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HUILE DE RICIN

L'huile de Ricin (huile de Palma-Christi) s'extrait des semences du Ricin commun {Ricinus communis, L.), plante de la même famille que l'épurge et le croton tiglium, et qui croit naturellement dans riude; elle est maintenant naturalisée dans toutes les parties du globe. Les graines du Ricin sont ovoïdes, de la grosseur d'un haricot^ convexes et arrondies d'un côté, aplaties de l'autre, offrant à leur base un petit caroncule. La surface est lisse, luisante, d'un gris marbré brun; l'amande, enveloppée d'une membrane mince, blanche, est d'une saveur d'abord douceâtre, puis mêlée d'une âcreté assez marquée. L'ombilic est surmonté d'un appendice charnu assez volumineux (Arille).

C'est un produit complexe qu'on n'a pas encore suffisamment bien analysé. B jssy et Lecanu en ont retiré par la distillation une huile volatile, cristallisant par le refroidissement; il restait comme résidu, une matière solide représentant les 2/3 du poids de l'huile employée. La saponitication décèle aussi dans l'huile de Kicin trois acides gras: ricinique, élaïodique et margaritique; les deux premiers sont extrêmement acres, et communiquent cette propriété à l'huile de Palraa-Christi, lorsque celle-ci en contient une quantité un peu considérable.

L'huile deRicin(0;eumi{!'ctm communis) est très peu colorée, inodore, très-visqueuse.. Elle est douce au goût, un peu fade, insoluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool et dans l'éther.

Extraction. On prend les semences de l'année, sèches et bien saines ; on les réduit en pâte au moyen d'un moulin; on renferme la pâte dans des carrés détachés, et on exprime l'huile graduellement, longtemps et fortement.

L'huile de Ricin nous venait autrefois d'Amérique; elle inait très-colorée et trèsâcre ; cela tenait au mélange des véritables Ricins avec plusieurs autres Euphorbiacées telles que les jatropha curcas, multifida et gossipifolia cl lecroton tiglium. De plus, on en opérait l'extraction par un fort mauvais procédé, suivi d'abord chez nous par quel-

ques pharmaciens, mais bientôt rejeté. En France maintenant , surtout en Provence, on prépare beaucoup mieux cette huile qu'en Amérique.

On administre l'huile de Ricin principalement en potion, seule ou mieux mêlée à du bouillon aux herbes et à des sucs acides, ou bien encore suspendue dans une émulsion. Les mélanges doivent être faits seulement au moment de l'administration, car l'huile s'épaississant beaucoup, la potion deviendrait trop consistante.

Potion purgative.

Pr. : Huile de Ricin, Eau de Menthe, Eau commune.

Jaune d'œuf,

32 gram.

32 gram.

64 gram.

Cette huile se donne aussi en lavements.

Lavement d'huile de Ricin.

Pr. : Huile de Ricin, 64 gram.

Décoction de guimauve, 250 gram.

HtILE DE JATROPHA CURCAS.

Le Jatropha Curcas ou Ricin d'Amérique, grand Ricin, est une Euphorbiacëe vivace des contrées chaudes de l' Amérique^croissant dans les lieux un peu humides.

Les semences de cet arbuste, connues sous les noms de gros pignon d'Inde , noix catharique, pignon des Barbades, graine du médicinier , sont analogues à celles du croton tiglium et du ricin, mais beaucoup plus grosses, noirâtres, et formées d'une robe épaisse et solide, et d'une amande blanche volumineuse, plus acre et plus purgative que celle du ricin, mais moins acre et moins active que celle du croton.

D'après M.Guibourt, pour obtenir l'huile de Jatropha Curcas, on brise les semences avec un marteau, on rejette les coques pour passer les amandes seules dans un moulin, et on les soumet à la presse. L'huile obtenue et filtrée est presque incolore, très-liquide, laissant précipiter par le froid une grande quantité de stéarine. Elle est insoluble dans l'alcool.

1000 grammes (2 livres) de pignon d'Inde ont fourni à M. Guibourt 265 grammes (9 onces) d'huile, dont 140 par première expression, et 125 au moyen du marc mélangé avec l'alcool à 90° cent.

On administre l'huile de Jatropha Curcas sous les mêmes formes que l'huile de croton tiglium.

Deu X autres espèces appartenant au genre Jatropha possèdent des propriétés purgatives, mais un peu moins prononcées ; ce sont : le médicinier d'Espagne, noisette purgative {Jatropha multifida, L.), et le médicinier sauvage {Jatropha gossipifolia, h.). Les semences de ces deux plantes fournissent des huiles qui servent à sophistiquer l'huile de croton.

