ACTION THÉRAPEUTIQUE DE L'IPÉCACUANHA
Dysenterie. — Pison, qui le premier a faitconnaître l'Ipécacuanha, l'appelle sacram anchoram,quia nullum prestantius ac tutius, in plerisque alvi fluxibus, cum vel sine sanguine, compescendis, natura excogitaritremedium. Cette réputation dans le traitement de la dysenterie et des flux de ventre était telle, que cette racine avait pris la dénomination de racineanlidysentérique. Cette propriété de l'Ipécacuanha a été admise presque sans contestation jusqu'à la fin du siècle dernier. Presque tous les praticiens les plus graves l'ont reconnue et proclamée dans leurs écrits. Administré à temps, c'est-à-dire dans les premiers jours de la maladie, quand les évacuations sont encore ensanglantées et que rien n'indique la gangrène de la membrane muqueuse, ce vomitif calme les coliques, diminue le nombre des déjections et l'abondance de l'exhalation sanguine. On revient au même moyen deux et trois fois, en laissant six, douze, vingtquatre, quarante-huit heures d'intervalle, suivant l'effet que l'on a obtenu par la première administration du remède. Enfin, il ne faut pas craindre de donner de l'Ipécacuanha après huit, quatorze jours, et même davantage, si les accidents dysentériques n'ont pas eu une grande gravité, et si cependant la santé générale et surtout les fonctions digestives restent profondément troublées.
L'effet de l'Ipécacuanha dans la dysenterie est d'autant plus certain,
qu'il a donné lieu à des garde-robes. Quand, au contraire, ce médicament
. ne purge pas, il a moins d'action, et même Cullen nie que, dans ce cas,
il en ait aucune ; aussi pense-t-il qu'il agit ici comme laxatif (First Unes
of the practice of pkysics, vol. III, p. 115).
Le mode d'administration de l'Ipécacuanha dans la dysenterie doit être étudié avec soin ; et si les praticiens qui, de nos jours, voudront employer ce médicament concluaient à son inefficacité ou à son danger sans avoir suivi la méthode indiquée par leurs devanciers, ce serait eux qu'il faudrait accuser et non pas l'Ipécacuanha.
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Pison (voyez Cullen, Mad. méd., t. II, p. 477) voulait que l'on donnât 8 grammes de racine d'Ipécacuanha infusée ou bouillie dans 120 grammes d'eau; il répétait la dose, si besoin était. Ce médecin semblait compter plus spécialement sur l'action purgative du médicament, et cependant il regarde comme utile qu'il provoque en même temps le vomissement. Dcgner (Dissent, bilios., p. 131) donnait aux adultes 2 à 3 grammes de poudre d'Ipécacuanha. Pringle (Dis. of tlie arnvj) en donnait l«r,20 et ajoutait pour les malades vigoureux 5 ou 10 centigrammes de tartre stibié. Que si les coliques étaient très-violentes, il. donnait 25 centigrammes de cette même poudre toutes les heures, jusqu'à ce que la diarrhée survint. Hillary (Air and diseases of Barbadoes) donnait 15 centigrammes de trois en trois heures, jusqu'à ce qu'il eût déterminé un effet purgatif. La méthode de Cleghorn (Diseases ofMinorca) ne diffère presque pas de celle de Hillary.
Dans la diarrhée simple qui se lie à un état saburral de l'estomac (à l'article général sur la Médication évacuante, nous nous expliquerons sur ce que nous entendons par là), l'Ipécacuanha fait cesser les accidents presque immédiatement. Dans ce cas, on le donne à dose vomitive, lsc,20 en quatre prises, en laissant dix minutes d'intervalle entre chaque prise.
Mais dans la diarrhée chronique, lorsque l'on n'a pas lieu de supposer qu'elle soit sous la dépendance de la phthisie tuberculeuse ou d'ulcérations simples de la membrane muqueuse, l'Ipécacuanha se donne à petites doses, 5 à 10 centigrammes de deux heures en deux heures, dans un véhicule convenable, de manière à ne provoquer ni vomissements ni évacuations alvines.
