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tant peut-être pas en entier au sel d'Argent, car le nitrate d'Argent est souvent acide et coagule le sérum par le seul fait de son acidité. MM. Charcot et Bail, qui ont répété de leur côté ces expériences, ont préféré, pour cette raison, employer l'albuminate d'Argent, puis le pyrophosphate, puis le chlorure, et enfin l'hyposulfite de soude et d'Argent.

L'albuminate est le moins toxique de tous les sels d'Argent; 0'\30 ne tuent un chien'de moyenne taille qu'au bout d'une demi-heure; l'animal meurt, comme dans les expériences de Krahmer, asphyxié par une sécrétion bronchique exagérée. L'hyposulfite d'Argent est beaucoup plus toxique : 0«%20,dissous dans 60 grammes d'eau et injectés dans les veines amènent la mort presque immédiatement, en provoquant des convulsions sans que la sécrétion bronchique ait le temps de se produire ; tandis que quand ces messieurs n'injectaient que 5 centigrammes, la mort était plus lente et l'écume bronchique avait le temps de se produire. Mais ce n'était pas tout, l'animal devenait paraplégique; il s'affaissait sur ses pattes de derrière, devenait insensible dans tout le train postérieur, et mourait ensuite d'asphyxie.

Enfin, MM. Charcot et Bail croient pouvoir tirer de leurs expériences les conclusions suivantes :

1» Les divers sels d'Argent introduits directement dans le système circulatoire ont des modes d'action fort différents ;

2" Si l'asphyxie par écume bronchique est la cause directe de la mort, il n'en existe pas moins une action sur le système nerveux;

3* L'hypersécrétion bronchique n'est elle-même que le résultat d'une action nerveuse, probablement d'ordre réflexe ; car l'analyse chimique ne nous a pas permis jusqu'ici de découvrir des traces d'Argent dans le liquide sécrété.

Introduites non plus directement dans le sang, mais dans les voies digestives, les préparations d'Argent déterminent une irritation plus ou moins énergique de la muqueuse intestinale, et, de plus, produisent des vomissements.

C'est pour cette raison que Krahmer avait beau en administrer une drachme, le poison était rejeté par les vomissements, et, avec deux jours de repos, les animaux revenaient à la santé.

MM. Charcot et Bail ont observé encore d'autres phénomènes produits par les préparations d'Argent : la muqueuse intestinale prend une teinte ardoisée en deux endroits, à la fin de l'intestin grêle et dans l'extrémité du rectum. En outre, il se fait quelquefois une coloration semblable des gencives et du collet des dents.

Chez l'homme, le traitement des névroses longtemps poursuivi a permis de constater certains effets physiologiques des sels d'Argent. Selon MM. Charcot et Vulpian, les phénomènes produits peuvent être divisés ■en trois périodes :

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1» Au début, le malade supporte très-bien le médicament ; il n'éprouve qu'un peu de gastralgie ou de légères coliques, qui durent peu et n'amènent pas, en général, de diarrhée. Le phénomène qui attire surtout l'attention est une démangeaison générale accompagnée quelquefois d'un peu de prurigo ;

2» Après une période d'environ trois mois, alors que le malade a pris à peu près 2 grammes de Nitrate d'Argent, on voit apparaître un liséré bleu foncé sur les gencives, liséré analogue au liséré saturnin et signalé d'abord par M. Duguet. Cette coloration s'étend ensuite, comme la coloration saturnine, à la face interne des joues. A cette époque, d'autres organes commencent déjà à se colorer de la même façon, et Krahmer avait déjà remarqué cette même teinte sur les petites lèvres et l'entrée du vagin;

3° Après un traitement prolongé, et qui, d'après Krahmer, suppose que le malade a pris 30 grammes de ce médicament, survient la coloration ardoisée de la peau. Cette coloration d'abord faible, grisâtre, semblable à de la suie, devient ensuite plus foncée, bleuâtre. Elle est, en général, plus prononcée sur les parties exposées à l'air, et, en particulier, à la face et à la lunule des ongles ; mais elle peut aussi se montrer sur les parties couvertes. Cette coloration, une fois produite, persiste à peu près indéflniment et l'on ne connaît pas encore de moyen externe ou interne qui puisse la faire disparaître.

En dehors de celte coloration de la peau, qui est pour les malades un phénomène des plus ennuyeux, ce qui ressort des expériences de ces messieurs, c'est que le Nitrate d'Argent est supporté par l'organisme avec une tolérance des plus remarquables.