CROTON TIGLIUM, ÉPURGE, HUILE DE RICIN, etc. 693

MERCURIALE. On fait cuire en sirop, la chaleur coagule

, -, . , „ T. • , /., l'albumine du suc, qui sert à la clarification

La Mercuriale annuelle ou Foirole {Mer- ^y sJrQp, curialis annua, L.) est une euphorbiacée dioique dont les caractères botaniques sont

les suivants : Lavement laxatif.

Tige dressée, haute de douze à dix-huit pouces, lisse et branchue, glabre; feuilles Pr, : Décoction émolliente, 440 part. opposées, d'un vert clair ; fleurs mâles, ag- Miel de Mercuriale, 64 part, gloraérées par petits paquets sur des épis grêles , pédonculées ; étamines de neuf à Mêlez, douze, à anthères globuleuses; fleurs femelles axillaires , presque géminées et ses- t Mercuriale vivace (Mercurialii nercn siles ; ovaire à deux lobes surmonté de deux ^^^ i:)^ msTinTue SeTautre esp^

'cette pla^te^croît dans les lieux cultivés, gulîfes ^al tlnT^ùn'vIrl'bie'n plus fonc?

autourdeshabitations;elleauneodeurdés- S^'^LT'prnïït u^rte nte W^^^^^^

agréable et nauséeuse. dessiccation

Parties Msi'fe'es : toute laplante. Analysée ^ , ' ., ^ , ,

par M. Feneuille, la Mercuriale annuelle Cette plante croit dans les bois couverts^

contient : un principe amer, du mucilage, On la trouve en très-grande quantité dans

de l'albumine, une matière grasse incolore, les parties humides et obscures du bois de

une faible quantité d'huile volatile, de la Vincennes.

pectine, quelques sels. Nous avons lieu de nous étonner qu'elle

ne soit pas usitée en médecine. Cependant

Miel de Mercuriale. elle est beaucoup plus laxative, drastique,

Pr. : Suc de Mercuriale non dépuré, 1 part. 5"® ^'«spèce précédente. Miel, 1 part.

THERAPEUTIQUE.

Action de l'huile de Croton Tiglium sur V homme sain et sur l'homme malade.

Quand on met cette huile en contact avec la peau privée de son épiderme, on produit une cuisson très-énergique, et bientôt se développent au point de contact des symptômes d'inflammation très-vive; et même quand on fait sur la peau revetiie de son épiderme des frictions avec cette huile, il se développe une inflammation vésiculeuse , et le médecin qui veut irriter le tégument externe dans un but thérapeutique obtient rapidement ce résultat, avec moins de douleurs et moins d'inconvénients que s'il avait fait usage des cantharides.

Toutefois , quoique l'action irritante de l'huile de Croton Tiglium soit maintenant assez souvent mise en usage pour enflammer la peau, c'est surtout comme irritant de la membrane muqueuse du canal intestinal qu'elle est employée.

Le passage de l'huile dans la bouche et dans le pharynx, bien qu'il ne dure qu'un instant, laisse sur la langue, surtout dans la gorge, un sentiment d'ardeur et d'âcreté que rien ne peut calmer. Il est assez remarquable que, dans l'estomac, le médicament ne produise guère qu'un peu de chaleur.

Après un temps qui varie en raison de la dose et surtout en raison des idiosyncrasieSjil se manifeste de vives coliques, suivies d'une diarrhée plus ou moins abondante, et de fortes cuissons à la marge de l'anus.

La dose nécessaire pour produire une purgation énergique est de 2 centigrammes i/2 (un demi-gTain) pour les adolescents, 5 à 15 centigrammes

(1 à 3 grains) pour les adultes. La dose, en général, doit être plus forte pour les femmes que pour les hommes.

L'intervalle qui sépare le moment de l'administration du médicament et celui où l'effet purgatif se fait sentir est extrêmement variable. Cet intervalle n'est quelquefois que d'une demi-heure, quelquefois aussi il est de douze et même de vingt-quatre heures. L'inégalité que nous venons de signaler s'observe aussi pour d'autres elfets. Ainsi les mêmes doses, chez des personnes du même sexe et en apparence de la même constitution, produisent tantôt des superpurgations tantôt à peine une garde-robe.

Aussi ferons-nons une règle de n'administrer l'huile de Croton Tiglium que par doses fractionnées, 5 centigram. (1 grain) par exemple toutes les heures, jusqu'à ce que les coliques fassent juger que l'action purgative va se produire. Sans cette précaution, on risque de donner lieu à de graves accidents ou de ne pas obtenir l'çffet désiré.

