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ACTION THÉRAPEUTIQUE DES MERCURIAUX EMPLOYÉS COMME TOPIQUES

Jusqu'ici nous avons vu le Mercure confié aux voies de l'absorption, et n'agir qu'indirectement sur les parties dont il amenait la guérison. Maintenant il convient de l'étudier comme topique, c'est-à-dire en tant qu'agent direct, modifiant, le tissu avec lequel il est en contact immédiat. On peut dire que, de tous les agents de la médication substitutive (F. chapitre IV, Irritants), il n'en est pas qui reçoive de plus nombreuses applications que le Mercure.

maladies de la peau. — L'utilité du Mercure dans le traitement des maladies de la peau n'est pas moins incontestable que dans le traitement de la syphilis. Ce précieux médicament n'entra d'abord dans la thérapeutique que pour les maladies cutanées, ce dont font foi les écrits des Arabes ; et c'est précisément parce que son efficacité avait été solennellement reconnue contre la lèpre qu'on osa l'opposer à la syphilis, la plus hideuse des maladies après la lèpre. Beaucoup de charlatans, qui voyaient la vérole se manifester par des désordres du côté de l'enveloppe cutanée, crurent que toutes les maladies de la peau reconnaissaient la même cause, et ils donnèrent empiriquement le Mercure avec un succès qui ouvrit les yeux

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des médecins dont l'esprit ne voulut pas rester fermé à toute vérité. Les

pommades mercuriclles ont été depuis longtemps et sont encore le remède

secret le plus vulgaire pour la curation des maladies chroniques de la

peau.

On peut dire du Mercure, en tant que moyen topique, qu'il domine la thérapeutique des maladies cutanées, et il y a peu d'exagération à prétendre que le Mercure seul suffit au traitement de presque toutes ces affections. L'onguent napolitain, le précipité rouge, le calomel, le sublimé, le cinabre, les iodures de Mercure, etc., etc., sont des armes bien puissantes que l'on ne saurait trop s'habituer à manier. Mais, parmi ces préparations, le sublimé est certes le plus héroïque, celui qui, à lui seul, rend plus de services que tous les autres réunis.

Baumé eut le premier l'idée de l'administrer en bains dans les maladies de la peau qui affectent presque toute l'enveloppe tégumentaire. Il y avait été conduit probablement parce qu'il avait constaté expérimentalement l'efficacité des lotions de sublimé, celle de quelques remèdes secrets, et particulièrement de l'eau antidartreuse du cardinal de Luynes, qui n'était autre chose qu'une dissolution de sublimé. Il avait vu aussi avec quelle rapidité l'eau phagédénique, employée en lotions, guérit les dartres, surtout celles qui s'accompagnent de prurit.

Ces bains, prescrits d'abord à la dose de 4 à 8 grammes pour 300 litres d'eau, tombèrent en désuétude pour le traitement des maladies de la peau ; mais cette importante médication fut reprise par Wedekind {Heidelberg clinische Annalen, 1829, v. 537), qui la remit en honneur. Cependant elle ne put prendre droit de cité en France que lorsque nous eûmes fait en grand des expériences à l'Hôtel-Dieu de Paris pendant les années 1831, 1832 et 1833, expériences qui démontraient jusqu'à l'évidence la remarquable efficacité des bains de sublimé dans les maladies chroniques de la peau, qu'elles fussent ou non d'origine syphilitique. Les bains que nous donnons dans ce cas sont d'abord de 15 grammes et graduellement nous allons jusqu'à 30 et 60 grammes. Pour les femmes, la dose est toujours moitié moindre.

Indépendamment de leur action curative, ces bains produisent sur la peau et sur tout l'organisme des effets qu'il est important de connaître. Les premiers que l'on prend peuvent causer de la pesanteur de tête et une tendance au sommeil souvent invincible, quelquefois des crispations d'estomac et de très-légères coliques suivies rarement de vomissements ou de diarrhée. Après les premiers bains, ces phénomènes cessent de se manifester, mais il en survient d'un autre ordre ; ordinairement il se montre sur les jambes une éruption papuleuse qui ressemble assez bien au lichen agrius, et qui cause aux malades de vives démangeaisons et même de la cuisson. Cette éruption, loin de se dissiper sous l'influence de nouveaux bains, s'augmente au contraire, et oblige souvent à renoncer à ce moyen.

Nous sommes dans l'habitude de ne jamais porter les bains de sublimé

MERCURE

jusqu'à la salivation, à moins que nous ne les administrions dans le but de combattre des accidents syphilitiques. Nous les faisons prendre tous les deux jours, et le jour intercalaire nous conseillons ordinairement un bain d'eau de son.

11 faut avoir grand soin, et nous insistons expressément sur ce point, de ne pas donner en même temps à un malade des bains sulfureux et des bains de sublimé, et de ne pas conseiller des bains mercuriels immédiatement après les bains sulfureux, car la peau devient d'un noir brun, et cette teinte persiste jusqu'à la chute complète de l'épiderme.

