‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 82 sur 335 · ÉTHERS · texte numérisé non relu

ÉTHERS

rËther, on avale 2 onces d'huile de ricin pour le chasser hors du ventre. Si l'on présume qu'il est dans l'intestin, on l'enferme dans la potion éthérée et un lavement avec 8 grammes du même anthelminlique, puis on donne le purgatif expulseur. Lorsque le taenia existe dans l'estomac, le succès est certain. Bourdier rapporte quatorze cas où son remède a été mis en usage : sur ce nombre, cinq malades qui avaient le taenia dans le ventricule ont guéri en trois jours. Des neuf autres, trois, ■chez lesquels le ver était dans les intestins, en ont été délivrés aussi en trois jours; quatre, après deux traitements; deux seulement ont conservé le redoutable enlozoaire.

La célèbre liqueur minérale anodine d'Hoffmann n'est autre chose que l'Éther sulfurique adouci par l'addition d'une certaine quantité d'alcool t ■on a appelé ainsi le dernier produit de la distillation de l'Éther, auquel on conseille même d'ajouter un peu d'huile douce de vin. Hoffmann exaltait cette fameuse liqueur dans tous les cas où nous avons recommandé l'Éther.

A l'extérieur, l'Éther trouve quelquefois son indication : on a rapporté des cas oii tous les moyens de réduction des hernies étranglées <iyant échoué, on eut recours à l'application de l'Éther sur la tumeur, qui, tout d'un coup, diminua de volume et rentra dans le ventre. Le moyen est facile, et peut toujours être employé avant d'en venir au débridement. Dans les céphalalgies intenses, les migraines, l'Éther appliqué sur le front et les tempes peut soulager par le froid subit qu'il procure. On voit que tout n'est pas nouveau dans l'histoire de ses propriétés anesthésiques locales. En frictions il dissipe les douleurs rhumatismales et névralgiques.

Choléra. Nous avons eu beaucoup à nous louer du sirop d'Éther dans le choléra épidémique, à la dose d'une cuillérée à bouche toutes les heures, administré concurremment avec la glace et une boisson légèrement excitante, l'infusion de menthe, par exemple. Nous en suspendions tout à fait l'emploi dès que se manifestaient un peu de chaleur et de présence du pouls radial. Nous avons dû à cette stimulation simple et modérée des réactions modérées elles-mêmes, exemptes assez souvent de cet état typhoïde comme parsemé de phlegmasies interminables et de mauvais caractère qui emportaient tant de malades.

DOSES ET MODE d' ADMINISTRATION.

A cause de son extrême volatilité, on ne peut pas toujours se flatter de faire ingérer toute la quantité d'Éther qu'on a voulu prescrire. Dans les potions, les juleps, on l'administre depuis quelques gouttes jusqu'à 4 grammes (les flacons doivent être exactement bouchés). Il est des cas où, à cause du serrement des mâchoires et de la dysphagie, on est obligé

m MÉDICAMENT:'? ANTISPASMODIQUES.

de l'administrer en lavements depuis 2 grammes jusqu'à 8; quelques gouttes sur un morceau de sucre suffisent, dans bien des cas, pour dissiper des symptôm.e? nerveux en apparence formidables. La préparation la plus commode et la plus sûre est la sirop d'Étber, heureuse invention de M. BouUay. Cbaque once de sirop contient environ 4 grammes d'Étber. C'est une liqueur fort agréable, et qui peut remplacer toutes les anciennes préparations.

Sous le nom de perles d'Ether, M. le docteur Glertan. de Dijon, a eu l'heureuse idée d'enfermer la liqueur incoercible dans une enveloppe gélatineuse. L'Éther est avalé ainsi très-facilement, et comme une petite pilule; puis, tout à coup, on sent l'estomac comme inondé d'une sensation de fraîcheur agréable, qui annonce la rupture ou la dissolution de l'enveloppe. Nous ne saurions trop recommander ce nouveau mode d'administration.

L'Éther sulfurique renferme souvent de l'acide sulfureux, lorsqu'il a été mal préparé. Son action est alors bien différente et moins efficace. L'Éther entre dans presque toutes les potions antispasmodiques.

L'Éther acétique (découvert en 1759 par le comte de Lauraguais) a été peu employé. C'est à M. Sédillot qu'on doit à peu près tout ce qui est connu sur les propriétés thérapeutiques de cet Étlier. Ce médecin commença ses essais en 1784. Comme effets physiologiques, il nota qu'à la dose de 12 à 18 gouttes, il lui causait une propension assez marquée au sommeil, que porté à 2 grammes, il en résultait un calme profond, un besoin presque insurmontable de dormir. Nous n'avons pas été aussi heureux que M. Sédillot; et, sans vouloir attaquer la véracité de ses essais, ou en contredire les conclusions, nous dirons seulement qu'après avoir pris, au moment de nous coucher, 20 à 30 gouttes d'Étber acétique, nous avons passé la nuit entière sans goûter de sommeil, chose qui ne nous arrive presque jamais, et dont l'Éther acétique seul a été la cause, appréciable du moins. Quoi qu'il en soit, M. Sédillot tenta cet Ether dans tous les cas où le sulfurique était indiqué, mais en triplant la dose. Il se convainquit qu'il avait des propriétés antispasmodiques aussi énergiques, et qu'à beaucoup d'égards il lui était préférable; que,, comme ce dernier, il ne portait pas de sécheresse et de chaleur à la gorge;, que son action était plus facile à maîtriser ; qu'aussi bien que l'opium il combattait diverses affections gastriques, spasmodiques et douloureuses, et que, comme lui, il no suspendait pas les sécrétions et l'action des organes. Cet auteur ajoute que, sans regarder l'Ether acétique comme un spécifique contre le rhumatisme, il l'avait sur lui-même employé avec avantage dans ce cas comme précieux palliatif des douleurs, excepté dans les cas oii elles reconnaissent pour cause un principe goutteux. Il l'a vu réussir merveilleusement contre les douleurs laiteuses. Nous avons déjà dit que la dose devait être triple de celle de l'Ether sulfurique.

L'éther nitrique ou, pour mieux dire, nitreux a été conseillé dans tous

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