‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 190 sur 335 · i SÉDATirS i:i CONTRO-STIMULANTS · texte numérisé non relu

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cabaret fut exhaussé d'un étage ; les masures voisines, y compris les écuries où venaient se loger des personnes des meilleures familles, furent remplacées par d'autres bâtiments beaucoup plus grands et plus commodes. Dans presque tous les pays d'Europe des établissements hydriatiques se formèrent à l'instar de celui de Graefenberg; les récits les plus exagérés eurent cours, et, de persécutée, la nouvelle méthode devint à son tour persécutrice. Tout médicament fut considéré comme un poison, la saignée comme un véritable assassinat, et les médecins, en attendant mieux, furent jugés dignes du mépris de tous les honnêtes gens.

« La position des médecins des villes et villages voisins de Grœfenberg était d'autant plus difficile, que, dès le commencement, ils avaient nié l'efficacité de l'Eau dans une foule de cas où ce remède produisait évidemment les meilleurs effets. Cette faute ne doit pas être attribuée à <'ux, mais aux écoles dont les chaires étaient restées silencieuses sur les Avantages qu'on pouvait retirer de ce remède, et aux cliniques qui depuis longtemps l'avaient répudié. Mais, lorsque faisant saisir les éponges qui servaient à frictionner les malades, il les firent couper dans le but de trouver des substances médicinales qu'on y avait cachées, ils se couvrirent d'un immense ridicule, et dès lors leur cause fut irrévocablement perdue dans le pays.

«Plusieurs grands de l'Empire, qui avaient été traités avec succès à Graefenberg, les uns pour des affections chroniques de l'estomac, les autres pour des engorgements goutteux des articulations, d'autres enfin pour quelque affection nerveuse, prirent la nouvelle méthode sous leur puissante protection. En Autriche, encore plus qu'ailleurs, les difficultés s'aplanissent vite pour celui qui est bien en cour. La Commission médicale, présidée par M. le baron Turheim, et chargée par le gouvernement autrichien de lui faire un rapport sur ce traitement, n'y vit qu'une heureuse extension donnée à ce que l'on savait déjà sur les vertus de l'Eau et des bains, jointe à une hygiène bien entendue. Aussi le résultat de son rapport fut l'autorisation accordée à Priessnitz de fonder un établissement, et d'y traiter des malades au moyen de l'Eau seule; mais en même temps ce privilège portail la défense expresse d'employer aucun autre remède. 11 lui fut permis en même temps d'élever un très-grand liâtiment destiné à la réception des personnes qui viendraient se faire traiter à Graefenberg, et il se passa ici un fait qui montre dans tout son jour le caractère entreprenant et volontaire de Priessnitz. Celui-ci, ne mettant nullement en doute sa capacité de tout exécuter, entreprit de faire élever lui-même le bâtiment projeté, sans avoir recours aux lumières d'un architecte ; le gouvernement dut intervenir et lui en imposer un d'autorité, mais seulement lorsque la chute d'une partie de l'édifice, suivie d'accidents graves pour plusieurs, et mortel pour un des ouvriers, vint démontrer que le génie de l'homme n'était pas universel.

« Il est à regretter que l'immense succès qui a couronné ses efforts n'ait pas amené un changement heureux dans le caractère de Priessnitz,

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et que, devenu millionnaire, tout ce qu'il y a en lui de rude et de revêcbe n'ait pas été adouci par le bonheur. La science y aurait assurément gagné ; car tel qu'il est, son caractère aigre, difficile et entier, vous rebute et vous repousse. Les médecins sont donc très-mal vus et très-mal accueillis de lui et des malades. Ne craignant plus les persécutions, il semble avoir contre eux un motif d'animosité plus grave : il craint maintenant la concurrence que pourrait lui susciter le grand nombre d'établissements hydrothérapiques que l'on élève dans divers pays. L'idée qu'on puisse se rendre à Grsefenberg pour y étudier l'hydrothérapie sans vouloir fonder soi-même un établissement de ce genre, ne paraît croyable ni à lui ni aux siens, et toutes mes assurances à cet égard ne parvinrent nullement à changer leur opinion. Enfin, scientifiquement parlant, on ne trouve rien en Priessnitz de cette franchise d'un homme assuré des faits matériels sur lesquels repose sa conviction, d'un homme qui a poursuivi et mis en lumière une grande vérité nouvelle et renouvelée ; loin de là, quelque chose d'essentiellement faux dans ses regards et dans ses manières vous engage à douter des faits les moins récusables. Le mauvais accueil qu'il fait aux médecins est d'autant plus injuste, que c'est à eux qu'il est réservé de sauver sa méthode de la funeste exagération de ses propres partisans, et de fonder son avenir. Encore quelques années, et le nom de Priessnitz sera oublié de la foule que quelque nouveau hochet attirera, tandis que la médecine consignera ce nom dans ses fastes et le sauvera de l'oubli. Le meilleur moyen que je connaisse, et celui que je recommande cà tout médecin qui voudrait visiter Grœfenberg, c'est d'adoucir l'humeur revêche de Priessnitz par des cadeaux convenablement offerts.

