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ACTION PHYSIOLOGIQUE DU LAURIER-CERISE

Il n'est pas rare de voir des nourrices imprudentes aromatiser le lait des enfants avec une trop grande quantité de feuilles de Laurier-Cerise, et produire ainsi des empoisonnements. Ingenhousz a vu la décoction de deux feuilles de Laurier-Cerise dans du lait causer de graves accidents [Expériences sur les végétaux., p. 233). Souvent nous faisons prendre, le soir, aux personnes atteintes de catarrhe pulmonaire avec toux violente, une infusion d'une ou deux feuilles de Laurier-Cerise dans du lait bouillant. Cela suffit pour causer une ivresse passagère et une dilatation considérable des pupilles qui persiste pendant vingt-quatre heures.

L'eau distillée est, au dire de quelques auteurs, un poison tellement violent, qu'il suffit de quelques grammes pour donner la mort à un animal de forte taille; suivant quelques autres, c'est une préparation tellement innocente, qu'on en peut administrer jusqu'à 350 grammes par jour à

un homme sans qu'il en soit notablement incommodé. Gela tient, d'une part, à ce que des pharmaciens peu soigneux n'enlèvent pas l'huile esseniielle qui surnage l'eau distillée, et, d'autre part, à ce que celte eau est souvent tout à fait affaiblie. Par là s'expliquent les résultats différents auxquels sont arrivés les divers expérimentateurs, et le peu de conformité des résultats thérapeutiques obtenus par les médecins.

De ce qui précède, on doit néanmoins tirer la conclusion que l'eau distillée de Laurier-Cerise ne doit être employée à l'intérieur qu'avec la plus grande circonspection, à moins que par des essais répétés on n'ait été à même de bien connaître l'activité de celle que l'on emploie.

L'huile essentielle de Laurier-Cerise est aussi activement délétère que l'acide cyanhydrique, dont elle partage d'ailleurs toutes les propriétés. Les expériences de Nichols {Dissertatio de iauro-cerasi, etc., etc.), celles de Fontana (Traité du poison et de la vipère), le démontrent assez.

Les symptômes de l'empoisonnement par l'eau distillée et par l'huile essentielle de Laurier-Corise ne diffèrent pas de ceux que produit l'acide cyanhydrique, dont nous avons parlé plus haut.

Les usages thérapeutiques du Laurier-Cerise sont aussi les mômes que ceux de l'acide cyanhydrique et des amandes amères {videsuprà). Linné {Amœnit. acad., t. IV, p. 40) conseille le Laurier-Cerise dans la phthisie tulmonaire, et il dit que ce médicament est d'un usage populaire en Belgique pour le traitement de celte redoutable affection. Il est probable que l'assertion de Linné, que rien n'a justifiée de nos jours, a encouragé quelques médecins de notre époque à conseiller l'acide cyanhydrique dans la même maladie et avec aussi peu de bonheur. Krimer a publié des observations qui démontrent, suivant lui, l'utilité de la vapeur de l'eau de Laurier-Cerise dans les affections spasmodiques des poumons et des muscles de la poitrine. 11 fait respirer depuis 4 grammes jusqu'à ■15 grammes de cette eau bien préparée, versée sur un vase chaud de manière à s'évaporer en dix ou douze minutes {Dictionnaire de Mérat et de Lens, t. V, p. 175). Le Laurier-Cerise est sédatif à petites doses et s'administre comme tel dans les phlegmasies des organes respiratoires.

Le même médicament a été conseillé et comme moyen topique et comme remède interne, dans les mêmes circonstances que toutes les substances qui contiennent du cyanogène et surtout que les amandes amères dont nous avons traité tout à l'heure.

MODE d'administration ET DOSES.

Les préparations que l'on emploie sont : l'eau distillée, l'huile essentielle, la poudre, l'infusion.

L'eau distillée est la préparation la plus employée. Elle a d'autant plus

de force qu'elle est plus récente ; on la donne à la dose de 1 à 4 grammes.