Quelque infidèle que soit ce purgatif, il n'en est pas moins extrêmement énergique, et, à ce titre, il est précieux toutes les fois qu'il faut, à tout prix, obtenir des évacuations alvines.

L'action purgative de l'huile de Croton Tiglium se faisait sentir, disaiton, lors même que le médicament était appliqué sur la peau. M. le professeur Andral entreprit à l'hôpital de la Pitié une série d'expériences dont M. Joret a rendu compte {Recherches thérapeutiques sur l'emploi de l'huile de Croton Tiglium (thèses de Paris, 1833), çXArch. gén. de Méd.^'i' série, lome II, 1533). Sur six cas dans lesquels des frictions avaient été faites sur le ventreavec de l'huile de CrotonTiglium mêlée à l'huile d'amandes douces, il n'y eut aucun effet purgatif. Sur neuf malades qui furent frictionnés avec de l'huile de Croton pure, un seul fut purgé, quoique plusieurs fois vingt gouttes eussent été employées pour la friction. De ces faits M. Andral dut conclure que très-probablement la purgation observée chez un seul des malades soumis à l'expérience était survenue sous l'influence d'une cause inappréciable. M. Rayer dit avoir obtenu de nombreuses évacuations en versant une ou deux gouttes de cette huile sur une surface dénudée par un vésicatoire. Il serait essentiel que cette expérience fût répétée, et que le résultat devint assez constant pour qu'on pût compter dans l'occasion sur ce moyen purgatif.

Modes d'administration et doses. Nous avons dit plus haut à quelle dose l'huile de Croton Tiglium devait être employée. Nous avons indiqué la dose en grammes et non pas en gouttes, contrairement à l'usage, attendu que le poids d'une goutte d'huile peut changer suivant la forme du vase d'où elle tombe et suivant la température qui lui donne plus ou moins de fluidité.

Jamais l'huile de Croton Tiglium ne doit être donnée pure, et la raison en est bien simple : c'est que le médicament donné à si faibles doses resterait dans la bouche ou dans l'œsophage et n'atteindrait certainement ni l'estomac ni les intestins.

Mêlée à l'eau sucrée, à la tisane, elle cause encore une ardeur très-désagréable à la gorge et elle excite souvent le vomissement.

HUILE D'ÉPURGE, DE RICIN, DU JATROPHA CURCAS, 695

Le mieux est de la donner sous forme pilulaire. Les pilules enveloppées de confitures, de miel ou de pain azyme, s'avalent facilement et parviennent dans l'estomac sans que leur goût ait été perçu. Il y a de Tinconvénient à argenter les pilules. Par là l'efifet purgatif est ordinairement retardé.

Pour l'usage extérieur, quand il s'agit de déterminer sur la peau une inflammation vésiculeuse, l'huile de Crotôn Tiglium s'emploie en frictions à une dose qui varie nécessairement suivant l'étendue de la surface que l'on veut irriter. En général , pour une surface moyenne, comme le devant du sternum, le creux épigastrique, la dose est de 36 à 72 gouttes. On l'emploie ou pure ou mêlée à quatre, dix, vingt fois son poids d'huile d'amandes douces. Cette friction doit être faite avec un gant, autrement on risque de causer une inflammation de la peau qui revêt la face dorsale des doigts. Il arrive assez souvent aussi que, chez la personne chargée de faire des frictions, il se développe une éruption vésiculeuse au visage, sans que le médicament ait été porté directement sur les parties irritées.

M. le docteur Ernest Boudet a signalé aussi une éruption qui se manifeste au scrotum lorsqu'on frictionne diff'érentes parties du corps avec de l'huile de Croton; il est probable que cette éruption est le résultat du transport de l'huile sur cette partie ; toutefois ce fait a besoin d'être vérifié.

Action de l'huile d^E purge sur Vhomme sain et sur Vhomme malade.

Comme la plupart des plantes de cette famille, l'Épurge jouit de propriétés irritantes dont le principe réside dans toutes les parties de la plante. Le suc, l'infusion à froid des racines, des tiges, des feuilles, s'emploient quelquefois dans les campagnes soit comme purgatif drastique, soit comme épithème irritant. Mais c'est surtout dans les graines que réside le principe purgatif.