A défaut de bains, les lotions de sublimé sont employées dans le même but. La formule que nous avons adoptée est la suivante :

Une cuillerée à café de cette solution dans 500 grammes d'eau trèschaude pour lotions. — On devra, suivant l'occurence, augmenter ou diminuer la quantité proportionnelle de la solution alcoolique de sublimé.

Nous avons dit plus haut que l'eau antidarlreuse du cardinal de Luynes avait joui jadis d'une grande réputation dans le traitement des maladies de la peau. En Angleterre, les parfumeurs sont en possession de vendre une lotion célèbre parmi les femmes pour la guérison de la couperose et des maladies diverses de la peau du visage ; cette lotion, qui prend le nom de Goivland, n'est autre chose qu'une dissolution de sublimé dans un lait d'amandes douces et amères qui décompose en partie le sel mercuriel.

Pustule maligne, cautérisation, sublime. — Dans un travail étendu

adressé à l'Association médicale d'Eure-et-Loir, par M. le docteur Salmon, de Chartres, sur la pustule maligne, ce médecin, après avoir indiqué le parti que l'on peut tirer des différents caustiques, tels que le cautère actuel, le nitrate d'argent, la potasse, etc., recommande particulièrement le sublimé dont les médecins de la Beauce, où les affections charbonneuses sont si communes, ont tiré le plus grand parti. Dans notre contrée, dit-il, le sublimé corrosif jouit de la réputation la plus étendue; il est devenu, par suite des communications bienveillantes de confrères expérimentés, MM. Poulain, Vaucoret et Harreaux, le moyen usuel contre la pustule maligne. Les guérisseurs eux-mêmes, ceux-là qui ne veulent pas livrer au public ce qu'ils appellent leur secret, en sont réduits, pour ne pas avoir l'air de faire ici comme tout le monde, à colorer leur drogue en rouge, en vert, ou autrement, pour abuser la crédulité publique. Leur secret, quoi qu'ils en disent, c'est toujours le bichlorure de Mercure ou sublimé.

Cependant, quoique ce médicament soit aussi généralement employé dans nos campagnes, les procédés mis en usage ne sont pas les mêmes pour tous nos confrères.

Un médecin qui exerçait, il y a déjà une douzaine d'années, à Gallardon,

Prenez : Sublime, Alcool. .

10 gram.

MEDICAMENTS ALTERANTS.

M. Montagnier, et qui jouissait d'une réputation étendue pour la guérison du charbon dans ces contrées, opérait comme il suit :

Il fabriquait de petits emplâtres de diachylon de la largeur environ d'une pièce de deux francs ; il incorporait à ces emplâtres du sublimé en assez grande quantité, et, en outre, au moment de l'appliquer sur la peau, il saupoudrait la surface ramollie du diachylon de sublimé en grumeaux. Ce premier emplâtre était maintenu pendant six heures sur la peau. Au bout de ce temps, le médecin remplaçait le premier emplâtre par un second plus chargé de substance caustique, et le laissait alors appliqué pendant douze heures. Dans le cas où il fallait agir avec rapidité, il scarifiait avec la lancette la première eschare obtenue. Dans toutes les circonstances, toujours après le second emplâtre, il incisait circulairement la tumeur avec le bistouri. Il pnnsait enfin avec le styrax pur^ou étendu de sublimé, en petites proportions.

M. Vaucoret, médecin à Denouville, dont le père jouissait aussi dans la Beauce d'une réputation méritée par les succès qu'il obtenait dans le traitement du charbon, opère plus simplement la pustule maligne. Lorsque le malade se présente à lui, il incise d'abord crucialement la tumeur avec une lancette; cette incision plonge jusqu'aux parties saines, c'est-à-dire douloureuses; elle ne doit guère avoir plus d'un centimètre pour chaque côté; ensuite, au moyen du bistouri ou de ciseaux courbes, le chirurgien onlève les quatre petits lambeaux produits par l'incision cruciale. Il en résulte un godet, dont la position la plus profonde est en rapport avec le point central de la pustule, et dont les contours superficiels répondent aux parties saines. Comme, dans cette première opération, il s'écoule ordinairement une quantité considérable de sang, il l'étanche avec de la charpie ou de la ouate, avant d'appliquer le sublimé concassé; on en remplit le godet dont nous avons parlé, et l'on recouvre le tout avec un emplâtre. La portion du sublimé employé peut être de 1 ou 2 grammes environ.

Le lendemain, c'est-à-dire vingt-quatre heures après l'application précédente, si le malade a beaucoup souffert, ce qui indique que le caustique a touché les parties saines placées au-dessous et au pourtour du mal, si une eschare convenable s'est produite, s'il existe au pourtour de cette eschare un cercle vésiculeux contenant un liquide séro-purulent, ce qui démontre de la part des parties malades un retour à leurs fonctions normales, les accidents produits par la pustule maligne sont enrayés; si, au contraire, le malade n'a pas du tout ou peu souffert, si le cercle vésiculeux n'est pas formé, il importe de recommencer la cautérisation comme ci-dessus.

