‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/Chapitre 50 sur 146 · UB · texte numérisé non relu

UB

l'iiusphore.

AciJc-s.

Perle.

Ajoutons que M. Delattre a encore rendu un autre genre de service à la pharmacie, en inventant un appareil pour la préparation des huiles de poisson, à l'abri du contact de l'air. En effet, par ce moyen, il est arrivé à éviter la formation des acides oléicinc, sulfurique, phosphorique : inconvéuicnl fùclieux auquel n'échappent pas t'ulièrcinciit les procédés, jusqu'ici reconnus comme les meilleurs, tels que ceux de Junghet de Hogg.— Grâce à ce perfectionnement, M. Delattre se flatte d'obtenir des huiles parfaitement pures, et dont les principes actifs ont été conservés intacts.

M. Dcvergie, dans le rapport qu'il a présenté à l'Académie sur les travaux du docteur Delattre, a fait ressortir les différents avantages du procédé de fabrication dû à notre estimable confrère, et il a insisté sur l'utilité pratique qui devait résulter de ses remarquables analyses.

confirmées d'ailleurs par plusieurs de nos principaux chimistes.

En outre, M. Devergie, après avoir soumis lui-même à une longue vérification pratique les faits énoncés par M. Delattre, a reconnu que les différentes huiles de poisson possédaient des propriétés communes à toutes, et en même temps spéciales à chacune d'elles, et il a signalé dans ses conclusions, d'une manière nette et précise, les indications princiiiales que chaque huile est particulièrement destinée à. remplir.

.Vinsi, d'a,,rôs ce thérapeutiste, l'Huile de Morue est plus efficace dans la phthisic scrofuleuse que les huiles de raie et de squale.

L'huile de raie amène plus rapidement la guérison de la diarrhée séreuse et des engorgements mésentériques des enfants pendant la dentition.

L'huile de raie pastenaque réussit mieux encore que les autres huiles dans le traitement des dartres et du rhumatisme chronique.

Enfin,rhuile de squale paraît jouir d'une action toute spéciale dans les altérations des os; mais elle peut être substituée avantageusement à l'Huile de foie de Morue dans tous les cas où celle-ci est manifestement utile et efficace.

Ajoutons enfin que M. Riche, armateur à Saint-Malo, a fondé, à Saint-Pierre- Miquolon, une fabrique d'Huile de Morue qui exonérera la France d'un tribut qu'elle payait h. l'étranger pour ce produit.

Historique. — L'Huile de Morue était employée de temps immémorial parmi le peuple, en Angleterre, en Hollande, en Westphalie, et sur tout ]e littoral du nord de l'Allemagne, dans le traitement du rhumatisme et du rachitis; mais les gens ds l'art ne l'avaient jamais mis en usage. Percival (Médical, philosophical and expérimental Essays, Warington, 1790, t. H) et Darbey [London médical Journal, t. Il, p. 392) furent les premiers qui firent connaître au monde médical les résultats d'expériences qu'ils avaient tentées dans les hôpitaux. Cependant les médecins n'avaient tenu aucun compte de ces travaux, quand Schenck publia, en 1822, dans le journal de Hufeland, une série d'observations sur l'efficacité de l'Huile de Morue contre les rhumatismes chroniques, et particidièrement contre la sciatique et le lumbago. Dès lors les expériences se sont multipliées, et l'on peut voir dans le journal de Hufeland, dans le Magasin de Rust, et dans d'autres journaux allemands, un grand nombre de mémoires ou d'observations relatifs à cet important médicament. Elberling, de Berlin, publia sur ce sujet sa dissertation inaugurale (1826). Reder, de Rostock (1826), et Bettinger, de Wiirtzbourg (1827), firent également une monographie sur l'usage médical de l'Huile de Morue.

HUILE DE MORUE

ACTION PHYSIOLOGIQUE DE l'hUILE DE FOIE DE MORUE.

En comparant entre elles soixante et onze observations dans lesquelles il a été tenu compte des effets particuliers produits sur l'organisme par l'usage de l'Huile de foie de Morue, Reister arrive aux résultats suivants :

Estomac. — Des nausées ont été observées dans trois cas, des vomissements dans trois cas; dans un cas, perte de l'appétit et sentiment d'ardeur dans l'estomac ; la diminution de l'appétit a surtout été remarquée chez les enfants rachitiques, qui ont ordinairement l'appétit si vorace.

Canal intestinal. — Augmentation plus ou. moins forte des évacuations, observées dans dix-sept cas.

Appareil urinaire. — Accélération de la sécrétion urinaire avec sédiment briqueté dans huit cas.

Appareil générateur. — Augmentation du flux menstruel, tellement forte que l'usage de l'Huile a dû être suspendu ; le même phénomène fut observé à plusieurs reprises : une fois rétablissement des règles.

Appareil cutané. — La diaphorèse fut augmentée dans douze cas : dans l'un de ces cas, la sueur se manifesta seulement aux membres inférieurs ; dans deux ctis, elle avait l'odeur de l'Huile ; trois fois elle fut précédée d'une chaleur répandue sur tout le corps ; une fois démangeaison brûlante à la peau; deux autres fois, éruption de petites taches rouges avec prurit.

ACTION THÉRAPEUTIQUE DE L'hUILE DE MORUE.

L'Huile de foie de Morue s'adresse surtout à trois états pathologiques que nous placerons dans l'ordre suivant : rachitis, scrofule, phthisie pulmonaire.

Bacbitis. — L'action de ce remède dans le traitement du rachitis est tellement évidente, qu'à ce titre seulement l'Huile de Morue mérite de prendre dans la thérapeutique un rang important.

Les quatre faits rapportés par Scheiick sont pleins d'intérêt. Un enfant de deux ans, rachitique, qui ne pouvait se soutenir, prit, matin et soir, une demi-cuillerée à bouche d'Huile de Morue, et fut parfaitement guéri lorsqu'il en eut pris 250 grammes. Un autre, également âgé de deux ans, avait pu marcher à l'âge de douze mois, mais peu après il était devenu rachitique, et ses membres atrophiés ne pouvaient supporter son corps. Il prit par jour trois cuillerées à café d'Huile de Morue, et fut guéri après en avoir pris 300 grammes. Un troisième enfant, qui avait été très-bien portant la première année de sa vie, fut affecté, dans le cours de la seconde, de tous les symptômes du rachitisme ; cet enfant, qui marchait très-bien auparavant, ne put bientôt plus se tenir sur ses jambes. Il fut guéri après avoir pris 300 grammes d'Huile. On en don-

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

nait une cuillerée h café trois fois par jour. Le quatrième fait est encore plus probant. Un petit garçon, ;igé de trois ans, avait marché seul à la fm de la première année ; bientôt les genoux se gonflèrent, le rachis se dévia, et le pauvre petit se trouva dans l'impossibilité de marcher. Tous les remèdes avaient déjà été inutilement employés quand Schenck eut recours à l'Huile de Morue ; il en donna matin et soir une demi-cuillerée à bouche. L'enfant fut parfaitement guéri, à cela près d'une légère déviation de la colonne vertébrale, après avoir pris 520 grammes d'Huile.