Les propriétés purgatives des graines de l'Épurge sont connues depuis des siècles ; mais elles n'étaient guère utiUsées que par les habitants des campagnes. Ce n'est pas que Dioscoride lui-même n'eût conseillé ces graines comme purgatives (lib. 4, c. 167), il en donnait sept ou huit, et Rufus [De purgantibm, page 48) allait jusqu'à dix. Plus récemment, Alston, dans sa Matière médicale (vol. I, page /a44), parle d'un médecin anglais qui se Servait lui-même de ce moyen pour solliciter des garde-robes. Mais d'autres auteurs en assez grand nombre (voyez Murray, App. medicam., t. IV, page 101) regardaient les semences d'Épurge comme un poison fort dangereux. Il en résulta que ce purgatif ne fut plus employé par les médecins, et resta dans le domaine des médicastres et des empiriques.

A la fin del'année 1823, M. Barbier, d'Amiens, désirant connaître les qualités de l'huile que contiennent les amandes du fruit de l'Épurge, en fit extraire une certaine quantité qu'il administra à des malades à la dose de 75 centigram. à 1 gram. (15 à 20 grains), et \\ constata qu'à cette dose elle jouit d'une action purgative analogue à celle que produisent 5 à 10 centigr.

tj96 MEDICAMENTS EVACUANTS.

(1 ou 2 grains) d'huile de croton tiglium, 30à 45gram. (1 once ou 1 once 1/2) d'huile de ricin.

Depuis celte époque, un grand nombre de médecins ont administré ce purgatif indigène, et ils ont constaté par leur expérience personnelle ce qu'avait annoncé M. Barbier.

Mode d^ administration et doses. Les doses d'huile d'Épurge sont^ pour les enfants, de 20 à 25 centigram. (4 à 5 grains); pour les hommes adultes, de 75 à 150 centigram. (15 à 30 grains); pour les vieillards et pour les femmes adultes, de 1 gramme à 1 gram. 1/2 (20 à 30 grains).

On en fait ordinairement une émulsion, comme avec l'huile de croton tiglium. On peut aussi la mélanger avec trente ou quarante fois son poids d'huile d'amandes douces^

Action de Vhuile de Ricin sur l'homme sain et sur l'homme malade.

Bien que l'action purgative des graines de Ricin fût connue depuis des siècles, cependant on les croyait vénéneuses, et les médecins ne les administraient jamais. Ce n'est guère que vers 1767 que l'on songea à extraire l'huile de ses semences et que cette huile fut employée comme purgatif. (Cauvane's Dissertation on the oleum palmse christi, seu oleum Ricini^ or as it is commonly called Castor oil, its uses, etc., 2* édit., 1769.)

Toutefois elle ne fut bien connue en Europe que par la traduction française que Hamart de la Chapelle fit de l'ouvrage de Cauvane en 1777, et par les travaux d'Odier, de Genève, publiés dans le tome XLIX de l'ancien Journal de Médecine.

C'est surtout en Angleterre et dans l'Amérique du Nord que l'huile de Ricin est employée comme purgatif; en France et dans le reste de l'Europe elle est d'un usage moins fréquent, mais pourtant il est peu de praticiens qui ne la prescrivent souvent.

L'huile de Ricin, comme toutes les huiles retirées des semences des Euphorbiacées, a une âcreté désagréable, de quelque façon qu'elle ait été préparée. Son action purgative est fort inégale : tantôt elle provoque des selles abondantes, tantôt elle sollicite à peine quelques évacuations; aux uns elle cause de violentes coliques et des vomissements ; aux autres elle pas5e sans donner lieu à d'autres troubles que des supersécrétions intestinales.

Les effets de l'huile de Ricin se font assez rapidement sentir ; ordinairement les évacuations alvines commencent trois ou quatre heures après l'ingestion du médicament, et elles continuent pendant cinq ou six heures.

«L'huile de Ricin, dit M. Soubeiran, est moins purgative que les semences qui l'ont fournie. C'est que l'huile qui s'écoule sous la presse entraîne comparativement moins de résine qu'il n'en reste dans le marc.»

]\L Mialhe rapporte divers résultats thérapeutiques obtenus à l'aide d'une émulsion préparée avec les semences de Ricin fraîches, qui viennent tout à fait à Tappui de cette opinion; car avec 10 grammes de semences dé-

HUILE D'ÉPURGE, DE RICIN, DU JATROPHA GURGAS. 697

pouillées de leurs coques, il y eut un effet éméto-cathartique qui persista pendant près de trois jours, sans que les opiacés, les boissons gazeuses froides, les cataplasmes, pussent parvenir à le maîtriser. Une émulsion préparée avec une dose moitié moindre, c'est-à-rdire avec 5 grammes , détermina vingt-huit vomissements et dix-huit évacuations alvines.