Jj'eau phagédénique peut être substituée avec avantage au sublimé dans presque tous les cas où l'action mercurielle doit être exclusivement topique. On la mêle à l'eau chaude, dans la proportion d'un sixième, d'un quart, de la moitié môme, et l'on fait des lotions répétées et assez pro-

MERCURE. ,28-1

longées avec ce mélange. — 11 n'est pas besoin de dire que, avant de se servir de l'eau phagédénique, il faut toujours bien agiter le flacon qui la contient, afin de mêler le bioxyde de Mercure qui s'est précipité.

Le cinabre, par cela môme qu'il est insoluble, n'est pas d'un usage aussi commode ; il a néanmoins été employé dans des circonstances analogues.

Les usages topiques du cinabre étaient peu connus jadis. Gmelin, dans son Apparatus, ne cite qu'un très-petit nombre d'auteurs qui l'employassent de cette manière. On voit, en effet, qu'il était conseillé contre la gale, la teigne, et les autres affections chroniques de la peau {App. méd., t. IL p. 129). De nos jours, le cinabre n'est plus employé qu'en fumigations. On fait volatiliser ce médicament sur une plaque de platine ou de porcelaine, et l'on en dirige la vapeur vers les parties que l'on veut guérir. On se sert ordinairement d'une boîte fumigatoire, à laquelle sont adaptées des ouvertures par oii l'on introduit un membre, ou bien auxquelles on applique une surface du corps, qui ainsi se trouve en contact avec la fumigation. Quand on juge convenable, pour une maladie générale de la peau, de donner des fumigations générales, le malade est placé dans une boîte, et la tête seule se trouve hors de l'appareil. Ces appareils fumigatoires, dont l'invention appartient à Lallouette, et qui, par conséquent, n'ont été connus de nous qu'à la fin du siècle dernier, sont tous les jours modifiés suivant l'idée du médecin et suivant les indications spéciales qu'on a à remplir.

Les fumigations de cinabre, en tant que remède local, sont particulièrement conseillées dans les syphilides cutanées ; mais dans toutes les autres maladies chroniques de la peau, elles sont employées avec presque autant d'avantage. Les doses de cinabre varient suivant l'étendue de la surface à laquelle on l'applique, suivant la capacité de l'appareil dont on se sert, suivant la sensibilité des parties. Elles varient de 50 centigrammes à 8 et 12 grammes.

Plus loin, en parlant de l'action topique des Mercuriaux, nous dirons que c'est en substituant une phlegmasie mercurielle à l'inflammation existante, que le Mercure agit dans le cas qui nous occupe. Certes, ce mode d'action y est pour la plus grande partie ; mais on ne peut nier non plus que la modification exercée par le Mercure sur toute l'économie ne soit pour quelque chose dans la guérison de ces maladies. Ce qui le prouve, c'est que la guérison s'obtient, il est vrai, par les applications exclusivement topiques du Mercure ; mais les récidives sont plus fréquentes quelorsqu'en môme temps on a fait absorber une quantité notable de ce médicament. Or, les bains de sublimé, dont nous avons tant de fois constaté l'efficacité, agissent en même temps comme^ moyen topique et comme remède général.

Ce n'est pas seulement dans les maladies chroniques de la peau, mais encore dans les affections aiguës, que les Mercuriaux ont été conseillés conime remède topique.

8*^ ÉD. — T. 1. 2j

IIÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

L'érysipèle phlegmoneux des membres, les panaris, ont été combattus avec avantage par le Mercure appliqué topiquement à des doses élevées, ou donné à l'intérieur de manière à modifier promptement toute l'économie.

C'est surtout M. Serres, d'Alais, qui a insisté sur l'emploi topique des frictions mercurielles dans le traitement des inflammations érysipélateuses et érysipélato-phlcgmoneuses. Suivant l'étendue du mal, il fait des frictions, et il ne craint pas d'employer 250 à 300 grammes d'onguent napolitain double dans l'espace de quarante-huit heures. Ce temps expiré, ordinairement l'inflammation rétrograde ; il faut alors suspendre le remède ; que si cet heureux phénomène ne se manifeste pas, il faut insister et ne pas craindre de provoquer la salivation, qui ne se déclare guère avant le quatrième ou le cinquième jour [Gaz. méd., 1837, n° 33 ; Bull, de Thérapeut., 1833, t. IV; 1837, t. XII).

M. Serres, d'Alais, a employé la môme médication dans le traitement du panaris. En faisant sur le doigt malade, avant que la suppuration soit établie, des frictions répétées de quart d'heure en quart d'heure avec l'onguent mercuriel double, ou tout simplement en maintenant le doigt dans une masse d'onguent napolitain, on fait avorter les panaris qui menaçaient de devenir très-graves [Bull, de Thérapeut., 1833, t. IV). D'après ces faits, il paraîtra moins étrange que l'on ait pu faire avorter des plébites traumatiques, suites de saignées, par un moyen analogue (Picard, Bull, de Thérapeut., t. XIV, 1838).

Il n'y a pas même jusqu'à l'eczéma aigu causé par l'application topique d'une pommade mercuriclle qui ne guérisse très-bien par des lotions de sublimé.

