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NITRATE D'URÉE {G'B'AzW,kzOmO).
Ce sel s'obtient en traitant l'urine humaine concentrée par de l'acide azotique exempt de composés azoteux; il cristallise en prismes ou en feuillets blancs
anhydres; il rougit le tournesol, il est soluble dans l'eau et dans l'alcoo', on remploie à la dose de 3 cenligrammes il 1 gramme par vingt-quatre heures.
URATE D'AMMONIAQUE (AzE'HO, G^'H^Az^OS HOj.
L'Urate d'ammoniaque est un sel acide qui s'obtient en versant l'ammoniaque sur de l'acide urique; en chauffant, la masse se prend en une gelée que l'on fait dessécher. C'est un sel blanc amorphe ou cristallisant en petites ^aiguilles peu so-
luhlos dans l'eau: on l'emploie sous forme de pommade à la dose de 1 gramme de sel pour 30 grammes d'axonge, à l'intérieur la dose est de 20 à 50 centigrammes.
AZOTATE DE POTASSE (A^o'^KO).
Le Nitrate de potasse, sel de nitre, salpêtre purifié. Azotate de potasse, est blanc, cristallisé en prismes hexagones.
Sa saveur est fraîche. Il est inaltérable à l'air ; insoluble dans l'alcool absolu ; soluble dans l'eau, 25 pour 100 plus soluble dans l'eau chaude.
L'Azotate de potasse du commerce contient quelquefois du chlorure de sodium, sophislication que l'on constate à l'aide du nitrale d'argent, qui forme, dans la solution de l'Azotate de potasse, un pré ■ cipité de chlorure d'argent.
Le Nitrate de potasse s'administre en poudre, ou mieux dans une tisane, dans du vin blanc, dans une émulsiou.
Nombre de plantes qui croissent dans les conditions où l'Azotate de potasse prend naissance renferment une assez forte proportion de ce sel pour lui devoir des propriétés diurétiques; telles sont en général les borraginées, tels sont le grand tournesol, et surtout la pariétaire.
Le sel de Nitre existe assez abondamment dans les lieux où se décomposent les matièies animales; on le voit s'efïleurir à la surface du sol, et c'est des vieux plâtras qu'on le tirait habituellement chez nous. On employait la lixivialion; mais l'eau dissout en même temps des nitrates de chaux et de magnésie, on ajoutait alors un lait de chaux qui précipitait la magnésie; puis du sulfate de soude qui précipitait la chaux à l'état de sulfate de chaux, et comme l'Azotate de potasse est mélangé à une certaine quantité d'Azotate de soude on ajoutait du chlorure de potassium, ce dernier faisait du chlorure de sodium et il ne restait plus que du Nitrate de potasse qui se précipitait par refroidissement. Aujourd'hui on traite à l'ébullition le Nitrate de soude du Chili par le chlorure de potassium. Le Nitrate de potasse se dépose de la liqueur refroidie.
Bien que l'on puisse lire dans VApparatus medicaminum de Gmelin le résumé assez indigeste des travaux presque innombrables qui ont été faits sur le Sel de nitre, et que les journaux de médecine, publiés depuis le commencement de ce siècle, contiennent beaucoup de faits relatifs à l'action de ce sel, il s'en faut de beaucoup que son histoire physiologique et thérapeutique soit complète ; aussi nous bornerons-nous à l'énoncé
rapide des assertions nombreuses qui se trouvent consignées dans les divers auteurs, regrettant de n'avoir pas fait nous-mêmes assez d'expériences pour fippuyer ou pour infirmer ce qui a été dit sur ce médicament.
ACTION PHYSIOLOGIQUE
Les expériences de Jœrg ont démontré, d'une manière positive, que l'Azotate de potasse, pris par des hommes bien portants, d'abord à la dose de 4 centigrammes, deux fois par jour, et graduellement jusqu'à la dose de 1 à 8 grammes, augmente ordinairement la sécrétion urinaire, et modifie à peine la sécrétion cutanée ; qu'il exerce d'abord une action sédative générale bientôt suivie d'une réaction assez énergique.
Ces expériences concordent assez bien avec celles qui avaient été faites antérieurement et avec celles plus nombreuses et mieux entendues qui ont été instituées assez récemment.
A dose élevée, 15, 20, 30 et 40 grammes par jour, et même davantage, le Nitrate de potasse détermine plus vivement encore l'action diurétique, mais quelquefois aussi de l'ardeur d'urine, de la dysurie, et même la suppression totale de la sécrétion rénale ; il donne lieu à quelques nausées, à du dévoiement, mais en même temps il semble exercer sur l'économie une stupéfaction considérable, caractérisée par un sentiment de défaillance, des lipothymies, un refroidissement général, des vertiges, un affaiblissement du pouls, accidents qui peuvent être portés jusqu'à la prostration, et même jusqu'à la mort. Ce n'est pas que de si graves désordres se remarquent fréquemment; mais des expériences, rapportées en grand nombre dans le Traité de toxicologie d'Orfila, ne permettent pas de douter que, aux doses que nous venons d'indiquer, l'Azotate de potasse ne puisse, dans des cas fort rares il est vrai, devenir un poison mortel.