L'huile essentielle est un médicament beaucoup moins infidèle. Son extrême énergie ne permet pas d'en donner plus de 3 ou 4 gouttes en vingt-quatre heures. On doit alors la suspendre dans un véhicule aqueux que le malade prendrait par doses fractionnées, en ayant soin de bien agiter chaque fois le mélange. On peut encore, pour l'usage médicinal, l'étendre de dix ou douze fois son poids d'huile d'amandes douces. Cette huile sert aussi à composer des liniments, des pommades, dont on a tiré parti pour calmer des douleurs locales.

La feuille, séchée et pulvérisée, a perdu beaucoup de son activité; on peut l'administrer à la dose de 1 à 8 grammes en vingt-quatre heures.

Pour une infusion ou une décoction de 500 grammes d'eau ou de lait, on prend d'une à deux feuilles fraîches. Il faut faire observer pourtant que deux feuilles pourraient chez les enfants produire quelquefois des accidents graves. C'est de cette manière que l'on fait le lait amandé, préparation culinaire très-recherchée, et qui certes est un excellent moyen à employer dans les toux nerveuses qui fatiguent si souvent les femmes.

Les amandes du noyau des pèches, des abricots, des brugnons, des merises, des prunes, des cerises, contiennent aussi une très -grande proportion d'une huile essentielle identique à celle des amandes amères et du Laurier-Cerise, et que l'on fixe par la distillation ou parla macération, dans des liqueurs connues sous les noms de Eau de noyau, [{irschenwasser, Ratafia, etc., etc. En les distillant avec l'eau, elles donnent une eau distillée, dont l'odeur, la saveur et les propriétés ne diffèrent pas de celles du Laurier-Cerise. Nous croyons donc tout à fait inutile de nous y arrêter davantage.

Les eaux distillées de feuilles d'amandier et de pêcher, autrefois employées, jouissent des mêmes propriétés que l'eau de Laurier-Cerise, celle qui était employée autrefois sous le nom d'Eau de cerises noires et que l'on obtient en distillant le suc fermenté des cerises noires dans lequel on a ajouté des feuilles de cerisier et des noyaux écrasés. Toutefois, cette eau doit se rapprocher beaucoup par sa composition de l'eau de Laurier-Cerise.

Les amandes amères entrent dans la composition du sirop d'orgeat, boisson d'agrément que les confiseurs et les liquoristes rendent plus agréable en la préparant uniquement avec les amandes amères. L'usage d'un pareil sirop pourrait déterminer des accidents très-graves.

Le Curare ou Poison des flèches est une la guerre, parce qa'h. trf-s-petites doses il

substance toxique employée par les natu- tue en très-peu de temps, et à la chasse,

rels de l'Amérique du Sud pour la chasse parce que les animaux ainsi empoisonnés

et la guerre. Ce poison, dont on ne con- peuvent être mangés sans trop faire cou-

naît pas la préparation exacte, est utile à rir de dangers.

On ne sait pas encore très-bien si ce poison est d'origine végétale ou animale. Il semblerait au premier abord appartenir au règne animal, parce que, comme les venins, il tue quand il est inoculé sous la peau, tandis que, jusqu'à une certaine dose, il peut être mangé sans danger, pourvu qu'il n'y ait pas d'ulcérations de la bouche.

Le Curare, qui a été si bien étudié par M. Claude Bernard, est une matière d'apparence résineuse, d'un brun noirâtre, ressemblant assez, pour l'aspect, à de l'extrait de jus de réglisse. On le rencontre dans le commerce, soit dans des petits pots d'argile, soit dans des calebasses. M. Claude Bernard pense que celui qui est dans des petits pots d'argile vient des bords de l'Amazone, tandis que celui qui est dans les calebasses viendrait des parties méridionales du Brésil. Cet extrait sec paraît se conserver indéfiniment, la chaleur ne l'altère pas.

Le Curare a une activité irès-variablo.

Celui qui recouvre les flèches et celui qu'on reçoit dans les petits pots d'argile sont bien plus actifs que celui qui est renfermé dans des calebasses.

