ACTION PHYSIOLOGIQUE DE LA GRANDE CIGUE
Quoique l'empoisonnement par la Ciguë fût un supplice assez fréquemment usité dans la Grèce, cependant les médecins ne nous ont rien transmis qui Mt relatif aux symptômes éprouvés par les condamnés. Il faut arriver à une époque très-rapprochée de nous pour trouver des histoires d'empoisonnement assez détaillées. Quelques faits cités par Vicat [Histoire des plantes vénéneuses de la Suisse), par Ilaaf [Journal de méd. de Leroux, t. XXIII, p. 107), par Choquet [ibid., avril 1813), permettent de conclure que les racines, l'extrait et les feuilles de grande Ciguë produisent des accidents d'autant plus redoutables que la plante a crû dans un climat plus chaud.
L'assoupissement, la stupeur, le délire, la syncope, quelquefois l'extrême ralentissement du pouls, la gène de la respiration, le refroidissement, les nausées, les vomissements, tels ont été les symptômes de l'empoisonnement par la grande Ciguë, symptômes qui peuvent se terminer par la mort.
Chez les animaux, les expériences ont démontré' que la conicine ou cicutine produit localement des symptômes d'une assez vive irritation ; une fois absorbée, elle détermine les phénomènes des poisons stupéfiants, avec une intensité presque aussi grande que le fait la nicotine (Geiger, Christison).
Ingérée dans l'estomac, elle cause des nausées, du malaise et des vertiges, et, après l'absorption, l'embarras de la langue et l'anéantissement des forces musculaires. La paralysie atteint d'abord les muscles volontaires, puis les muscles respiratoires, le cœur gauche (Schroffj, et enfin le diaphragme; de là, la mort par asphyxie. La paralysie est souvent précédée de convulsions cloniques portant surtout sur les muscles fléchisseurs, à l'inverse de la strychnine, qui porte davantage sur les muscles extenseurs. (Orfila, Gubler, OUivier et Bergeron, Nouveau Dictionnaire, t. YII, art. CiGUE.)
Quand la Ciguë est donnée à petites doses, elle ne cause d'abord que quelques légers vertiges, del'obnubilation, de la céphalalgie, de l'anxiété,