« Priessnitz n'a rien écrit : le temps, dit-il, lui manque. Cependant ses idées et sa méthode ont été publiées et mises en pratique en Allemagne, en Angleterre et ailleurs, non -seulement par des personnes étrangères à la médecine, mais encore par beaucoup d'hommes de l'art. Jusqu'ici aucune Université n'a encore jugé convenable de lui consacrer une chaire, ou même un examen clinique régulier. Les exagérations des partisans de l'hydrothérapie expliquent et justifient cette défiance bien naturelle, et beaucoup de temps s'écoulera sans doute avant que les esprits sérieux, effrayés de cette irruption des barbares dans le sanctuaire de la science, puissent démêler dans leur jargon inintelligible et dans leurs opinions extravagantes, autre chose que des prétentions insoutenables et l'amour de la nouveauté. Espérons que le temps, en faisant justice de ces exagérations ridicules, amènera aussi les hommes de science à examiner mûrement et sans prévention un mode de traitement dont les bases existent déjà dans la science, et dont les doctrines fondées sur le principe du contraria contrariis curantur, peuvent s'appuyer sur l'autorité d'Hippocrate et d'un grand nombre d'autres médecins du plus grand mérite.

« J'adopterai, pour faciliter l'étude de l'hydrothérapie, les cinq divi-

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sions suivantes, fondées sur l'indication que la nouvelle méthode a pour but de remplir :

<( i° La méthode hygiénique ou prophylactique;

(1 2" La méthode antiphlogistique;

(( 3" La méthode antispasmodique ;

« 4 La méthode altérante;

« 5° La méthode adjuvante ou auxiliaire.

(( Les trois premières divisions comprennent beaucoup de choses déjà <;onnues, mais trop néghgées des médecins. La quatrième constitue plus particulièrement la méthode de Priessnitz, et la cinquième comprend toute application de l'hydrothérapie à une maladie qu'elle reconnaît ne pouvoir guérir, mais oii son emploi peut avoir lieu utilement dans le but de soulager un ou plusieurs symptômes.

(( 1° De la Méthode hygiénique ou prophylactique. Ici les modifications apportées aux règles ordinaires de l'hygiène consistent dans un fréquent emploi de l'Eau froide en boisson et dans son application à la surface du corps au moyen des procédés de l'hydrothérapie moderne, dont l'application pratique sera facilement saisie par chaque médecin. Mais comme moyen prophylactique, il devient indispensable d'adjoindre aux moyens purement hygiéniques, d'autres plus énergiques encore, tels que les sueurs forcées, la douche froide et les grands bains froids. On y a aussi recours dans l'intervalle des accès goutteux et chez des personnes qui croient avoir en elles un virus vénérien, ainsi que chez celles qui offrent une tendance aux scrofules, à la phthisie, etc.

<( 2° La Méthode antiphlogistique est celle dont Currie a posé les bases scientifiques. Ici, c'est au moyen de la sédation qui résulte de la soustraction du calorique et de l'effet produit sur le système nerveux par l'application brusque de l'Eau froide, que l'hydrothérapie cherche à faire cesser toute affection fébrile et indammatoire, résultat auquel vient s'ajouter la dérivation opérée par les sueurs forcées et les frictions énergiques faites à la surface du corps avec de l'Eau plus ou moins dégourdie. Cette méthode s'applique, à l'aide de divers procédés hydriatiques, aux congestions, aux hémorrhagies, aux fièvres essentielles tant légères que graves, aux fièvres éruptives, aux affections rhumatismales aiguës, et à toutes les phlegmasies aiguës tant externes qu'internes; c'est par cette méthode qu'on dit avoir guéri des encéphalites, des apoplexies, des pneumonies, etc. L'Eau, généralement froide, mais quelquefois dégourdie, est ici l'unique agent thérapeutique. L'application s'en fait au moyen d'enveloppements plus ou moins souvent renouvelés, dans le drap mouillé, mais quelquefois au moyen d'affusions ou d'immersions. L'Eau froide est administrée en même temps en abondance à l'intérieur, et lorsque, par suite de sa sédation énergiquement et constamment appliquée, la diminution du mouvement fébrile général commence à s'opé-

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rer, et que la peau offre des signes de moiteur, on cherche à favoriser cette transpiration au moyen de procédés particuliers. Il est bien entendu que cette transpiration forcée ne trouve son application dans les maladies aiguës que lorsque la violence de l'inflammation est en grande partie brisée par l'effet sédatif des moyens mis précédemment on usage.