Le princijie actif du Curare est solublo dans l'eau, l'alcool, le sang, la salive, le suc gastrique, l'urine, enfin dans toutes les liqueurs animales acides ou alcalines. Les solutions aqueuse et alcoolique sont d'un beau rouge, plus foncé pour la première ; elles ont une amertume excessivement prononcée. {Substances toxiques et medicamrnieuses, p. 238 et suiv.)

Ce principe paraît être un alcaloïde,

isolé d'abord par MM. Boussingault et Roulin, puis par M. Preyer jeune. Voici comment s'exprime M. Claude Bernard à l'égard de la Curarine :

« La Curarine est beaucoup plus active que le Curare d'où elle est extraite. J'ai donné à M. Preyer, pour les traiter, des Curares contenus dans des calebasses et, par conséquent, les moins actifs. L'expérience sur les animaux m'a montré que cette Curarine était au moins vingt lois plus énergique que les (;:urares d'oii elle a été extraite. Un milligramme de Curarine en dissolution dans l'eau, injecté sous la peau d'un lapin de forte taille, le tue très-rapidement, tandis qu'il faut 20 milligrammes de Curare en dissolution et injectés de même sous la peau pour obtenir un effet toxique mortel sur un lapin du même poids.

« Les effets de la Curarine sont identiques, sauf l'intensité, avec ceux du Curare. L'action est exactement la même sur le système nerveux, et, aussi loin que j'ai pu poursuivre les détails de cette comparaison physiologique, je n'ai rencontré aucune différence apparente entre les effets des deux substances. En outre, la Curarine m'a paru rester toujours, comme le Curare, très-dllficilement absorbable par le canal intestinal. » {Académie des sciences, 1803.)

La Curarine a pour formule C'H'^As.

Le Curare contient, outre la Curarine, une substance grasse, de la gomme, une matière colorante rouge, de la résine et une substance végéto-animale.

PHARMACODYNAMIE.

Nous avons vu que le Curare agit à la manière des venins : il peut être impunément avalé, tandis qu'introdtiit dans la peau il produit des effets toxiques.

Il a été importé en France, pour la première fois, par Walter Raleigh, qui, lors de la découverte de la Guyane, le rapporta sur des flèches empoisonnées. Vers la fin du dix-huitième siècle, Fontana l'étudia sous le nom de ticuna. Mais c'est M. Claude Bernard qui l'a définitivement fait connaître dans ses expériences mémorables.

Si l'on injecte sous la peau d'un chien une dose de Curare suffisante pour lui donner la mort, au bout de peu de temps, cinq minutes environ, l'animal commence à éprouver quelques symptômes qui se traduisent par un changement d'allures ; bientôt son train de derrière s'affaisse, comme si ses pattes postérieures refusaient de le soutenir. Il se tient pendant quelques secondes dans cette posture, puis la voix lui manque, les pattes antérieures fléchissent, et il tombe étendu sur le flanc. A ce moment, le thorax se meut et la respiration s'exécute assez bien ; mais peu à peu les côtes ne se soulèvent plus que péniblement et à de longs intervalles. La

paupière perd sa mobilité ; enfin, le diaphragme exécute seul quelques mouvements respiratoires; puis ces mouvements diminuent, l'a'nimal paraît insensible aux excitiitions extérieures et la respiration s'arrête.

Si la dose est plus faible, l'animal tombe seulement dans un relâchement complet, pendant lequel la respiration s'effectue assez bien, et, au bout d'une heure ou deux, il revient à l'état normal.

En somme, le Curare abolit les fonctions du système nerveux moteur en allant de la périphérie au centre. L'animal meurt par la paralysie des muscles respirateurs ; le diaphragme est le muscle qui se paralyse le dernier, et, comme l'élimination du Curare se fait d'une manière assez rapide, si, au moment où le diaphragme fonctionne encore, on soutient l'animal par la respiration artificielle, on peut le faire revivre, car l'action du Curare se prolonge rarement au delà de deux heures.