Les onctions mercurielles ont encore été conseillées dans la variole; on enduisait d'onguent napolitain la face des malades, et l'on prétendait par ce moyen empêcher la tuméfaction érysipélateuse de la peau, de la face et des paupières. Le fait est, si l'on en croit le médecin du lazaret de Trompeloup, que ce moyen est le plus efflcace pour empêcher les paupières de se gonfler. M. Goblin, de Stains, a été plus loin; il a prétendu faire avorter les pustules de la variole quand, dès le début de l'éruption, il faisait, sur les parties malades, de fréquentes frictions mercurielles.

Mais, dans la variole, l'usage interne des Mercuriaux a reçu une sanction beaucoup plus solennelle. A cet égard, de nombreux témoignages se réunissent pour constater leur utilité : Huxham, Boerhaave, Van Swieten, Cotugno, s'accordent sur l'utilité de ce moyen, soit qu'il agisse par ses vertus antiphlogistiques, comme dans la péritonite et le rhumatisme, soit qu'il atténue le virus varioleux, soit qu'il favorise la salivation si utile, comme on le sait, dans les varioles continentes (V. Gmelin, Appar. med., t. VIII, p. 63).

Puisque nous avons parlé de l'action topique et générale des Mercuriaux dans le traitement de la variole, nous ne devons pas passer sous silence ce qui a été dit de l'action que l'application de l'emplâtre de Vigo cum

MERCURE

Mercurio exerçait sur la marche des boutons qui étaient en contact avec ce médicament.

Plusieurs médecins contemporains se sont disputé l'honneur de l'invention, mais c'est à Zimmerraann, et surtout à Rosen, qu'il la faut l'apporter. Nous lisons, en effet, dans le Traité de V Expérience, traduit par Leff!vre(t. II, p. 206) :

« On a remarqué qu'une dame ayant porté, pour de bonnes raisons, un emplâtre de Vigo sur un certain endroit, après une salivation mercu- rielle, eut ensuite la petite variole, et que tout son corps, excepté l'endroit qui était défendu par le Mercure, que l'emplâtre y avait insinué,' avait été couvert de boutons varioliques. M. Malouin demande si, d'après ce fait, on ne pourrait pas obvier à la variole par le même moyen. L'expérience n'en a pas été faite, mais on en a déduit le moyen de préserver le visage des femmes des atteintes de la petite vérole, et d'en conserver la beauté. M. Rosen couvrit le visage d'une de ses malades avec un emplâtre mercuriel, et la variole laissa partout des marques, à l'exception du visage, etc., etc. »

lUaladies des membranes muqueuses, maladies des yeux. — Si,

pour les affections chroniques de la peau, les préparations mercurielles ont une si incontestable utilité, cette utilité n'est pas moins positive dans le traitement des phlegmasies chroniques de la membrane muqueuse. Le deutoxyde de Mercure entre dans la composition de presque toutes les pommades anti-ophthalmiques, dont le charlatanisme a d'abord fait un secret, et que les médecins les plus éclairés emploient tous les jours; ainsi les pommades de Desault, de Régent, de Richter, de Dupuytren, de Lyon, etc., etc., doivent leurs propriétés curatives au précipité rouge. Le subUmé, le cinabre, les iodures de Mercure, peuvent encore être incorporés aux graisses et conseillés dans les mêmes circonstances. Ces collyres gras sont plus particulièrement employés dans les maladies des paupières; quand la conjonctive est plus particulièrement atteinte, les collyres secs avec le sucre en poudre et le calomel , ou bien avec le précipité rouge; les collyres liquides, avec une solution de sublimé, occupent un rang important dans l'arsenal thérapeutique des ophthalmologistes.

Maladies des fosses nasales. — La punaisie, dépendant ou d'une ulcération syphilitique, ou d'une phlegraasie chronique simple delà membrane pituitaire, est heureusement modifiée par l'inspiration souvent répétée de poudres mercurielles, dans la proportion de 1 à 2 grammes de calomel pour 15 grammes de sucre , ou de 50 centigrammes à 1 gramme de précipité rouge, pour 15 grammes de sucre. Les injections de sublimé agissent encore dans le même sens.

Il convient toutefois d'aider cà ce traitement par des soins de propreté minutieux, et surtout par des injections faites, dans les fosses nasales,.

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

avec une solution légère de nitrate d'argent ou de sulfate de cuivre, 5 à 50 centigrammes de sel pour 100 grammes d'eau distillée.

Maladies de l'oreille. — Dans les otorrhées, dans les phlegmasies dartreuses du conduit auditif externe, le Mercure rend encore les mêmes services.

- Maladies du larynx. — Enfin, nous avons souvent recours aux insufflations d'une poudre composée de sucre candi porphyrisé, unie à un quinzième ou un vingtième de son poids de calomel, dans le but de modifier une inflammation chronique de la membrane muqueuse laryngée.