Le témoignage du docteur Fehr sur cette propriété de l'Huile de Morue dans le traitement du rachitis mérite d'être cité. « Ce n'est pas seulement, dit-il (Heckers, Atmakn, juillet 1829, p. 346), après un changement de régime, ou à l'entrée de la belle saison, ou au commencement d'une période de croissance, mais bien souvent au bout d'une ou deux semaines, que se manifeste l'efficacité frappante de ce médicament. Les dents souvent noires, branlantes, de ces enfants se nettoient et deviennent solides. Des enfants qui ne pouvaient étendre les jambes et qui jetaient les hauts cris qiund on essayait de les mettre debout, commencent h se tenir sur leurs jambes, et même à marcher, lorsqu'ils sont en âge de le faire ou qu'ils avaient déjà marché auparavant. Leur digestion s'améliore, le ventre redevient plus souple, surtout dans la région hépatique; la faim canine ou l'inappétence cessent en même temps que les aigreurs d'estomac ; les côtes, en quelque sorte distordues, reprennent leur forme naturelle; la respiration devient libre et facile, la rectitude des jambes se rétablit, et souvent les dents poussent promptement, etc. , etc. »

M. Bretonneau, qui ignorait les travaux scientifiques entrepris en Allemagne sur l'Huile de Morue, fut conduit de la manière suivante à essayer ce moyen dans le rachitis. Un négociant hollandais était venu s'établir à Tours, et il avait pris M. Bretonneau pour médecin. Un de ses enfants devint rachitique au plus haut degré, et lorsque le savant praticien qui dirigeait la santé de l'enfant eut vainement essayé les moyens ordinairement conseillés dans le traitement du rachitis, le père lui dit que l'aîné de ses enfants, atteint de la môme maladie, avait été guéri en Hollande par un remède populaire, l'Huile de poisson. M. Bretonneau essaya le même moyen sur son jeune malade, et le succès fut si incroyablement rapide, qu'il en fut frappé. Il recommença l'expérience sur d'autres rachitiques, et ce fut alors que, faisant des recherches sur l'Huile de Morue, il vit avec plaisir que les succès qu'il avait obtenus étaient confirmés par ceux des écrivains allemands que nous venons de citer. Nous pourrions encore donner le témoignage de Stapleton {Annales de la Société de médecine de Gand), qui a guéri par de hautes doses d'Huile des enfants et des adultes atteints de rachitis.

Nous-mêmes, répétant les expériences de Schenck, de Fehr et de M. Bretonneau sur ce médicament, nous avons acquis la certitude qu'il agissait très-rapidement et de la manière la plus utile chez les enfants

HUILE DE MORUE

rachitiques. Placé pendant longtemps à la tête d'un hôpital d'enfants, nous avons donné bien des fois à des rachitiques l'Huile de foie de Morne, et souvent nous avons obtenu des succès dont la rapidité dépassait notre attente.

Quelquefois, après quatre ou cinq jours de traitement, on voit cesser les douleurs aiguës que les enfants éprouvent dans tous les membres, et les os, que-l'on pouvait ployer, ont repris souvent, au bout de quinze jours, une grande partie de leur solidité.

Chez une femme atteinte d'ostéo-malaxie au plus haut degré, et qui ne pouvait mouvoir aucun membre, deux mois de traitement ont suffi pour rendre au squelette toute sa fermeté; et cette malade, que nous avons souvent revue, a joui désormais de la meilleure santé.

Avant qu'une longue habitude des maladies des enfants nous eût rendus plus sûrs dans notre diagnostic, nous confondions, comme le font beaucoup de médecins, le rachitis avec la scrofule. Mais tandis que la scrofule se traduit si souvent par les lésions tuberculeuses, le rachitis, • au contraire, semble exclure les tubercules, en ce sens du moins que, dans nos hôpitaux d'enfants, le rachitis se complique rarement de tuber" cules, tandis que ces productions accidentelles se rencontrent chez presque tous les enfants qui succombent à quelque maladie chronique.

Nous avions aussi confondu deux maladies tort distinctes, le carreau ou l'atrophie mésentérique tuberculeuse, et l'ascite symptomatique du rachitis. Il importe, en effet, de bien savoir que, chez la plupart des enfants atteints de rachitis, le foie s'hypertrophie, et il se fait dans le péritoine un épanchement séreux souvent très-considérable ; cet épanchement se résorbe avec la plus grande facilité en même temps que le rachitis se guérit ; et les médecins inexpérimentés qui ont cru au carreau s'imaginent avoir guéri, avec l'Huile de Morue, cette redoutable maladie dont la guérison est si rare. Disons encore, avant de quitter ce sujet, que le rachitis est une maladie qui, le plus souvent, débute dans le cours de la seconde aimée de la vie, tandis que le carreau tuberculeux est une affection rare chez les enfants à la mamelle, si rare même, que dans le cours de plusieurs années nous avons eu à peine l'occasion, dans notre hôpital, • de faire une ou deux autopsies d'enfants à la mamelle qui aient péri victimes de l'atrophie mésentérique.

Scrofule. — Bien que, dans la scrofule, l'Huile de Morue ne possède plus cette efficacité incontestable et presque merveilleuse qu'un consentement presque unanime lui reconnaît dans le rachitis, il n'est plus permis aujourd'hui de lui refuser dans cette maladie une influence réelle. Mais cette influence est plus ou moins prononcée et plus ou moins variable, suivant la forme sous laquelle se présente l'affection scrofuleus€.

Chose singulière ! on ptifat dire d'une manière générale que, fixée sn^ les tissus fibreux et osseux, comme dans certaines tumeurs blanches e*

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

dans les caries, alors même qu'elle a amené à sa suite un état cachectique par l'abondance et la durée de la suppuration, l'affection strumeuse est le plus souvent modifiée d'une manière favorable par l'usage persévérant de l'Huile de Morue, tandis que l'action de ce médicament n'a plus la même sûreté et la même évidence dans les cas oii la maladie s'est manifestée, sous la forme d'engorgement ganglionnaires chroniques, et surtout d'adénites avec dégénérescence tuberculeuse.

D'autre part, lorsque l'adénite scrofuleuse terminée par ulcération a détérioré profondément la constitution par une sécrétion purulente trèsprolongée, on voit l'Huile de Morue reprendre ses avantages et présenter les résultats les plus heureux et les plus manifestes. L'explication de ce fait curieux sera donnée à la fin de cet article.

Il en est de même dans les dermatoses, les ophthalmies et les otites liées à la cachexie strumeuse.

Parmi les formes les plus graves de dermatoses dans lesquelles l'Huile de Morue compte le plus de succès, nous placerons en première ligne l'impétigo, le favus, et notamment le lupus. Personne n'ignore les guérisons presque merveilleuses que MM. Emery, Devergie, Gibert, Bazin, etc., ont obtenues dans cette dernière maladie, au moyen de l'Huile de Mot'ue à très-hautes doses.

N'oublions pas enfin de dire que, dans le carreau lui-même, avec dégénérescence tuberculeuse des glandes mésentériques, l'Huile de Morue ne laisse pas de compter quelques succès ; mais hâtons-nous d'ajouter que ces succès sont plus nombreux dans le cas où l'affection abdominale, caractérisée principalement par l'ascite ou la tympanite, sera sous la dépendance du rachitisme, ainsi que cela s'observe si fréquemment.

