‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 3)Chapitre 3 sur 125 · INTRODUCTION. V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. V

lèmes rivaux ont rempli de leur élévation et de leur chute le dixneuvième siècle médical; elle justifie enfin jusqu'à un certain point l'état actuel de la Matière médicale, et plaide la cause de notre Livre, dont les défauts viennent un peu des circonstances et beaucoup de nous-mêmes; le mérite, au contraire, très-peu de nous et beaucoup des circonstances.

Si l'école de Boërhaave recommençait, comme nous l'avons vu, une sorte de Galénisme en plein dix-huitième siècle, il ne lui était pas donné néanmoins d'échapper entièrement à l'esprit rénovateur de c« siècle. Une fièvre d'observation et d'expérimentation agitait alors les savants et transformait la physique. Celle-ci, régénérée la première, s'imposa à la Médecine de toute la force de l'impulsion ejttraordinaire qu'elle avait reçue, et c'est l'école de Boërhaave qui se chargea de communiquer à la science médicale ce mouvement d'emprunt. Elle dut donc y introduire les procédés et les méthodes de la physique. Les Hippocratisles de l'époque précédente avaient beaucoup observé suivant l'esprit de Gos; cela dispensa l'école iatromécanique d'observer autant; mais ses tendances lui faisaient un' devoir d'expérimenter davantage.

Or, l'expérimentation, forcée de circonscrire son objet et de le disséquer en quelque sorte, brise l'ensemble et le fait perdre de vue. Elle conduit donc au détail des phénomènes, aux explications partielles, et engendre ainsi la physique médicale bien plus encore que la véritable physiologie expérimentale. Cette manière d'interroger la nature prit naissance dans l'école de Boërhaave, et Haller, son illustre élève, lui donna des déveÎ0|)pements féconds.

Entre ses mains, elle enfanta la démonstration de I'irritabilité ; découverte d'une [)ortée incalculable, et qui renferme plutôt qu'elle n'a produit encore, l'anéantissement des principes iatromécaniques qui semblent lui avoir donné naissance.

Avoir susfité llaller! il ne faudrait peut-être pas chercher ailleurs la véiitable gloire de Boërhaave... Elle le dédommagera, dans l'avenir, de la fausse gloire du Galénisme et de l'iatromécanique.

L'irritabilité, le plus simple comme le plus manifeste des phénomènes physiologiques, devait tomber la première sou.s i investigation des expérimentateurs. On ])ouvait prévoir autre chose encore, c'est qu'elle absorberait tellement leur attention, qu'on finirait par lui tout soumettre. Or, comme les méthodes physiques régnaient souverainement en physiologie, et que, dans cette usurj)ation, lear propre est

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