Des expériences de MM. Voisin et Liouville {Journal de l'anatomie et de la physiologie, 4867, p. 123) ont montré que le Curare à dose faible produit les effets suivants : localement, le Curare est légèrement irritant; placé sur le derme dénudé, il provoque une douleur assez vive; injecté par la méthode sous-cutanée, il détermine un petit phlegmon au niveau de la piqûre, petit phlegmon qui peut se terminer par la résolution en quelques heures, mais qui peut durer plusieurs jours et se terminer par suppuration en formant un petit abcès.

Cette petite inflammation locale s'accompagne d'une excitation générale, d'une fièvre de quelques heures qui se caractérise par les trois stades : frisson, chaleur et sueur. Le pouls, la température et la respiration s'élèvent un peu, et finalement le poison s'élimine en nature par les urines, produisant de la diurèse et delà glycosurie passagère. Le tout est terminé au bout de vingt- quatre heures.

Il est d'autres phénomènes qui, d'après les mêmes observateurs, se produisent à dose plus faible. En administrant de 5 à 9 centigrammes de Curare, on trouble la vue ; les images deviennent confuses et la paupière supérieure s'abaisse un peu. Si la dose est un peu plus forte, les troubles de la vue se caractérisent et montrent une paralysie de la troisième partie : chute plus ou moins accusée de la paupière supérieure, dilatation de la pupille, strabisme externe, et, par suite, diplopie avec les images croisées, puis vient une tendance au sommeil.

Le Curare étant un médicament variable, on devra toujours essayer auparavant celui qu'on devra administrer à l'homme. Pour ce dosage, ce n'est point sur les caractères chimiques qu'il faut compter, mais sur les effets physiologiques.

Voici comment on procède :

On prend une grenouille, on lui fait une petite incision à la peau du

dos et l'on glisse par cette ouverture soit un petit fragment de la substance sèche, soit quelques gouttes de la solution, et l'on attend que la grenouille ait expiré, ce qui arrive au bout de quelques minutes. On l'ouvre immédiatement après et l'on constate que le cœur bat encore, mais que les nerfs moteurs ne sont plus excitables. On est alors sûr que l'on a du véritable Curare.

Le Curare sera administré à l'homme d'abord à la dose de (0,10) 10 centigrammes. D'après M. Preyer, lacurarine cristallisée peut être employée à la dose de 1 centigramme. On fait ensuite une solution au dixième dans l'eau distillée, qu'on introduit par la seringue à injection sous-cutanée à la dose prescrite. On fait les piqûres de préférence aux membres, afin de pouvoir modérer l'absorption par une ligature si l'on s'apercevait que la dose administrée est trop forte.

Le Curare est un poison trop dangereux pour qu'on n'ait pas dû régler minutieusement son mode d'administration. Il faut tout au moins s'assurer qu'on ne fera pas de mal [primo non nocere), surtout quand on est si peu sûr de faire du bien, car jusqu'à présent on n'a pas obtenu grand'chose du Curare comme agent thérapeutique.

Tétanos. Nous Connaissons une quinzaine de cas de tétanos traités par le Curare, parmi lesquels il y a eu deux guérisons, dont l'une appartient à M. Vella, de Turin, et l'autre à M. Chassaignac.

Dans les autres cas, l'insuccès peut être attribué jusqu'à un certain point à ce que l'on a administré des doses insuffisantes de Curare. On peut sans inconvénient, au dire de M. Jo-usset de Bellesme, commencer par une injection sous-cutanée de 10 centigrammes du Curare le plus actif.

Le Curare a été égfilement administré dans répilepsie^etl'hydroxjhobie- On n'en a rien obtenu.

FÈVE D'ÉPREUVE DU CALABAR (physostigma venenosumJ.

La Fève du Calabar, connue seulement depuis quelques années en France, fut déci'ite, en 184C, par le docteur anglais Daniel. L'action toxicologique de ce produit fut étudiée, en 1855, par Christison. Cette fève est longue de 25 millimètres et large de 10 à 15 millimètres environ; son poids moyen est de 3 grammes. Elle est insipide et inodore; l'épisperme est dur, cassant, légèrement chagriné, d'une couleur brun-chocolat.