Phthisie pulmonaire. — Les succès proclamés par beaucoup de médecins dans le traitement de la scrofule glandulaire déterminèrent d'autres praticiens à essayer l'Huile de foie de Morue dans une manifestation beaucoup plus grave de la diathèse scrofuleuse, en un mot dans la phthisie pulmonaire.

M. Pereira, de Bordeaux, fut le plus ardent promoteur de cette médicaèion. Ici, ne craignons pas de le dire, dans le mémoire qu'il lut devant l'Académie des sciences, ce médecin rapportait un trop grand nombre de guérisons, et il exaltait trop la puissance de l'Huile de Morue pour qu'on ne dût pas se tenir en garde contre l'enthousiasme de l'auteur.

Dès cette époque, nous avons répété les expériences de M. Pereira ; d'autres l'ont fait comme nous ; et si nous confessons que, dans un certain nombre de cas, nous avons obtenu une amélioration notable dans les accidents de la phthisie, nous devons dire aussi que, dans l'immense majorité des cas, l'Huile de Morue a échoué, comme échouent d'ailleurs toutes les médications soit empiriques, soit rationnelles que l'on tente tous les jours contre la phthisie tuberculeuse

HUILE DE MORUE

Pourtant la question ne nous paraissait pas jugée en dernier ressort, d'autant plus que nos principales expériences avaient été faites sur les malades qui peuplent nos hôpitaux, c'est-à-dire dans des conditions qui n'étaient peut-être pas les plus favorables pour décider cette question thérapeutique.

Depuis lors, comme chacun sait, l'Huile de foie de Morue a été expérimentée sur la plus vaste échelle ; on peut même dire que, dans la phthisie ainsi que dans hien d'autres maladies, elle est devenue un remède presque banal. Mais de cette immense expérimentation il est sorti, comme on devait s'y attendre, des résultats tout à fait contradictoires, les uns militant en faveur de l'action curative ou plus ou moins salutaire de l'Huile de Morue dans la phthisie ; les autres, au contraire, témoignant d'une efficacité très-médiocre, sinon d'une véritable impuissance.

L'extrême divergence d'opinions qui, malgré la masse d'observations accumulées, règne encore aujourd'hui sur cette grave question thérapeutique, nous parait tenir en très-grande partie à une cause qu'il importe de signaler : c'est que généralement l'Huile de foie de Morue a été administrée d'une façon trop empirique dans la phthisie pulmonaire.

En d'autres termes, on ne s'est pas suffisamment étudié à rechercher les conditions qui étaient de nature à être favorables ou nuisibles à l'emploi de ce médicament dans cette maladie, et surtout on a eu le tort de n'établir aucune distinction soit entre les périodes, soit entre les formes diverses qu'elle peut présenter.

Mais, hâtons-nous de le dire, il nous semble qu'à cet égard il se prépare un progrès véritable, et que, dans les travaux les plus récents, il se manifeste une heureuse tendance pour rendre cette médication de plus en plus rationnelle.

Parmi ces travaux, nous mentionnerons surtout le mémoire de M. Tauflieb, de Barr, couronné parla société médico-pratique, ainsi que le judicieux rapport de M. le docteur HomoUe, inséré dans les bulletins de cette même Société (années 18ol-18o2).

Personne jusqu'ici ne nous paraît avoir ni mieux saisi le véritable mode d'action de ce médicament, ni mieux déterminé les conditions générales qui doivent présider à son emploi. A cet égard, nous ne croyons pouvoir mieux faire que d'emprunter aux travaux de ces deux auteurs quelques propositions qui expriment d'ailleurs assez exactement notre pensée et les résultats de notre propre observation.

Si l'on veut préciser les conditions de succès ou d'insuccès de la médication par l'Huile de Morue dans la phthisie pulmonaire, on est conduit par l'étude des faits et par l'ensemble des nombreux documents que possède la science, à établir une importante distinction entre les deux principales formes de cette maladie relativement à l'indication de l'emploi de ce médicament.

« Dans la première, phthisie active, floride, à forme inflammatoire, survenant chez des sujets robustes et pléthoriques, et s'accompagnant de

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congestions vives vers los poumons avec tendance prononcée aux hémoplysies, ou de réaction plus ou moins intense du côté du système circulatoire, l'Huile de foie de Morue, loin d'avoir de bons résultats, exposera à des accidents et pourra rendre plus active la marche delà maladie.»

Ajoutons qu'en dehors môme de cette forme toute spéciale de phthisie pulmonaire, il est encore beaucoup d'individus nerveux et irritables chez qui, dans la première période de la maladie, se manifestent des accidents d'irritation ou de congestion très-marquée, et qui réclament temporairement, comme ceux de la forme précédente, l'emploi modéré des tempérants, des antiphlogistiques et des révulsifs. Dans ces conditions, l'Huile de foie de Morue n'est pas moins contre-indiquée.

« Dans la seconde forme, au contraire, phthisie scrofuleuse, ou froide et torpide, à marche chronique, développée chez des sujets lymphntiques, à chairs molles, k circulation et nutrition languissantes, avec hématose incomplète, on aura les raisons les plus légitimes d'espérer d'heureux effets de son administration. »

Faisons remarquer ici que ce qui peut servir à expliquer le succès et la vogue soutenue de l'Huile de Morue, appliquée à la phthisie pulmonaire, c'est que la seconde forme est beaucoup plus commune que la première, surtout dans nos grandes villes et au sein des classes pauvres qui regorgent de phthisiques entachés de lymphatisme.

n importe encore de faire ici une observation pratique : c'est que chez les individus de la première catégorie, une fois qu'ils seront arrivés à la période d'hectisie proprement dite, c'est-à-dire qu'ils seront tombés dans l'état cachectique à la suite de la fonte tuberculeuse et de la diarrhée, l'Huile de Morue qui était contre-indiquée au début, pourra, dans ces conditions opposées, être employée utilement au même titre que le régime fortifiant et analeptique.

Que si maintenant nous cherchons à apprécier le véritable mode d'action de l'Huile de foie de Morue dans les différentes affections que nous venons de passer en revue, nous n'hésiterons pas à reconnaître, avec les médecins cités plus haut, que c'est surtout en agissant sur les fonctions de nutrition et d'assimilation, c'est-à-dire en modifiant l'état dyscrasique ou cachectique, que ce médicament arrive à guérir ou à amender la maladie spéciale à laquelle cet état général se trouve lié, soit comme cause, soit comme effet ou comme complication.

Cela ne saurait faire doute, il nous semble, pour le rachitis et pour la scrofule. Mais dans la phthisie pulmonaire elle-même, si l'Huile de Morue se montre souvent utile, ce n'est pas en s'attaquant immédiatement à la diathèse tuberculeuse, ni en exerçant une action directe sur les produits morbides eux-mêmes ; mais elle est utile à la fois en restaurant et [ortifiant l'organisme, et en imprimant une modification favorable sui rjnnnris aux fonctions sécrétoires et nutritives des organes spéciaux qui Lont le siège des tubercules.

