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avec le Fer du sang forger des clous, des épées, desbagues; pas plus que
celle de Deyeux et de Parmentier, de frapper des médailles avec le sang
des hommes célèbres.
Voici, d'après Nasse (ffandwôrterbuch der Plnjs. Bd 1. Artikel Blut,
S. 108), les proportions d'oxyde de Fer qu'on trouve dans 1000 parties de
sang :
Homme 0,832 d'oxyde de Fer.
Femme 0,779 —
Chien 0,833 —
Oie 0,822 —
Pore 0,782 —
Poule 0,765 —
Bœuf. 0,717 —
Cheval 0,097 —
Mouton 0,071 —
Ghal 0,010
Dinde 0,508
Chèvre 0,409
Ces récentes analyses donnent au sang une plus grande proportion de Fer que M. Dumas ne lui avait accordée, car, pour ce chimiste, il n'y avait que 16 centigrammes (0,16) de Fer dans 1 kilogramme de sang ; d'un autre côté, Barruel était tombé dans l'excès opposé en donnant comme moyenne 1 gramme pour 1000.
Si l'on se rappelle que 0,80 d'oxyde de Fer renferment 0,555 de Fer métallique, que le poids moyen de l'homme est de 70 kilogrammes et que le sang représente environ le onzième de son poids, on arrive à cette conclusion, que le corps de l'homme contient en moyenne 3sr,4996 de Fer métallique (Gorup-Besanez, Lehrbuch der Physiologischen Ckemie, 1862, p. 124).
L'hématine contenant une proportion à peu près constante de Fer, il semble au premier abord que la proportion du Fer au sang soit constante, pourtant il n'en est rien. Voici les résultats fournis parles analyses; on a trouvé :
Chez l'homme. . 1 partie de Fer pour 230 parties de globules. C. Schmidt.
— I — 251 — Becquerel et Rodier.
Chez le bœuf.. . 1 — 194 — C. Schmidt.
Chez le porc. . . 1 — 220 — —
Chez la poule . . 1 — 304 — —
— 1 — 310 — Henneberg.
On voit par là que le sang du bœuf est plus riche en Fer que celui de l'homme, que celui du porc en contient presque autant, mais que celui de la poule en contient beaucoup moins (Gorup-Besanez, loc. cit.).
Le Fer est contenu tout entier dans l'hémoglobine; mais sous quelle forme, dans quel état et dans quelles proportions? D'après Berzelius, 100 parties de sang frais renferment 0,76 d'hématine. Or, l'hémoglobine contient, d'après Hope, 0,06 pour 100 d'oxyde de fer; d'après Lehmann, 0,09 à 0,10. Les recherches de Teichmann et de Rollelt confirment plei-
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nement les données fournies par Lecanu, qui fixe cette quantité à 0,10 pour 100. Il y aurait donc 0,076 d'oxyde, c'est-à-dire environ 0,43 de fer métallique dans 100 grammes de sang : c'est précisément la conclusion récemment formulée par Pelouze (Sée, Du Sang et des Anémies, p. 9).
La migration du Fer dans l'organisme est aussi entourée de beaucoup d'obscurités, cependant il est certains points sur lesquels la lumière commence à se faire.
Le Fer pénètre dans l'organisme par les aliments et les boissons, il en entre même chaque jour dans le tube digestif une quantité assez grande pour qu'on puisse toujours en retirer des parties solides des excréments. Il n'est pas aussi facile de dire par quelle voie le Fer contenu dans le sangsort de l'organisme. On a supposé que puisque les liquides de la bile sont riches en Fer, que les calculs biliaires ont souvent pour noyau des corpuscules sanguins altérés, l'élimination du Fer devait se faire par la bile, et qu'alors une partie était reprise par les intestins et l'autre expulsée avec les résidus de la digestion. Mais c'est là une assertion qui demande à être démontrée. Ce qui paraît admis par tout le monde, c'est que le Fer jouit d'une force histogénique sur les éléments figurés du sang.
Puisque le sang, et surtout les globules, jouent un si grand rôle dans les maladies que le Fer a pour but de guérir, qu'on nous permette de rappeler quelques-unes des propriétés du sang et des globules sanguins que les travaux modernes ont fait connaître.
Le sang, comme le dit M. Claude Bernard (Revue des Cours scientifiques, 3° année, n° 4), est un milieu intérieur dont la fonction est de nourrir les éléments histologiques et qui contient les conditions du milieu extérieur général unies à certaines autres qui lui sont propres. Ce milieu intérieur partage avec le milieu extérieur cette condition de n'être pas partout identique à lui-même, si bien que pour être exact il ne faudrait pas dire le sang, mais bien les sangs. En effet, le sang veineux varie au sortir de chaque organe et même dans chaque organe, suivant l'état de repos ou d'activité fonctionnelle.