L'amande est formée d'un embryon avec deux gros cotylédons rétractés, laissant au milieu une cavité ; ils sont fermes, mais cependant assez friables. La Fève du Calabar décortiquée donne 30 pour 100 d'épisperme et 70 pour 100 d'amande blanche.

C'est le fruit du Physostigma veneno-

sum, de la famille des légumineuses papilionacées, euphaséolées, qui croît dans diverses parties de l'Afrique , mais plus spécialement en Guinée et sur les bords de la rivière de Calabar.

Cette plante est ligneuse, épaisse d'environ 5 centimètres, et s'élève jusqu'à 15 mètres de hauteur. Les feuilles sont larges, alternes, trifoliolécs ; les fleurs sont papilionacées ; le fruit est une gousse d'un brun foncé, longue de 15 à 20 centimètres, ronfermaut trois fèves. Les indigènes nomment cette fève liseré, qui signifie Fève d'épreuve, parce que l'on soumet à l'épreuve de sa puissance toxique les individus accusés d'un crime, afin (le connaître leur innocence ou leur culpabilité.

Elle contient, du reste, une substance

FEVE D'ÉPREUVE DU CALABAR.

d'un jaune brun, amorphe et d'une grande force toxique : c'est la Physostigmine ou Calaburine.

Cette substance, soluble dans l'éther, la benzine, l'alcool, l'ammoniaque, la soude caustique, l'eau additionnée de chlorure de sodium, possède, comme l'extrait aqueux et l'extrait alcoolique de la Fève, la propriété de contracter la pupille, manifestant ainsi une action opposée à la belladone et à l'atropine.

Li^s acides dissolvent la Calabarine ou Physosliginine et forment avec elle des sels rouge foncé, ou d'un noir bleu. Le tannin, les chlorures d'or, de platine et de mercure, la précipitent de ses dissolutions.

Le Codex prépare ainsi l'extrait alcoolique de Fève de Calabar. [Exlractum Fubiœ Calabariensis.)

Fèves de Calabar. . . 1,000 grammes.

Alcool à 80 degrés. . 5,000 —

Réduisez les fèves en poudre très-fine; faites digérer cette poudre avec un litre d'alcool, dans le bain marie d'un alambic, maintenez à une douce chaleur pendant deux heures ; puis introduisez le mélange dans un appareil à déplacement. Quand, après la digestion, le liquide cessera de couler, versez sur la poudre un deuxième litre d'alcool bouillant, et continuez ainsi jusqu'à l'épuisement de l'alcool indiqué.

Réunissez les solutions et distillez pouP retirer tout l'alcool, achevez réva[)oration au bain-marie. 11 faut agiter sans cesse pendant l'opération, pour que le produit soit homogène. 1,000 grammes de Fèves de Calabar fournissent 25 à 30 grammes d'extrait de consistance pilulaire.

Comme les résidus laissés par l'alcool fort, et repris ensuite par l'eau, sont encore très-actifs , Réveil conseille d'employer l'alcool à 65 degrés, de préférence à tout autre, pour la préparation de l'extrait alcoolique.

D'après le môme auteur, l'extrait d'amandes fournit 2,066 pour 100 du poids total de la Fève, et l'épisperme 0,17 pour 100, en tout 2,830 pour 100; l'extrait de l'amande est beaucoup plus actif que celui de l'épisperme.

Enfin, MM. Vée et Leven, en suivant le procédé de M. Stas, ont retiré de la Fève du Calabar un alcaloïde cristallisable en lamelles, auquel ils ont donné le nom d' Eserine, du mot Eseré de la langue indigène. Cette substance est soluble dans l'éther, l'alcool, le chloroforme ; mais peu solubie dans l'eau. Elle bleuit le tournesol ; elle se combine aux acides, et donne des sels presque tous solubles dans l'eau et d'une plus grande stabilité que l'éserine pure. Le tannin la précipite en blanc, le ch orure d'or en jaune, l'iodure de potassium ioduré en brun, l'iodure double de mercure et de potassium en blanc.

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