Prurit de la -vulve. — Mais nous ne devons pas passer sous silence l'efficacité très-remarquable des injections et des lotions de sublimé ou d'eau pliagédénique dans le traitement du prurit de la vulve, cette maladie qui a tant de connexité avec les dartres, et qui fait le tourment de la vie des femmes. Nous prescrivons le sublimé de la manière suivante :

On prépare une solution de 10 grammes de bichlorure de Mercure, dans 100 grammes d'alcool. La malade en met une cuillerée à café dans un demi-litre (500 grammes) d'eau très-chaude, que l'on emploie pour les injections et pour les lotions. Nous insistons souvent sur la nécessité de prendre de l'eau très-chaude, et ce n'est pas sans motifs. Il est, en effet, remarquable que les lotions de sublimé agissent beaucoup moins efficacement lorsque l'eau est froide que lorsque la température de la solution est très-élevée, et même il n'est pas rare de voir la médication tout à fait impuissante tant qu'on se sert d'eau froide. Plus bas, quand nous parlerons de l'action du calorique et des excitants, nous chercherons à indiquer les lois de ce singulier phénomène thérapeutique. L'eau phagédénique est conseillée dans les mêmes circonstances, mais dans la proportion d'un quart et même de la moitié.

Animaux parasites, vers intestinaux. — C'est par une action tOXique

évidente que le Mercure modifie si puissamment l'économie. Cette action vénéneuse est plus sensible encore sur les animaux inférieurs, sur ceux surtout qui habitent l'intérieur de l'homme ou qui vivent sur la peau ou dans les poils. De curieuses expériences de Gaspard, consignées dans le Joia'nal de physiologie expérimentale Magendie (t. I, p. 105), démontrent bien péremptoirement ce que nous avançons.

« Plusieurs œufs furent mis en incubation dans des vases, au fond desquels il y avait du Mercure, placés de manière à ne toucher aucunement le métal, ils y étaient seulement en contact avec ses émanations. Or, dans six semaines, les fœtus de dix œufs se sont développés pendant deux jours ou un peu davantage, mais on les a constamment trouvés morts à cette époque, au moment de la formation du sang, qui quelquefois même était déjcà apparent. Deux poulets bien vivants dans l'œuf au sixième jour

MERCURE

de Fincubation, exposés aux simples émanations du Mercure, sans contact immédiat, y ont péri en vingt-quatre heures.

« En juin 1815, un morceau de viande garni d'œufs de mouches de boucherie fut placé au-dessus du Mercure dans les circonstances convenables d'humidité et de température; mais il n'en est éclos aucun insecte, tandis qu'il en naissait par centaines dans les expériences de comparaison sans Mercure.

« Des œufs de grillon de cheminée, les uns récemment pondus, les autres plus avancés, quelques-uns contenant déjà de petits fœtus tout formés, avec leurs yeux et leurs membres distincts, ont été mis en contact médiat et immédiat avec le Mercure, et il n'en est éclos aucun insecte sans exception, tandis que ceux de comparaison, qui n'étaient pas exposés au Mercure, ont produit des petits grillons au terme ordinaire. A l'ouverture des premiers, on a trouvé les fœtus morts et leurs liquides décomposés. »

M. Bouchardat a fait connaître à l'Institut le résultat d'expériences qu'il avait tentées sur l'influence délétère de poisons divers. Il établit que les préparations mercurielles solubles doivent être considérées comme des poisons généraux : aucune plante, aucun animal, parmi ceux sur lesquels il a expérimenté, n'ont résisté à leur influence. Des dissolutions à un millième de bichlorure de Mercure empoisonnent rapidement les plantes. Des sangsues, des poissons plongés dans cette même dissolution, sont instantanément affectés et périssent après quelques minutes.

Mais, de toutes les préparations mercurielles, le biiodure a paru la plus délétère. Un milligramme de bi-iodure de Mercure fut dissous dans 1 ,000 grammes d'eau, à l'aide de i milligramme d'iodure de potassium ; on y plongea quatre petits poissons, un cy/jrinus lobula, un cyprinus gobio, deux cyprinv.s amarus. Les deux premiers moururent après trois quarts d'heure, les deux autres ne vécurent que quelques heures. Or, si l'on compare l'action des composés arsenicaux à celle des mercuriaux, on voit, par exemple, qu'un poisson a pu vivre six jours dans de l'eau contenant, par litre, \ gramme d'arséniate de soude . d'oii il faudrait conclure que le biiodure de Mercure est, pour les animaux inférieurs, mille fois au moins plus vénéneux que l'arséniate de soude Nous verrons tout à l'heure comment nous avons utilisé ces expériences de M. Bouchardat pour le traitement de certains vers intestinaux. D'après le même observateur, le biiodure de Mercure est l'agent mercuriel le plus délétère; vient ensuite le bichlorure ; le cyanure se place après celui-ci.

A ces faits, nous en ajouterons d'autres qui prouvent mieux encore, s'il est possible, l'action mortifère du Mercure sur les Insectes, et notamment sur les animaux parasites de l'homme. Ils nous ont été communiqués par M. Fayard, pharmacien à Paris. Nous les laissons sous sa responsabilité.

