attention à propos de la Térébenthine.
La famille des conifères nous otfre encore à étudier deux produits de propriétés bien analogues à l’eau de Goudron ; ce sont 1° les bourgeons de sapin , cibielis turiones ; 2u le genièvre , juniperus covimunïs. L’infusion des premiers s’emploie absolument dans les mêmes circonstances que. l'eau de Goudron ; cl il est certain qu’elle jouit d’une action scorbutique justement célèbre. Ses propriétés diurétiques ne sont pas moins fondées. La bière sapinetleou anti-scorbutique dans la composition de laquelle entrent ces bourgeons fait .suffisamment foi de celle qualité précieuse. L’infusion des baies de genièvre et leur extrait sont plus spécialement appropriés à faciliter la sécrétion de l’urine dans les liydropisies et à fortifier l’estomac. Nous aurons occasion de rappeler celle double action dans les sections du chapitre de la médication excitante où sera exposé ce qui , dans celle médication , est lelatifau scorbut ot à 1 indication d'activer les fondions uropoïéliquos. Les fumigations faites avec les
MÉDICAMENTS EXCITANTS
iilü
liâtes de genièvre jetées sur des charbons ardents les frictions pratiqués avec des liqueurs donL ces baies balsamiques et lérébenlhinées forment la base , sont éminemment utiles dans les douleurs de rhumatisme musculaire , le lumbago , la courbature et dans les anasarques ou les œdèmes partiels.
Les formes sous lesquelles s’emploient les résines à l’extérieur sont : la Térébenthine de Venise pure et son essence , telles que nous les avons décrites ; la résine ou poix-résine et la poix, surtout celle dite de Bourgogne. Appliquée sur la peau , la Térébenthine agit à la manière des épispastiques , c’est-à-dire , qu’elle y détermine de la rougeur, de la douleur , puis le soulèvement de l’épiderme par une abondante exhalation de sérosité. L’huile essentielle agit bien aussi de cette manière , mais , chose remarquable , moins énergiquement. Ces deux substances s’emploient pourtant rarement seules dans un but épispaslique. La térébenthine est le plus souvent utilisée sous forme d’onguents et de divers mélanges, de digestifs animés pour aviver les plaies atoniques , diminuer les suppuration-! trop abondantes , favoriser les cicatrisations difficiles à s’achever , panser les solutions de continuité, les surfaces amputées et affectées de pourriture d’hôpital. Percy recommande même de plonger ces parties dans l’huile essentielle bouillante. On sait qu’Ambroise Paré s’opposa très-bien à l’aide de topiques de Térébenthine aux accidents locaux d’une saignée qui menaçaient dangereusement le roi Chai les IX. C’est celte propriété cicatrisante bien constatée de la Térébenthine qui a conduit les anciens praticiens à la prescrire dans tous les cas d’ulcères internes ; nous avons vu que l’analogie les avait heureusement servis pour les maladies de ce genre qui affectent la vessie ; mais ils l’avaient étendue jusqu’au traitement des ulcérations ou plutôt des cavernes que produit dans le parenchyme pulmonaire la fonte des tubercules dans la phthisie. Nous nous occuperons de ce point de thérapeutique lorsque nous ferons 1 histoire des baumes proprement dits.
Nous avons déjà vu les frictions pratiquées avec l’essence de Térébenthine être utiles locodolenti dans toutes les névralgies , spécialement la sciatique et le tic douloureux de la face ; elle mérite aussi d'être employée de celte manière dans les rhumatismes musculaires, quelquefois sur les tumeurs blanches, sur les abcès froids, autour des articulations restées gonflées et immobiles à la suite de rhumatismes articulaires aigus , etc. II
serait pcul-èlre permis de trouver une analogie entre la vertu anti-névralgique de la Térébenthine et la grande confiance que lui accordaient les anciens chirurgiens dans les plaies des nerfs. Ils manquaient rarement dans ces plaies si douloureuses et si fécondes en graves accidents des centres nerveux , le tétanos , par exemple , de se servir d’onguents préparésavec la Térébenthine qu’ils regardaient comme très-propre à apaiser les atroces douleurs des plaies par arrachement et par déchirement dans lesquelles les nerfs sont intéressés avec si grand péril. On l’utilise encore pour produire une vésication extemporanée en en imbibant un plumasseau d’étoupes , une rondelle de linge ou même de papier auxquels on met le feu et qu’on laisse brûler jusqu’à extinction , sur la partie qu’on veut dépouiller de son épiderme. II est mieux dans ce cas de former le liquide inflammable avec parties égales d’alcool et d’essence de Térébenthine. M. Petit, de l’Hôlel-Dieu , appliquait tout le long du rachis de ses cholériques des bandelettes de flanelle trempées dans un mélange de quatre onces d'huile essentielle de Térébenthine et d’un gros d’ammoniaque , puis il en parcourait toute l’étendue avec un fer chaud promené légèrement. La vive stimulation qui se communiquait, probablement à la moelle épinière n’était pas sans influence sur le développement de la réaction fébrile caractérisée par une plus grande production de calorique organique et les contractions du cœur plus fréquentes et plus énergiques. Or on sait quel lien étroit unit ces phénomènes à l'innervation rachi-r dienne.
La résine , substance qui coule des pins , se dessèche aussitôt el qu’on pourrait appeler Térébenthine solide, ne s’emploie pas à cet état. Elle serf à la confection de nombre d’emplâtres, comme celui de diachylon, d’André de la Croix , la sparadrap , etc.
La poix de Bourgogne ( qui n’est autre chose que la résine molle ou galipot , fondue dans l’eau et filtré pour la délivrer de ses impuretés) est d’un usage très-fréquent et vulgaire. C’est un épispaslique qui agit avec beaucoup de lenteur et finit, après avoir déterminé de vives démangeaisons et de la rougeur pendant plusieurs jours, par produire non pas chez tous les individus , mais sur ceux à peau délicate el irritable, une éruption vésiculeuse el plus raremeul de véritables phlyclènes. C’est la lenteur de celle action qui fait le caractère de son utilité. Son emploi devenu populaire dans toutes les douleurs rhu-