Cette interprétation, si elle est exacte, tendrait donc à légitimer une

HUILE DE MORUE

opinion qui, bien que présentant tout d'abord quelque chose de paradoxal, est soutenue par un très-grand nombre de praticiens, à savoir : que l'Huile de foie de Morue manifesterait de préférence son summum d'action dans les formes de phthisie pulmonaire en apparence les plus graves, ou tout au moins dans les périodes assez avancées de cette maladie, dans celles en un mot qui s'accompagnent de troubles plus ou moins profonds dans les fonctions de sécrétion et de nutrition.

Sans doute, dans la presque universalité des cas dont il est ici question, cette action se montre plutôt temporairement salutaire que véritablement curative ; mais n'est-ce pas déjà beaucoup d'être parvenu, par cette médication si simple, sinon à guérir la phthisie elle-même, au moins à rendre au malheureux phthisique un peu d'appétit, de forces et 4'embonpoint, et à enrayer même, pour un temps quelquefois assez long, la marche d'une maladie qui, ^usque-là, se précipitait vers le terme fatal ?

Ainsi, tout bien considéré, l'Huile de foie de Morue, malgré son efficacité incontestable, ne nous représente ni un antirachitique, ni un antiscrofuleux, ni moins encore un antituberculeux. Elle n'est douée, à notre sens, d'aucune propriété véritablement spécifique contre telle ou telle diathèse. Sa vertu, à vrai dire, consiste essentiellement ici en ce qu'elle est un tonique analeptique d'un ordre supérieur, c'est-à-dire qu'en sa -qualité de corps gras, et peut-être en sa qualité de corps gras combiné avec diverses substances toniques excitantes (iode, phosphore, etc.), l'Huile de foie de Morue constitue à la fois un aliment et un agent de stimulation parfaitement appropriés à l'état de l'organisme plus ou moins profondément détérioré par ces divers principes morbides.

Aussi, pour ces raisons, nous avons de la tendance à nous ranger à l'opinion de M. le docteur MuUer, de Mulhouse, à savoir : que les propriétés de l'Huile de foie de Morue ne résident exclusivement ni dans son iode, ni dans son phosphore, ni dans sa matière grasse, ni dans sa partie extractive, mais que c'est l'Huile entière avec tous ses principes quiguérit, et nous n'oserions affirmer qu'une huile végétale iodée ou phosphorée quelconque, préparée dans le laboratoire, puisse remplacer jamais complètement l'Huile de foie de Morue.

Nous reviendrons tout à l'heure à cette question.

Rhumatisme chronique. — Si la plupart des médecins qui ont expérimenté l'action thérapeutique de l'Huile de foie de Morue, sont d'accord sur ce point que ce médicament est utile dans le rachitis, la scrofule et même la phthisie pulmonaire, ils sont loin de s'accorder aussi bien sur son utilité contre le rhumatisme chronique. Il est certain qu'en France surtout on n'est guère porté à lui reconnaître dans ce cas une bien grande valeur. Cependant, les faits rapportés par Schenk [loco citato) offrent un véritable intérêt. A la vérité, dans ces observations que Schenk qualifie du nom de rhumatismes, il s'agit peut-être plutôt de maladies de la

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moelle et de la colonne vertébrale que de véritables rhumatismes. Toutefois, il n'en est pas moins curieux de voir des paraplégies qui duraient depuis longues années, des scialiques doubles ou simples, qui probablement étaient dues à une affection de l'extrémité de la moelle épinière, devoir, dis-je, ces affections céder riipidement sous l'influence de l'Huile de Morue, alors que les médications les plus énergiques étaient restées sans résultat. Rappelons ici que y^e'iemv {H ufeland' séjournai, mai 1824), Wolkman(/6îff., nov. 1824), Schutte (ArcA. fur Medizin, 1824), Reder [loco cit.), rapportent de nombreuses observations qui témoignent de l'utilité de ce même médicament dans les maladies chroniques ou scrofuleuses du système osseux, ainsi que dans des affections de nature rhumatismale.

Faisons d'ailleurs remarquer que, dans un très-grand nombre de cas, les douleurs rhumatismales, ou réputées telles, se trouvaient augmentées par les premières doses de ce médicament, et que très-probablement cette circonstance a dû lui nuire dans l'esprit de beaucoup d'expérimentateurs ou de praticiens.

11 règne donc encore aujourd'hui parmi les médecins une grande incertitude, sinon un désaccord complet, relativement à la valeur thérapeutique de l'Huile de foie de Morue dans le rhumatisme chronique. Le docteur Muller, de Mulhouse, recherchant pourquoi ce médicament est si peu employé chez nous et passe pour être doué de si peu d'efficacité dans cette dernière maladie, tandis que dans tout le nord de l'Europe son usage est si populaire et légitimé par des succès aussi nombreux qu'incontestables, a été conduit à établir à cet égard une distinction qui est de nature à rendre raison de cette singulière différence dans les résultats, et par suite dans la confiance accordée au médicament.

Ainsi, selon M. Muller, l'Huile de foie de Morue, loin de convenir dans tous les cas de rhumatismes, serait seulement applicable à deux variétés toutes spéciales de cette affection :

1"'*. Le rhumatisme musculo-fibreux, appartenant à la misère dans son degré le plus avancé, et reconnaissant pour causes les privations, l'encombrement, l'absence d'air et de lumière, une constitution primitivement chétive ou détériorée, la diathèse scrofuleuse et l'hérédité.

Cette forme de rhumatisme, débutant par un simple endolorissement des membres, envahirait successivement le rachis jusqu'à la nuque, et frapperait de roideur et de contracture plus ou moins permanente les muscles des membres et du tronc, sans jamais revêtir le caractère inflammatoire, s'accompagnant seulement d'oedème sans rougeur, et pouvant conduire jusqu'à la paralysie.

2«. Le rhumatisme fibreux, développé sous l'influence d'un séjour prolongé dans des ieux humides et froids. Cette deuxième variété de rhumatisme, débutant par les articulations, présenterait d'abord une certaine mobilité, et attaquerait presque exclusivement les tissus fibreux; sa marche lente et le plus souvent apyrétique, altérerait progressivement

HUILE DE MORUE

la nutrition et conduirait à l'épuisement sans entraîner ni contracture ni paralysie.

C'est seulement dans ces deux formes de rhumatismes que l'Huile de foie de Morue réussirait, à la condition d'une grande persévérance dans son emploi. Ici, comme dans les maladies précédemment étudiées, ce médicament n'agirait encore que d'une manière indirecte, non en s'attaquant cà la diathèse rhumatismale elle-même, mais en modifiant préalablement la constitution détériorée, en améliorant la nutrition, en combattant en un mot l'état cachectique devenu l'obstacle le plus sérieux à la guérison {Bulletin de la Soc. méd. pratique, 1851-5:2).

Que si cette distinction est juste et vraie, faudra-t-il s'étonner si l'Huile de Morue, administrée dans des conditions tout opposées, c'est-àdire contre des rhumatismes de forme inflammatoire ou sub-inflammatoire, ait eu pour effet d'augmenter souvent les douleurs dès les premières doses, et si, découragés par ces mauvais résultats, bien des praticiens, loin de poursuivre leurs essais, aient été entraînés de prime abord à rejeter ce médicament d'une manière absolue du traitement du rhumatisme ?

