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MÉDICATION TOXIQUE ANALEPTIQUE. III

. la fièvre s'éteigne, que la convalescence se prononce, et qu'une bonne alimentation soit trop longtemps différée, on verra les spasmes s'élever; l'hystérie, qui peut-être avait été jusque-là inconnue à la femme, dérouler la variété inépuisable de ses symptômes, jusqu'à ce qu'une véritable fièvre alimentaire, une fièvre physiologique, soit venue remplacer l'éréthisme par la force et mettre un frein à l'exaspération du système nerveux.

L'homme n'est sujet ni à l'hystérie ni à la chlorose, bien qu'il ne soit pas à l'abri des maux de nerfs et de l'anémie. Mais si chez lui l'anémie peut exiger le secours des Toniques analeptiques, il ne faut pas en conclure que les maux de nerfs offrent les mêmes indications, comme nous avons vu chez la femme la chlorose et les maux de nerfs hystériques, dus en général aux mêmes conditions morbides, se confondre dans les mêmes hases de traitement.

Ce qui fait cette différence, c'est, nous le répétons, que, pendant toute la période de la vie utérine, les névroses de la femme ont un caractère plus ou moins hystérique, et que l'hystérie entretient avec la chlorose des rapports assez étroits. Il s'ensuit que le Fer, que les Toniques analeptiques, si utiles dans cette dernière affection, deviennent par là même une médication très-appropriée aux névroses de la femme.

Il n'est pas d'affection nerveuse ni de cachexie de l'homme qui ne puisse exister chez la femme. Pourtant il est certaines variétés d'anémies dont nous parlerons plus spécialement à l'occasion de l'homme. C'est en premier lieu l'anémie des hypochondriaques, sur laquelle nous reviendrons ; celle qui est souvent déterminée par les névroses de l'estomac, la gastroentéralgie, la dyspepsie. L'anémie paludéenne tient aussi un rang important parmi les cachexies de l'homme. Les professions insalubres, les excès auxquels l'homme est exposé plus que la femme, ont aussi leurs espèces d'anémies. Telles sont les cachexies saturnine, mercurielle, celle que contractent les ouvriers en zinc, les mineurs, les forgerons, les verriers, les boulangers, etc. Il est des maladies de la moelle épinière, qui s'accompagnent facilement d'anémie. On l'observe dans certaines paralysies générales très-graves qu'on nomme progressives et qui paraissent frapper simultanément tout le système nerveux locomoteur, et avoir tout à la fois leur origine dans les extrémités sensitives et motrices du système nerveux et dans les centres de ce système. Cette dernière affection reconnaît souvent pour cause première une diathèse rhumatismale ou goutteuse chez les sujets débilités et énervés par les fatigues physiques, les chagrins et les excès. Il semble que dans ces conditions l'organisme soit impuissant à individualiser la maladie et à la localiser franchement au profit de l'ensemble.

Il est étonnant qu'après les recherches si exactes et si minutieuses auxquelles les observateurs se sont livrés depuis quelque temps sur le rhumatisme, on ignore la propriété funeste qu'a cette affection d'exercer sur

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l'appareil de la circulation et de l'hématose une irritation spasmodique et secrétaire, manifestée par des mouvements morbides du cœur et des vaisseaux, une diminution progressive des globules sanguins et une augmentation du sérum. Il en résulte une pléthore séreuse et une espèce de cachexie qui mérite le nom de cachexie rhumatismale. Cet état morbide est assez commun à la suite du rhumatisme inflammatoire ou articulaire aigu. 11 commence, suivant nous, avec cette maladie, et forme dès lors un de ses caractères principaux. Mais c'est vers la fin qu'il se révèle le mieux, lorsque l'appareil inflammatoire, qui masque à tant d'observateurs la véritable nature de la maladie, s'affaiblit peu à peu. On le voit aussi trop souvent persister pendant un temps indéfini après la cessation des phlegmasies articulaires, et constituer une cachexie sui generis. Une endocardite chronique, une lésion organique des orifices et des valvules du cœur avec hypertrophie consécutive, accompagnent dans un certain nombre de cas l'état que nous venons de signaler, commandent bientôt à tous les accidents et leur impriment une gravité extrême. Mais il est certain qu'on voit aussi la cachexie rhumatismale subsister seule sans qu'on puisse la rapporter à une lésion organique du cœur proprement dit.