« 3° La Méthode antispasmodique est employée dans une foule de maladies nerveuses, comprenant depuis les simples malaises nerveux jusqu'à l'hypochondrie et les accidents hystériques les plus violents. Nous avons vu combien Currie, à l'exemple de beaucoup d'autres praticiens, avait retiré d'avantages de ce moyen. Nous avons dit que Pomme ne pouvait pas assez se louer des bons effets que l'Eau froide produisait dans ces affections rebelles, et cela, à l'exclusion complète de tout autre moyen pharmaceutique. Dans le traitement de certaines affections nerveuses, telles que la manie, l'épilepsie, les hydropathes ont eu peut-être moins à se louer de l'efficacité de l'Eau que les anciens praticiens, parce que trop souvent l'hydrothérapie moderne s'obstine à appliquer aux maladies purement nerveuses un traitement altérant qui ne leur convient pas. Est modus in rébus. Si donc l'hydriatrie a quelquefois paru plutôt nuisible qu'utile dans le traitement du délire maniaque et de l'épilepsie, c'est parce qu'on appliquait à ces maladies des procédés beaucoup trop stimulants. Dans cette méthode on emploie des moyens à la fois calmants et toniques, comme un ou deux enveloppements dans le drap mouillé, l'Eau froide à l'intérieur en abondance, les frictions avec le drap mouillé, et, suivant les circonstances, les affusions, les immersions, les ablutions et frictions d'Eau froide faites avec la main mouillée, des douches de courte durée et l'exercice régulier au grand air. L'utilité de cette méthode est évidente dans beaucoup de lésions nerveuses de Taxe cérébrospinal et de la moelle épinière en particulier, dans les crampes, les lésions de la motilité, les affections convulsives, la chbrée, etc.; et ses avantages ne paraissent pas moins réels dans quelques états nerveux singuliers de certains organes, tels que l'utérus, les mamelles et les testicules.

« 4" La Méthode altérante ou résolutive. Cette méthode est plus particulièrement celle qui a été imaginée par Priessnitz. Ici l'on emploie dans des degrés d'activité très-divers une foule de procédés qui modilient profondément l'économie : tels sont les transpirations provoquées dans des couvertures de laine sèches, soit dans des draps mouillés, et auxquelles on fait immédiatement succéder ou les immersions dans le grand bain froid, ou bien des frictions dans des bains partiels ; tels sont encore les douches froides de force diverse, les bains de siège plus ou moins froids et plus ou moins prolongés, les frictions énergiques faites avec la main mouillée sur la surlace du corps, les applications plus ou moins étendues de compresses dites excitantes; tous moyens qui, joints

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à l'usage intérieur tabondant de l'Eau froide, modifient profondément la vitalité et ont pour but de produire des réactions appelées crises. Toutes les affections chroniques sont traitées par ces procédés, auxquels viennent en aide un régime particulier très-substantiel, l'exercice de tout le système musculaire autant que le malade peut le faire au grand air, et l'abstinence complète de tout moyen pharmaceutique. Quelques affections chroniques de l'encéphale, beaucoup de celles du thorax et toutes celles de l'abdomen, la goutte et le rhumatisme chroniques, les affections héniorroïdales, les symptômes syphilitiques primitifs, secondaires ou tertiaires, les maladies chroniques de la peau, les ulcères chroniques des membres inférieurs, les fistules urinaires, les rétrécissements de l'urètre, les exostoses et autres maladies chroniques des os, les affections scrofuleuses, les tumeurs blanches, etc., etc., sont journellement traitées à Graefenberg, et quelquefois très-avantageusement, par la méthode altérante que nous signalons.

« C'est au moyen de la vive et forte réaction, ainsi que de la profonde modification que ce traitement imprime à toutes les fonctions organiques, que l'on peut expliquer la résolution et la disparition de beaucoup d'engorgements chroniques obtenus par l'hydriatrie. C'est par l'élimination de tout ce qu'elle croit étranger et nuisible au corps, qu'elle cherche à produire la guérison : espérant que, quand même l'excitation et la stimulation générales imprimées à l'économie ne parviendraient pas à obtenir cette élimination complète, du moins la maladie organique serait arrêtée dans sa marche, et pourrait même exécuter un mouvement de retour vers la guérison.

« Les diverses réactions que l'on voit se produire dans l'emploi delà méthode résolutive sont désignées sous le nom de crises, et considérées comme des efforts de la nature pour opérer l'expulsion de la cause morbifique. C'est d'après ces doctrines humorales que les hydropathes expliquent la résolution et la disparition des engorgements de toute espèce, tant des divers viscères abdominaux que de ceux des articulations. Ils expliquent de la môme manière la guérison des maladies que l'on place sous la dépendance du système de la veine porte et des veines variqueuses du rectum. En im mot, on obtient, suivant eux, au moyen de cette méthode, tous les effets que l'on voit survenir après l'emploi des eaux thermales les plus accréditées. La durée du traitement est en général longue, et le courage et la patience du malade sont bien souvent mis à une rude épreuve.

