‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 81 sur 335 · ÉTHERS · texte numérisé non relu

ÉTHERS

jaune d'œuf, le lait, la crème; dans des potions ordinaires à l'aide de la magnésie, et même de l'amidon, dans l'alcool, l'eau-de-vie, le vinaigre, dans des sirops, des juleps. La dose peut, selon les besoins, s'élever de 50 centigrammes à 1 gramme par jour, en ayant soin de la fractionner. Elle peut môme être portée plus haut avec cette précaution. Son action est très-fugace. Il est impossible de la fixera cause du caractère variable de son intensité d'action. Suspendu dans un jaune d'œuf, il trouve souvent son indication en lavements. L'eau-de-vie et l'huile camphrées sont d'un usage vulgaire. Une foule de préparations internes et externes contiennent du Camphre.

ETHERS.

Les anciens chimistes donnaient le nom d'Elhcr k la combinaison, en certaines proportions, de l'alcool et de l'acide pulfurique. La volatilité de ce liquide, son inflammabilité, son odeur pénétrante et agréable lui avaient valu le nom d'fc'/fter. Plus tard, on put constater que beaucoup d'autres acides jouissaient à cet égard des mêmes propriétés que l'acide sulfuriquo, •et qu'ils formaient également de l'Ether avec l'alcool.

Nous ne croyons pas devoir ici entrer dans la théorie des Ethers, et nous renverrons aux ouvrages de chimie organique qui en traitent w extenso. Nous nous bornerons à indiquer le mode de préparation des Ethers employés en thérapeutique, et celui de divers médicaments dans la composition desquels ils entrent.

Cependant nous dirons que tous les alcools (alcools de vin, de fécule, de bois, etc.) peuvent donner naissance à trois genres d'Ether. Les Ethers viniques ■sont seuls employés; nous allons les indiquer :

1° Les Ethers du premier genre peuvent être considérés comme formés d'hydrogène bicarboné et d'un équivalent d'eau C*H'*HO ou comme un oxyde d'éthyle= CH-ISQ. L'Ether sulfurique est le seul de ce groupe.

2° Les Ethers du second genre sont composés du même hydrogène carboné et d'un hydracide C*I1*CIH, ou comme une combinaison de l'éthyle avec un métalloïde autre que l'oxygène = CHl^'CI ; les Élhers chlorhydrique, iodhydrique, sulfhydrique, etc., appartiennent à ce groupe.

3" Ceux du troisième genre renferment les acides qui ont servi h les former, combinés à l'Ether du premier genre ; ainsi l'Ether nitrique serait représenté par AzQS, CH-PO. Les Ethers nitreux, l'huile douce de vin et tous ceux formés par les acides organiques appartiennent îi cette classe.

Les Ethers que l'on emploie en médecine sont l'Ether sulfurique, l'Ether nitreux, l'Ether acétique.

Ellier sulfurique, Elher hydratique , oxyde d'élhyle. L'Ether sulfurique est un liquide incolore, d'une odeur suave, vive et pénétrante. Sa densité est de 0,71. Il bout à 38 degrés et se volatilise rapidement à la température ordinaire.

L'Ether se dissout difficilement dans l'eau, en agitant, par exemple, deux volumes égaux d'eau distillée et d'Ether; les deux liquides se séparent par le repos : l'Ether contenant de l'eau en dissolution occupe la partie supérieure du vase ; la couche inférieure est composée d'eau ne contenant qu'un neuvième de son poids d'Ether.

On prépare l'Ether en faisant agir l'alcool sur l'acide sulfurique à l'aide de la chaleur. L'opération consiste dans une distillation.

On rectifie le produit en le distillant avec de la potasse ou de la magnésie; cet Ether doit être neutre aux papiers réactifs; celui du commerce renferme toujours de l'eau et de l'alcool. L'Ether médicinal doit marquer 56 degrés à l'aréomètre de Baumé.

L'eau de Rabel, ou alcool sulfurique, formée d'un mélange de trois parties d'alcool à 85 degrés et une partie d'acide sulfurique à tiO degrés, ne doit pas être considérée comme un simple mélange, car elle renferme de l'acide sulfovinique (bisulfate d'oxyde d'éthyle) ; aussi ce produit prond-il à la longue une odeur fortement éthérée ; la coloration rouge qu'il présente est due aux pétales de coquelicot.