Or, voilà un grand nombre d'espèces d'anémies sans lésion organique; cependant il n'en est pas une où le Fer réussisse aussi bien que dans la chlorose. Il ne doit pourtant jamais être négligé, excepté peut-être dans les dyspepsies et les gastro-entéralgies, où, à peu d'exceptions près, il est plus nuisible qu'utile. Dans l'anëmie paludéenne, il est efficace, mais secondairement. Nous en dirons autant de ses effets avantageux, mais accessoires, dans les cachexies saturnine et mercurielle. Un régime animal, du vin, le quinquina, l'insolation, les bains et les frictions stimulantes font alors autant et plus que les préparations martiales.

En un mot, le Fer rencontre son opportunité beaucoup plus dans la thérapeutique de la femme que dans celle de l'homme. Cela dépend probablement de ce que la chlorose, qui est le triomphe du Fer, entre généralement pour quelque chose dans les anémies propres à la femme, quand elle ne les constitue pas à elle seule.

Le système nerveux de l'appareil digestif et de ses annexes, chez l'homme, est à l'hypochondrie proprement dite ce que le système nerveux de l'appareil génital de la femme est à l'hystérie.

Le foyer viscéral de l'hypochondrie est l'appareil de la conservation individuelle ; celui de l'hystérie est l'appareil de la reproduction de l'espèce. Quant aux symptômes, ceux de l'hystérie sont les spasmes les plus variés ou des attaques convulsives. Les premiers nous paraissent produits par la di'fusion plus ou moins partielle ou générale de l'aura utérin h des portions ou à la totalité du système nerveux trisplanchnique; les secondes, indépendamment de cela, sont le résultat de la propagation de l'aura h la moelle épinière par les nerfs sacrés que le cordon rachidien envoie directement aux organes génitaux de la femme.

L'hypochondrie et la chlorose, bien que différentes dans leur origine,.

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se rapprochent par beaucoup de symptômes, tels que les névroses gastro-intestinales, les névroses du système artériel, l'anémie, les anomalies bizarres de l'innervation, etc. Dans chacune, néanmoins, ces symptômes ont des modes, une coordination et des caractères très-spéciaux.

Pour nous borner a ce qui concerne l'appareil digestif dans ces deux maladies, nous ferons observer seulement que, dans l'hypochondrle, ces névroses, considérées en elles-mêmes, consistent surtout dans la dyspepsie, l'anorexie, l'anxiété épigastriçrne et tous les troubles fonctionnels que ces deux affections suscitent ; ensuite que, considérées clans leurs rapports avec l'économie, elles s'accompagnent de l'égoïsme, de la préoccupation exclusive de soi, d'une tristesse profonde, active, inquiète et dévorante, enfin d'une cachexie avec amaigrissement.

Dans la chlorose, au contraire, ces névroses, considérées en ellesmêmes, consistent surtout, indépendamment de l'épigastralgie, dans les dépravations de l'appétit, dans la boulimie, la faim canine, etc.; tandis que, considérées dans leurs rapports avec le reste du système, elles s'accompagnent d'indifférence, d'apathie, de la torpeur des idées et des sentiments, enfin d'une cachexie avec conservation de l'embonpoint.

Ainsi, d'un côté et de l'autre, anémie, bruits artériels, asthénie, absence de toute phlegmasie appréciable. Ne semblerait-il pas qu'une même Médication va avoir les mêmes effets? Pourtant, d'un côté, le Fer réussit; de l'autre, il échoue toujours et nuit souvent.

En commençant ces considérations, nous nous sommes proposé d'arriver à la connaissance des lois de la Médication Tonique analeptique en passant par trois études subordonnées l'une à l'autre. Nous venons de nous livrer à la première, qui consistait à savoir comment, le plus souvent, dans la production des maux de nerfs, la nature s'écarte de son état physiologique. Nous allons maintenant essayer de résoudre simultanément les deux autres à cause de leur mutuelle dépendance.