État cachectique en géraéra!. — S'il est vrai, comme nous avons essayé de le démontrer, que l'Huile de foie de Morue emprunte à peu près toute sa puissance, même dans les affections les mieux déterminées, à ses propriétés récorporatives, s'il est vrai qu'elle constitue à la fois un bon aliment et un excellent tonique, il s'ensuit naturellement qu'elle devra être appelée à rendre les plus utiles services dans cet état général de détérioration de l'organisme qu'on désigne sous le nom à' état cachectique.

Or, c'est encore là une question importante de pratique que nous trouvons nettement posée et parfaitement établie dans l'excellent travail que déjà plus d'une fois nous avons mis à contribution, et auquel nous allons faire un nouvel emprunt :

Que cet état cachectique reconnaisse pour cause une alimentation insuffisante ou vicieuse, l'absence de lumière et d'air, l'influence prolongée du froid humide, le défaut d'exercice comme dans l'emprisonnement cellulaire, l'épuisement produit parles excès de toute nature, une croissance trop rapide, une dentition difficile, une suppuration abondante, un catarrhe chronique, une altération ancienne des fonctions digestives, soit enfin que cet état cachectique se lie à une diathèse morbide spéciale, syphilitique, scorbutique, cancéreuse, à une albuminurie ou diabète, etc., l'expérience a démontré que dans ces conditions morbides, si diverses par leurs causes et leur nature, mais aboutissant toutes à un résultat identique : la détérioration de la constitution, la langueur, la perversion ou l'insuffisance de la nutrition, l'Huile de foie de Morue, par ses propriétés à la fois nutritives et stimulantes, opère quelquefois les guérisons les plus inattendues et en même temps les plus solides.

Après tout ce que nous venons d'exposer, et malgré l'incroyable abus

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

qui se fait journellement de ce médicament, nous ne craindrons pas de conclure que l'introduction de l'Huile de foie de Morue dans le domaine de la thérapeutique est une des plus heureuses conquêtes de notre époque.

Le docteur Anstie a obtenu de cette manière des cures remarquables dans les cas de chorée réfractaire, de paralysie agitante, d'épilepsie et de tremblement mercu ri el. {British med. Journ., mars 1863.)

Cependant, il faut bien le dire, il s'est élevé une singulière controverse relativement à l'Huile de foie de Morue. En Belgique, en Allemagne, quelques médecins d'abord, puis bientôt un assez grand nombre de praticiens, déniant à l'Huile de foie de Morue toute propriété spéciale, conclurent que l'huile connue dans le commerce sous le nom à' Huile de pa'sson, laquelle se tire surtout des cétacés, jouit des mêmes propriétés que celle qui est tirée du foie de la raie ou de la morue. M. Brctonneau a surtout donné du crédit à cette opinion ; et ce praticien, dont l'autorité est si considérable en thérapeutique, prescrit indifféremment à ses malades l'huile de baleine ou l'huile de poisson ; nous l'avons souvent entendu dire qu'il obtenait toujours les mêmes succès. Nous-mêmes, nous n'hésitons jamais à suivre son exemple. H faut ici remarquer que l'emploi de l'huile de poisson est populaire dans les latitudes les plus septentrionales. Les peuplades du Kamschatka, de la Laponie, du Spitzberg, luttent contre la dépression vitale que le froid et l'absence de lumière solaire exercent sur leur économie, en buvant des quantités énormes d'huile de baleine. Sur tout le littoral de la Baltique et de la mer du Nord, l'usage populaire ét ;it de donner aux enfants débiles et aux adultes valétudinaires l'huile de baleine ou l'huile de poisson indllféremment, et, comme nous l'avons dit plus haut, les médecins, frappés des résultats obtenus par cette médication empirique, ont répété ces expériences et ont confirmé' ces résultats.

Quelques médecins belges et allemands ont été plus loin. C'est ainsi que l'un d'entre eux, le docteur Dubois, substitue l'huile de pavot, qui, comme chacun sait, est comestible, à l'Huile de foie de Morue.

Le docteur Dubois a recueilli quatorze observations de rachitis, et dix de maladies strumeuses diverses, dans lesquelles les sujets ont été soumis par lui à l'action de l'huile d'œillette ; et assurément dans plusieurs de ces cas, spécialement dans ceux de rachitis et de carie scrofuleuse, on n'aurait pu retirer des résultats plus avantageux de l'emploi de l'Huile de foie de Morue. 11 la fait prendre d'abord aux enfants à la dose d'une demi-cuillerée ou d'une cuillerée à bouche matin et soir, et il augmente cette dose progressivement. Comme on le voit, ce mode d'administration ne diffère point de celui de l'Huile de foie de Morue. [Annales de la Soc. de méd. d'Anvers.)

M. le docteur Pophen recommande dans les cas d'affections strumeuses, tels que les indurations glanduleuses, les ulcères scrofuleux, le

HUILE DE MORUE

gonflement des os avec ou sans carie, etc., l'usage du lard à peine frit. 11 fait prendre cette substance à jeun, à la dose de 8 grammes ; aussitôt après cette ingestion, le malade mange, dans un potage quelconque, la portion graisseuse liquide qui s'est écoulée du lard par l'action de la chaleur, et une heure plus tard il prend une tasse de café de glands, avec des tartines de pain beurrées.

Dans les cas oii la maladie est légère, quatre ou six semaines de ce traitement suffisent, en général, pour amener la guérison ; lorsque les symptômes présentent une grande gravité, la médication doit être continuée pendant trois mois à peu près.

Parmi les moyens diététiques auxiliaires les mieux appropriés, il faut placer en première ligne le jambon bien fumé mangé cru, et la bonne bière non fermentée. { Wochenschrift fur die gesammte Heilkande, 1841.)

Nous avons nous-mème, lorsque nous étions à la tète d'un hôpital considérable d'enfants, essayé comparativement le beurre mangé sur des tartines de pain et l'Huile de foie de Morue ordinaire. Lorsque la quantité de beurre ingérée était assez considérable (60 à ISO grammes par jour), l'amélioration dans la santé des enfants rachitiques était rapide, et, à peu de chose près, aussi rapide que lorsqu'on administrait l'Huile de foie de Morue. En un mot, le beurre, qui, en définitive, est une huile animale au même titre que les huiles des cétacés et des poissons, agissait d'une manière analogue.

Nous suivons toujours cette méthode pour les individus qui répugnent trop à prendre de l'Huile de foie de Morue. Souvent, plutôt pour ne pas ébranler la confiance des parents qui ne comprennent pas comment peut agir un remède aussi simple que le beurre, nous ajoutons à celui-ci quelques-uns des éléments que renferme l'huile de poisson. La formule suivante est celle que nous prescrivons le plus souvent :

Beurre très-frais 300 grammes.

lodure de potassium 0,15 centigrammes.

Phosphore 0,01 —

Bromure de potassium 1 gramme.

Chlorure de sodium 3 —

Cette quantité de beurre est prise en trois jours, sur du pain. On peut, sans grand inconvénient, supprimer le phosphore de cetto formule.

En Angleterre, on remplace quelquefois l'Huile de Morue par de la crème fraîche, à laquelle on ajoute du sel, du sucre ou du rhum. M. Fonssagrivesl'a employée avec succès. {Bullet. de Tliérap., 1861, t. LXL)

Ces faits sembleraient indiquer que l'Huile de foie de Morue agit surtout en tant que corps oléagineux, indépendamment des éléments particuliers qui peuvent s'y trouver.

