‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/Chapitre 48 sur 146 · N» I. N" II. N» III · texte numérisé non relu

N» I. N" II. N» III

Iode 2 centigr. 1/2 6 centigr. 7 centigr.

lodure de potassium, . . 7 centigr. 1/2 10 centigr. 12 centigr. 1/2. Eau distillée 230 gram. 250 gram. 250 gram.

Cette eau est d'une belle couleur jaune et d'une transparence parfaite ; les enfants la boivent facilement, surtout quand elle est sucrée.

A Vienne, la plupart des médecins emploient la solution de Richter pour l'usage externe :

Iode \

, , , , . > aal4 grammes,

lodure do potassium. .. j °

Glycérine 28 grammes.

C'est à tort que l'on a considéré l'iodure de potassium ioduré comme une combinaison : en effet, la solution traitée par le sulfure de carbone perd son excès d'Iode et laisse de l'iodure de potassium neutre.

lodures de sodium et d'nmmonium. — Ces deux sels ont été employés contre la syphilis à l'hôpital Blockley, mais les détails donnés par le docteur Black {American journ., 1863, juillet) sont trop insuffisants pour nous en faire connaître la valeur.

En Angleterre, Richardson et Thomas Bryant les ont donnés dans le goitre à la dose de 0^%40 à 0«%80 par jour, à l'intérieur, et, à l'extérieur, à la dose de 12 pour 100 dans l'axonge ou la glycérine.

lodure de fer. — A été conseillé par Bréra et par Pierquin, dans la chlorose et la scrofule. C'est un excellent médicament qui participe des propriétés du fer et de l'Iode; il est surtout utile dans cette forme parlilière de chlorose qui est liée au lymphatisme ou à l'état scrofuleux, ainsi que dans la leucorrhée catarrhale, les exostoses syphilitiques, les affections chroniques des os, et dans un grand nombre de cachexies. On donne l'iodure de fer mêlé à du sirop ou à un électuaire. Mais comme ce composé s'altère avec une facilité extrême, mieux vaut généralement l'administrer sous la forme de pilules ou de dragées qui, préparées par des procédés spéciaux, ont l'avantage de le rendre à peu près inaltérable. La dose est de 5 centigrammes à 1 gramme par jour.

Dans ces derniers temps, on a associé l'Iode et l'iodure de fer à l'huile d'olive et à l'huile d'amandes douces, et l'on a formé une huile iodéa (Personne, Berthé), et une huile d'iodure de fer (Gille).

Ces huiles iodées et iodurées ont été proposées comme succédanées de

IODE. 337

l'huile de foie de morue; mais, malgré certains avantages, elles ne sauraient remplacer celle-ci complètement.

Ces huiles, et notamment l'huile d'iodure de fer, sont également employées à l'extérieur, en frictions.

lodure d'arsenic. — Employé par Biett dans quelques cas de dartres rongeantes tuberculeuses. On l'incorpore à une pommade à la dose de 5 centigrammes par 4 grammes d'axonge.

Jodure de plomb. — Conseillé par Cottereau et Verdet de l'Isle dans le traitement des ulcères atoniques et des ulcères scrofuleux.

Il est, en outre, assez usité, comme résolutif et fondant dans divers engorgements, et notamment dans les engorgements chroniques de l'utérus, sous forme de frictions sur les régions inguinales et sur la région hypogastrique (on met -4 grammes d'iodure de plomb pour 30 grammes d'axonge). ,

lodure de mercure. (Voir Mercure.)

Jodure d'argent. — S'emploie aux mêmes doses que les iodures de mercure ; a été préconisé contre l'épilepsie, et préféré au nitrate d'argent en ce qu'il ne détermine pas de coloration à la peau.

lodure d'or. — S'emploie aux mêmes doses et dans les mêmes circonstances que les iodures de mercure.

On comprendra sans doute qu'ici il nous est tout h fait impossible de donner place à cette foule prodigieuse de composés et de préparations ayant l'Iode pour base, qui, depuis quelques années, se multiplient sans fm comme sans raison, et qui tendent plutôt à encombrer qu'à enrichir la matière médicale. Qu'il nous suffise donc d'avoir signalé, relativement la partie pharmaceutique de ce médicament, ce qui était vraiment important et utile. Quant au reste, on nous permettra de renvoyer aux traités spéciaux ou aux monographies qui ont été publiées sur l'Iode.

