ACUPUNCTURE
On entend par Acupuncture la piqûre méthodique de certaines parties à l'aide d'aiguilles métalliques, dans le but d'obtenir un effet curatif.
Entièrement inconnue des médecins grecs, latins et arabes, elle ne fut introduite en Europe que vers la fm du dix-septième siècle parTen Rhyne et Kœmpfer (Ten Rhyne, Disseriatio de Arthritide. etc., etc., Londini, 1683. Kœmpfer, Amœnitatum exoticarum, etc., etc., 1712).
Cette méthode était, de temps immémorial, pratiquée en Chine et au Japon, d'où elle a été importée chez nous par les deux auteurs dont nous venons de citer les noms. Les médecins japonais l'appliquaient dans presque toutes les maladies, dans le but de donner issue aux vapeurs délétères quMls croyaient être la cause de toutes les souffrances. Il se servaient pour cette opération d'aiguilles très-déliées en argent ou en or trempées d'une manière toute particulière. Les unes étaient enfoncées à l'aide d'un petit maillet, les autres en tournant comme avec une vis. On ne devait les laisser appliquées que deux ou trois minutes au plus.
Cette pratique, indiquée par Ten Rhyne et Kaempfer plutôt comme une chose curieuse que comme un remède très-utile, resta ensevelie dans le plus profond oubli jusqu'au moment où Berlioz, de Lyon, tenta de la ressusciter (il/mozVe sur les maladies chroniques, etc., Paris, 1816, p. 298). Il faut avouer que les faits rapportés par ce médecin, sans parler de son style et des singularités dont son livre fourmille, étaient peu propres à encourager les praticiens à tenter l'Acupuncture. Cependant M. Haime, de Tours, l'essaya dans un cas de hoquet convulsif, et M. Bretonneau, qui avait été appelé en consultation par ce médecin, tenta immédiatement une série d'expériences sur l'Acupuncture, et fixa la place étroite que ce moyen devait occuper dans la thérapeutique.
Ami particulier de M. Jules Cloquet, de Paris, M. Bretonneau lui fit part des résultats qu'il avait obtenus, et le chirurgien, placé sur un plus vaste théâtre, fit en grand, et en présence de nombreux élèves , une multitude d'expériences ingénieusement combinées qui donnèrent un instant à l'Acupuncture une vogue qui toucha de près au ridicule.
Ce fut alors que parurent les nombreux travaux de Dantu, de Morand , de Churchill, de Lacroix; de Meyranx et Bally, deCarrero, etc., etc., qui pour la plupart se sentirent un peu de l'enthousiasme qui s'était rapidement emparé de beaucoup de médecins. Mais le temps et l'expérience ont fait justice de quelques exagérations excusables sans doute, et l'Acupuncture, quoique dépouillée d'une grande partie du prestige dont on l'avait d'abord entourée, n'en est pas moins un moyen qu'il ne faut pas négliger. Toutefois il faut reconnaître que les décoavertes récentes de l'Électricité localisée doivent en restreindre singulièrement les applications. M. Cloquet se sert indifféremment de toute espèce de métaux pour fa-