‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 139 sur 335 · ABSINTHE · texte numérisé non relu

ABSINTHE

et faites le sirop par simple solution au bain-marie fermée.

Vin d'absinihe {Vinum de Absinihio).

Feuilles sèches d'Ab-

sintiio 30 grammes.

Alcool à 60 degrés. . . 60 —

Vin blanc 1,000 —

Incisez l'Absinthe, faites la macérer pendant vingt-quatre heures avec l'alcool ; ajoutez le vin, et laissez en contact pendant dix jours, en agitant de temps en temps, passez, exprimez et filtrez.

Teinture alcoolique d' Absinthe.

Sommités sèches d'Absinthe

pulvérisées , . . . . i partie.

Opérez par déplacement pendant quelques jours, passez avec expression et filtrez.

Huile d'Absinthe.

Sommités sèches d'Absinthe. 1 partie.

Huile d'olive 8 —

Faites digérer an bain-marie, passez avec expression et filtrez.

L'Absinthe possède à un plus haut degré toutes les propriétés de la camomille, et de cette exngération résultent, pour la première, des indications auxquelles la seconde ne pouvait pas répondre, en même temps que des contre-indications dans les cas on suffit l'action moins stimulante et plus spéciale de la camomille. Indépendamment des vertus stomachiques que l'Absinthe partage avec elle et sur lesquelles nous nous taisons ici pour parler en son lieu, cette plante doit surtout sa réputation à l'action eniménagogue et anthelmintique dont elle jouit. Comme ces deux actions thérapeutiques auront leur place, la première dans une des sections de la Médication excitante, l'autre dans un chapitre toutcà fait à part, nous ne faisons ici qu'indiquer l'Absinthe comme pouvant les déterminer, nous réservant d'apprécier avec soin aux chapitres généraux les indications de cette stimulation spéciale par laquelle on cherche à provoquer le flux menstruel, ainsi que les moyens de satisfaire à l'indication anthelmintique : alors nous rappellerons l'Absinthe et fixerons les conditions de son emploi dans ces deux circonstances. Nous ne devons maintenant signaler qu'une action spéciale attribuée à l'Absinthe, parce qu'elle ne peut trouver aucun chapitre général susceptible de la renfermer : il s'agit de son action fébrifuge.

Fièvres paludéennes. Les propriétés fébrifuges de l'Absinthe sont plus énergiques que celles de la camomille et peuvent se manifester dans des conditions que n'atteint pas celle-ci. Nous avons dit, en effet, que la première de ces synanlhérées ne possédait guère de puissance fébrifuge que contre les fièvres intermittentes nerveuses, peu légitimes et surtout nées indépendamment de causes miasmatiques. Il n'en est pas tout à fait ainsi de l'Absinthe, qui peut réussir surtout à titre de remède préventif, contre les espèces où le quinquina jouit de toutes ses prérogatives. A cet égard» l'Absinthe partage l'action thérapeutique de tous les amers, surtout quand il s'y joint, comme chez elle, une qualité astringente, qualité déjà reconnue par Galien ; et il faut convenir qu'elle est un des meilleurs fébrifuges indigènes. Sa puissance s'étend quelquefois jusqu'aux fièvres

iiutomnales opiniâtres cl déjà accompagnées d'engorgements spléniqucs et hématiques, d'œdème et d'ascite. Ses propriétés toniques fort actives (car l'Absinthe aurait pu très-légitimem ent être placée dans la classe des médicaments toniques) la recommandent aussi dans les cachexies et les lésions organiques diverses qui suivent les fièvres intermittentes prolongées ; et c'est aussi à ce titre qu'elle est utile dans le traitement de la chlorose, de l'aménorrhée^ etc.. On trouve dans les diverses sections de la médication tonique beaucoup de généralités qui se rapportent h ce sujet.

Les praticiens feront bien de se souvenir de l'Absinthe dans le cas où l'administration du quinquina leur serait interdite de quelque manière que ce fût. Elle a rendu fréquemment de bons services à Pinel et à Alibert ; nous n'analyserons pas toutes les autorités et tous les faits qui étaj^Iissent cette vertu : il nous arrivera assez souvent de le faire pour d'autres fébrifuges succédanés. L'Absinthe est un agent trop négligé : nous renvoyons, pour en étudier les indications, aux divers développements thérapeutiques que doivent suggérer les médicaments de la classe que nous passons maintenant en revue, ainsi qu'à ceux qui se rattachent aux médicaments toniques. On trouve quelquefois à utiliser les propriétés diurétiques de l'Absinthe.

Ce n'est peut-être pas si à tort qu'on l'a dit, que des propriétés vireuses et un peu narcoliques ont été attribuées à la plante qui nous occupe. Il est certain au moins que la liqueur connue sous le nom d'eau ou de crème d' Absinthe enivre très-facilement, produit des vertiges et un état nauséeux qui n'appartient pas alors à l'alcool, mais à l'Absinthe; cet état retrace à un faible degré et incomplètement une légère intoxication par quelque substance narcotico-âcre.