(( 5° La Méthode auxiliaire ou adjuvante est celle qu'on emploie dans les maladies qui ne permettent pas d'espérer une guérison radicale, mais dans lesquelles l'hydriatrie, convenablement appliquée, peut encore rendre des services importants. Dans les maladies du cœur, dans certaines affections pulmonaires chroniques et dans diverses paralysies, le praticien pourrait trouver une ressource précieuse dans l'emploi de cette

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méthode de traitement. J'ai vu à Graefenberg im malade atteint d'mie lésion organique grave du cœur, accompagnée de catarrhe pulmonaire chronique et d'asthme, qui, forcé de garder le lit pendant quinze jours par suite de l'augmentation momentanée des accidents catarrheux et asthmatiques, quittait la chambre à l'expiration de ce temps, et grâce à l'hydrothérapie, aussi frais que s'il n'avait passé que vingt-quatre heures au lit; aussi ce malade, sans compter sur une guérison radicale, ne pouvait pas assez se louer de ce traitement qui produisait chez lui un effet aussi remarquable, car jusqu'à ce qu'il l'eût mis en usage, il ne sortait de son lit, après y avoir été retenu huit à dix jours par l'augmentation du catarrhe ou de l'asthme, que pâle, affaibli, exténué, et pouvant à peine se traîner. Sans doute les moyens employés, qui paraissent bien simples à Graefenberg pourraient effrayer à Paris : leur application exige de la part du malade beaucoup de confiance dans le remède. Ainsi, tous les matins, celui dont je parle, un homme de soixante ans, se plaçait à côté de son lit sur un tabouret, et on le frictionnait partout avec un drap mouillé d'Eau froide pendant deux à trois minutes, puis le séchant bien et plaçant des compresses excitantes sur les jambes engorgées, on le remettait au lit ; d'autres fois c'était dans un bain partiel à 12 degrés Réaumur qu'il se plaçait pendant quelques minutes, et dans lequel on le frictionnait partout avec vigueur. Chez les phthisiques sans espoir de guérison, en proie à une fièvre lente qui les mine, tourmentés par des sueurs nocturnes qui les épuisent, l'hydrothérapie, offre un moyen auxiliaire des plus heureux, pourvu toutefois que l'imagination du malade ne s'en effraye point. Dans ces cas, mieux qu'aucun autre remède, des enveloppements répétés dans le drap mouillé calmeront cette fièvre ardente, et rendront à la peau une tonicité que nul autre moyen ne produirait, si ce n'est l'affusion froide. L'hémiplégique et le paraplégique trouveront dans ce traitement un moyen auxiliaire des plus utiles, quand même la gravité du mal défendrait de compter sur une guérison complète. C'est ainsi que nous avons vu à Graefenberg des paraplégiques, que Priessnitz considérait lui-même comme incurables, employer avec grand avantage, sous sa direction, des frictions avec le drap mouillé faites pendant quelques minutes sur toute la surface du corps, et la stimulation de la douche froide prise partout, excepté sur la colonne vertébrale, pendant une à deux minutes. Grâce à ce moyen, la santé générale si délabrée, était devenue florissante, et, bien que les mouvements des membres inférieurs restassent fort incomplets, le malade n'avait pas renoncé à tout espoir de guérison. Chez la même personne, l'agitation extrême que l'on remarque si souvent chez les malades atteints de ces sortes d'affections, était calmée d'une manière remarquable par quelques enveloppements dans le drap mouillé.

« Les hydropathes considèrent Thydriatrie comme un moyen auxiliaire dans le traitement du coryza, qui n'offre aucune gravité en luimême, qui n'exige pas de traitement général, et oii le risque de brossa ÉD. — T, II, 59

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quer la maladie n'est compensé par aucun avantage. Dans le tniifement des fièvres éruptives, et de la variole en particulier, cette méthode, d'après eux, soutient les efforts de la nature et fait parcourir k la maladie, en les raccourcissant, ses diverses phases. Mais il est évident que si la fièvre éruptive est légère, on laissera faire la nature ; et que si l'on a recours à l'hydrothérapie, c'est qu'il existera des symptômes qui réclament son secours. Dans ces cas, ainsi que Currie l'a prouvé jusqu'à la dernière évidence, c'est par la soustraction du calorique et l'effet antispasmodique du remède que l'avantage s'opère, que le calme renaît et que les congestions intérieures se dissipent. L'hydriatrie, dans ces cas, n'est donc pas auxiliaire, mais sédative et antiphlogistique à sa manière.