Nous ne terminerons pas toutefois ce chapitre sans faire une remarque pratique qui ne manque pas d'importance. L'expérience a démontré que toutes les préparations iodées, prises à l'intérieur, à assez hautes doses, et continuées pendant un certain temps, ont l'inconvénient d'occasionner chez beaucoup de malades des sensations douloureuses et parfois même une véritable gastralgie, de manière qu'il devient souvent nécessaire de suspendre ou même d'abandonner l'usage du médicament. Or, pour éviter cet inconvénient, M. le docteur Lasègue a donné le conseil de n'administrer cette substance qu'au moment des repas. Ainsi, mêlé aux aliments, l'Iode a pour effet de produire une simple excitation gastrique qui tend à favoriser plutôt qu'à entraver la digestion. A l'aide de cette précaution, on peut élever progressivement la dose de teinture d'Iode, par exemple, de 8 à 10 gouttes, deux fois par jour, jusqu'à 5 et 6 grammes, sans incommodité pour la malade; mais à la condition, toutefois, de rendre cette teinture entièrement soluble en y ajoutant un peu d'iodure de potassium ou de tannin. M. Boinet, qui depuis longtemps insiste beaucoup sur les avantages de l'association de l'Iode avec les substances

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

alimentaires, vient 3e recommander très-particulièrement un mode spécial d'administration de cette substance, auquel il attribue une trèsgrande efficacité, soit pour modifier d'une manière lente et sûre la constitution des enfants lymphatiques et strumeux, soit pour reconstituer l'organisme chez des malades profondément débilités p-ir une afTection chronique, et épuisés surtout par une suppuration abondante ou prolongée. Ce modo d'administration consiste principalement à donner l'Iode, tel qu'on le trouve dans la nature, c'est-à-dire combiné avec les végétaux qui le contiennent en proportion assez considérable, entre autres les fucus, les diverses plantes marines, les crucifères, etc. Ajoutons que cet Iode naturel, M. Boinet le prescrit de préférence incorporé à des pains, à des biscuits, ou à des vins et à des sirops préparés à l'avance.

A l'instar de la plupart des médecins, nous aussi, nous accordons une juste confiance à l'alimentation iodée, telip qu'elle est le plus généralement usitée, c'est-à-dire celle qui consiste dans l'administration des diverses préparations d'Iode qu'on prend au moment des repas, mêlées aux aliments ou aux boissons, et au vin de préférence; de plus, comme tout le monde, nous faisons un très-grand usage des plantes dites dépuratives ou reconstituantes, considérées généralement comme trèsriches en Iode; l'expérience, en eiïet, nous a démontré depuis longtemps l'excellence de cette méthode, surtout quand on l'emploie comme moyen hygiénique et prophylactique, chez les enfants, ou bien comme moyen curatif, dans les cas spéciaux où l'usage du médicament doit être longtemps prolongé. Mais nous ne saurions reconnaître au mode particulier d'administration, préconisé par M. Boinet, l'extrême supériorité qu'il lui attribue, du moins à titre de méthode générale. Il nous paraît, en effet, que cette administration de l'Iode, sous des formes pharmaceutiques préparées à l'avance, offre certains inconvénients que ne présente pas la méthode ordinaire, entre autres celui de ne pouvoir se prêter avec la même facilité aux exigences de la pratique, et notamment aux indications très-variées que le médecin peut avoir à remplir. Toutefois, nous accorderons volontiers que l'alimentation, iodée selon la manière de M. Boinet, aura son utilité dans des circonstances spéciales, et qu'elle pourra même exceptionnellement mériter la préférence, par exemple, quand il s'agira de faire tolérer l'Iode à des estomacs doués d'une extrême susceptibilité, et surtout de déguiser ce médicament à certains malades, les enfants entre autres, qui répugneraient à le prendre, pendant un temps assez long, sous ses formes pharmaceutiques ordinaires.

lodure d'amidon. — L'iodure d'amidon, découvert par MM. Gaultier de Claubry et CoUin, a été introduit dans la thérapeutique par M. Buchanan, de Glascow, qui, en 1837, le préconisa contre les affections scrofuleuses et contre les accidents secondaires de la syphilis. Ce composé n'a pas les propriétés irritantes de l'Iode.

