‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/Chapitre 3 sur 146 · PRÉFACE. VIT · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VIT

du tact avec lesquels il applique à un cas de maladie donné les notions que la théorie lui fournit. La science a chang-é bien des fois depuis Hippocrate ; et pourtant, ce grand homme a fondé ia Médecine sur des vérités premières tellement solides, qu'elles sont devenues le sens commun médical et les règ-les immuables de l'art. Ces principes, trouvés sans la science, ont vu passer à leurs pieds les flots changeants de celle-ci. C'est que l'art, fortifié par l'expérience, voit par l'intuition et le génie; et que la science est assujettie au travail, au temps et à la contradiction : le progrès est sa loi. Or, le progrès d'une science donnée est solidaire du progrès de beaucoup d'autres. Les progrès de la physiologie et de la pathologie, qui sont des sciences, dépendent, par exemple, de ceux de la physique et de la chimie, qui précèdent la science de la vie et lui servent de condition dans l'ordre des connaissances comme dans l'ordre des choses ou de la nature. Que de tâtonnements et d'illusions la science a dû traverser pour arriver au point si imparfait encore qu'elle a atteint aujourd'hui !

Cependant, un pas inouï et décisif a été fait depuis un demisiècle. Les différentes sciences ont pris leurs assises. Elles sont toutes sur leurs bases propres et n'ont plus qu'à s'y développer. La physiologie, longtemps sans anatomie vivante, était obligée de chercher ses fondements dans la science des corps inorganiques. Aujourd'hui, elle est chez elle : elle va jusqu'à la connaissance immédiate des éléments organiques ; elle sait qu'ils ont une vie propre à l'infini dans leur ordre, et une vie qu'on ne peut réduire à un règne inférieur qu'en la détruisant ; et elle peut faire la biographie de chacun de ces éléments comme celle de l'organisme entier qui est composé de leur association hiérarchique. Ces systèmes de physiologie qui portent des noms aussi barbares qu'eux, la chimiâtrie et l'iatromécanique, sont devenus impossibles. Désormais la science de la vie ne peut plus errer que dans son propre domaine. L'animisme n'y a même plus son ancienne raison d'être, car chaque élément organique irréduc-

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