‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 174 sur 335 · ACÉTATE DE POTASSE (G*H'0\KO · texte numérisé non relu

ACÉTATE DE POTASSE (G*H'0\KO

MATIÈRK MÉmCALE.

L'Acétate de potasse, terre foliée de tartre, Acelas potassicus, est un sel blanc, d'une saveur fraîche, qui crislallise en petites aiguilles prismatiques, il est déliquescent au contact de l'air; très-soluble dans l'eau, un peu soluble dans l'alcool.

L'Acétate de potasse existe dans la seve de tous les arbres et ailleurs; mais on le prépare directement en traitant le carbonate de potasse par l'acide acétique.

Dans cette préparation, on ajoute sou- >ciit un léger excès d'acide acétique qui

disparait dans la préparation. Mais si, pour obtenir un sel plus blanc, on a ajouté une très-grande quantité d'acide, on obtient alors du biacétate de potasse. Ce sel acide doit être rejeté parce qu'il agit comme irritant sur la bouche, l'œsopliage et l'estomac, et provoque le vomissement. Il faut donc avoir soin de prescrire l'acétate neutre de potasse. (Marrotte, séance de l'Acad. de méd., 8 novembre 1868.)

ACÉTATE DE POTASSE

L'Acéfate de potasse, employé jadis avec beaucoup de faveur, est tombé aujourd'hui presque dans l'oubli, et cependant il mérite d'occuper un rang assez important parmi les diurétiques; à ce titre, il est peut-être préférable au sel de nitre dont nous venons de parler. Les malades le supportent avec plus de facilité et moins de dégoût ; et on peut en augmenter les doses sans craindre ces désordres nerveux dont nous avons parlé en traitant du nitrate de potasse.

Aussi, tandis que de hautes doses de sel de nitre exercent sur le système nerveux une action stupéfiante, qui peut devenir l'occasion d'une syncope fatale chez un hydropique atteint d'une maladie du cœur, l'Acétate de potasse ne fait courir aucun risque de ce genre.

Que si, comme diurétique, ce sel doit se placer à côté et peut-être audessus du sel de nitre, il ne peut lui être comparé comme hyposthénisant, et on ne peut en aucune façon le remplacer, quand il s'agit de remplir une indication sédative.

Etat intiqucux. M. Marrotte [loc. cit.) regarde l'Acétate neutre de potasse comme un excellent médicament à opposer à l'irritation sécrétoire du tube digestif, lorsqu'elle reste dans des proportions modérées et qu'elle nè détermine ni des flux ni l'inflammation phlegraoneuse du tube digestif; dans ces deux dernières conditions au contraire les évacuants ou les antiphlogistiques devraient lui être préférés.

« La présence des produits de sécrétions sur les muqueuses visibles, la langue et la cavité buccale; leur rejet par l'estomac ou par l'anus sont, indépendamment des autres troubles des fonctions digestives, les caractères de l'état muqueux comme de toutes les variétés de diacrises gastrointestinales. Cependant il est bon, en clinique, de distinguer deux variétés : l'une, dans laquelle ces produits de sécrétion sont en si petite quantité que l'excrétion est nulle ou à peu près nulle ; elle n'a lieu qu'à des intervalles plus ou moins éloignés, quelquefois par l'estomac, plus fréquemment, quoique rare encore, par l'anus. M. Marrotte a vu des malades n'avoir pas d'évacuations tout le temps de leur lièvre muqueuse, à moins qu'elles ne fussent provoquées artificiellement ou ne constituassent un phénomène critique. L'autre donne lieu à des produits assez abondants pour être rejetés presque quotidiennement, soit par le vomissement, soit plus souvent par les garde-robes. La première, qui semble un degré plus avancé d'irritation sécrétoire, est celle qui se trouve le plus évidemment améliorée par l'Acétate de potasse. » Sous l'influence de l'acétate de potasse, dit M. Marrotte, l'empâtement de la bouche, le défaut d'humidité de la langue diminuent. Les garde-robes ont lieu de temps en temps d'une manière spontinée ou sont plus facilement provoquées par les lavements qui restaient inelflcaces ; les urines deviennent

JIÈDICAMENTS EXCITANTS.

moins fonccos ; le mouvement fébrile et surtout les exacerbations s'amoindrissent. 11 en est de même dans la tièvre typhoïde, la forme muqueuse est améliorée par l'Acétate de potasse, tandis que les formes bilieuses adynamiques et putrides réclament d'autres médications.

Or l'état muqueux se rencontre non-seulement dans la fièvre muqueuse et la iièvre typhoïde, mais il peut, dans une constitution médicale, être l'étal dominant dans certaines phlegmasies, angine, pneumonie, érysipèle, etc. L'Acétate de potasse est, selon M. Marrotte, applicable à tous ces cas.

Dyspepsies. L'état muqueux, qu'il ait précédé ou non les dyspepsies, peut prédominer au point d'effacer complètement les caractères propres à la dyspepsie acescente, ou s'y associer seulement. Il se reconnaît, dans tous les cas, à la langue muqueuse, à l'anorexie, aux nausées, aux vomissements glaireux, aux urines rares et rouges, avec fièvre s'il est aigu, ou seulement de l'agitation; de l'insomnie s'il est apyrétique. Dans tous ces cas, l'Acétate neutre de potasse rend des services plus rapides, plus appréciables que dans les fièvres muqueuses {loc, cit.).

l\ansces, vomissements. La véritable indication de l'acétate de potasse se rencontre dans l'état nauséeux et les vomissements qui accompagnent l'état muqueux sans complication, et cela sous toutes les formes et à toutes les périodes de la maladie comme pendant la convalescence. Selon M. Marrotte, celte action est vraiment merveilleuse à cette dernière période, lorsque la fièvre muqueuse passe à la dyspepsie acescente. Elle ne l'est pas moins dans les dyspepsies acescentes chroniques.

Yomissements de femmes enceintes. Si le vomissement est lié à une

lésion organique de l'œuf ou de l'utérus, s'il est dû à l'embarras gastrique, à la constipation, il ne cède qu'aux vomitifs et aux purgatifs, comme l'ont bien vu MM. Paul Dubois et Stolz. Lorsque l'appétit est conservé, que la langue est naturelle, que les matières vomies sont surtout de nature alimentaire ; en un mot, que les contractions de l'estomac paraissent purement sympathiques et de nature atonique, le vin de Madère, le Champagne pris au repas, une alimentation substantielle, des boissons peu abondantes sont les véritables moyens de faire conserver les aliments.

Si, au contraire, l'appétit est diminué ou nul, si la langue est blanchâtre, lanugineuse ; si les matières vomies sont pituiteuses ; s'il y a, en un mot, état muqueux, l'Acétate de potasse retrouve son utilité incontestable. (Marrotte, loc. cit.)

MODE d'administration ET DOSES.

L'Acétate de potasse se donne [en dissolution dans la tisane du malade ou dans un julcp, à la dose de 1 à 10 grammes, en moyenne de 2 à 3.

SCILLE. nt'>

L'Acétate de soude cristallise parfaitement, on l'emploie dans les mômes cas et aux mômes doses que celui de potasse. Rœdenmacher et M. Marrotte ne lui reconnaissent pas une action aussi sûre et aussi profonde.

Page 1