On l'obtient en poudre en délayant 30 grammes d'amidon dans un peu d'eau distillée et en y ajoutant 1 gramme d'Iode dissous dans

lODOFORMK. 339 io grammes d'alcool. On filtre et l'on fait sécher à une douce température. La dose est de 2 à 10 grammes par jour.

On prépare également un iodiire d'amidon soluble que l'on transforme en sirop, que l'on administre à la dose de 30 à 100 grammes par jour. Le mieux est, comme le dit Soubeiran, de laisser l'iodure d'amidon et son sirop retomber dans l'oubli dont on n'aurait pas dû le tirer.

lODOFORME.

L'Iodoforme (G'HP) ou iodure de carbone, s'obtient par le procédé suivant, dû à Bouchardat :

Iode 100 gr.

Bicarbonate de potasse 100 gr.

Eau f. 750 gr.

Alcool 250 gr.

Mêlez le tout dans un flacon placé dans un bain d'eau, élevez successivement la température pour favoriser la réaction.

La liqueur étant décolorée , ajoutez 25 parties d'iode; cliaufîez de nouveau, renouvelez l'addition de l'iode tant que les liqueurs se décoloreront; quand vous aurez un peu dépassé le terme, que les liquides ne changeront plus par la chaleur, ajoutez quelques gouttes de solution de potasse ou de soude caustique pour décolorer les liqueurs, filtrez, lavez le précipité produit, qui consistera uniquement en lames cristallines d'Iodoforme d'une belle couleur citrine. Les liqueurs évaporées donnent une quantité assez grande de cristaux d'iodure de potassium ou de sodium.

Ce procédé donne en lodoforme le sixième du poids de l'iode employé.

On doit la découverte de l'Iodoforme à SéruUas ; et MM. Dumas et Bouchardat sont, parmi les chimistes, ceux qui ont le plus contribué à le faire connaître.

Ce corps se présente à l'état solide, sous la forme de paillettes nacrées, d'iui jaune de soufre, friables, douces au toucher, d'une odeur aromatique très-persistante.

L'Iodoforme conlient plus de 9/10 de son poids d'iode ; toutefois sa saveur est douce et n'a rien de corrosif. Administré ;i des chiens, il tue k dose plus faible que l'iode, après avoir donné lieu .\ un abattement plus ou moins prononcé, rarement à des vomissements ; 4 grammes suffisent pour donner la mort à un chien de moyenne taille. A l'abattement succèdf?

une période d'excitation caractérisée par dos convulsions, des contractures, etc.

Malgré sa puissance toxique, l'Iodoforme a cela de remarquable qu'il est totalement dépourvu d'action locale irritante, et qu'il ne donne pas lieu à la plus légère injection de la muqueuse de l'estomac et de l'intestin : aussi a-t-il, sous ce rapport, un véritable avantage sur la plupart des préparations qui contiennent de l'iode.

Cet agent, très-usité en Allemagne, est encore à peine employé en France; mais ou dire des expérimentateurs qui, dans ces derniers temps, se sont le plus occupés de son étude, il mériterait d'être plus répandu.

Parmi ces expérimentateurs, nous mentionnerons surtout MM. Moretin, Humbert et Maître, qui ont présenté à l'Académie un travail intéressant sur ce nouveau médicament, et qui en ont résumé les principales propriétés thérapeutiques dans quelques propositions que nous allons reproduire :

1" En raison de la grande quantité d'iode que renferme l'Iodoforme, ce médicament peut remplacer l'iode et les iodures dans toutes les circonstances où ces derniers agents sont indiqués.

2» L'absorption de l'Iodoforme se fait avec laçlus grande facilité; en effet, l'iode étant combiné ici avec l'hydrogène et le carbone pour le constituer, on a, pour ainsi dire, un composé organique.

3" L'Iodoforme, appliqué à la thérapeutique, a sur les autres iodiques l'avantage de ne déterminer aucune irritation locale et aucun des acci-

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