Cette opinion se trouve confirmée par les résultats que l'on obtient,

3S6 MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

dans l'engraissement des animaux, par l'addition de quelques principes huileux à la masse alimentaire ordinaire. Ceux qui se sont un peu occupés de l'éducation des bestiaux savent combien plus rapide est le développement et l'engraissement des animaux quand on ajoute à leur provende une petite quantité de tourteau de lin ou de noix, ou même du saindoux et du suif, et cet accroissement est hors de proportion avec la dose des matières grasses qui peuvent encore être contenues dans la pulpe exprimée de la graine de lin ou de la noix, comme si cette huile avait imprimé à l'économie une puissance nouvelle d'assimilation.

On a pu penser que la rancidité même de l'huile contenue dans les tourteaux, et de celle des huiles de poisson et de baleine, était pour quelque chose dans les résultats obtenus, cette rancidité agissant à la manière des condiments.

Quoi qu'il en soit, cette grande question est encore loin d'être résolue, et appelle de nouvelles investigations et de nouvelles expériences.

M. Bauer, de Tubingen, a expérimenté, dans plusieurs maladies, des huiles de différentes espèces, telles que celles d'olive, de pavot, de lin et de poisson ; ces diverses huiles n'ont été employées qu'extérieurement, en frictions sur toute la surface du corps, au moyen d'une éponge fine, l'huile étant légèrement chauffée. Ces frictions étaient ordinairement pratiquées le soir ; on enveloppait ensuite le malade dans une couverture en laine et on l'y laissait pendant deux heures. Dans la plupart des cas, des sueurs abondantes, répandues sur toute la surface du corps, constituaient le premier phénomène qu'on observait, et, chez les enfants, elles s'accompagnaient souvent d'une éruption qui avait quelque analogie d'aspect avec la rougeole.

Le second effet remarquable était un calme du système nerveux, qui ne tardait pas à se manifester par un sommeil paisible et profond.

Le troisième résultat était l'augmentation de toutes les sécrétions, une expectoration plus facile, une urine plus abondante, et une activité bienfaisante dans les fonctions du foie. Le dernier de ces effets se remarquait promptement chez les enfants ; les selles, qui avaient été vertes et d'une odeur acide, devenaient jaunes et d'un aspect normal.

On peut donc attendre un effet salutaire des frictions huileuses dans toutes les affections, telles que douleurs nerveuses, convulsions, rhumatismes, etc., où les phénomènes énumérés plus haut forment les indications principales de l'état morbide. L'huile peut, en outre, être considérée comme une sorte de spécifique dans les maladies de nature strumeuse, et cette assertion repose sur de nombreux essais que l'auteur a faits dans diverses formes de l'affection tuberculeuse ; les frictions huileuses paraissent agir, dans les cas de ce genre, suivant Bauer, en rendant plus active la digestion duodénale, en augmentant la quantité du chyle, et en mettant l'organisme dans les conditions inverses de celles qui favorisent le développement des scrofules.

Quoi qu'il en soit, il faut le reconnaître, l'emploi de l'huile, tant à

HUILE DE MORUE. 357

l'intérieur qu'à l'extérieur, présente un assez grand nombre d'inconvénients. En portant cette substance dans l'estomac, on a à craindre le dégoût et les indigestions, si l'usage en est tant soit peu prolongé ; en outre, l'application par la voie des frictions salit le linge et les literies. Toutefois, les désagréments attachés à l'usage externe peuvent être plus facilement supportés que ceux qui sont la conséquence de l'ingestion soutenue ; aussi les expériences de M. le docteur Bauer se rapportentelles toutes aux frictions.

Ce praticien cite huit observations dans lesquelles il recourut aux différentes huiles contrôles formes très-diverses de la maladie scrofuleuse, et spécialement chez les enfants. Les effets et les résultats furent tout à fait conformes à ce qui a été dit plus haut. Dans les cas où la maladie avait pour point de départ la rétrocession d'un exanthème ou la disparition d'un mal de nature strumeuse, les frictions d'Huile ont pu rappeler l'affection à la peau, même lorsque plusieurs autres moyens avaient déjà été tentés sans aucun succès pour arriver à ce but. [Bull, de la Soc. méd. de G and.)

MODE d'administration ET DOSES.

L'Huile de foie de Morue doit être prescrite, pour les adultes, à la dose de deux, trois ou quatre cuillerées à bouche par jour, et même plus; aux enfants, on donne le même nombre de cuillerées à café. On la mêle à du sirop, ou bien encore à un looch blanc, forme sous laquelle les enfants la prennent avec plaisir; enfin, suivant le procédé de M. Bauer, dont nous venons de parler, on peut l'employer en frictions sur tout le corps.

D'après M. Frédérick, on peut masquer la saveur de l'Huile de Morue en mâchant de l'écorce d'orange sèche, avant et après avoir avalé l'Huile. Cependant il préfère administrer avant et après l'ingestion de l'Huile quelques gorgées de café noir très-fort et sans sucre.

Le docteur Plettinck {Annales de la Société médicale de la Flandre occidentale, 1847) a eu l'idée d'employer, comme correctif, pour masquer l'odeur de l'Huile de foie de Morue, l'esprit carminatif de Sylvius à la dose de quelques gouttes par cuillerée. Le mélange se fait bien, se maintient longtemps, et l'Huile perd en grande partie son odeur nauséabonde.

On a proposé également l'eau de laurier-cerise et l'essence d'amandes amères pour masquer son odeur, prétendant qu'ainsi aromatisée, l'Huile de foie de Morue devenait une gelée agréable, bien supportée par les enfants. Mais nous avons reconnu tout récemment que les enfants la supportent mieux pure ; et un pharmacien de Bordeaux, M. Dannecy, vient de faire connaître un moyen très-simple pour faire bien supporter l'Huile de Morue chez certains malades qui ne peuvent la garder, et sont forcés de la rejeter par le vomissement au bout de quelques heures, alors même que la digestion des aliments pris en même temps s'est bien effectuée, n fait prendre à ces malades, immédiatement après l'Huile,

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

50 à 60 centigrammes de magnésie calcinée dans une petite quantité d'eau, et, par ce moyen, il obtient le plus généralement un succès complet.

M. Martin fait boire lentement, aussitôt après avoir pris l'Huile, un demi-verre d'eau ferrugineuse artificielle obtenue par la macération de clous rouilles. La saveur qui reste dans la bouche est celle du Fer et les éructations n'ont plus rien de désagréable. {Bulletin de Thérapeutique, 1861, t. LXI.)

M. Jeannel a proposé une Huile de foie de Morue ferrée, que l'on prépare ainsi :

Huile brune 250 gram.

Eau distillée 230

Carbonate de soude pulvérisé 14

Carbonate de fer pulvérisé 15

Mettez le tout dans un flacon, laissez huit jours en contact et filtrez. L'Huile contient 1 pour 100 de sesquioxyde de fer.