Liqueur d'Hoffmann, ou alcool éthéré.

Pr. : Ether sulfurique 1 {)art.

Alcool à 85 degrés i

Mêlez.

Eau étliérée.

Ether sulfurique 1 part.

Eau distillée 3

On met dans un flacon bien bouché l'eau et l'Ether, et l'on agite vivement à plusieurs reprises; après vingt-quatre heures, on renverse le flacon, et l'on soutire l'eau sans laisser couler l'Ether en excès qui est à la surface. On estime que l'ecau, dans ce cas, dissout le dixième de son poids d'Ether.

Sirop d'Ether (Sirupus cum Ethere sulfurico).

Sirop de sucre incolore.. . . 800 gram.

Ean distillée 100

Alcool de vin à 80 degrés.. . 50 Ether sulfurique rectifié.. . . 50

On met le sirop et l'Ether dans un flacon qui porte une tubulure à sa partie inférieure et sur le côté; on adapte îi cette tubulure un bouchon qui est luimême traversé par un bout de tube creux ; on bouche l'extrémité du tube avec un petit bouchon de liège. On agite le mélange de temps en temps, pendant quatre ou cinq jours, puis on abandonne au repos. Le sirop se trouble d'abord, puis s'éclaircit. On le soutire alors par en bas.

Le Sirop ne dissout pas toute la quantité d'Ether qui a été employée : ime partie vient nager à la surface; n 'is il estnéccssaii-e d'employer un excès (! .Alunpour qu'il y ait saturation (Soubeirari).

Ether nitrique, EUicr nilreux. Etiier hyponitreux, nilrite d'oxyde d'éthyle. C'est un liquide d'un blanc jaunâtre, d'une forte odeur de pomme de reinette, d'une saveur àcre et brûlante. Sa densité est de

0,94. Il bout il -t- 2B degrés R. lorsqu'il est pur. Mais celui des pharmacies est toujours mêlé d'alcool.

La facilité de sa volatilisation le rend très-difficile à conserver; toutefois il peut être employé comme réfrigérant dans le cas de céphalalgie. Il est d'ailleurs inusité.

Ether acétique. Il est incolore, et a une odeur suave qui rappelle celle de l'Ether sulfurique et de l'acide acétique. Sa densité est de 0,8G. Il bout à 74 degrés. Pur, il se conserve sans altération; mais, s'il est mêlé à l'eau, il se forme peu à peu de l'acide acétique et de l'alcool. Il semêle Ji l'alcool en toutes proportions et est soluble dans sept parties d'eau. On suit, pour sa faljrication, le procédé indiqué par M. Theiiard.

.\lcool .\ 8(5 degrés (34 Cart.). 100 part. Acide acétique concentré. . . G3 Acide sulfurique concentré. . 17

On mêle d'abord dans une cornue l'alcool et l'acide acétique; plus tard, on ajoute i'acide sulfurique, et l'on chauffe, pour retirer par la distillation 125 parties du produit.

L'Ether acétique est rarement employé à l'intérieur; mais on prépare avec cet Ether la mixture suivante :

Baume acétique camphré.

Pr. : Savon animal râpé.. . . 8 gram>

Camphre 8

Ether acétique 60

Huile volatile de thym. 20 goutt.

Faites dissoudre îi froid, et conservez, dans un flacon bien bouché.

ACTION PHYSIOLOGIQUE

L'étude des Ethers, que leurs propriétés ordinaires et anciennement connues rangent naturellement dans la classe des antispasmodiques, est complétée par l'étude des propriétés nouvelles que leur absorption par les voies respiratoires a manifestées aux observateurs depuis quelques années. Ces propriétés, qu'on a qualifiées d'anestkésiques, ont été appréciées à la suite des médicaments narcotiques dont les Éthers se rapprochent sous ce rapport. Nous allons achever l'histoire de cesliquidss merveilleux par l'exposition des effets antispasmodiques qu'ils produisent administrés à l'intérieur.