M. Claude Bernard a montré, par exemple, que le sang le plus alcalin est celui de la rate, et le moins alcalin celui des muscles en fonction, si bien que, dans un même système circulatoire, il y a production de l'alcalinité en certains points et destruction de l'alcalinité en certains autres. Ce sont là autant de découvertes qui ne manqueront pas de jeter plus tard un jour tout particulier sur la valeur de certaines dyscrasies, mais jusqu'à présent la pathogénie n'a pu en tirer que des inductions.
Laissons pour l'instant ces recherches, qui sont en voie de développement, et voyons les progrès récemment accomplis dans l'étude de l'anatomie et de la physiologie des globules sanguins, que M. G. Sée particulièrement nous a fait connaître dans ses leçons faites en 1864 à l'hôpital Beaujon, et que la Gazette des hôpitaux a reproduites en 1863.
Le globule rouge est une cellule, et cependant il ne renferme pas les caractères fondamentaux que Schwann regardait comme nécessaires,
fer. ir;
c'est-à-dire la présence d'une enveloppe, d'un contenu et d'un noyau. Schultze, en 1861, reconnut non-seulement, comme Virchow ot Brucke l'avaient déjà fait, que la présence du noyau dans le globule sanguin est accessoire, mais que la membrane d'enveloppe peut manquer aussi. Il vit, par exemple, que, chez les animaux inférieurs, le globule sanguin n'est limité que par une condensation plus grande des couches périphériques, et, regardant le globule sanguin comme la cellule par excellence, il en vint à formuler cette théorie, que ce n'est pas, comme le croyait Srlnvann, le noyau qui est la partie primitive de la cellule, mais bien ce qu'on appelait le contenu el qu'il appela, lui, le protoplasma. Ce qui est résulté plus encore des travaux de Schultze, c'est qu'on a démontré que le globule sanguin aune vie propre et qu'il ne prend pas seulement par endosmose dans le plasma les matériaux qui le constituent. Une première preuve de son indépendance, c'est qu'il ne contient ni fibrine, ni albumine, tandis qu'au contraire il renferme une substance cristallisable, l'hématine, qui ne se trouve pas dans le plasma. Mais si cette propriété était la seule du globule sanguin, et si, tout en ne prenant ni l'albumine ni la fibrine, il prenait les matières salines, cette preuve de l'indépendance du globule serait insuffisante. Si l'on veut bien se rappeler les expériences de Graham sur la dialyse, on remarquera que le propre de certaines membranes est de ne pas laisser passer les matières que Graham a appelées colloïdes et d'attirerau contraire fortement les substances salines, ou plutôt cristalloïdes. Or, le globule sanguin, qui ne prend pas au plasma ses matières albuminoïdes, ne lui prend pas non plus ses matières salines, si bien qu'en définitive la composition chimique du globule sanguin diffère totalement de celle de son milieu.
Le globule possède du Fer, le plasma n'en a pas. Le globule rouge contient surtout du phosphate et très-peu de chlorure, tandis qnele plasma contient beaucoup moins de chlorure et dix fois moins de phosphates que les globules. La potasse existe dans les globules et se trouve à peine dans le plasma. Le globule a donc une vie propre dans le plasma comme l'organisme a la sienne propre dans l'atmosphère, et la base de sa constitution est l'hématine, qu'a isolée Funcke et que la découverte de l'hématoïdine par Virchow et Robin dans le sang extravasé avait déjà fait prévoir. Enfin, outre ses propriétés physiques et chimiques, le globule sanguin jouit de propriétés vitales, ou, comme l'on dit aujourd'hui, biologiques. Le globule sanguin est contractile, Rollett l'a démontré en soumettant à l'influence de l'électricité des globules sanguins emprisonnés dans la gélatine. Sous l'influence de décharges légères, on voit sous le microscope les globules s'allonger, et ce qui prouve que cette propriété est une véritable propriété vitale, c'est qu'on peut tuer les globules sanguins par des décharges électriques plus fortes, tout comme on peut les empoisonner isolément par l'action de l'oxyde de carbone.
Ce qu'il est plus difficile de savoir, c'est comment naissent et meurent les globules sanguins; question encore pleine d'obscurité. Pour arrivera
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la résoudre, on a injecté du sang de mammifère à des oiseaux et à des mammifères du sang d'oiseau, et comme ces globules n'ont pas la même forme, i1 est jusqu'à un certain point possible de les distinguer. On a constaté en général qu'ils duraient plusieurs semaines.
La naissance des globules n'est guère mieux connue. Pendant la vie intra-utérine, le foie en serait, dit-on, l'organe formateur; mais, après la naissance, ils seraient formés par les glandes lymphatiques, les follicules solitaires et agminés de l'intestin, par le tissu adénoïde, le tissu conjonctif, la rate, le thymus et la glande thyroïde.
Tout cela, comme on le voit, est encore très-problématique ; néanmoins, à mesure qu'on avance dans le problème, on reconnaît et l'on démontre de plus en plus que le corps vivant, tout en tombant sous les lois physiques et chimiques, possède des propriétés vitales qui dominent souvent les précédentes. Ces découvertes sont donc une conlirmation manifeste des doctrines qui forment l'esprit de ce traité.