MM. Monard frères, médecins dans nos possessions d'Afrique, ont eu l'idée, dans les diarrhées chroniques, d'associer l'Ipécacuanha au calomel et à l'opium. Leur moyen consiste dans l'usage continué pendant quatre ou cinq jours des pilules suivantes, à doses décroissantes :
Pr. : Calomel 30 centigr.
lpécacuauha CO
Opium gommeux 10
Faites neuf pilules. — Premier jour, quatre pilules le matin, d'beure en heure; deux le soir. — Deuxième jour, idem. — Troisième et quatrième jour, quatre pilules.— Cinquième jour, deux le matin seulement. — Le traitement dure rarement plus de huit jours.
Cesser à cause de la salivation qui survient au bout de quelques jours.
Seconder le soir la médication par une potion opiacée.
Dans la diarrhée des enfants, nous donnons, avec grand avantage, une fois par jour, une poudre composée de :
Pr. : Calomel 0sr,01
Ipécacuanlia 0 ,05
Sucre 1
Laudanum de Sytlenham 1 goutte.
Asthme. — Catarrhe. — L'influence de l'Ipécacuanha sur l'appareil respiratoire est fort remarquable. Nous avons connu à Tours et à Saint- Germain en Laye deux pharmaciens qui étaient pris d'un accès d'asthme toutes les fois qu'on ouvrait dans leur boutique le flacon renfermant l'Ipécacuanha en poudre. On trouve, dans les Transactions philosophiques abrégées, t. IT, p. 69, la relation d'un fait absolument semblable. Les lois pathologiques que nous avons établies en traitant de la médication substitutive expliquent jusqu'à un certain point les bons effets de l'Ipécacuanha dans l'asthme nerveux et dans l'asthme humide ; mais, quelle que soit l'explication, il faut admettre le fait. Or, l'expérience démontre que dans les catarrhes chroniques accompagnés de symptômes nerveux, l'Ipécacuanha, donné à doses très-faibles et très-souvent répétées, favorise l'expectoration et diminue l'oppression ; dans l'asthme sec nerveux, on fait cesser quelquefois immédiatement l'accès en faisant vomir avec i gramme et demi à 2 grammes d'Ipécacuanha. Dans la dyspnée habituelle, celle même qui est liée à un emphysème pulmonaire ou à une maladie du cœur peu avancée, l'usage habituel des pastilles d'Ipécacuanha donne du soulagement, sans qu'il soit possible de l'expliquer par la révulsion sécrétoire exercée sur la membrane muqueuse gastro-intestinale, attendu qu'administré de cette manière l'Ipécacuanha constipe plus qu'il ne dévoie.
Coqueluche. — C'est avec le même avantage qu'on donne cette substance dans le cours de la coqueluche. Pendant le premier mois de cette maladie, il est bon de faire vomir les enfants tous les deux jours avec -40 à 50 centigrammes d'Ipécacuanha pris en une dose ; et plus tard, de petites doses seront utiles. Sans doute, par ce moyen on ne fait pas qu'une coqueluche dure quinze jours au lieu de deux mois et demi ou trois mois, mais on fait que les quintes sont moins fréquentes et moins longues, que le poumon s'enflamme plus rarement, et que l'appétit des enfants se. soutient et permet l'alimentation, ce qui, suivant nous, est d'une extrême importance.
Etat puerpéral. — Parmi les maladies pour lesquelles on administre l'Ipécacuanha, nous avons signalé en première ligne la dysenterie. Si, contre cette redoutable affection, la racine du Brésil mérite, à certains égards, le nom de spécifique, il est un autre état de l'économie dans lequel l'Ipécacuanha n'est pas moins héroïque : nous voulons parler de l'état puerpéral, ou plutôt des maladies qui compliquent l'état puerpéral.
Dans un pays comme le nôtre, où l'anatomie pathologique a envahi la pathologie, il est assez singulier de vouloir donner une place dans le cadre nosologique à ce que l'on appelle état puerpéral ; mais si singulière que soit cette dénomination, nous sommes forcés de l'adopter faute de mieux, et nos lecteurs seront peut-être disposés à prendre le même parti que nous lorsque nous leur aurons donné quelques explications.