Si donc les toxicologistes ont exagéré les dangers du Nitrate de potasse, d'autre part quelques thérnpeutistes, et M. Gendrin en particulier, ont eu peut-être le tort de contester d'une manière trop absolue le danger possible de très-hautes doses de Sel de nitre.
Cette action stupéfiante du Nitrate de potasse peut aller jusqu'à donner à l'économie une diathèse asthénique fort remarquable; ainsi les expériences de Pilger démontrent que, chez un animal atteint de fièvre inllammatoire, on voit se développer rapidement des accidents typhoïdes, si l'on donne des doses trop élevées de Sel de nitre.
Faut-il croire maintenant aux propriétés anaphrodisiaques de ce médicament, propriétés indiquées par Huinmel ( Tractât, de Arth.), et que l'on eut de fréquentes occasions de constater, suivant cet auteur, lorsque l'usage du Sel de nitre étant devenu à la mode par suite de l'usage qu'en avait fait le chancelier Bacon, on en vint même à prendre l'Azotate de potasse comme préservatif de l'inflammation ?
AZOTATE DE POTASSE
Presque toutes les propriétés thérapeutiques de l'Azotate de potasse se préjugent par l'action physiologique de ce sel. C'est surtout comme diurétique, comme sédatif que ce médicament a été employé.
Le Sel de nitre est d'un usage populaire dans toutes les hydropisies, dans le but d'activer la sécrétion urinairc, la plus puissante des sécrétions éliminatoires. Mais si l'on doit reconnaître volontiers que, dans les épanchements séreux peu graves, l'Azotate de potasse rend de véritables services, il est a peu près inutile quand les épanchements ne sont pas presque exclusivement de nature séreuse, il est nuisible lorsque l'hydropisie dépend d'une affection chronique des reins, ce qui malheureusement est assez commun.
L'action sédative de l'Azotate de potasse a été particulièrement utilisée par Macbrige, par Broclesby, et plus récemment par M. Gendrin dans les fièvres inflammatoires, et notamment dans celle qui se lie au rhumatisme articulaire aigu. Les faits nombreux que M. Gendrin a publiés conjointement avec M. Aran dans le numéro de février 1841 du Journal des connaissances médico-chirurgicales, ne permettent pas de révoquer en doute l'action hyposthénisante du Nitrate de potasse, et son utilité dans le rhumatisme articulaire aigu et fébrile.
En serait-il de même dans les fièvres inflammatoires liées à la phleg- ' masie delà plèvre, du poumon, etc., etc.? Nous ne nous permetfcrons pas de résoudre la question, mais nous inclinons à penser que le Sel de nitre opérerait utilement dans ces circonstances, nous fondant d'abord sur des faits divers épars dans les auteurs, et surtout sur cette curieuse observation de Beecher qui constate la diminution de la fibrine dans le sang de ceux qui, atteints d'une fièvre inflammatoire, prennent l'Azotate de potasse à hautes doses.
C'est encore en vertu de cette action sédative que le Sel de nitre a joui, dans le siècle dernier, d'une réputation antihémorrhagique que lui avait valu l'autorité de Shal et de Dickson, et; que, de nos jours, Laennec a confirmée par sa propre expérience ; mais il convient de dire que, s'il est incontestablement utile dans les hémorrhagies actives, il nuit évidemment dans les hémorrhagies passives.
MODE d'administration ET DOSES.
Comme diurétique, dans les cas ordinaires, le Sel de nitre se donne, dans la boisson ordinaire des malades, à la dose de 1 à 10 grammes par jour chez les adultes; pour les enfants, il convient de ne pas dépasser 25 à 50 centigrammes.
Dans les hémorrhagies actives et dans la fièvre inflammatoire, notamment dans les fièvres rhumatismales, on le donne dissous dans un, deux
7Gi ' MÉDICAMENTS EXCITANTS.
ou trois pots de tisane, à la dose de 15 à 60 grammes, mais il faut commencer par 15 grammes au plus, et n'augmenter que lorsque l'on aura constaté par l'expérience d'un jour la susceptibilité du malade
AZOTATE DE SOUDE (AZOTAS SODIGUS) AzO'^a.
L'Azotate de soutle, salpêtre du Cliili, il est soluble dans 3 parties d'eau à nitre cubique, cristallise en rhomboèdres ; 16 degrés, il est insoluble dans l'alcool.
CHLORATE DE POTASSE (CHLORAS POTASSIGUS) GLO"%KO.
MAl lÈRE MÉDICALE.