L'action de ce principe toxique a été montrée sur les animaux par Marcé. Cet observateur consciencieux avait administré à des chiens et des lapins de 2 à 3 grammes d'essence d'Absinthe, il a constaté comme effets des tremblements, de l'hébétude, delà stupeur, de l'insensibilité, et tous les signes d'une terreur profonde ; avec des doses plus élevées les animaux ont présenté des convulsions épileptiformes avec évacuations involontaires, de l'écume àla bouche et une respiration stertoreuse. (Académie des sciences, avril 1864.)

CuUen veut qu'on préfère les feuilles de l'Absinthe à ses sommités tleuries à cause de l'amertume plus prononcée des premières. On en retire une huile essentielle qui entre, à la dose de plusieurs gouttes, dans certaines potions excitantes. L'infusion, préparation des plus usitées, se fait avec 16 à 32 grammes de la plante pour une pinte d'eau. eLa poudre se prend depuis 8 à 16 grammes. Le vin d'Absinthe est une des préparations les plus employées, surtout lorsqu'on veut obtenir un effet diurétique ou emménagogue, et c'est de vin blanc qu'on se sert alors. Il y a aussi une conserve et un extrait, une eau distillée, etc., qui s'administre depuis 4 jusqu'à 12 à 16 grammes.

GUACO. EUPATOIRES.

Il nous paraît superflu de consacrer un arlicle particulier à l'Armoise {Artemisia vulgaris), plante de la môme famille et du même genre que la précédente. Elle a joui d'une immense réputation emménagogue, et de nos jours encore elle est très-fréquemment employée dans ce but. Toutes les indications particulières que l'Armoise est appelée à remplir seront étudiées lorsque, dans les médications excitantes spéciales, nous rencontrerons celle qui a pour objet la stimulation des fonctions catéméniales.

L'Absinthe maritime {Artemisia maritima), l'Absinthe pontique {Artemisia poniica), l'aurone ou citronnelle [Artemisia abrotanum), jouissent des mêmes propriétés que l'Absinthe officinale. La tanaisie [tanacelum vulgare) est surtout employée comme vermifuge.

A mesure que nous avançons dans l'exposition des agents excitants, nous les rencontrons de plus en plus purs, de moins en moins doués de propriétés spécifiques qu'on ne puisse rattacher à leurs vertus exclusivement stimulantes; c'est pourquoi désormais nous ne ferons, pour les agents qui vont suivre, qu'indiquer ce qui de leur histoire appartient à la Matière médicale, nous réservant, au chapitre de la Médication excitante générale, de développer leur influence thérapeutique commune. A quelques-uns seulement qui ont été utilisés dans des circonstances particulières, moins à titre d'excitants que d'agents spécifiques, nous consacrerons des articles thérapeutiques séparés.

GUACO. EUPATOIRES.

On donne le nom générique de Guaco et de Tluaco, dans l'Amérique centrale, l'Amérique du Sud et aux Indes occidentales, à plusieurs plantes possédant des propriétés analogues et auxquelles les naturels du pays ont reconnu des propriétés très-précieuses, puisqu'elles consistent à prévenir et à guérir la morsure des serpents venimeux.

Mutis, de Santa-Fé, est le premier qui ait fait connaître les propriétés du Guaco; et des faits très-remarquables ont été rapportés par MM. de Humboldt et Bonpland, qui ont constaté par eux-mêmes les propriétés vraiment merveilleuses de ces plantes.

Les plantes qui fournissent le Guaco constituent une soixantaine d'espèces appartenant aux genres Miknnia, Eryngium et Aristolochia.

Le véritable Guaco est la fleur du Mikanin Guaco (Humboldt et Bonpland) ou Eupatorium saturœi folium de Linné. Ces fleurs ressemblent assez à celles d'Arnica.

Le Guaco produit par V Aristolochia grandiflora est une racine grisâtre de la grosseur du poignet.

V Cupatoire à feuilles de ckanvt'e on Eupatorium cannahinum ou Origan des marais. Herbe de sainte Cunégonde, est une plante très-commune,

uutrefois très-employée ; la graine de cette plante est employée aux environs de Moscou comme prophylactique contre la rnge.

On attribue les mêmes propriétés aux ICupatorium purpureum, teucriuin, pilosum^ verbenœfolium, perfoUatum aromuticum dalea, etc.

VAyajjana, fourni par l' Eupatorium ayapana, est très-souvent employé <:n infusion théiforme. C'est un excellent digestif.

Le Guaco et les Eupatoires s'emploient en tisane à la dose de 30 grammes pour un litre d'eau bouillante, et en teinture.

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