ARSENIC

U Arsenic (ce que les anciens désignaient sous ce nom n'était que l'oxyde blanc d'Arsenic ou un sulfure de ce métal) est un corps simple, dont la découverte est attribuée à Brandt en 1733. Il a été étudié successivement par Macquer, Monnet, Scheele, et depuis par tous les chimistes modernes. Ce corps se rencontre dans la nature à l'état natif, à l'état d'oxyde noir, de sulfure, d'arséniure de cobalt, de nic-r kel, de fer, de bismuth, d'antimoine, etc.

Tout récemment M. Tripier, pharmacien militaire, a découvert l'Arsenic à l'état d'arsénite de chaux ou de baryte dans les eaux de Hamam-Mescoutine (Algérie), dites les Bains-Maudits. Les dernières analyses faites sur ces eaux par M. 0. Henry ont pleinement confirmé la présence de ce principe arsenical.

Depuis lors l'attention des chimistes a été appelée sur ce point, et il est peu d'eaux minérales, surtout parmi les salines et les ferrugineuses, dans lesquelles on n'ait constaté la présence de l'Arsenic.

Voici la proportion d'Arsenic renfermée dans les eaux minérales qui en contiennent le plus :

1» LaBourboule [Thenard], 0,008 Arsenic ;

2° Cransac (source haute) [Richard], 0,00905 sulfure d'Arsenic, correspondant à 0,0063 Arsenic ;

3» Bussang, 0,002;

4» Vichy [Louquel), 0,002 acide arsé-

nique correspondant à 0,0013 Arsenic ;

5» Hamman - Meskoutine {Tripier), 0,00030 Arsenic ;

G» Mont-Dore {Thenard), 0,00045 Arsenic;

70 Plombières (le crucifix), 0,00060 arséniate de soude ou 0,00024 Arsenic.

L'Arsenic est solide, gris d'acier, fragile, à texture grenue, quelquefois lamelleuse ; sa cassure, lorsqu'elle est récente, offre le brillant métallique, et devient terne par le contact de l'air; il est insipide; frotté entre les mains, il leur communique une odeur sensible; chauffé îi 180 degrés sous la pression atmosphérique ordinaire, il se sublime sans se fondre et cristallise en tétraèdres ; à une température élevée, il se convertit de suite en acide arsénieux, en répandant une forte odeur d'ail. L'acide nitrique le convertit à l'instant en acide arsénique. Sa densité est de 5,75. On l'obtient en chauffant, dans un vase clos, un mélange de charbon et d'acide arsénieux.

L'Arsenic métallique n'est pas employé en médecine ; on le vend dans le commerce sous le nom de cobalt, coboU, ou poudre à mouches.

Certains auteurs le considèrent comme innocent, tandis que d'autres le regardent comme éminemment toxique ; ces contradictions des expérimentateurs tiennent aux circonstances diverses dans lesquelles ils se sont placés.

ARSENIC

L'Arsonic métallique ne peut être directement absorbé, il ne peut donc être vénéneux par lui-même; mais au contact de l'air, il se transforme en acide arsénieux, et cette transformation est considérablement favorisée par la présence des chlorures alcalins. Or, ces conditions se reproduisent le plus souvent dans l'économie, et permettent d'expliquer l'action délétère de l'Arsenic métallique^ dans la plupart des cas où il a été ingéré.

Les mêmes réflexions s'appliquent à deux autres préparations insolubles, le réalgar et l'orpiment; pourvu que ces sulfures soient à l'état de pureté, ils ne sont pas vénéneux par eux-mêmes, mais ils le deviennent en se changeant en acide arsénieux sous l'influence de l'air et des chlorures alcalins.

Il existe trois combinaisons d'oxygène avec l'Arsenic : 1° le protoxyde gris noirâtre, qui, suivant quelques chimistes, est un mélange d'Arsenic métallique et d'oxyde blanc; 2" l'acide arsénieux; 3» l'ackle ursi nique.

Le protoxyde est sans usage médical.

Acide arsénieux, acidum arseniosum, As03.

{Oxyde blanc d'Arsenic, vulgairement Arsenic, mort aux rats.)

On le trouve sous deux formes dans le commerce, tantôt en poudre blanchâtre, tantôt en morceaux à cassure vitreuse ordinairement blancs et opaques à la surface, mais transparents à l'intérieur, plus rarement tout à fait opaques. Il est d'abord presque insipide, mais il laisse dans l'arrière-gorge une sensation d'âpreté ; il est volatil et inodore. L'odeur d'ail ne lui appartient pas plus qu'à l'Arsenic luimême, elle ne se révèle que pendant l'oxydation de ce métal, et ne persiste qu'autant que dure cette combinaison chimique. L'acide arsénieux, peu soluble dans l'eau froide, l'est un peu plus dans l'eau chaude.

Préparation. On l'obtient par le grillage des minerais de cobalt arsénifère ; l'Arsenic métallique s'oxyde par le contact de l'air, et l'acide arsénieux est condensé dans des chambres. On le raffine en le distillant.

On emploie l'acide arsénieux :

l» En poudre :

Poudre arsenicale du frère Cosme ou de Rousselol (Codex).

Pr. : Arsenic porphyrisé. ... 1 part.

Sandragon 2

Cinabre porphyrisé ... 2 Mêlez.

Il entre aussi dans la poudre de Fontaneilles et dans celle de Justamond.

i° En pilules :

Pilules asiatiques.

Acide arsénieux porphyrisé . . Os^,0'i

Poivre noir pulvérisé 0,00

Gomme arabique pulvérisée . . 0,10

On triture pendant longtemps le poivre et l'Arsenic dans un mortier de fer, on ajoute la gomme et l'eau et l'on divise la masse en douze pilules. Chaque pilule contient 4 milligrammes d'Arsenic. (Soubeiran.)

L'acide arsénieux est également la base des pilules de Hartun.

30 En pommade :

Pommade arsénicale.

Pr. : Arsenic blanc porphyrisé. 1 part.

Axonge 8

Mêlez.

On emploie aussi avec avantage le Uniment arsénieux de Swediaur, qui se compose d'une partie d'Arsenic blanc et 8 parties d'huile d'olive.

40 En solution aqueuse :

1» Solution du docteur Boudin.

Pr. : Acide arsénieux. . . 1 gram. Eau distillée 1000

Faire bouillir pendant un quart d'heure, précaution indispensable, et ajoutez de l'eau pour compléter 1 litre.

50 grammes de cette solution représentent 5 centigrammes d'acide arsénieux.

On ajoute partie égale de vin, d'infusion de café ou même d'eau commune. Cette solution d'une extrême simplicité et d'une préparation facile, est plus facile à doser que les solutions de Fowler et de Pearsou.

Quelle que soit la dose à administrer, M. Boudin recommande avec beaucoup d'instance le fractionnement, c'est-à-din; l'administration par faibles prises, et la nécessité de suspendre dès qu'il se présente le moindre phénomène d'intolérance, tels que oppression, nausées, vomissements.

20 Injection intestinale de M. Boudin.

Pr. : Solution arsenicale (cidessus) 50 gram.

(c'est-à-dire 5 centig.

d'acide arsénieux.) Eau distillée 100

On administre cette injection après avoir préalablement vidé l'intestin au moyen d'un lavement ordinaire. Il est digne d'être noté que M. Boudin a pu, dans un très-grand nombre de cas, porter la solution, administrée par le rectum, jusqu'à deux cents grammes (vingt centigrammes d'acide arsénieux), sans jamais provoquer ni accident, ni le moindre phénomène d'intolérance.