L'Ether a été rangé par tous les auteurs parmi les stimulants diffusibles. On a eu raison jusqu'à un certain point : cette dénomination, qui est bien loin d'annoncer toute l'action thérapeutique de l'Ether, a peutêtre l'inconvénient d'intimider les praticiens trop crédules, et de les empêcher d'être utiles. Exprime-t-elle mieux son action physiologique? Oui, sans doute, moins mal; et pourtant, ici encore, on a enllé les des-

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criptions et tiré des conséquences que l'expérience dément chaque jour.

Nous avons pris d'une seule fois un gros et demi d'Éthcr. 11 ne faut pas essayer de rendre la sensation qu'on éprouve lorsque le liquide est dans la bouche, et qu'on veut l'avaler. C'est une explosion de suffocation insolite, de chaud et de froid si pénétrants et si intenses, qu'on ne peut analyser ce chaos d'impressions. Ce qui reste, c'est une chaleur assez vive qui, à mesure que le liquide descend (la déglutition en est fort laborieuse), se fait sentir à l'œsophage, puis à l'estomac. Une fois que le goût et l'odorat cessent d'être alfectés par la saveur spéciale et l'odeur subtile et suave de l'Éther, les phénomènes consécutifs sont ceux produits par l'alcool, avec cette différence que ces derniers sont plus prononcés, s'étendent bien plus aux organes de la circulation, se dissipent moins promptement et jettent dans une stupeur fatigante, une ivresse crapuleuse ; tandis que l'action de l'Éther se borne à exalter un peu, mais subitement, la susceptibilité sensoriale, avec quelques vertiges auxquels succèdent bientôt une certaine obtusion des sens, comme elle serait produite par l'interposition d'une gaze très-fme entre les stimulants extérieurs et toutes les surfaces de relation, en particulier celle de l'œil, de l'oreille, et des instruments du tact et du toucher. Joignez à cela un peu de témulence à la conjonctive, quelques fourmillements erratiques parcourant assez agréablement la peau des extrémités, tout cela s'évanouissant au bout d'une heure, et faisant place à un grand bien-être, à une refocillation fort salutaire et à un appétit extraordinaire. Le pouls et la chaleur ne sont pas sortis de leurs limites physiologiques, les urines n'ont pas été plus abondantes. Voilà très-fidèlement ce que nous avons ressenti. Plusieurs auteurs, et en particulier Schwilgué, avaient déjà, comme nous, énoncé le peu d'influence de l'Éther sur le système vasculaire. L'excessive volatilité de cette liqueur fait qu'une partie seulement est absorbée. Ce qui entre dans les voies de la circulation est rapidement éliminé par la muqueuse pulmonaire.

On voit par cette description, tracée en 1836, combien nous étions près de l'action anesthésique de ITSther introduit par l'inhalation pulmonaire. Le mot seul manque au compte rendu des effets que nous avons éprouvés. Que nous eussions augmenté la dose ou tenu un peu plus longtemps le flacon sous le nez, l'anesthésie cérébrale pouvait être déterminée et les nouvelles propriétés de l'Éther connues dix ans plus tôt.

C'est à l'Éther sulfurique pris pour type que s'appliquera spécialement tout ce que nous allons dire.

ACTION THÉRAPEUTIQUE

L'Éther nous paraît réunir les propriétés des antispasmodiques à celles des excitants. Il est l'anneau de transition de la première de cette classe de médicaments à l'autre, et si nous l'avons inscrit dans cette catégorie, c'est qu'à coup sûr il relient encore plus de la manière d'agir des pre-

miers que des seconds. Les annales de l'art, nos observations journalières, en font foi. D'ailleurs, en parlant des excitants proprement dits, nous montrerons qu'eux aussi, sont puissamment antispasmodiques, sinon purement, exclusivement, et par eux-mêmes, comme la valériane et les gommes résines, au moins médiatement et en dernier résultat.

Les antispasmodiques ont des propriétés qui leur sont communes, et peuvent se suppléer jusqu'à un certain degré. Chacun d'eux, cependant, a des privilèges d'action qui, pour ne pas lui appartenir à l'exclusion des autres, lui font donner la préférence quand il s'agit de déterminer celte action spéciale. C'est ainsi que l'Éther est particulièrement appliqué à certaines formes des affections nerveuses qu'il réussit mieux à combattre que ses analogues, lesquels, à leur tour, l'emportent sur lui dans d'autres conditions morbides.