Dîarpliée. — A l'intérieur, le Nitrate d'Argent cristallisé a été conseillé dans plusieurs maladies : comme purgatif drastique dans l'hydropisie, par Boerhaave {Libell. de mat. med.). Dans ce cas, on fait une pilule avec un mélange de 5 centigrammes d'amidon ou de mie de pain, 2 1/2 centigrammes de Nitrate d'Argent et 2 1/2 centigrammes de sel de nitre ; on donne de demi-heure en demi-heure une pilule semblable, jusqu'à ce que le malade commence à être purgé. C'est le moyen que nous avons conseillé dans la dysenterie aiguë, en même temps que nous donnons deux fois par jour un lavement avec 500 grammes d'eau distillée dans laquelle on fait dissoudre 15 à 50 centigrammes de Nitrate d'Argent.

Depuis longtemps nous faisons du Nitrate d'Argent un usage très-fréquent dans le traitement des maladies de l'appareil digestif. Lorsque, chez les enfants à la mamelle, la diarrhée persiste trop longtemps, malgré la diète, le régime et l'usage de la magnésie^ du bismuth ou de la poudre

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d'yeux d'écrevisse, nous n'hésitons pas à prescrire le Nitrate d'Argent, en observant toutefois les règles suivantes :

Si la diarrhée est tormineuse, accompagnée de sécrétions glaireuses ou de glaires ensanglantées, et en même temps de ténesme, nous prescrivons, soir et matin, un clystère composé de 250 grammes d'eau distillée de 5 à 10 centigrammes de Nitrate d'Argent, suivant l'âge de l'enfant ; quelquefois, après l'expulsion du liquide injecté, nous donnons un nouveau lavement d'eau tiède, auquel nous ajoutons une demi-goutte ou même une goutte de laudanum de Sydenham. Il est rare que cette médication si simple ne guérisse pas avec rapidité une diarrhée qui semble liée à un état phlegmasique de la membrane muqueuse du colon.

Mais si la diarrhée est accompagnée de nausées, si elle est constituée par des déjections séreuses, vertes, lientériques, nous n'hésitons pas à prescrire le Nitrate d'Argent en potion, selon la formule suivante :

L'enfant en prend le quart, la moitié, la totalité même, suivant l'effet produit.

Nous ne saurions assez dire combien ce remède est innocent, et combien sont peu fondées les craintes des praticiens qui n'osent pas l'administrer à l'intérieur.

Chez les adultes atteints de diarrhée chronique, nous donnons le Nitrate d'Argent en pilules ou en potion à la dose de 5 à 10 centigrammes par jour; ou bien, si la diarrhée dépend d'un état phlegmasique du gros intestin, nous administrons des lavements dans lesquels nous faisons dissoudre 20 à 30 centigrammes de Nitrate.

En 1840, Hudson a publié {T/ie Dublin Journal of Médical science) un travail intéressant sur l'emploi du Nitrate d'Argent à l'intérieur, dans le traitement de quelques affections des membranes muqueuses. Déjà Osborne l'avait employé dans la gastrite accompagnée de vomissements acides ; Langton Parker le plaçait h. côté du bismuth et de l'opium parmi les sédatifs de la sensibilité stomacale ; Bigers, Steinetz, le conseillaient dans la dyspepsie. Hudson, répétant ces expériences, a, en effet, constaté l'efficacité du sel argentique dans des gastralgies rebelles et dans des gastrites contre lesquelles des moyens thérapeutiques puissants avaient complètement échoué.

Nous-mêmes, nous avons eu souvent occasion d'employer ce moyen avec avantage dans les gastralgies réfractaires, notamment chez les femmes névropathiques à névralgies multiples et mobiles. Dans ce cas, nous donnons le Nitrate d'Argent à la dose de 1 à 3 centigrammes, en pilules, qu'on administre dans l'intervalle des repas. Nous en continuons l'usage cinq à six jours de suite, et, après un certain laps de temps, nous y revenons suivant les résultats obtenus.

Pr. : Nitrate d'Argent.

Eau distillée. . .

Sirop simple. . .

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Comme vermifuge, il est employé de la môme manière (Fodéré, Méd. lég., t. IV, p. 163).

i\évroses. — Quant à son action sur le système nerveux (action tout à fait indépendante de ses propriétés irritantes), elle ne saurait être contestée, à moins de révoquer en doute la véracité d'une multitude de praticiens recommandables.