Un matin, un grainetier de la rue Montholon, à Paris, trouva sa boutique et toutes les marchandises qu'elle renfermait infestées d'une innom-

2S'î MEDICAMENTS ALTKRANTS.

brable quantité de poux. Le pauvre homme, qui ne pouvait se rendre compte d'un pareil phénomène, s'imagina qu'on hii avait jeté un sort, et s'en alla pieusement chez le curé de Saint-Vincent de Paul, pour le prier de l'aider de son intercession et de ses bons conseils. Le pasteur était fort éclairé, et ne croyait pas facilement aux sortilèges; il engagea le bonhomme à s'adresser au pharmacien, son voisin, qui, dit-il, lui indiquerait quelque drogue plus utile que l'eau bénite. Le pharmacien, c'était M. Fayard, qui alla voir la boutique, n'osa y entrer, tant était considérable le nombre de poux qui inondaient le plancher. Il ne put s'expliquer cette incroyable et rapide multiplication d'insectes; mais il avisa aux moyens de les détruire, et il s'y prit delà manière suivante. 11 fit allumer au milieu de la boutique un réchaud, sur lequel on plaça une capsule de porcelaine dans laquelle était une livre de Mercure cru ; puis on ferma exactement les portes.

Vingt-quatre heures après, quand on entra dans la pièce, on trouva tous les poux morts. Ce fut alors qu'on alla à la recherche de la source de cette singulière calamité. On trouva dans le fond de la boutique un sac de son encore presque rempli de poux morts. Il paraît que, chez le meunier, quelques poux avaient été renfermés dans le sac de son ; ils y avaient multiplié tranquillement, et, quand le son avait été dévoré, ils s'étaient échappés par une issue qui s'était trouvée dans le sac, et ils avaient inondé la boutique du grainetier. — Tout le monde sait que, pour détruire les punaises qui infestent une chambre, il suffit de faire volatiliser dans un vase de terre 30 à 60 grammes de cinabre, en ayant soin de bien clore la pièce. On ouvre tout au bout de deux heures, et l'on reste pendant un jour ou deux sans habiter la chambre, qui doit être soigneusement ventilée.

Le Mercure fut d'abord employé en médecine pour détruire les animaux parasites, et les écrits des Arabes en font foi. L'expérience a prononcé à cet égard : les onguents dans la composition desquels entre le Mercure détruisent en même temps les poux de tête, les poux de corps et ceux du pubis. Toutefois, pour les poux de tête, nous préférons en général des pommades composées avec de l'axonge purifiée et aromatisée et une faible proportion (un vingt-quatrième) de précipité rouge. Pour les poux de corps et les morpions, nous prescrivons un bain général, dans lequel nous mettons 30 grammes de sublimé préalablement dissous dans une suffisante quantité d'alcool.

C'est au même litre que le calomel a été conseillé comme anthelmintique, et il a une double action, celle de tuer les vers par ses propriétés toxiques, et celle de les expulser par ses propriétés purgatives. Quoique ce remède soit évidemment un des meilleurs qu'on puisse employer pour détruire les ascarides lombricoïdes, il s'en faut de beaucoup qu'il ait autant d'efficacité contre le tœnia. Gallandat vantait aussi les frictions mercurielles comme le moyen le plus efficace pour détruire le dragonneau {Journ. de méd. chir. etpliar., t. XII, 1760).

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Si le calomel manque souvent son effet dans le traitement des ascarides lombricoïdes, et surtout dans celui du taenia, il n'en est plus de même des préparations mercurielles solubles pour détruire les ascarides vermiculaires qui habitent le rectum, et qui causent si souvent chez les enfants d'assez graves accidents.

Pour les adultes, nous faisons prendre deux ou trois jours de suite un quart de lavement, auquel nous ajoutons 5 centigrammes de bi-iodure de Mercure dissous au moyen de 1/10 d'iodure de potassium, ou bien la même dose de bichlorure de Mercure. Pour les enfants, nous donnons une dose quatre ou cinq fois moindre. Nous n'avons encore vu que rarement manquer cette médication. 11 convient de faire prendre un lavement de ce genre, deux ou trois ^ours de suite, etc.; quinze jours plus tard, de donner un ou deux lavements de ce genre, et de recommencer encore une fois après quatre ou cinq semaines.

MODES d'administration ET DOSES.

Il suffit de jeter un coup d'œil sur la Pharmacopée universelle de Jourdan pour se faire une idée de la prodigieuse et vrai ment innombrable quantité de préparations mercurielles qui ont été employées en médecine. Le lecteur n'attend sans doute pas que nous essayions d'en indiquer ici même une faible partie. Nous nous bornerons à celles que le médecin doit connaître ; chacun ensuite pourra à sa guise varier les doses, les mélanges.

Les expériences thérapeutiques, d'accord avec les théories de la plupart des chimistes, semblent démontrer que les préparations mercurielles doivent se placer dans l'ordre suivant, sous le rapport de leur activité :

Sublimé corrosif, bioxyde de Mercure et sels mercuriques (à l'exception toutefois du bisulfure), calomel, sels mercureux et Mercure métalhque, enfin le cinabre.