Indiquons de suite que, plus les maladies spasmodiques sont peu profondes, mobiles, récentes, impétueuses et soudaines dans leur apparition, plus aussi l'Éther a de prise sur elles. Développons cette formule générale, en spécifiant les faits particuliers dont elle est l'expression.

Hystérie. Celui-là aurait une bien fausse idée de l'hystérie, qui ne croirait à son existence qu'alors qu'elle éclaterait avec ses accidents les plus exagérés, et qui aurait besoin, pour la reconnaître, des convulsions, de la suffocation, de la perte de connaissance, etc. Comme la plupart des maladies sans matière, elle est vague, irrégulière, affranchie du rhythme calculable qui caractérise les affections inflammatoires et les pyrexies. Une chose bien importante à savoir, c'est qu'elle est décomposaùle, c'està-dire qu'elle peut apparaître tantôt avec tous ses symptômes, tantôt avec un seul, avec deux, avec trois, sans cesser d'être elle-même. Le bon observateur la devine à quelques bâillements suivis de sanglots et de soupirs entrecoupés et sans cause appréciable; il la voit dans de simples palpitations de cœur pendant lesquelles la poitrine semble se gonfler chez les jeunes filles, dans une dysphagie passagère, dans un météorisme subit qui se déplace et semble vouloir s'échapper par la partie supérieure du tube digestif où il opère une sorte d'étranglement, dans un hoquet spasmodique, dans une jactation comme involontaii'e accompagnée d'impatience et de soupirs profonds, en un mot dans tous ces éléments vaporeux qui, réunis et portés à un haut degré, constituent l'attaque hystérique, et qui, ainsi détachés, cèdent comme par enchantement à quelques gouttes d'Éther, et y cèdent avec d'autant jdus de rapidité qu'ils sont plus récents, plus isolés, plus indécis. Quant à leur intensité, elle n'est pas toujours une contre-indication de l'Éther. On voit souvent des femmes jetées dans le plus grand désordre nerveux par quelques accidents hystériques, éprouver des palpitations considérables, un grand étouffement, etc., être rendues à un calme subit et profond par une cuillerée de sirop d'Éther. Le tableau que nous venons de tracer rappelle la valériane et ses indications. En effet, ces deux agents ont une

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grande analogie, et sont, parmi les antispasmodiques, ceux qui peuvent se suppléer le plus avantageusement. Tous deux ont une action rapide, mais fugace, prompte à s'user. Ils diffèrent des gommes-résines sous d'autres rapports, qui seront indiqués au chapitre Médication antispasmodique.

Si le mot hystérie ne peut convenir à l'homme, étymologiquement parlant, il en est tout autrement par l'état spécial du système nerveux auquel il s'applique. Bien des hommes souffrent tous les accidents spasmodiques que nous avons énumérés plus haut, surtout les flatulences et les palpitations. L'Éther leur réussit fort bien. Certaines personnes nerveuses sont sujettes à des congestions subites et partielles, qui n'ont aucun des caractères de celles qui naissent sous l'influence de la pléthore ; la saignée accroîtrait cette espèce de congestion, car elles sont souvent une suite de pertes de sang excessives ; l'Éther les dissipe dans la plupart des cas. Il en est de même des inégales répartitions de la chaleur chez les mêmes sujets. A lui seul, il suffit pour faire cesser les douleurs atroces de l'iléus spasmodique, de même qu'il est donné avec succès dans la gastrodynie, le vomissement convulsif, la toux nerveuse. On sait qu'il est d'un usage vulgaire dans les convulsions des enfants, surtout celles qui arrivent pendant la dentition.

Il y a peu de temps que, passant la nuit près d'un enfant de deux ans, opéré de la trachéotomie pour un cas de croup, nous eûmes l'occasion de nous convaincre de la vertu antispasmodique de l'Éther. Cet enfant, à l'autopsie duquel nous trouvâmes les deux poumons farcis de pseudomembranes et de mucus plastique jusque dans les bronches capillaires, avait une agitation extraordinaire, une orthopnée effrayante : c'était bien le cas de renoncer aux antispasmodiques en vertu de ce prétendu axiome pathologique : Sublaiâ causa, etc. Comment se fait-il pourtant qu'à chaque cuillerée de sirop d'Éther, le malheureux enfant reprit du calme et du sommeil auxquels le retour de la suffocation et des convulsions l'arrachait bientôt, l'action de l'Éther s'usant rapidement et nécessitant fréquemment une nouvelle administration du môme remède suivie de la même rémission, et ainsi de suite plus de dix fois jusqu'à la mort, qui eut lieu le matin par les progrès incessants de l'asphyxie et de sa cause ? En traitant de la Médication antispasmodique, nous insisterons avec grand soin sur cette question.