De tous les médicaments employés contre l'épilepsie, le Nitrate d'Argent est celui qui a réuni le plus de faits observés par des praticiens éclairés. Ce n'est pas à dire pour cela que l'on ait guéri par ce moyen même la vingtième partie des épileptiques traités, mais enfln on en a guéri plus que par toute autre méthode, à l'exception toutefois de la méthode par les solanées vireuses. Comme les doses, dans ce cas, doivent être considérables, on commence par 5 milligrammes soir et matin, et l'on va progressivement jusqu'à 50, 60 et même 80 centigrammes dans les vingtquatre heures. C'est en administrant ce médicament avec cette audace que de nombreux observateurs, dont on peut voir la longue nomenclature dans le Dictionnaire de Thérapeutique de MM. Mérat et de Lens, 1. 1, p. 401, sont parvenus à guérir quelques épileptiques. Mais beaucoup d'autres médecins ont été moins heureux.

Que si, dans presque tous les cas, le Nitrate d'Argent reste impuissant contre l'épilepsie, ce môme agent thérapeutique réussit plus fréquemment dans d'autres névroses moins graves, et nous citerons surtout la danse de Saint-Guy. M. Bretonneau, de Tours, est, parmi nos compatriotes, celui qui a le plus insisté sur l'utilité de ce moyen dans le traitement de la chorée ; mais avant lui cette médication avait été indiquée dans le même cas {Biblioth. méd.^ t. LI, p. 265 ; Journ. gén. de Méd., t. LXXXVII, p. 290; Revue méd., décembre 1824, p. 445).

Dans la paralysie agitante, MM. Charcot et Vulpian n'ont obtenu aucun résultat favorable, le Nitrate d'Argent n'a fait qu'augmenter la rigidité et le tremblement. M. Bouchut prétend avoir été plus heureux dans la paralysie générale progressive, mais de nouvelles observations sont évidemment nécessaires, ainsi que pour Vangine de poitrine. Il n'en est pas de même de Vataxie locomotrice progressive. Il y a six ans, Wunderlick, frappé des bons résultats qu'il obtenait de ce médicament dans une forme de paralysie généralisée qui se produisait chez une hystérique après chaque attaque, l'employa dans l'ataxie locomotrice, et, dès 1861, il pubhait cinq observations dans lesquelles il avait obtenu cinq fois la guérison. En France, MM. Charcot et Vulpian n'ont pas été aussi heureux, et aucun de leurs malades n'a été radicalement guéri. Eulenberg aurait été plus heureux l'année dernière et aurait obtenu la guérison d'un de ses malades.

On l'a encore essayé dans la coqueluche; Berger paraît en avoir retire de très-bons effets dans la période aiguë de cette maladie, et lorsque les accidents convulsifs sont très-prononcés. Il le donne à la dose de 2 à S milligrammes, à prendre trois fois d'abord, puis quatre fois dans

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la journée, en ayant égard toutefois à l'état du canal alimentaire.

Paralysies. — MM. Charcot et Vulpian ont quelque confiance dans l'heureux effet du Nitrate d'Argent prescrit dans le cas de paraplégie avec flaccidité des membres ; il en serait de même de la paraplégie hystérique. Dans l'hémiplégie ancienne, il est rare d'observer la flaccidité des membres, presque toujours il y a contracture produite par une sclérose secondaire de la moelle, et, dans ce cas, l'Argent ne fait qu'augmenter la contracture et produit des soubresauts, des démangeaisons et des fourmillements. Les préparations d'Argent sont donc surtout utiles dans les cas de paralysie asthénique sans irritation des centres nerveux.

Diabète L'un de nous est parvenu à améUorer l'état d'un diabétique par l'administration interne du Nitrate d'Argent à la dose de S à 10 centigrammes par jour. Ce traitement a été continué pendant quinze jours.

Emploi extérieur. — Mis en contact avec la peau parfaitement sèche et revêtue de son épiderme, le Nitrate d'Argent cristallisé ou fondu ne produit qu'à la longue une irritation et une eschare ; mais une solution saturée de ce sel cause presque instantanément une cuisson, et peu de minutes suffisent pour cautériser superficiellement le derme. Aussi se servait-onjadis d'un morceau de Nitrate d'Argent pour ouvrir des cautères, méthode entièrement abandonnée aujourd'hui que l'on emploie dé préférence le caustique de Vienne ou le bistouri.