« Employée dans les convalescences comme moyen adjuvant, l'hydrothérapie appliquée avec discernement peut rendre des services éminents. Des ablutions générales et courtes d'Eau froide ou à une température appropriée, -ou bien des frictions pratiquées avec le drap mouillé, concourront, avec l'exercice, à fortifier le malade et à le rendre promptement à la santé. Les mouvements fébriles plus ou moins prononcés, et les agitations nerveuses qui tourmentent tant de convalescents, seront combattus avec un notable succès par l'enveloppement dans le drap mouillé, moyen qui offrira de plus l'immense avantage de ne point affaiblir le malade dans un moment oîi il importe tant de ménager ses forces.

« Ces divisions, auxquelles on se gardera bien d'attacher trop d'importance, auront du moins l'avantage de permettre à ceux qui ne connaissent pas l'hydrothérapie moderne, de pouvoir considérer dans son ensemble cette branche de la science médicale : de ce coup d'oeil résultera la conviction de l'étendue des applications auxquelles on peut employer ce remède. Il n'existe, ens effet, qu'une seule classe d'agents thérapeutiques, celle des purgatifs, dont l'emploi ait jamais été aussi étendu et aussi général. Et ces moyens, dont on a voulu aussi faire une panacée universelle, ont rendu en effet des services signalés tant dans les affections aiguës que dans les diverses maladies chroniques et nerveuses. Le rapprochement des purgatifs et de l'hydrothérapie est d'autant plus exact, que dans les deux cas ceux qui les prônent leur attribuent particulièrement le pouvoir d'évacuer, d'expulser de l'économie les humeurs peccantes ; de tout guérir, en un mot, grâce à leurs vertus dépuratives. Cette doctrine, si elle n'est pas celle du jour, mérite cependant considération ; car le grand Sydenham lui-même, en parlant d'une affection peu humorale en apparence, la chorée, ne nous dit-il pas : « Cum affectus iste (chorea Sancti Viti) ah humore aliquo in nervos (t irruente, quorum istius modi motus praeternaturales producuntur, pen- « dere mihi videretur. » (Opéra omnia, L. I, p 362). Les purgatifs ne constituent-ils pas la base du traitement ? Aussi doit-on se montrer peu exigeant envers Priessnitz, si pour lui toutes les maladies résultent de la présence dans l'économie d'une humeur qu'il importe d'évacuer. Cette manière d'expliquer l'effet des remèdes, en leur attribuant des vertus

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dépuratives, parle beaucoup à l'imagination, non-seulement du vulgaire, mais aussi des classes instruites, et contribue puissamment à rendre populaires les méthodes de traitement qui sont basées sur cette doctrine. Priessnitz opère sa dépuration par l'enveloppe extérieure ; les purgatifs exercent leur action sur la peau intérieure, et chaque parti compte des guérisons nombreuses, avérées et remarquables.

« En réfléchissant au point d'où Priessnitz est parti, celui de quelques données vagues sur les vertus curatives de l'Eau, accompagnées de l'injonction de frotter la partie malade avec de l'Eau froide et d'y poser des compresses mouillées, et en comparant ce point de départ si infime avec l'application immense et souvent très-avantageuse qu'il a su faire du remède que le hasard avait mis entre ses mains, on ne peut se défendre d'une sorte d'admiration pour sa persévérance et pour son énergie. L'efficacité réelle du remède dans une foule de cas, la hardiesse et le sangfroid de Priessnitz, jointes à l'expérience que les exagérations des malades eux-mêmes lui ont fournie, expliquent ce résultat extraordinaire. Les exagérations de mes malades, lui ai-je entendu dire à plusieurs reprises, m'ont beaucoup appris. En effet, ce qu'il n'osait pas tenter, ses malades l'exécutaient, et le résultat fut pour lui d'accroître sa propre expérience, soit que les suites fussent heureuses ou fâcheuses. Loin de se contenter des résultats obtenus, Priessnitz est toujours préoccupé de quelque idée nouvelle, et abandonne volontiers la voie qu'il s'était tracée dès qu'il s'aperçoit qu'une autre le conduira plus tôt au but qu'il se propose. C'est ainsi qu'il a de lui-même renoncé à faire transpirer sans distinction tout le monde, même deux fois par jour. Les enveloppements dans le drap mouillé avaient remplacé en quelque sorte les sueurs pendant quelques années; maintenant il montre une extrême prédilection pour les immersions alternatives, d'abord dans un bain partiel d'Eau dégourdie, où l'on frotte bien le malade pendant quelques minutes et d'où on le retire pour le plonger dans le grand bain froid ; de ce bain le malade retourne au bain partiel et aux frictions, et de là au grand bain froid, et ainsi de suite quelquefois jusqu'à ce qu'un état de syncope force à le porter au lit : actuellement donc ces bains alternants et l'enveloppement dans le drap mouillé ont le pas sur les transpirations forcées. La modération comparative avec laquelle Priessnitz applique maintenant sa méthode me paraît un aveu tacite de son exagération première; le résultat des fautes commises a été une grande expérience personnelle, et cette expérience, il la prouve, selon moi, en mitigeant la sévérité du traitement primitif. »

