NOIX DE GALLE
La Noix de Galle (Galle des teinturiers) est une excroissance qui vient sur les feuilles du quercus infecloria du Levant, à la suite de la piqûre d'un insecte, le cynips ou diplolepis gallœ linctoriœ (Olivier). La femelle de cet insecte perce de sa tarière le bourgeon des jeunes rameaux et y dépose ses œufs; bientôt le bourgeon dénaturé se développe d'une manière particulière, et présente une boule formée par les sucs exlravasés ; les œufs qui s'y trouvent renfermés éclosent et passent à Fétat de larve, puis à celui d'insecte parfait, lequel sort de sa prison en la perforant d'un trou rond qu'on aperçoit sur un grand nombre de Galles sèches.
On donne le nom de Galles à toutes les tumeurs qui se développent sur les végétaux par suite de la piqûre d'insectes de différentes familles (coléoptères, hémiptères, diptères), mais qui appartiennent principalement à celle des hyménoptères, et surtout au genre cynips, L.
Les formes des Galles sont très-nombreuses; elles varient suivant les différentes espèces d'insectes.
Nous n'indiquerons que les principales sortes :
1» La Galle verte d'Alep, de la grosseur d'une aveline, verte, noirâtre, compacte, pesante, dure et tuberculeuse, ordinairement non percée d'un trou ; elle est trèsastringente, et la plus estimée dans le commerce.
2° La Galle de Smyrne ou de l'Asie Mineure, moins foncée en couleur, moins pesante etmoins estimée que la précédente.
3° Le Gallon de Hongrie ou du Piémont, qui vient sur le chêne ordinaire {quercus robur, L.). On rencontre aussi assez souvent cette excroissance sur les chênes de France. Cette espèce de Galle est peu recherchée, parce qu'elle ne contient pas assez d'astringents.
4° La petite Galle couronnée d'Alep est plus petite que la Galle d'Alep, souvent mêlée avec elle. On l'a prise longtemps pour une jeune Galle d'Alep commune ; mais elle est souvent percée d'un trou trèsiarge, qui prouve qu'elle est parvenue à toute sa grosseur.
50 La Galle mar marine;
60 La Galle d'Istrie;
70 La Galle en cul d'artichaut, commune sur le chêne rouvre de nos contrées ;
8" La Galle de l'yeuse ou Galle de France, qui vient sur le quercus ilex ;
9» La Galle ronde de chêne rouvre, qui vient sur le chêne Tauzin {quercus pyrenaica et Tauza) ;
iO° Enfin la Galle ronde de feuilles de chêne, qu'on appelle Galle en iirain de groseille, sont peu répandues dans le commerce et peu estimées.
On retire de la Noix de Galle, ainsi que nous l'avons dit, beaucoup de tannin et un acide particulier, nommé acî'de gallique, lequel n'a presque point d'usage médical, si ce n'est combiné avec le fer. Le caractère chimique principal qui le sépare du tannin, c'est qu'il ne précipite pas la gélatine. Chauffé à 2130, cet acide perd un atome d'acide carbonique et constitue un nouvel acide qu'on nomme acide pyrogalliqiie. (Pelouze, Ann. de Chirn., t. IV, p. 339.)
Lj composition de la Noix de Galle, d'après Berzelius, est : tannin ; un peu d'acide gallique ; extractif ou tannin altéré, composé d'acide pectique et de tannin insoluble dans l'eau froide; tannate et gallate de potasse et de chaux.
Dans une analyse plus récente, M. Guibourt a constaté en outre dans la Noix de Galle la présence de l'acide ellagique, d'un nouvel acide qu'il nomme lutéo- gallique ; de la chlorophylle, une huile volatile semblable à celle des myrica, de l'amidon et du sucre.
La présence de l'amidon autour de la cavité renfermant la larve du cynips est un fait curieux : c'est évidemment cet amidon qui sert de première nourriture à l'insecte.
Les formes sous lesquelles on administre la Noix de Galle sont : l» en poudre, 20 en tisane, S» en gargarismes, injections, etc.
On prépare aussi avec ce médicament des pommades et des cataplasmes astringents.
Teinture de Noix de Galle (Codex).
Noix de Galle concassée. 100 Alcool à GO» bOO
Faites macérer pendant dix jours; passez avec expression, filtrez.
MÉDICAMENTS ASTRINGENTS
L'analyse des Noix de Galle a prouvé que cette substance contient une énorme proportion de principes astringents, et l'on comprend tout de suite qu'elle n'a d'action thérapeutique que par le tannin qu'elle renferme en si grande quantité et par l'acide gallique. Nous renvoyons donc pour ses propriétés thérapeutiques à ce que nous avons dit du tannin, de la ratania et du cachou. Il est toutefois une préparation que nous recommandons particulièrement, surtout aux femmes nerveuses et chlorotiques, atteintes de diarrhée chroni que, aussi bien qu'aux hommes auxquels il reste une profonde débilité et du dévoiement à la suite des maladies du canal alimentaire : c'est un sirop que nous avons appelé sirop de tannate de fer. Nous en avons donné la préparation page i\ (article Fer).