Enfin, avec une troisième émulsion, contenant seulement 1 gramme de semences de Ricin, l'effet éméto-cathartique fut encore des plus marqués.

M. Mialhe conclut de ces faits :

4" Que le principe oléo-résineux trouvé par M. Soubeiran dans la semence de Ricin n'existe qu'en proportion très-faible dans l'huile de ces semences, tandis qu'il se retrouve en totalité dans leur émulsion ;

2° Que les Ricins de France renferment en grande proportion le principe acre éméto-cathartique qui est propre à un grand nombre de plantes de la famille des Euphorbiacées;

3° Que l'émulsion de semences de Ricin, préparée avec seulement 20, 30 ou 50 centigrammes de ces semences, constitue peut-être le purgatif le plus agréable au goût de tous ceux usités jusqu'à ce jour (si toutefois l'effet vomitif de cette émulsion cesse complètement alors qu'on diminue convenablement la dose de semence).

Bien que cette dernière particularité n'ait pas encore été prouvée par l'observation clinique, il est probable qu'elle est réelle; car il est à peu près sûr que le principe actif du Ricin est analogue, sinon identique, avec celui de l'huile de croton tiglium. Or, on sait que cette dernière huile , simplement purgative à la dose d'une goutte , devient éméto-cathartique quand on dépasse cette faible dose.

Mode d'administration et doses. L'huile de Ricin se donne à la dose de 8 grammes (2 gros) pour les enfants en bas âge, 45 grammes (une demionce) pour les adolescents et pour les adultes.

On la prend pure, incorporée à du bouillon, à du lait, à de l'eau sucrée et aromatisée, émulsionnée sous. forme d'une espèce de looch, etc.

Action physiologique et thérapeutique du Jatropha Curcas.

Les semences du Jatropha Gurcas, connues sous le nom de gros pignon d'Inde, renferment une huile presque aussi acre et presque aussi violemment purgative que celle du croton tiglium. Cette huile , quant à l'activité, tient le miUeu entre celle du croton tiglium et celle de l'épurge. Elle est rarement employée en médecine, et c'est à tort, suivant nous, puisqu'on s'en sert presque avec autant d'avantages que de l'huile de croton.

Elle est souvent employée en Amérique pour falsifier l'huile de ricin , ou du moins pour lui donner de l'activité. Cette fraude coupable a souvent été l'occasion de graves accidents.

L'huile de ricin d'Amérique se donne à. une dose moitié moindre que celle de l'épurgp.

- Action physiologique et thérapeutique de la Mercuriale.

La Mercuriale annuelle [Mercurialis annua) est une plante de la famille des Euphorbiacées, comme les précédentes : nous ne la citerons que parce que nous venons de parler de cette famille, car elle n'a que des propriétés fort peu énergiques. I.es anciens s'en servaient comme purgatif, particulièrement dans l'hydropisie ; son extrait, d'après Lemolt, de Bourbonne, purge à la dose de 4 à 8 grammes (1 à 2 gros). Toutefois, on n'emploie en médecine qu'une seule préparation de cette plante; c'est le miel mercuriale ou mieux miel de Mercuriale ^ que l'on prescrit pour lavements, à la dose de 60 à 120 grammes (2 à 4- onces).

Le miel de Mercuriale à cette dose est un purgatif assez énergique; mais comme les pharmaciens ont l'habitude d'y faire entrer un peu de séné, il est vraiment difficile de dire si tout l'honneur de la médication ne doit pas revenir à ce dernier.

FAMILLE DES CONVOLVULACÉES.

Nous venons de donner la description des purgatifs fournis par la famille naturelle des Euphorbiacées ; nous allons maintenantpasser en revue ceux que présente la famille des Convolvulacées. Les principaux sont : le Jalap, le Turhith, \3l Scammo7iée , la Soldanelle, le Méchoacan, les Liserons. Donnons les caractères de la famille des Con- Tolvulacées.

Plantes herbacées, à tige grimpante; feuilles alternes; calice à cinq lobes, persistant; corolle régulière; cinq étamines insérées à la base de la corolle; ovaire simple, libre, surmonté d'un ou de plusieurs styles; stigmate simple ou divisé; capsule ordinairement triloeulaire et à trois valves ; placenta central triangulaire, à angles firolongés en cloisons, et correspondant aux sutures des valves sans y adhérer; semences osseuses; périspermes mucilagineux.

Les racines des Convolvulacées sont les seules parties de ces plantes usitées en médecine; elles sont plus ou moins acres et purgatives.

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