Quoique la grossesse soit un état physiologique, elle n'en apporte pas moins une perturbation profonde dans l'économie. Dès le début de la
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grossesse, les règles se suppriment, les seins s'hypertrophient, leur aréole brunit, le sang s'appauvrit, les globules rouges diminuent, les globules blancs augmentent, la fibrine se modifie et semble s'accroître, cette anémie se traduit même fréquemment par un bruit de souffle à la base du cœur. Des troubles profonds se montrent dans l'appétit, des vomissements se déclarent, le foie se charge de graisse, le cœur augmente de volume. Les urines contiennent de notables quantités de phosphates calcaires. Le système nerveux et l'intelligence s'exaltent ou se dépriment et présentent des caractères d'une étrange perversion. Au moment de l'accouchement il s'opère un changement subit, accompagné de circonstances qui sont perturbatrices au plus haut degré. Le ventre, dont tous les viscères étaient comprimés, se débarrasse brusquement du produit de la conception, et une circulation facile succède à la gêne considérable que le sang éprouvait dans son cours. Une hémorrhagie très-abondante accompagne toujours l'enfantement : ajoutez à cela l'épuisement causé par de vives souffrances et des efforts prolongés.
Celte réunion de circonstances est déjà suffisante pour mettre l'économie dans un état spécial ordinairement fâcheux. Mais ce n'est pas tout; le placenta, violemment détaché de la surface utérine, laisse une plaie qui suppure, car les lochies sont une véritable suppuration ; d'un autre côté, une fiuxion active et fébrile s'établit du côté des mamelles.
Or, nous le demandons, est-il beaucoup de scènes morbides aussi complexes que celle de l'enfantement, et la femme ne se trouve-t-elle pas dans un état tout particulier, état dans lequel elle est accessible à mille causes maladives, état dans lequel elle éprouve une multitude de désordres plus ou moins graves ?
Cet état, nous l'appelons état puerpéral, désignant par là l'ensemble des conditions spéciales dans lesquelles se trouve la femme nouvellement accouchée.
Nous disons que la femme se trouve dans des conditions toutes spéeiales, et cette assertion n'est pas difficile à prouver. Et d'abord l'enfantement, cette cause morbide toute particulière, suffirait à lui seul pour constituer la spécialité de l'état puerpéral; mais si des causes nous descendons aux effets, nous verrons que les influences de Y état puerpéral sur l'économie sont toutes spéciales elles-mêmes ; et, pour plus de simplicité, ne jugeons la chose que dans l-'ordre pathologique. Dans quelles autres conditions de l'économie voit-on une phlegmasie de la plèvre, du péritoine, du péricarde, des méninges, passer presque instantanément à la suppuration, et tuer avec une rapidité foudroyante? Dans quelles autres conditions de l'économie voit-on toutes les veines du corps s'enflammer simultanément ? Si l'on répond que ces accidents s'observent fort rarement, il est vrai, dans d'autres circonstances que celles de l'enfantement, nous répondrons que ces circonstances si rares prouvent mieux encore la spécialité de l'état puerpéral, dans lequel les graves accidents que nous venons de signaler sont si déplorablement communs.
742 MÉDICAMENTS EVACUANTS.
Ce qui caractérise surtout l'état puerpéral, c'est la tendance à subir l'influence des causes morbides auxquelles l'économie eût résisté facilement dans toute autre circonstance.
Or l'expérience démontre que presque tous les accidents légers qui accompagnent l'état puerpéral sont conjurés par l'Ipécacuanba, et ici nous ne parlons pas d'après l'autorité des livres, mais d'après ce que nous avons vu, d'après ce que nous avons fait. Pendant un grand nombre d'années que nous avons eu à l'Hôtel-Dieu de Paris un service de femmes, où nous recevions un très-grand nombre de femmes en couches, jamais nous n'avons manqué d'administrer l'Ipécacuanha aux femmes malades récemment accouchées, quelle que fût d'ailleurs l'affection locale dont elles étaient atteintes, et jamais, nous pouvons ici l'affirmer, nous n'avons vu le moindre accident résulter de cette pratique ; et au contraire, dans la plupart des cas, nous avons obtenu ou la guérison ou un notable amendement. Cette méthode, que nous avions vu suivre par Récamier, a été employée à l'Hôtel-Dieu de Paris pendant près de quarante ans par ce praticien recommandable.
