‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 2)Chapitre 129 sur 185 · VIOLETTES · texte numérisé non relu

VIOLETTES

La famille des Violariées fournit aussi des racines vomitives, qui peuvent être succédanées de l'ipécacuanha.

Parmi ces racines, les unes sont indigènes : telles que les Viola udorata, Viola canina, etc.; les autres exotiques, beaucoup plus nombreuses, qui sont : le Viola ipécacuanha, L.; l'Ionidium parviflorum ( Viola parviflora, L.), ce sont les faux ipécacuanhas du Brésil; l'Ionidium stuboa ( Viola calceolaria, faux ipécacuanha de Lejeune) ; l'Ionidium pobigalœfolium, etc.

La nature du principe émétique des Violariées est mal connue. Vauquelin l'a attribuée à l'émétine. M. Boullay a dépouvertdans ces racines un principe immédiat qu'il a appelé violine. Ce produit est en poudre blanche, d'une saveur amère, acre et vireuse, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther.

Les pharmaciens doivent faire sécher eux-mêmes la fleur de Violette. Celle que l'on trouve dans le commerce nous vient du Midi, et est fournie par la Pensée tricolore (Viola tricolor).

On vend souvent sur les marchés de Paris pour la Violette odorante la fleur de Violette des bois ( Viola arvensis), dont les pétales sont inodores, d'un pourpre un peu pâle et rougeàtre.

Sur l'autorité de Lémery et de Éaumé, on a cru pendant longtemps que les Violettes simples étaient préférables aux doubles pour la couleur et l'odeur; mais, en 1848, M. Mouchon, de Lyon, a fait voir que la Violette double convenait mieux pour la préparation du sirop, que l'on fait de la manière suivante :

Pr. : Pétales récents de Violettes 2 part

Eau bouillante 4

Sucre blanc 91

Les Violettes mondées de leur calice et de leur onglet, on les place sur une toile, et on les arrose avec de l'eau bouillante.

jusqu'à ce que celle-ci commence a prendre une teinte bleuâtre : on fait alors l'infusion, que l'on passe avec expression après vingt-quatre heures. On laisse déposer et l'on décante pour séparer un dépôt verdùtre; on y fait fondre ensuite, à une très-douce chaleur, le double de son poids de sucre.

Tous les linges qui servent à la préparation du sirop de Violette doivent être préalablement rincés, à plusieurs reprises, pour les bien débarrasser des traces de lessive alcaline qui verdiraient la couleur bleue du sirop.

On a reconnu que ce sirop, préparé dans des vases d'étain, avait une couleur beaucoup plus vive; M. Réveil conseille, pour obtenir un sirop plus foncé, d'exposer les pétales à l'air et à l'obscurité pendant quelques heures : ils prennent alors une belle couleur bleue.

Ce .sirop est souvent employé contre la coqueluche; mais ce sont surtout les chimistes qui en font usage : il est rougi par les acides les plus faibles, et verdi par les alcalis.

Tisane de Violettes.

On la prépare par infusion avec S grammes de Heurs sèches pour 1000 grammes de boisson. Cette tisane est légèrement laxative.

Les racines de Violette sont employées enpoudreet en décoction. Elles produisent, d'après MM. Coste et Willemet, des effets vomitifs assez prononcés.

Miel violai.

Pr. : Violettes fraîches avec leurs

calices 1 part.

Miel blanc 3

On fait infuser les Violettes dans le double de leur poids d'eau bouillante; on mêle l'infusion au miel, et l'on fait cuire a consistauce de sirop. Cette préparation

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