11 s'agit de savoir de quelles conditions résultait cet état physiologique lorsqu'il existait, et à l'aide de quelles circonstances la nature rentre dans l'ordre et l'équilibre. C'est de cette étude tout hippocratique que nous tirerons les règles thérapeutiques les plus solides.

Nous l'avons déjà dit avec Hippocrate, et nous ne saurions trop le redire : le sang est le calmant des nerfs. Sydenham a parfaitement compris et fécondé cette vérité. Il en a fait la pensée dominante de sa précieuse dissertation sur l'hystérie. Toutes ses idées sur la nature prochaine de cette maladie, toutes les indications thérapeutiques fondamentales qui jaillissent sur ce sujet de son expérience si vaste et si éclairée, en sont fidèlement empreintes.

Ce grand médecin raconte (Sydenham, Op. med., t. I, p. 26i), avec l'expression de véracité et de candeur inimitables qu'on lui connaît, comment, appelé un jour près d'un certain malade que son médecin ordinaire,

iii MÉDICATION TONIQUE ANALEPTIQUE.

à ca ise de la véhémence de la fièvre, avait dû saigner et évacuer plusieurs fois, et, de plus, obliger à une diète ténue, il déclara que les accidents nerveux singuliers pour lesquels on le consultait ne faisaient pas partie de la maladie antérieure ; que la convalescence était commencée, et les symptômes observés, uniquement produits par le besoin d'aliments. Ce diagnostic établi, le traitement s'offrait de lui-même : ac proindè, dit-il en terminant, suadebam ut pullum gallinaceum assum in prandium juberel parari, et simul vinum modicè haurirct; quo facto et carnibus deinceps moderatè vescens, nunquàm deinceps fie t um hune convulsivum passus est.

C'est dans le sang que se régénèrent les esprits animaux, pour parler comme Sydenham.

Lorsque le système nerveux ne peut plus puiser dans un sang suffisamment réparateur les éléments de l'innervation qu'il perd incessamment par tous les actes animaux, il tombe dans Yéréthisme, et alors il n'est plus en rapport avec ses stimulants physiologiques, qui sont, sans exception, toutes les causes internes et externes qui agissent sur l'homme. De là des désordres incalculables dans l'innervation. Aucune impression n'est sentie comme elle devrait l'être : aucun mouvement, aucune réaction ne s'accomplit régulièrement, fructueusement. Nul acte de sentiment ou de mouvement ne remplit son but physiologique. De là les spasmes ; car nous avons défini ces phénomènes pathologiques des sensations et des mouvements involontaires, inutiles, sans but. Quum enim utrisque [hystericis et hypochondriacis) desit ea spirituum firmitas quœ in roLustioribus atque iis quorum facultates jugi spiritudm vegetorum subsidio actuantur semper invenitur, impressiones rerum minus gratarum nequeunt perferre, sed vel ira vel do/ore subito perciti, perindè sunt irritabiles, etc.

Après avoir énuméré les causes déterminantes des maux de nerfs hystériques, Sydenham, à qui nous empruntons ces phrases, dit encore, lorsqu'il aborde la recherche des causes prochaines : Cujus quidem àiaïji'aç origo atque causa antecedens est debilior dictorum spirituum crasis, sive nativa ea fuerit, sive adventitia ; undè quâvis Trpiipacst dissipatu faciles sunt, et eorumdem systema nullo ferè negotio dirimitur. Et parmi les causes éventuelles (adventitiœ) de cet état les plus puissantes, il signale la soustraction des aliments et les évacuations sanguines : quum è direrso, non alla causa ità constanter pariât hujus modi affectus ac soient dictœ evacuationes.

Dans l'économie animale, les fonctions végétatives, les actes de composition et de décomposition nutritives, sont les plus importants, les plus absolus, ceux dont l'exercice exige le plus de calme, de repos, et la nature semble l'indiquer en soustrayant leur accomplissement à la perception du sensorium, en les exécutant dans un silence, une obscurité, qui sont les garants de la plénitude et de la régularité de leurs opérations.

De tout temps il a été reconnu que cette vie intérieure, cachée ou vé-

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