VIOLETTE
La famille des "Violariées fournit aussi des racines vomitives, qui peuvent être succédanées de l'ipécacuanha.
Parmi ces racines, les unes sont indigènes: telles que les Viola odorata, Viola canina, etc.; les autres exotiques beaucoup plus nombreuses, qui sont : le Viola ipecacuanha, L. ; Yionidum parviflorum {viola parviflora, L.), ce sont les faux ipécacuanhas du Brésil; Vionidium stuboa {Viola calceolaria, faux ipécacuanha de Lejeune); l'ionidium folygalxfolium, etc.
La nature du principe émétique des" Violariées est mal connue. Vauquelin l'a attribuée à l'émétine. M. Boullay a découvert dans ces racines un principe immédiat qu'il a appelé violine. Ce produit est en poudre blanche, d'une saveur amère, acre et vireuse, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther.
Les pharmaciens doivent faire sécher euxmêmes la fleur de Violette. Celle que l'on trouve dans le commerce nous vient du Midi, et est fournie par la Pensée tricolore {Viola tricolor).
On vend souvent sur les marchés de Paris pour la Violette odorante la fleur de Violette des bois {Viola arvensis], dont les pétales sont inodores, d'un pourpre un peu pâle et rougeâtre.
Sur l'autorité de Lemery et de Baume, on a cru pendant longtemps que les Violettes simples étaient préférables aux doubles pour la couleur et l'odeur; mais en 1840, M. Mouchon, de Lyon, a fait voir que la Violette double convenait mieux pour la préparation du sirop, que l'on fait de la manière suivante :
Pr. : Pétales récents de Violettes, 2 part. Eau bouillante, 4
Sucre blanc, 91
Les Violettes mondées de leur calice et de leur onglet, on les place sur une toile, et on les arrose avec de l'eau bouillante, jusqu'à cequeceile-ci commence à prendre une teinte bleuâtre : on fait alors l'infusion, que l'on passe avecexpression après vingt-quatre heures. On laisse déposer, et ou décante pour séparer un dépôt verdàtre; on y fait fondre ensuite, à une très-douce chaleur, le double de son poids de sucre.
On a reconnu que ce sirop, préparé dans
des vases d'étain, avait une couleur beaucoup plus vive; M. Réveil conseille, pour obtenir un sirop plus foncé , d'exposer les pétales à l'air et à l'obscurité pendant quelques heures : ils prennent alors une belle couleur bleue.
Ce sirop est souvent employé contre la coqueluche; mais c'est surtout les chimistes qui en font usage; il est rougi par les acides les plus faibles, et verdi par les alcalis.
Tisane de Violettes.
On la prépare par infusion avec 8 gram. (2 gros) de fleurs sèches pour 1000 grammes (2 livres) de boisson. Cette tisane est légèrement laxative.
Les racines de Violettes sont employées en poudre et en décoction. Elles produisent d'après MM. Coste et Willemet, des effets vomitifs assez prononcés.
Miel violât.
Pr. : Violettes fraîches avec leurs calices, Miel blanc.
1 part.
3 part.
On fait infuser les Violettes dans le double de leur poids d'eau bouillante; on mêle l'infusion au miel, et l'on fait cuire en consistance de sirop. Cette préparation est employée comme laxative en lavement, à la dose de 30 à 120 grammes (1 à 4 onces).
La Pensée sauvage, Viola arvensis, Mir., riola tricolor, L., qu'on nomme vulgairement jacee, fleur de la Trinité, estuneplante si commune et si connue, que nous nous abstiendrons de la décrire.
Elle appartient à cette même famille des Violariées, et jouit des propriétés vomitives analogues à celles des Violettes indigènes et exotiques.
On emploie la feuille et la «if/e de la plante. D'après Bergius, la tige serait purgative, et les racines vomitives. On emploie la Pensée sauvage sous forme de suc et d'infusion. On la donne aussi en décoction laiteuse; c'est un mode d'administration préférable pour les enfants.
On prépare également un sirop dépensée sauvage, que l'on administre avec succès comme dépuratif.