Les accidents peu graves qui se lient à l'état puerpéral sont le plus souvent des phlegmasies gastro-intestinales, caractérisées par l'inappétence, l'amertume de la bouche, les nausées, la constipation ou la diarrhée ; du côté des organes générateurs, la suppression des lochies, la métrite subaiguë, l'inflammation du tissu cellulaire de la fosse iliaque ; du côté des organes thoraciques, le catarrhe bronchique, la pneumonie subaiguë. Or il est rare que tous ces désordres ne se dissipent pas ou ne se simplifient pas d'une manière très-notable après l'administration de l8r,30 à lsr,50 d'Ipécacuanba, prise en quatre ou cinq doses, en laissant entre chaque prise dix minutes d'intervalle. Mais quand il existe une lésion locale fort étendue, par exemple, une inflammation des sinus utérins, une phlébite générale, une péritonite grave, une pneumonie très-intense, une ménin- ■ gite, l'Ipécacuanha modère souvent mais n'arrête presque jamais les accidents, lors même qu'il a été administré tout à fait au début. Toutefois nous voyons, dans une épidémie de fièvre puerpérale qui régna à l'Hôtel- Dieu de Paris en 1782, Doublet obtenir un succès remarquable en faisant vomir à l'aide de l'Ipécacuanha au début de la maladie, et en répétant ce moyen plusieurs fois dans le cours de l'affection (Ane. Journ. de Mèd., t. LVH, p. 448 et 502) ; et, plus récemment, Désormeaux constata les heureux effets de cette médication dans une épidémie de péritonite puerpérale très-meurtrière qui régnait à la Maternité de Paris, lorsque le remède était donné alors que les premiers phénomènes morbides se manifestaient.
Hémorrhagies. — Les propriétés antidysentériques de l'Ipécacuanha avaient fait ranger cette racine parmi les astringents, et c'est à tort, suivant nous; on crut alors devoir l'essayer dans le traitement des hémorrhagies. Baglivi appelle l'Ipécacuanha infallibile remedium in fluxibus dysentericis aliisque hemorrhagiis ; d'autres auteurs, parmi lesquels il faut citer Barbeyrac, Gianella, et surtout Dalberg (Murray, App. med.,
'PKCACUANIIA. 743
t. I, p. 8:2:2), vantent son efficacité dans la ménorrhagie, l'hémoptysie, lu tlux immodéré des hémorrhoïdes. Nous l'avons plusieurs fois donné avec succès dans les hémorrhagies utérines, mais surtout d;ins celles qui se liaient à l'état puerpéral. Nous nous rappelons aussi une femme qui avait presque tous les jours des hémoptysies depuis plus de dix-huit mois. Chez elle tous les moyens connus avaient été vainement essayés : nous lui administrâmes l'Ipécacuanha, et le crachement de sang cessa pendant près de trois mois. Depuis lors, nous avons eu l'occasion de revenir à, cette même médication pour combattre les hémoptysies trèsrebelles, et plusieurs fois nous en avons obtenu des résultats qui avaient quelque chose de merveilleux.
Hémoptysies. — Nous avons encore l'habitude d'employer l'Ipécacuanha à dose vomitive dans l'apoplexie pulmonaire et dans l'hémoptysie. Cette médication est beaucoup plus inoffensive qu'elle ne le semble au premier abord. Nous sommes habitués à prescrire aux malades la tranquillité la plus grande; nous leur recommandons le silence le plus absolu, nous leur demandons instamment de retenir le moindre effort de toux, c'est tout au plus si nous leur permettrions de respirer, tant nous redoutons le moindre effort. Il semblerait que dans les efforts du vomissement, l'hémoptysie va reparaître avec une abondance bien plus grande ; pourtant elle s'arrête, sinon toujours, du moins dans la presque universalité des cas. Cette action bienfaisante de l'Ipécacuanha dans l'hémoptysie pourra peut-être s'expliquer par ce fait que, chez les animaux empoisonnés par l'émétine, M. Pécholier a trouvé les poumons remarquablement exsangues.
Modes d'administration et doses. — La racine d'Ipécacuanha se donne le plus souvent en poudre, à la dose de 15 centigrammes à 2 grammes et demi, suivant les âges, suivant l'effet vomitif ou purgatif que l'on veut, produire. Pour les enfants, on prépare un sirop d'Ipécacuanha qui contient, par 32 grammes, la décoction de 90 centigrammes : on le donne aux enfants à la mamelle à la dose de 16 grammes; aux enfants d'un à quatre ans, à la dose de, 32 grammes. Une autre préparation fort usitée est celle des pastilles, qui contiennent chacune un centigramme de poudre d'Ipécacuanha; on les donne à la dose de 2, 4, 6, 8 par jour.
