CUBÈBE OU POIVRE A QUEUE
pulvérisée, sucre de canne, miel de Narijonne, eau pure.
Faites dissoudre au bain-marie ces substances dosées convenablement, et plongez dans cette solution des olives de fer étamé, légèrement huilées et fixées sur un plateau par une tige très-mince ; retirez le plateau au bout d'un instant et imprimez-lui un mouvement de rotation.
Lorsque les capsules sont refroidies, mettez le plateau dans une étuve légèrement chauffée, et laissez l'y jusqu'à ce que les capsules soient à peu près sèches. Retirez-les alors par un brusque mouvement de traction et coupez la partie échancrée.
Ainsi préparées, les capsules sont remplies avec une burette effilée, et bouchées ensuite au moyen d'un pinceau de blaireau enduit de solution gélatineuse chaude. Enfin, pour dissimuler plus
complètement l'ouverture des capsules, on les trempe de nouveau, par cette extrémité, dans la solution gélatineuse, et on les fait sécher h l'air ou à l'étuve.
Ces capsules pèsent 1 gramme à lg'',20 et contiennent 75 centigrammes environ d'extrait hydralcoolico-éthéré de Cubèbo.
Saccharure d'Extrait hydralcoolico-élhéré de Cubèbe. (Uelpech.)
Pr. : Sucre blanc 700 gram.
Extrait hydralcoolicoéthéré de Cubèbe. . 100 — Gomme arabique pulvérisée 200 —
Mélangez selon l'art.
10 grammes de ce saccharure représentent 1 gramme d'extrait de Cubèbe.
Biennorrhagie. Le Poivre Cubèbe n'avait été en possession jusqu'à nos jours que d'une action thérapeutique fondée sur ses propriétés excitantes générales, lorsque très-récemment l'empirisme lui a fait prendre un rang important dans le traitement d'une affection fort commune et fort opiniâtre, que rationnellement, à ce qu'on dit, cet agent devrait horriblement exaspérer. Il est question de la biennorrhagie, même la plus nouvelle et la plus aiguë.
Les Indiens employaient depuis longtemps le Cubèbe dans le traitement de leurs gonorrhées, lorsqu'un officier anglais affecté d'une biennorrhagie rebelle à tous les moyens en fut délivré par un Indien, son domestique, à l'aide du Poivre Cubèbe. Telle est l'origine de la réputation générale et bien méritée de ce médicament, l'un des moins incertains dans la thérapeutique de la biennorrhagie.
L'Angleterre fut d'abord témoin de ses succès vers l'année 1816. Les docteurs Crawfort el Barclay se disputent l'honneur de cette utile importation. Le professeur Delpech annonça le premier ses vertus chez nous, dans un petit mémoire inséré dans la Revue médicale du mois de septembre 1818. Ce chirurgien distingué, tous les praticiens qui ont commencé la réputation du Cubèbe, chez nous et à l'étranger, ont proposé de l'administrer de la manière suivante : 4 grammes le matin une heure avant déjeuner, 4 grammes à six heures du soir, et 4 grammes en se couchant. Ils ont exigé, comme condition essentielle, la continuation du remède après la suppression de l'écoulement, pour prévenir les récidives. On a noté que la disparition des accidents avait lieu dans l'ordre suivant, dont nous avons eu nous-mêmes plusieurs fois occasion de vérifler l'exactitude.
Les douleurs spontanées et surtout déterminées par l'action d'uriner; la rougeur, le gonflement du canal et de son orifice, sont d'abord dissi-
m MÉDICAMENTS EXCITANTS.
pés, et le premier amendement se fait sentir, terme moyen, au bout de quai ante-huit heures ; puis la matière blennorrhagiqiie dépouille successivement ses caractères virulents et de catarrhe aigu, pour revêtir des qualités plus douces, plus blennorrhéiques ; et enfin cette sécrétion, qui n'est plus alors que la sécrétion urétrale normale quant à sa nature, mais très-exagérée, finit pîir revenir à sa quantité ordinaire, c'est-à-dire se supprime absolument en tant que sécrétion morbide.
Les propriétés connues du Cubèbe avaient de prime abord fait redouter ce violent excitant au début des chaudes-pisses, surtout de celles qui s'accompagnent alors d'un appareil inflammatoire très-développé ; mais l'expérience, et une expérience maintenant formée par des milliers de faits, est venue faire taire cette appréhension rationnelle, et on a été jusqu'à dire, ce que notre observation nous a appris être fort exact, que le Cubèbe avait d'autant plus d'action qu'il était employé à une époque plus rapprochée du début, et dans les blennorrhagies qui en apparence semblaient le plus répugner à son usage.
Hâtons-nous de dire que les blennorrhagies qui, par l'intensité des phénomènes inflammatoires, la tuméfaction horriblement douloureuse du pénis, l'abondance et la virulence de l'écoulem.ent, la fièvre qui s'y joint quelquefois, que ces blennorrhagies, en apparence si graves et si redoutables, le sont en général beaucoup moins, s'apaisent et se terminent bien plus facilement que d'autres blennorrhagies qu'on croirait, au caraclèi'e mitigé de leurs symptômes, à la presque nullité de réaction locale et générale qu'elles suscitent, surtout à l'absence des douleurs, de dysurie, et à l'aspect bénin de l'écoulement, surtout fort peu abondant, qu'on croirait, disons-nous, légères et simples à combattre. Il est donc juste de faire moins de cas de la guérison rapide et parfaite des chaudes-pisses de la première espèce, et de moins exalter alors la puissance du Cubèbe. Bien au contraire, et quand par son aide on vient à bout de celles que nous avons signalées en dernier lieu, on est alors bien plus en droit d'exalter ses éminentes propriétés, car cette maladie est une des plus rebelles, des moins disposées à cesser spontanément ou par le fait d'un traitement quelconque, enfin des plus susceptibles de récidiver que nous connaissions. Elle est le désespoir des malades et des médecins.
Il faut que l'utilité du Cubèbe soit bien incontestable dans cette maladie, et surtout qu'elle l'emporte bien évidemment sur celle du traitement antiphlogistique, pour que les médecins et les chirurgiens, les plus ardents défenseurs du physiologismc, aient introduit cette doctrine thérapeutique dans le domaine de la chirurgie, et aient été les premiers à préconiser ce moyen, si bien fait pour répugner à leurs habitudes et à leurs opinions, moyen surtout si empirique.
^^ous disons empirique, car malgré l'action révulsive ou dérivative qu'on prétend qu'il exerce sur le tube digestif ou sur la peau, au bénéfice du catarrhe urétnd, nous ignorons parfaitement le mécanisme phy-