Le Chlorate de potasse est un sel cristallisé en lames brillantes, anhydres, inaltérables îi l'air, incolores ; d'une saveur urineuse détonant par le choc ; il est fusible îi 400 degrés et soluble dans 20 parties d'eau froide. Cette solubilité augmente à cliaud, mais alors il se dépose jiar le refroidissement. Le Chlorate de potasse se prépare en faisant passer un
Gargarisme de Chlorate de potasse (Codex)
{Gargarisma cum Chlorate poiassico).
Chlorate de potasse. . . 10
Eau distillée 250
Sirop de mûres 50
Faites dissoudre le Chlorate de potasse dans l'eau ; filtrez et ajoutez le sirop à la liqueur.
1 gramme, dont chacune conticut 10 cent
courant de Chlore dans une solution contenant 1 équivalent de carbonate de potasse et 5 équivalents d'hydrate de chaux. On chauffe d'abord à 50 degrés et quand le tout est bien saturé de chlore on chauffe à l'ébuUition, puis on filtre; le Chlorate de potasse cristallise par le refroidissement.
Tablettes de Chlorate de potasse {Tabellœ cum chlorate potassico).
Chlorate de potasse pul-
vérisé 100 gamm.
Sucre blanc 900 —
Carmin 50 centgr.
Gomme adragante. ... 10 — Eau aromatée au baume
deTolu 90
Faites des tablettes du poids de Times de Chlorate de potasse.
HISTORIQUE
Le Chlorate de potasse a été découvert en 1786 par Berthollet. Précoconisé et abandonné tour à tour ; tantôt considéré comme un agent excessivement actif ou regardé comme à peu près insignifiant, ce médicament peut être cité comme un curieux exemple des vicissitudes thérapeutiques. Depuis quelques années, comme chacun le sait, le Chlorate de potasse a de nouveau fixé l'attention publique; on peut même dire qu'il a été pendant quelque temps l'objet d'une vogue ridiculement exagérée, qui d'ailleurs commence à se calmer un peu.
Quelques travaux importants ont été publiés sur les propriétés de ce médicament ; parmi ces travaux nous distinguerons particulièrement la thèse de M. Isambert, qui nous servira ici de principal guide.
Ce fut vers l'année 1796 que le Chlorate de potasse entra dans la thérapeutique sous l'empire d'une théorie chimique qui faisait jouer un très-
CHLORATE DE POTASSE
grand rôle aux acides et aux oxydes sur l'organisme, "théorie complètement illusoire, et qui ne trouva nullement dans le muriate suroxygéné de potasse les avantages qu'elle croyait devoir en attendre.
Depuis lors, on essaya d'utiliser ce sel contre la syphilis; ensuite on l'employa à titre de stimulant dans un certain nombre de maladies de nature asthénique, telles que le scorbut, l'angine maligne, et puis contre certaines affections nerveuses, entre autres contre l'ictère spasmodique.
A une époque plus rapprochée de nous, en 1819, Chaussier reprit l'étude de ce médicament, et au moyen d'expériences faites sur lui-même, il lui fut facile de reconnaître que le Chlorate de potasse n'avait nullement l'énergie qu'on lui avait jusqu'ici supposée très-gratuitement, et montra qu'on pouvait l'administrer sans inconvénient à des doses élevées. Ajoutons d'ailleurs qu'il le recommanda comme vulnéraire dans les chutes, les contusions et les coups violents.
Au milieu du discrédit à peu près général dans lequel il était tombé, il faut dire pourtant que le Chlorate de potasse avait toujours conservé des partisans dans quelques médecins anglais et allemands. Ainsi, en 1843, Tedeschi l'employait en lotions sur un ulcère cancéreux; en 1847, M. Hunt s'en servait contre la gangrène de la bouche chez les enfants; M. West et le docteur Henoch contre la stomatite ulcéreuse. Enfin, en 1853, M. Babington en fit usage également dans une épidémie de gangrène de la bouche. A Genève, ce remède était resté aussi dans la pratique de quelques médecins qui l'employaient notamment contre l'ictère et contre certaines stomatites. D'autre part, lors de l'avant-dernière édition de cet ouvrage, en 1855, nous mentionnions quelques essais qui avaient été faits dans le rhumatisme articulaire aigu, par le docteur Socquet, de Lyon, qui avait cru reconnaître à ce médicament des propriétés contro- stimulantes et altérantes.
Enfin, en 1853, M. le docteur Herpin, de Genève, appela fortement l'attention des médecins de Paris sur ce médicament, à peu près inusité parmi nous, et démontra expérimentalement son efficacité dans la stomatite mercurielle. Bientôt M. Blache en étendit l'usage à la stomatite ulcéro-membraneuse ; nous-mêmes, nous répétâmes ces expériences sur cette même maladie et sur les alfections diphthéritiques. M. Isambert, alors interne de M. Blache, suivit avec soin et intelligence les nombreux essais qui se faisaient à l'hôpilal des Enfants, et de plus, il fit sur luimême Un très-grand nombre d'expériences à l'aide desquelles il parvint à mieux déterminer l'action physiologique de ce médicament. Nous allons consigner ici les résultats les plus importants de ces expériences.