Mais quand la peau est dépouillée de son épiderme, ou que l'on agit sur une membrane muqueuse, soit avec le crayon de Nitrate d'Argent, soit avec une solution saturée de ce sel, on produit instantanément une eschare superficielle qui tombe au bout de peu de jours, et quelquefois au bout de peu d'heures ; si la solution est plus faible, l'eschare sera pluslongtemps à se former, ou bien même il ne surviendra qu'une excitation pbis ou moins vive. Ainsi donc, irritation légère, irritation vive, escharification, tels sont les résultats de l'application du Nitrate d'Argent sur nos parties. Nous dirons plus loin, à l'article intitulé Médication irritante, comment nous concevons, par cette voie thérapeutique, la curation de toutes les affections locales inflammatoires que nous allons sommairement indiquer, et dans lesquelles l'extrême efficacité du Nitrate d'Argent a été mille fois constatée.

cDans les phlegmasies chroniques de toutes les membranes muqueuses, on a appliqué localement les solutions de Nitrate d'Argent. Ainsi, les phlegmasies de la conjonctive, des fosses nasales, du pharynx, de la bouche, du vagin, du col utérin, du canal de l'urètre, de la vessie, sont efficacement combattues par ce moyen. Tout le monde sait quels utiles services rend particulièrement le Nitrate d'Argent, à l'état solide ou liquide, dans les inflammations chroniques qui ont leur siège, soit dans la cavité du col utérin, soit sur la surface de ce col ; notamment contre les érosions, les granulations ou les ulcérations plus ou moins profondes, souvent accompagnées d'une abondante sécrétion muco-purulente, ou de

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pertes sanguines qui sont pour les femmes une cause si fréquente de fatigue et môme d'épuisement.

Beaucoup d'inflammations aiguës ont pu être également modifiées par le même agent thérapeutique : l'angine couenneuse, le croup, l'angine catarrhale, l'angine œdémateuse, la blennorrhagie aiguë, l'ophthalmie blennorrhagique la plus intense, l'ophthalmie purulente, la dysenterie.

Quand on a à combattre une angine tonsillaire un peu intense, on peut la faire très-souvent avorter au moyen de la cautérisation, soit avec le crayon, soit avec la solution concentrée, mais c'est à la condition que cetts application soit faite dès le début. A une époque plus éloignée, cette médication peut encore être efficace en abrégeant la durée de la maladie. L'expérience prouve qu'à la suite de l'attouchement avec ce caustique, le soulagement est presque immédiat : la douleur et la gêne de la déglutition sont calmées presque instantanément. Toutefois, pour triompher complètement du mal, il est quelquefois nécessaire de répéter la cautérisation jusqu'à deux et même trois fois à douze ou vingt-quatre heures d'intervalle. — La même médication est également employée avec succès contre l'angine tonsillaire de nature scarlatineuse, comme moyen sinon de faire avorter, au moins de diminuer considérablement les symptômes de cette affection locale, lorsqu'elle menace de prendre une gravité insolite, soit par l'excès de l'inflammation, soit surtout par l'effet d'une complication diphthéritique.

Au début du coryza, M. Tessier, de Lyon, emploie avec succès comme moyen abortif une solution légère de Nitrate d'Argent, portée à plusieurs reprises sur la membrane muqueuse des cavités nasales.

Pour la peau, quand, à la suite d'une inflammation, elle est convertie en membrane plus vasculaire, comme à la surface des plaies; dans les trajets fistuleux, dans les diverses affections cutanées chroniques, les applications topiques de Nitrate d'Argent réussissent dans un grand nombre de cas, et l'on sait que, pour les maladies cutanées, c'est à ce moyen que recourait principalement Alibert.

D'après l'énumération que nous venons de faire, on voit que le Nitrate d'Argent a été employé utilement dans la plupart des phlegmasies, soit de la peau, soit des membranes muqueuses. Toutefois, on peut dire que c'est dans les phlegmasies spécifiques et dans les plaies de mauvaise nature, ou généralement dans les maladies qui ne marchent pas franchement vers la résolution, que ce remède est le mieux indiqué et manifeste au plus haut degré ses propriétés curatives.

A ce titre, le Nitrate d'Argent est devenu, comme chacun le sait, d'im emploi général dans les phlegmasies vénériennes. Ainsi, par exemple, on ne craint pas aujourd'hui d'attaquer vigoureusement les vaginites aiguës, soit par le crayon de Nitrate d'Argent, soit de préférence encore par les solutions plus ou moins concentrées à l'aide desquelles on badigeonne toute la surface du canal vulvo-utérin.

C'est ainsi encore que les injections assez concentrées de Nitrate d'Ar-

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gent sont devenues un moyen très-usité pour combattre certaines formes de blennorrhagie chez l'homme. A cette occasion, ne négligeons pas de rappeler que lorsque la blennorrhagie est bornée à son début à la fosse naviculaire, la cautérisation avec le crayon de Nitrate d'Argent réussit assez souvent, selon M. Cahen, à faire avorter la maladie.

