‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 3)Chapitre 24 sur 125 · TAN, GLANDS DE CHENE. IH · texte numérisé non relu

TAN, GLANDS DE CHENE. IH

progrès de la putréfaction. Jusqu'à quel point maintenant conviendrait-il de donner le Tan dans les affections typhoïdes , quelles qu'elles fussent? c'est à l'expérience de prononcer sur ce point.

Porta [Revue méd., t. III, p. 493) adonné l'Écorce de Chêne à Tintérieur dans les hémorrhagies actives et passives. II la prescrit à la dose de 2 1/2 grammes (48 grains) par jour, dose évidemment trop faible. Topiquement, la décoction de Tan a été également employée contre les hémorrhagies, dans la leucorrhée, la blennorrhagie, et, en un mot, dans tous les cas où nous avons vu conseiller le tannin et la ratanhia.

Les débardeurs saupoudrent leurs souliers avec du Tan lorsqu'ils quittent leurs travaux; ils empêchent par ce moyen le développement ou l'accroissement d'une maladie qu'ils appellent Grenouille : c'est un ramollissement avec altération du derme, avec gerçures et souvent usure des tissus qui sont souvent en contact avec l'eau; on l'observe au talon, sous le tendon d'Achille, etc., etc., surtout entre les orteils; on comprend facilement , d'après ce que nous venons de dire du Tan, quel est son mode d'action dans cette maladie.

Quant aux propriétés fébrifuges du Tan , elles nous paraissent fort équivoques, quoi qu'en ait pu dire Cullen dans sa Matière médicale (t. II, p. 47). Quant au fait rapporté par Barbier, d'Amiens [Mat, méd.., t. I, p. 328), savoir : qu'il existe dans un faubourg d'Amiens un moulin à Tan dont les ouvriers n'ont jamais la fièvre intermittente, tandis que ceux qui sont occupés dans le voisinage à d'autres ouvrages en sont fréquemment atteints, nous ne le révoquons pas en doute, puisque Barbier l'affirme; mais comme, dans d'autres pays, les ouvriers occupés à la mouture de l'Écorce de Chêne prenîient la fièvre d'accès comme les autres, nous croyons que l'immunité dont parle Barbier tient à quelques circonstances qui probablement lui auront échappé.

Les Glands de Chêne vert, Quercus ilex, sont comestibles ; ceux du Quereus robur ne se donnent guère qu'aux bestiaux. Toutefois, les uns et les autres , qui contiennent à peu près un dixième de tannin , s'emploient en médecine après avoir été préalablement torréfiés comme le café.

Après qu'on les a torréfiés convenablement, on les moud finement, et cette poudre sert à préparer une infusion qui se fait comme le café ordinaire, et qui a exactement la couleur de ce dernier. Le goût en est assez agréable, surtout quand on la mêle avec du lait.

Cette infusion caféiforme est fort utile aux enfants après le sevrage, lorsqu'ils prennent ces diarrhées apyrétiques si difficiles à arrêter. On la donne encore avec avantage aux personnes dont les digestions sont laborieuses, et qui éprouvent souvent du dévoiement. En un mot, efie doit être conseillée en guise de café aux malades irritables chez lesquels les fonctions digestives sont entravées par une plilegmasie chronique.

ASTKINGEN'IS.

BISTORTE.

La Historié [Polygonurn bistorta, L.) est une plante vivace de la famille des polygonées octandrie trigynie de Linné.

Caractères généraux. Calice coloré à cinq divisions; de cinq à neuf étamines; deux ou trois styles; stygmates en tète : une graine nue triangulaire.

Caractères spécifiques. Tige très-simple , à un seul épi; feuilles ovales lancéléolées , décurrentes sur le pétiole.

Celte plante croit en France dans les lieux humides, et doit son nom à la double courbure de sa racine, qui est grosse comme le doigt , et marquée de nombreuses rides ou anneaux très-rapprochés.

Cette racine est rougeàtre à l'intérieur.

inodore , mais fortement styptique au goût.

Parties usitées. La racine.

La décoction de Bistorte est très-rouge, et précipite le fer et la gélatine, ce qui indique qu'elle contient du tannin. Elle renferme aussi de l'amidon et de l'acide gallique.

On emploie surtout la Bistorte en tisane, en injections ou en extrait. Il faut la traiter par l'eau tiède pour ne pas dissoudre l'amidon, qui serait ensuite précipité en combinaison insoluble avec le tannin.

Après une longue cuisson, la racine de Bistorte est employée comme aliment en Sibérie, en raison de la grande quantité d'amidon qu'elle renferme.

THERAPELTIQUE.

La racine de la Bistorte est à tort rangée à côté de celle de la tornientille. Celle-ci est douée de propriétés astringentes extrêmement énergiques; la Bistorte, au contraire, qui contient cinq ou six fois moins de tannin, ne se place dans l'ordre d'activité qu'à côté de l'écorce de chêne. Elle entre, comme la tormentille, dans la préparation du diascordium.

Ses propriétés thérapeutiques, qu'elle doit au tannin, sont celles des substances nombreuses que nous venons de passer rapidement en revue.

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