Cette exposition attachante que nous n'avons voulu ni interrompre ni abréger, suffira certainement au lecteur pour prendre une juste idée de l'hydrothérapie. Mais bien que d'après cet aperçu général, l'application de l'hydriatrie semble une chose facile, le praticien qui n'aurait que de telles données pour se guider dans l'administration de cette méthode de traitement, ne pourrait remplir toutes les conditions exigées pour lo

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succès. Il faudrait donc reprendre en détail la description de chacun des procédés et spécifier ses indications particulières. Aussi conseillons-nous à tous les médecins qui voudraient se livrer à la pratique de l'hydrothérapie, d'en étudier les administrations diverses dans l'ouvrage consciencieux que nous venons de mettre à contrihution, ainsi que dans celui de M. Scontetfen.

Un ouvrage plus complet et plus scientifique encore a paru sur cette matière depuis notre quatrième édition : nous voulons parler du Traité pratique et raisonné d'hydrothérapie de M. Fleury.

Ce médecin distingué a créé en quelque sorte l'hydrothérapie méthodique à Paris, et il manie cette héroïque médication avec une habile énergie. Indépendamment des succès qu'il a obtenus dans toutes les maladies chroniques où déjà l'efficacité de l'hydriatrie était consacrée, il l'a appliquée avec des résultats dignes d'attention aux fièvres intermittentes réfractaires avec engorgement des viscères du ventre, et aux affections utérines. Nous avons des raisons de croire à la supériorité de cette médication sur presque tous les autres traitements ordinaires, dans ces dernières maladies.

Les maladies goutteuses et rhumatismales dans leurs formes articulaires invétérées, chez les sujets robustes, sont encore un des triomphes de l'hydriatrie entre les mains de M. Fleury.

La lecture de cet ouvrage fera tomber bien des préventions et répandra utilement une médication qui est une des conquêtes thérapeutiques les plus sérieuses du dix-neuvième siècle.

Lorsqu'on ne cherche dans l'hydriatrie qu'une médication tonique, nous pensons que les bains de mer peuvent la remplacer avec avantage. Si à l'action tonique on veut adjoindre l'effet altérant ou dépuratif, l'hydrothérapie offre des ressources qu'on ne trouve plus dans le bain de mer. Il n'est guère probable que le passage prolongé d'une immense quantité d'eau à travers l'appareil circulatoire et tous les organes sécréteurs, soit une chose indifférente à l'économie et ne puisse modifier profondément certains états morbides, comme la goutte, les rhumatismes chroniques, les dartres invétérées, etc., affections contre lesquelles le bain de mer a peu de puissance curative.

Il est encore un autre progrès introduit par le paysan de Grsefenberg dans la médication par l'Eau froide : ce sont les applications locales variées, ingénieuses et utiles qu'il a faites de ce grand moyen thérapeutique. Ces administrations topiques de l'Eau froide faites avec prudence et précision sont appelées à prendre un rang distingué dans la thérapeutique, soit comme moyens sédatifs, soit comme moyens toniques, soit comme moyens résolutifs. L'application doit en être surveillée par un médecin intelligent .

La découverte du chloroforme et de l'éther et de leurs apphcations anesthésiques a stimulé le génie des physiologistes et des chirurgiens. On a voulu trouver des topiques capables d'éteindre la sensibilité de la

peau des parties qui allaient être soumises à l'action du fer et du feu, sans exposer les patients à des absorptions toxiques dont les dangers ne sont aujourd'hui que trop constatés.

Le plus efficace de ces moyens est sans doute la glace pilée mêlée à parties égales de sel marin, renfermée dans une gaze et appliquée sur la peau qu'on veut rendre insensible. Il suffit de quatre à cinq minutes de contact du mélange réfrigérant pour que l'insensibilité soit produite. On s'en assure de deux manières : d'abord par l'aspect de la peau, qui, sur les points glacés, devient blanchâtre et dure comme par le fait de certaines éruptions dressera ou de po?relaine, si ce n'est qu'elle est froide comme une peau de cadavre durcie par la gelée.

De plus, on peut y enfoncer impunément une épingle. Nous avons souvent employé ce procédé pour appliquer le feu dans les névralgies, et les malades n'ont jamais ressenti les premières brûlures.

L'anesthésie complète dure plusieurs secondes, et plusieurs secondes incomplète ; elle persiste plus longtemps quand l'opération est praliquée avec le bistouri, et cela se comprend facilement. (Pour plus de détails, voir au chapitre de la Médication anesthésique.)