Les pastilles ou tablettes d'Ipécacuanha bien préparées doivent prendre une teinte verte par la solution de persulfate de fer et ne pas être colorées par l'hydrogène sulfuré.
POLYGALA.
La racine du Polygala de Virginie, l'Amérique septentrionale, dans la Virgi-
seule partie usitée en thérapeutique, pro- nie, la Pensylvanie, etc. vient du Polygala Senega, L. ; plante vi- Les racines du l'oh/gala poaya du Bré-
vace de la diadelphie octandrie de Linné, sil, et celles du P. gtandulosa du Pérou,
famille des Polygalées. Elle croit dans sont aussi employées comme vomitives et
fU MÉDICAMENTS ÉVACUANTS.
peuvent servir de succédanées à l'ipéca- L'infusion est bien plus sapide que la cuanha. décoction, et lui est par conséquent préindiquons les caractères les plus tran- férable. C'est la préparation presque exchés de la racine du Polygala de Virginie, clusivement employée.
Racine de la grosseur d'une plume, toute
contournée, remplie d'éminences calleu- Sirop de Polygala.
ses, terminée supérieurement par une tu- .
bérosité difforme; on y observe une arête Pr. : Racine de Polygala con-
saillante qui suit tous les contours de la cassée. 3 part.
racine du sommet à l'extrémité. L'écorce Eau bouillante 16
est grise, épaisse, comme résineuse ; le Sucre blanc q. s.
meditullium ligneux est blanc, cassant; . . . l'odeur du Polygala est nauséeuse ; sa sa- . F*"* 1Q,fuser la r^me >\*f. c™ Paveur, d'abord fade, devient acre et irri- fant deux heures, passez et filtrez, ajoutant ; D excite la toux et provoque la sa- ^anTei feSt'^^M 1 Analyse, M Quévenneatrouve:^^ *£» ta Cb .que once Je ^contient polygalique, acide virginéique, acide peQ- '*:= parues soiUDies ae i gramme ae ra tique, acide tannique, matière colorante cme-
jaune amère, gomme, albumine, cérine, /p„j„\
huile f,ne, quelques sels. Exlra'! alcoolique de Polygala (Codex).
L'acide polygalique se rapproche par Pr . Racjnes <je Polvgala . 1000 gram.
plusieurs propriétés de la salsepanne et Alcool à tî0° . .".... 0000 de la saponine, l'acide virginéique est un
acide gras volatil, analogue aux acides Traitez les racines pulvérisées dans l'apvalénanique et phocémque, c est le pnn- j, à déplacement'par l'alcool prescrit, cipe odorant du Polygala. distillez la liqueur alcoolique pour en recette racine a ete aussi analysée par tirer toute la partie spiritueuse. et concen- MM. Gelhen, Feneulle, Dulong et Folchi, trtfz au bain marie jUSqU'en consistance qui ont obtenu à peu près les mêmes re- j>extra;t mou,
6ultats. 100 parties de racines mondées, épui-
Poudre de Polygala. sées par l'alcool, ont fourni à M. Soubei-
„ , . , . , • . ran 59 parties d'extrait de consistance pi-
On emploie la racine sans laisser de re- iu]ajre
sidu. On prépare aussi des pilules de Polygala
Tisane de Polygala. d'après la formule suivante :
Pr' : ^casTée^ P°lySala °°n" 4U.T Pr- : Pol^ala pulvérisé .... 4 gram.
Eaubouiliante: '. '. ' ". '. 100 * Sa™n médicinal 8
Faites infuser pendant deux heures et F. S. A. Trente-six pilules à prendre
passez. toutes les heures.
Nous avons rangé cette racine à côté de l'ipécacuanha, bien qu'elle n'ait été mise parmi les vomitifs par aucun auteur; Cullen seulement, dans sa Matière médicale, la regarde comme uniquement purgative. Nous dirons sur quelles expériences nous nous fondons pour la placer ici.