Spasmes des viscères. En sa double qualité de stimulant diffusible et d'antispasmodique, l'Éther peut rendre d'immenses services, conjurer une mort prochaine dans le cas de métastase goutteuse et de localisation de ce principe sur le cœur, le cerveau et les centres nerveux splanchniques. On voit des syncopes menaçantes, des cardialgies atroces, des délires, des apoplexies inopinées dues à la cause que nous venons d'énoncer; on voit ces terribles accidents disparaître en peu d'instants par de hautes doses d'Éther prises tout d'un coup. Toutes les fois qu'une

m MÉDICAJIENTS ANTISPASMODIQUES.

maladie quelconque s'écarte de sa marche naturelle et se compliqvie de quelques symptômes nerveux, les potions où entre TÉthor peuvent dissiper ces éléments de complication : c'est ce qui se voit surtout dans les exanthèmes irréguliers, les fièvres de mauvais caractère.

Il est des cas où l'organisme, plongé dans une adynamie profonde et directe, demande le secours des toniques, et où ceux-ci, rencontrant un système nerveux trop épuisé pour répondre à leur action, ont besoin, pour être sentis et produire leur effet, d'être associés à un stimulant qui réveille la vitalité des solides, et la monte à un point où alors les toniques ont leur utile influence. L'Éther peut servir ainsi d'adj avant au quinquina, etc., quoique moins spécialement que quelques autres stimulants, l'acétate d'ammoniaque, par exemple. On ne peut qu'attribuer à une erreur de diagnostic les cas de guérison radicale du croup que Pinol et Alibert racontent avoir obtenus par l'emploi des fumigations d'Ether. Il suffit de lire leurs observations pour voir que ces deux praticiens ont eu affaire à de faux croups, à des angines stridulcuses : nous concevons très-bien son efficacité dans cette dernière affection.

Tout le monde connaît l'heureux emploi qu'on fait de l'Éther respiré dans un flacon, contre les syncopes, les défaillances; les pâmoisons, etc. Pinel le recommandait chez les jeunes filles aménorrhéiques par une trop grande mobilité nerveuse, un état spasmodique de l'utérus ; Tissot, pour combattre les pollutions nocturnes dues à une imagination trop vive. Nous ne saurions rien affirmer sur l'utilité de l'Éther tant prônée par Durande, Sœmmering, Richler, dans le traitement des calculs biliaires. Ces praticiens n'auraient-ils pas eu à traiter de simples coliques hépatiques, où les antispasmodiques sont très-bien indiqués? Après tout, comme ce n'est pas la présence seule du calcul qui cause la colique hépatique, mais les spasmes que ce corps étranger détermine, il est fort possible que, sans attaquer le calcul, l'Éther calme la colique, c'est-à-dire l'irritation nerveuse expultrice. Et la preuve qu'il en est ainsi, c'est que la colique cesse, quoique le calcul reste. L'Éther passe pour diurétique, et, en cfTet, nous l'avons vu déterminer cette action dans un certain nombre de cas. Desbois, de Rochefort, l'administrait avec avantage dans les fièvres intermittentes, lorsque, dit-il, elles étaient réduites à leur plus grand état de simplicité : il suspendait ainsi la périodicité comme pour tout ce qui agit vivement sur le système nerveux. Nous savons qu'uni au quinquina, il peut être fort utile contre quelques symptômes des fièvres intermittentes pernicieuses. Dans presque toutes les formes de ces affections si graves, il est bon de combiner l'action des antispasmodiques diffusibles aux préparations de quinquina.

Tîenia. Bourdier a proposé un traitement de tccnia par l'Éther. Voici comment il veut qu'on l'emploie : Prendre le matin, à jeun, 4 grammes d'Éther sulfurique dans un verre de forte décoction de fougère mâle ; une heure après, le ver étant supposé assoupi par l'action anodine de

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