MARRONNIER D INDE
corumque usu ad morbos. Duisbonrg, 1752. Thèse de Maistcr)^ et un peu plus lard par Turra de Venise {Osscrvaz. di bolanic. Venise, 1765), par Eberhard, de Hall {De nucis vomicœ et corticis Hippocastani virtute medica, 1770), et par Bnchloz, qui traduisit en allemand le dernier mémoire de Turra (1783), et contesta, comme les auteurs que nous venons de citer, les vertus antipyrétiques de l'écorce du Marronnier d'Inde.
Malgré ces témoignages, l'écorce du Marronnier était de nouveau tombée dans un grand discrédit, quand la guerre continentale de Napoléon rendit plus actives les recherches sur les succédanés de quinquina. Le gouvernement français donna lui-même l'impulsion en 1807, et sollicita les travaux des médecins. Ranque, d'Orléans, publia en 1808, dans le Bulletin de la Société médicale d'émulation, le résultat de ses recherches. Il assura avoir guéri quarante-trois malades atteints de fièvre intermittente, en leur faisant prendre 12 à 15 grammes par jour d'écorce de Marronnier. Lacroix, médecin à la Ferté-Bernard [Annal, de méd. prot. de Monfp., 1804), se vanta d'avoir obtenu des succès encore plus éclatants. Mais Gasc, Bourges, Bourdier, Zulati {voy. Mérat et de Lens, 1. 1, p. 88, Dict. de mat. méd.) ne conflrinèrent pas, par leur propre expérience, les résultats heureux obtenus par Ranque, Lacroix et ceux qui les avaient précédés. En 1816, M. Bretonneau, qui expérimentait en grand, à l'hôpital de Tours, les prétendus succédanés du quinquina, n'eut pas plus à se louer de l'écorce de l' Jîsculus que de toutes les autres substances qu'il essaya.
Le marron d'Inde, fruit de V/Esculus hippocastanum, peut servir à la nourriture de quelques animaux. Il répugne pourtant en général à nos animaux domestiques, à cause de son amertume. Il contient beaucoup de fécule qui, extraite par les procédés indiqués par M. Salesse, est de beaucoup supérieure au tapioca et à l'arrow-root.
M. Flandin est parvenu, il y a quelques années, à enlever complètement l'amertume du mnrron d'Inde : il suffit pour cela de le faire bouillir quelques instants avec une solution très-étendue de carbonate de soude.
On a aussi fait des pois à cautère avec le Marron d'Inde ; mais ils sont peu employés.
L'écorce du Marronnier se donne aux mêmes doses et de la même m> nière que l'écorce de quinquina
On a extrait du Marronnier d'Inde une matière alcaline à laquelle on a donné le nom d'Esculine et qui a été proposée comme fébrifuge. • Quant à l'huile de marron d'Inde, à laquelle l'ignorance et le charlatanisme attribuent la propriété de guérir la goutte et le rhumatisme, nous nous contenterons de dire que rien n'égale l'audace des charlatans qui la prônent, si ce n'est la naïveté des personnes qui en font usnge : c'est d'ailleurs une substance tout h fait inerte lorsqu'on l'emploie en frictions.