Le Mercure cru s'emploie coulant dans l'iléus, à la dose de 60, 120, 200 grammes.

Comme antisyphilitique, il se donne à l'intérieur, mêlé à la térébenthine, éteint dans le miel, les extraits, les électuaires, à la dose de 5, 10, 20 centigrammes par jour. Il fait partie des pilules de Belloste et de Sédillot.

A l'extérieur, on l'emploie habituellement éteint dans les graisses, le cérat, etc., et la dose en est indéterminée. Il fait partie de l'onguent napolitain, de l'onguent gris et de l'emplâtre de Vigo cum Mercurio.

L'infusion ou la décoction de Mercure est encore quelquefois mise en usage, et Gaspard a prouvé {Journal de physiologie de Magendie, t. I, p. 242) que cette décoction avait des propriétés évidentes. On le donne à la dose de 100 à 500 grammes par jour.

Le deutoxyde de Mercure est peu usité à l'intérieur; à l'extérieur c'est la préparation mercurielle le plus souvent employée. Il est fort irrl-

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tant; aussi doit-on, quand on l'incorpore aux graisses, au cérat, ne le combiner qu'en faible proportion : un vingt-quatrième, un vingtième, un dixième tout au plus, à moins que l'on ne veuille produire un effet caustique. 11 sert à préparer l'eau phagédénique.

Sulfure. — Le sulfure de Mercure était connu des anciens sous le nom de minium; cette dernière dénomination, détournée de son sens primitif, a été laissée par les modernes à un oxyde de plomb. Le nom de cinabre, au contraire, sous lequel les anciens connaissaient le sangdragon, a été appliqué au sulfure de Mercure et lui est resté. Le cinabre s'emploie incorporé aux pommades contre les maladies cutanées, dans des proportions qui varient d'un cinquième à un trentième, en fumigations, à la dose de 4 à 16 grammes pour une fumigation générale.

A l'intérieur, il s'associe à l'opium, aux extraits ; il se donne à la dose de 5 à 20 centigrammes par jour.

L'éthiops minéral ou protosulfure de Mercure a été employé autrefois comme vermifuge, à la dose de 0,50 à 0,60, et comme anliscrofuleux jusqu'à 2 grammes.

Les iodures se donnent surtout à l'intérieur; le proto-iodure, à la dose de 1 à 15 centigrammes par jour, extérieurement incorporé à l'axonge ou au cérat dans la proportion de 30 à 50 centigrammes pour 4 grammes ; le deuto-iodure se prescrit à doses moitié moindres. Il est employé à l'bôpital Saint-Louis pour cautériser le lupus.

Viodure de chlorure mercureux s'emploie surtout en pommade, à la dose de 75 centigrammes à 1 gramme pour 60 grammes d'axonge.

Assurément, cette substance a une action l'éelle et puissante sur la couperose, mais l'expérience n'a pas encore prononcé sur la question de savoir si la guérison de cette affection est toujours aussi inoffensive que le prétendent les médecins spécialistes qui exploitent cette médication énergique.

A l'intérieur, le calomel, comme altérant, se donne à la dose de 5 à 25 centigrammes par jour, et quelquefois même de 4 grammes ; comme purgatif, à la dose de 30 centigrammes à 1 gramme.

Dans ces derniers temps, le docteur Scarenzio, professeur de syphiliograpbie à Pavie, a injecté par la méthode sous-cutanée du calomel dissous dans de la glycérine ou même de l'eau, à la dose de O?'', 10 et 06%20 de calomel pour i gramme d'excipient, à la face interne du bras. Il dit avoir eu sept guérisons sur huit cas ; il n'en éprouva qu'un accident, c'est qu'un abcès survint chez un malade au niveau de la piqûre. Ce procédé ne nous paraît pas devoir passer dans la pratique, attendu que dans ces essais la salivation n'est arrivée qu'au bout de huit à quinze jours, tandis que par la méthode de Law on l'obtient le plus ordinairement au bout de vingt-quatre à trente-six heures. (Bulletin de thérapeutique , 1865.)

Le précipité blanc s'emploie, dans la thérapeutique externe, à la dose de 30 centigrammes à 1 gramme par 4 grammes de cérat et d'axonge.

Le deutochlorure de Mercure se donne à l'intérieur, à la dose de S mil-

MERCURE

ligrammes à 5 centigrammes, ordinairement associé à l'opium par parties égales; en bain, à la dose de 10 à 30 grammes, que l'on fait préalablement dissoudre dans dix fois son poids d'alcool. Pour faire des lotions et des injections, nous employons habituellement la formule suivante : nous faisons faire une solution de !0 grammes de sublimé dans 100 grammes d'alcool, et nous faisons mettre une cuillerée à café de cette solution dans un demi-litre d'eau très-chaude. En pommade, le sublimé s'unit aux graisses ou au cérat dans la proportion d'un cinquième et même d'un dixième. Il entre dans la composition des pilules de Dupuytren, de Double et dans la liqueur de Yan Swieten.