Les agents thérapeutiques que nous rangeons à la suite du Froid et sous le même titre que lui, sont pourtant loin de lui être analogues en tous points. On doit même dire qu'aucun d'eux ne possède toutes ses propriétés Ils ouïssent seulement d'actions sédatives spéciales à la manière des substances narcotico-âcres que les médecins de l'école italienne appellent des contro-stimulants . C'est surtout sur la chaleur animale et les mouvements du cœur qu'ils exercent leur vertu sédative. On peut dire avec vérité, pour légitimer leur rapprochement avec le Froid, qu'ils enchaînent les manifestations d'activité vitale par une action directe et comme ennemie de la vie; mais leur influence n'est pas uniformément dépressive ; et souvent, en même temps qu'ils apaisent une manifestation vitale, ils en excitent une aufre ; c'est ce qui se voit surtout lorsqu'ils agissent comme poisons, et qu'ils produisent ces phénomènes ataxiques singuliers qui caractérisent les intoxications par les substances narcoticoâcres. Presque tous aussi sont diurétiques. Leur place se trouve donc mieux ici que partout ailleurs.

La Digitale pourprée {Digilalin purpurea) est une plante bisannuelle, indigène, de la famille des Scrofulariées, didynamie angiospermie de Linné. Elle croît dans les lieux pierreux et sablonneux, et fleurit en juin et en juillet. On se sert principa-

lement des feuilles radicales et des semences.

Caractères gén&iqucs. Calice persistant à divisions inégales ; corolle en cloclie, ventrue ; limbe court, oblique, à guatre divisions obtuses^ inégales, dont la supé-

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rieure est souvent échancréc, quatre étamines didynames ; un style j capsule ovoïde, loculaire.

Caractères spécifiques. Folioles calci- ■ nales ovales, aiguës ; corolle obtuse, lèvre supérieure entière. L'intérieur du ventre de la corolle est marqué de taches en forme d'yeux; les feuilles sont rugueuses ; la tige est simple, anguleuse, velue; les feuilles sont oblongues, aiguës, brun vert en dessus, blanchâtres en dessous ; les fleurs sont d'une couleur purpurine, attachées le long d'un seul côté de la tige et pendantes.

Le principe actif de la Digitale, que Leroyer, de Genève, croyait être un alcaloïde, paraît avoir été enfin isolé à l'état de pureté par MM. Homolle et Quévenne.

La digitaline, obtenue par ces chimistes, se présente sous la forme d'une poudre blanche, amorphe, inodore, d'une saveur excessivement amère, sensible surtout à l'arrière-gorge.

Elle est à peine soluble dans l'eau froide, un peu plus soluble dans l'eau bouillante, soluble en toutes proportions dans l'alcool faible ou concentré.

L'éthcr pur n'en dissout que des traces.

La digitaline est un composé ternaire, ne renfermant pas d'azote, parfaitement neutre aux papiers réactifs.

Lhe est également incapable de se combiner avec les acides ou avec les alcalis.

Poudre de Digitale.

Il frut, d'après le Codex, pulvériser la Digitale en s'arrêtant lorsque les trois quarts ont été réduits en poudre.

Les feuilles radicales doivent êlre récollées avant la floraison. On les dessèche à l'étuve avec soin, et on les enferme dans des flacons bien bouchés.

Poudre de semence de Digitale.

M. Brossard (de Rouen) propose de substituer les semences aux feuilles, d'abord parce qu'elles sont plus actives, puis parce qu'elles ont une composition plus constante, 1 gramme de semence piléo contenant 1 milligramme de digitqjine.

[Bull, de Thérap., 1857.)

Tisane de Digitale.

Pr. : Feuilles sèches de Digitale

Eau bouillante. . .

. . 25 cent.

. . 1,000 gr.

Faites infuser pendant une demi-heure, passez.

Extrait de Digitale [Exlraclum Digitalis).

Feuilles sèches de Digitale.

Eau distillée bouillante. . .

Réduisez les feuilles de Digitale en poudre grossière; faites les infuser pentlant douze heures dans G parties d'eau.

Passez avec expression à travers une toile, laissez déposer, traitez le marc de la même manière, avec le reste de l'eau, concentrez au bain-marie la première infusion, ajoutez la seconde après l'avoir amené à l'état sirupeux et évaporez jusqu'en consistance d'extrait du marc (Codex).

Extrait alcoolique de Digitale [Extractum Digitalis alcoole paralum).

Feuilles sèches de Digitale. . . 1.000 Alcool à 60 degrés 6^000

Pulvérisez les feuilles de Digitale et introduisez la poudre modérément tassée, la quantité d'alcool nécessaire pour qu'elle en soit pénétrée dans toutes ses parties; fermez alors l'appareil, et laissez les deux substances en contact pendant douze heures. Au bout de ce temps, rendez l'écoulement libre, et faites passer successivement sur la Digitale la totalité de l'alcool prescrit.