Mais il est important de noter que l'acide arsénieux rencontre de l'hydrogène sulfuré dans l'intestin et est ainsi transformé en sulfure d'Arsenic (orpiment) insoluble et inactif.

30 Poudre arsenicale de M. Boudin.

Pr. : Acide arsénieux ... 5 centig.

Sucre blanc 10 gram.

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

Triturez, mêlez exactement, et faites dix paquets égaux. On donne de un à deux paquets dans les vingt-quatre heures.

Cette poudre est mieux tolérée que la solution aqueuse; en revanche elle convient moins tant que la fièvre n'est pas coupée.

Ârsénile de potasse {Arsenis potassicus) , AsO-', KO.

Ce sel a été peu étudié et ses propriétés sont mal connues.

Il est employé aux mêmes usages que l'acide arsénieux ; on ne s'en sert jamnis à l'état de pureté, on emploie toujours une solution d'acide arsénieux dans le carbonate de potasse. Voici la formule la plus usitée.

Liqueur de Fowler.

[Arsenis potassicus aqvd solutus.)

Pr. : Acide arsénieux ... 5 gram.

Carbonate de potasse

pur 5

Eau distillée 500

On fait bouillir dans un matras pour opérer la dissolution, on laisse refroidir et on ajoute :

Alcoolat de mélisse composé.. IG gr.

La liqueur doit contenir exactement 1 pour 100 de son poids d'acide arsénieux, et 2 pour 100 d'arsénite de potasse (Soubeiran).

Soluté arsenical de Devergie.

Acide arsénieux 0"',\0

Carbonate de potasse 0 ,10

Eau distillée SOO

Alcoolat de mélisse composé 40 gouttes.

Teinture de cochenille pour

colorer fortement q. s.

Chaque gramme de cette solution contient Og'^,0002 (deux dix-millièmes de gramme) d'acide arsénieux. On l'administre de 1 à 20 grammes, progressivement.

Cette solution, plus faible que la précédente et colorée, expose à moins de dangers entre les mains des malades.

Arsénile de zinc, ASO^ZNO.

L'arsénite de zinc s'obtient par la décomposition d'un solutum d'arsénite de potasse par un solutum de sulfate de zinc. Le précipité obtenu doit être lavé et séché avec soin. Il est blanc gris:\tre, friable, soluble dans l'eau distillée, par l'addition de quelques gouttes d'ammoniaque. 11 présente du reste tous les caractri'es distinctifs des arsénites. 11 contient ,î peu près à parties égales l'acide arsénieux et l'oxyde de zinc (E. Delpecli).

Granules d'arsénite de zinc (C. Paul).

Arsénite de zinc 0g'',05

Faites vingt-cinq granules.

Pilules d'arsénite de zin'et d'aconit (C. Paul).

Arsénite de zinc Os',Oô

Extrait d'aconit 1

Faites vingt-cinq pilules.

Acide arsénique [Acidum arsenicum), AsOî".

Il est solide, d'un blanc mat, d'une saveur très-amôre, déliquescent et ne sert en médecine qu'à la préparation des arséiiiates. Il s'obtient en traitant l'acide arsénieux par l'eau régale et évoporant îl siccité.

Biarséniate de potasse (sel arsenical de Macquer), KO, AsO^, 2H0.

Il existe deux arséniates de potasse, un sel neutre, très-déliquescent, qui n'est pas employé, et le biarséniate, seul usité. Ce sel est blanc, en gros prismes à quatre faces; sa saveur est acide; l'air n'exerce aucune action sur lui.

On l'obtient en chauffant jusqu'au rouge, dans une cornue de grès, un mélange de poudre d'acide arsénieux et d'azotate de potasse ; l'acide azotique de ce sel suroxyde l'acide arsénieux et donne de l'arséniate de potasse, qui, dissous dans l'eau distillée et cristallisé, est le sel employé en médecine.

Arséniate de soude [Arsenias sodicus), 2NaO, HO, As0s-M4aq.

Le sel neutre est le seul usité. Le biarséniate, à l'inverse du sel précédent, est déliquescent.

L'arséniate de soude cristallise en beaux prismes hexagonaux réguliers ; sa saveur est Acre, il est soluble dans l'eau.

On l'obtient par le même procédé que le biarséniate de potasse; seulement les proportions d'azotate de soude et d'acide arsénieux ne sont plus les mêmes.

Liqueur arsénicale de Pearson {Arsenias sodicus aquâ solutus).

Pr. : Arséniate de soude cristallisé 0s'-,05

Eau distillée 32

S. (Soubeiran).

Arséniate d'ammoniaque (Arsenias ammonicus), 2AzH3HO, AsO*-f Gaq.

Sel blanc ; cristallisé en prismes rhomboïdaux, efflorescent ; il est soluble dans l'eau, 1)1 us à chaud qu'à froid.

On l'obtient en saturant l'acide arsénique par le corbonate d'ammoniaque, puis on laisse évaporer et cristalliser.

Soluté d'arséniate d'ammoniaque [Arsenias ammonicus aquâ solutus).

Pr. : Arséniate d'ammonia -

que Ogf,04

Eau distillée 64

Esprit d'angélique. ... 16

La liqueur contient 0,05 pour 100 d'arséniate d'ammoniaque.

Arséniale de fer {Arsenias ferrosus), AsOS, FeO + Aq.

Sel blanc, insoluble, altérable à l'air comme tous les protosels de fer, se changeant promptement en un composé vert d'arséniate, de protoxyde et de péroxydo de fer.

Il s'obtient par double décomposition, en versant une solution d'arséniate de soude dans une dissolution de sulfate de protoxyde de fer.

Biett employait ce sel sous forme do pilules, dont voici la composition :

Pr. : Arséniate de fer 0g'',13

Extrait de houblon. ... 8 Poudre de guimauve. . . q . s.

F. S. A. 30 pilules. Chacune d'elles contient 3 milligrammes d'arséniate.

Chlorure d'Arsenic, AsCP.

Beurre d'Arsenic, huile corrosive d'Arsenic, liquide blanc, oléagineux, trôs-volatil, répandant d'épaisses vapeurs, décomposé par l'eau, d'une grande causticité et très-vénéneux. Recommandé comme caustique dans les affections cancéreuses.

Ce sel correspond à l'acide arsénieux As, Cl'. Il existe un autre chlorure As, Cl^. Tous deux sont décomposés par l'eau.

lodure d'arsenic (voy. Iode).

Pilules d'iodure d'Arsenic.

lodure d'Arsenic OgfjSO

Extrait de ciguë 1

Pour cinquante pilules.

Chaque pilule renferme 1 centigramme d'iodure d'Arsenic.

Sulfure d'Arsenic.

On en trouve deux, espèces dans le commerce : le bisulfure et le trisulfure.

Le bisulfure AsS (réalgar, sulfure hypoarsénieux) existe dans la nature en masses d'un beau rouge ; il est peu usité en médecine aujourd'hui.

Le trisulfure AsS^ (orpiment) est d'une belle couleur jaune, friable, volatil, se décomposant en partie lorsqu'on le fait

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