Extrait d'aconit 1 gramme.

Sublimé corrosif 0,10 centigr.

Pour 20 pilules égales.

Cette formule est donnée par Double pour le traitement des affections syphilitiques des dartreux.

Dans le but de porter directement les vapeurs hydrargyriques sur la membrane muqueuse du larynx et des bronches, dans les affections chroniques de la membrane muqueuse et des voies aériennes, nous avons imaginé des cigarettes mercurielles, que M. Thierry propose de préparer de la manière suivante :

On étend sur du papier, avec un pinceau, une solution titt^ée de bichlorure de Mercure que l'on laisse sécher ; puis on étale, par-dessus cette première solution, une solution de potasse également titrée. Il se forme alors du bioxyde de Mercure et du chlorure de potassium qui reste sur le papier.

Lorsqu'on fume ces cigarettes mercurielles, le bioxyde se trouve réduit par le carbone du papier, et le Mercure métallique se volatiUse.

Il est très-important de distinguer en deux séries les préparations qui ont pour base le sublimé corrosif :

1° Celles qui contiennent le sublimé corrosif sans altération, comme la liqueur de Van Swieten, l'eau rouge d'Alibert, la pommade de Cyrillo, etc. ;

2° Les préparations dans lesquelles le sublimé corrosif éprouve des changements qui font que ce médicament ne possède plus toute son action : ce sont surtout les matières organiques qui font subir au sublimé ce genre d'altérations ; on sait, en effet, que les matières animales, la €hair, la peau, etc. , trempées dans le sublimé, forment avec ce sel une combinaison ; elles prennent de la consistance et deviennent imputrescibles , propriété qui a été mise à profit pour la conservation des pièces d'anatomie.

Le sublimé a été employé sous forme de glycéré, selon la formule suivante :

Sublimé Os^jOl à Osi-,02

Glycériue 15 gram.

(Debout )

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Le docteur Giov. Finco l'a prescrit en outre sous forme de collodion et en a retiré un très-grand avantage dans le pansement des condylômes qui entourent l'anus (Gaze^/a lombarda, 4865, n" 41.) En France, M. Leclerc (Presse médicale, 1865, n° 31) en a retiré les mêmes avantages :

Sublimé 1 gram.

Collodion , 30

L'albumine dissoute précipite le sublimé qui a été dissous dans l'eau; le précipité est soluble dans un excès de liqueur albumineuse ; les chlorures alcalins se décomposent et forment avec le sublimé une combinaison soluble dans l'eau.

Longtemps on a pensé que, dans le cas que nous venons de signaler, le sublimé était ramené à l'état de Mercure doux, qui restait combiné avec la matière animale : les chimistes adoptent aujourd'hui l'opinion de M. Lassaigne, qui a trouvé le précipité albumineux composé de 93,35 parties d'albumine et de 6,43 de sublimé. Nous devons ajouter, toutefois, que cette opinion ne paraît pas être établie sur des faits concluants.

Quoi qu'il en soit, c'est dans cette deuxième série que nous placerons les pilules du sublimé au gluten, les pilules mercurielles d'Hoffmann, et celles de Dupuytren.

La pratique médicale pourra tirer le plus grand parti des observations précédentes ; aussi Orfila a-t-il proposé l'albumine pour combattre l'empoisonnement par le sublimé. Toutefois, il faudrait se garder de l'administrer en excès. Veut-on mitiger l'action du sublimé, lui enlever sa causticité, on l'associera avec le lait d'émulsion d'amandes, le lait de poule, le gluten, l'albumine; c'est ce qu'a fait M. le docteur Olivier dans ses biscuits dépuratifs dulcifiés.

Ajoutons enfin, que toutes les matières organiques n'agissent pas de la même manière sur le sublimé : il en est qui le transforment en protochlorure, puis en Mercure métallique ; c'est ainsi qu'agissent les matières extractives des plantes, les extraits ; le sirop sudorifique composé, ou de Cuisinier, produit cette réduction très-rapidement. Le médecin devra donc ne prescrire de pareils mélanges qu'au moment d'en faire usage.

Le deulomù^ate de Meixure liquide n'est guère employé que comme remède externe, mêlé à son poids d'acide nitrique pour cautériser les ulcères syphilitiques, les excoriations du col utérin, les boutons chancreux et dartreux, etc., etc. Cependant il peut se donner à l'intérieur aux mêmes doses que le sublimé. Il entrait jadis dans la composition de quelques préparations magistrales aujourd'hui peu usitées. Il ftmt ne pas oublier que ce caustique peut déterminer l'empoisonnement aigu mortel, s'il est employé sur une large plaie comme pour certains lupus, ou môme en frictions pour une névralgie. (Vidal, Chimie médicale, oct. 1864.)

Sous-protonitrate ammoniaco-mercuriel, ou Mercwe soluble d'Hahnemann. — On le donne à la dose de 1 à 5 centigrammes.

Deutosulfate de Mercure. — On le conseillait jadis en frictions, associé

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