Ces expériences sont de M. Bretonneau (de Tours), qui a reconnu au Polygala et à l'ipécacuanha des propriétés à peu près identiques, s'il y a identité possible entre deux agents de la matière médicale. Il constata en effet qu'en appliquant sur la peau privée de son épiderme, sur le tissu cellulaire, sur la conjonctive, de la poudre de Polygala, on déterminait sur la partie une violente inflammation, absolument comme avec la poudre d'ipécacuanha; qu'en faisant avaler cette même poudre aux animaux, il survenait immédiatement des vomissements; qu'en l'introduisant dans le rectum, dans la vulve, on donnait lieu à une violente pnlegmasie de la membrane muqueuse; il vit que, chez l'homme, la
POLYGALA. t;:;
pendre de Polygala était vomitive comme l'ipécacuanha; que seulement il fallait en donner à peu près trois fois plus pour obtenir des elFuts semblables.
Si maintenant nous jetons un coup d'œil en arrière, nous verrons que l'expérience de nos devanciers a constaté précisément des propriétés analogues dans ces deux plantes, à l'exception toutefois des vertus antidysentériques, qui n'ont pas été expérimentées pour le Polygala : celuici n'a pas non plus été administré pour combattre les accidents de l'état puerpéral ; mais les propriétés purgatives, pectorales, diurétiques, ont été universellement admises dans le Polygala comme dans l'ipécacuanha; quant à nous, dans les essais que nous avons faits, nous n'avons, à vrai dire, trouvé à la première de ces substances aucune vertu qui la recommandât spécialement. Toutefois, nous indiquerons sommairement ce qu'en ont dit les auteurs qui nous ont précédés.
Tennent, médecin écossais, qui avait exercé plusieurs années dans la Virginie, avait vu les Indiens se servir avec avantage du Polygala pour combattre les accidents causés par la morsure du crotale. Or, comme la morsure de ce reptile causait de graves désordres inflammatoires du côté des organes de la respiration, Tennent imagina que, dans les maladies aiguës de la poitrine dues aux causes ordinaires, le même moyen réussirait qui réussissait 'dans un si grave empoisonnement. Il administra donc le Polygala dans les pleuro-pneumonies aiguës, en ayant soin de saigner une fois d'abord. Il avait remarqué que le Polygala faisait vomir et purgeait. Dès que les travaux de Tennent furent connus en France, Lémery, Duhamel, Jussieu, qui n'étaient rien moins que médecins, donnèrent aux idées de Tennent une sanction sans importance à nos yeux; mais Bouvard, Linné, Perceval, Detbarting, citèrent aussi des observations qui prouvèrent, sinon que le Polygala était utile dans les pleuro-pneumonies aiguës, du moins qu'il agissait utilement dans les catarrhes chroniques.
Suivant M. Bretonneau, le Polygala a une action spéciale sur la membrane muqueuse phlogosée des canaux aérifères, dont il augmente et modifie la sécrétion. Un grand nombre d'observations lui ont prouvé qu'immédiatement après l'administration du Polygala donné à doses fractionnées, l'expectoration mucoso-puriforme, propre au catarrhe chronique, simple ou compliqué de phlhisie pulmonaire tuberculeuse, devenait plus fluide et plus abondante. La suspension de la médication était suivie d'une modification si immédiate en sens inverse, que cette sorte d'influence n'a pu lui laisser aucun doute. C'est particulièrement cette propriété qui l'a déterminé à associer le Polygala au calomel dans le cas de croup, surtout lorsque l'aridité des surfaces muqueuses, indiquée par la sécheresse de la toux, semblait être devenue le principal obstacle à l'expulsion des fausses membranes. (Bretonneau, Traité de la Diphthêrite, p. 241.) Déjà, avant M. Bretonneau, Archer, Hardford, Valentin et d'autres, avaient également préconisé le Polygala dans le traitement 8e éd. — t. i. 54
du croup ; mais, comme ces médecins diagnostiquaient fort mal celte maladie, on ne peut faire aucun fondement sur leurs assertions.
Mode d'administration et doses. — ;Le Polygala s'administre de la même manière que l'ipécacuanha ; les doses seules doivent être différentes.
Comme vomitif, on le donne à une dose double ou triple de celle de l'ipécacuanha.
Pour 1000 grammes de tisane, on ne donne guère que 4 à 8 grammes en infusion ou en décoction. Le sirop de Polygala est fort utile pour les enfants et les vieillards atteints de catarrhe.