Le Nitrate d'Argent, incorporé h l'axonge, était depuis longtemps employé comme collyre gras dans le traitement de certaines ophthalmies palpébrales. Jobert (de Lamballe) eut l'idée de l'essayer comme topique, dans le traitement de l'érysipèle et de l'inflammation des vaisseaux blancs et des veines, qui succèdent aux blessures et aux opérations chirurgicales. Il admet, en principe, que l'érysipèle dit cA/rwrg'ïca/ ne diffère en rien de l'érysipèle dit de cause interne, lesquels dépendent tous les deux d'une manière d'être spéciale de l'économie. Il admet encore que la manifestation locale de l'état général mérite la plus sérieuse considération, et que, tout en s'occupant de remédier à l'état général, il faut, à tout prix, éteindre la région érysipélateuse, laquelle suffit pour causer la mort, à la suite des grandes opérations ou des blessures. Il fait une pommade dans la composition de laquelle il fait entrer une et jusqu'à deux parties de Nitrate d'Argent pour quatre parties d'axonge, et il en fait enduire, deux fois par jour, toutes les portions de la peau atteintes ou menacées par l'inflammation. Cette pommade, outre la couleur noire qu'elle produit, amène encore une vive cuisson et le développement d'une inflammation vésiculeuse très-aiguë ; mais l'érysipèle s'éteint ordinairement et se fixe là où s'est montrée l'inflammation causée par la pommade. La pommade au Nitrate d'Argent est maintenant utilisée par quelques médecins, de préférence à l'huile de croton tiglium, pour produire des inflammations locales de la peau. Mais la coloration fort désagréable qui se produit, et les taches indélébiles que le sel d'Argent laisse sur les vêtements ou sur le linge du malade, doivent rendre le médecin circonspect dans l'emploi de ce remède.

Dans le prurit de la vulve, maladie si incommode et si rebelle, qui presque toujours reconnaît pour cause une irritation herpétique de la peau qui se propage souvent à la membrane muqueuse, des grandes et des petites lèvres ainsi que du vagin, des lotions, des cautérisations ou des injections avec une solution de Nitrate d'Argent rendent des services encore plus marqués que ceux qu'on obtient de l'emploi du calorique et du sublimé.

Dans les maladies éruptives, et, entre autres, dans la variole, dans l'impétigo et dans le zona, plusieurs praticiens n'ont-ils pas, à l'exemple de M. Brctonneau, de Tours, conseillé de cautériser légèrement avec le Nitrate d'Argent le derme sur lequel repose la pustule ou la bulle, afin de faire avorter la phlegmasie locale ?

Sous l'influence d'une application superficielle du Nitrate d'Argent, on voyait se résoudre avec une grande promptitude des bourgeons charnus considérables, développés à la surface des plaies. L'analogie conduisit

ACIDE SULFURIQUE. m Ducamp à appliquer le même moyen aux engorgements de la membrane muqueuse du canal de l'urètre, et l'on sait aujourd'hui tout ce qu'on peut attendre de cet utile moyen. Nous avons nous-mêmes, plus tard, eu recours à la même médication pour résoudre l'engorgement chronique des amygdales, et nous avons vu assez souvent se guérir cette affection, contre laquelle on n'entrevoyait déjà plus d'autre ressource que l'extirpation.

Enfin, les rétrécissements du canal nasal, du conduit auditif interne et externe, des fosses nasales, et môme de la partie inférieure du rectum, ont été traités et guéris par cette méthode, qu'on applique en ayant égard à la disposition des parties, à la gravité et à la longue durée de la maladie.

Nous aurions encore à parler de l'efficacité de l'application topique du Nitrate d'Argent dans le traitement des ulcérations superficielles de la cornée transparente, de la membrane muqueuse buccale, du gland, du prépuce, etc., etc.

Il serait vraiment impossible aujourd'hui de citer les cas innombrables dans lesquels presque tous les médecins ont employé le Nitrate d'Argent; qu'il nous suffise de répéter ici qu'il n'est en médecine aucun agent thérapeutique qui trouve plus souvent son application.

Mais toutefois, pour nous résumer, nous dirons que le Nitrate d'Argent a une efficacité toute spéciale dans un grand nombre de phlegmasies aiguës ou chroniques de la peau et des membranes muqueuses ; et son efficacité contre ces affections est si bien établie, qu'elle lui a mérité le nom de caustique antiphlogistique.

Outre cette action antiphlogistique, le Nitrate d'Argent possède encore une vertu sédaiive qui peut le rendre utile dans un certain nombre de névroses ayant leur point de départ soit dans l'axe cérébro-spinal, soit dans les voies aériennes ou les voies gastriques.

Dans le chapitre où nous traiterons de la Médication irritante, nous essayerons de faire ressortir toutes les indications, et de tracer les règles suivant lesquelles ce moyen puissant devra être mis en œuvre.

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