Distillez la liqueur alcoolique, pour en retirer toute la partie spirilueuse, et concentrez au bain-marie jusqu'en consistance d'extrait mou (Codex).

Teinture de Digitale {Tinctura de Digitale).

Feuilles de Digitale en poudre

demi-fine 100

Alcool à GO degrés q. s.

Opérez comme pour la teinture de quinquina (Codex).

Sirop de Digitale {Syrupus de Digitale purpurcâ).

Teinture de Digitale. ... 25 Sirop de sucre 1,000

Prenez 100 grammes de sirop de sucre, portez-les à l'ébullition ; ajoutez la teinture. Continuez de faire bouillir, jusqu'à c:' que le sirop soit ramené au poids de 100 grammes ; mélangez avec le sirop de sucre qui reste.

20 grammes de ce sirop correspondent à 50 centigrammes de teinture de Digitale, ou à 33 milligrammes d'extrait alcoolique (Codex).

Digitaline [Digilalina),

Feuilles de Digitale pourprée en

poudre 2,000

Sous-acétate de plomb liquide. . 500

Carbonate de soude 80

Phosphate de soude ammoniacal 'tO

Tannin 80

Litharge 50

Charbon animal 500

Alcool il 90 degrés (

Eau

Placez la poudre sèche de feuilles de Digitale dans un appareil à déplacement et humectez-la avec 3 litres d'eau distillée, ajoutez ensuite peu îi peu, et par petites portions, des quantités d'eau suffisantes, pour obtenir 6 litres de liqueur dont la densité soit de 1,050 au minium. Ajoutez à la solution le sous-acétate do plomb ; séparez par le filtre le précipité obtenu. Ajoutez successivement à la liqueur filtrée les solutions de carbonate de soude et de phosphate de soude ammoniacal, filtrez de nouveau et précipitez la liqueur par dissolution de tannin.

Recueillez le précipité sur un filtre ; mêlez-le avec la litharge et le charbon animal.

Séchez le mélange, épuisez-le par l'alcool à 90 degrés. Evaporez la solution à siccité au bain-marie ; épuisez le résidu par l'eau distillée, reprenez-le par l'alcool à 90 degrés ; chassez de nouveau l'alcool et épuisez le résidu par le chloroforme.

La solution chlorot'ormique abandonnera par l'évaporation, la digitaline sous forme d'une masse d'apparence résineuse friable, douée d'une odeur aromatique ■sui generis, et d'une amertume extrême, neutre au papier de Tournesol, soluble en toutes proportions dans -l'alcool et dans le chloroforme.

Cette substance se ramollit à 90 degrés, entre en fusion à 100, elle n'est point précipitée de ses solutions par les sols de plomb, elle forme avec le tannin un composé insoluble. Au contact de l'acide chlorhydrique, elle se colore en vert émeraude, propriété qui la caractérise.

La digitaline purifiée par disssolution dans le chloroforme est environ deux fois plus active que le produit qui n'a pas subi ce traitement.

Granules de digitaline {Granulœ cum digitalinâ)

Digitaline OS^IO

Sucre de lait pulvérisé 4 ,00

Gomme arabique pulvérisée. . . 0 ,90

Sirop de Miel q. s.

Triturez la digitaline dans un mortier de porcelaine avec le sucre de lait, que vous ajouterez par petites portions à la fois, mêlez la gomme arabique, et faites avec le sirop une masse bien homogène.

Divisez cette masse en cent granules •que vous argenterez.

Chacun de ces granules contient 1 milligramme de digitaline (Codex).

C'est en 1841 que MiNI. HomoUe et Quévenne présentèrent à la Société de pharmacie leur premier échantillon de digitaline, et le procédé de préparation de ces messieurs a été accepté par le nouveau Codex de 1866.

La digitaline que nous possédons n'est pas toujours un produit identique à, luimôme et sa solubilité varie. M. Roussin (Tardieu, Empoisonnement) pense que

cela tient à ce que, sous l'intluence des plus légères réactions, la digitaline peut éprouver des transformations qui modifient et changent ses propriétés physiques et chimiques.

Dans ces derniers tempo cependant un savant belge, M. Nativelle (Acad. de médecine de Belgique, 26 mars 1866) dit avoir obtenu de la digitaline cristallisable, blanche, soluble en toutes proportions dans l'alcool, mais à peine soluble dans l'eau, plus un autre produit entièrement soluble dans l'eau qu'il appelle digilolc'ine amorphe, plus ùn autre produit amorphe soluble dans l'eau et cristallisable qu'il appelle digitoléine cristallisée. {Moniteur scientifique, IS février 1867.)

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