SAULE
ques-uns la croyaient aussi éminemment fébrifuge que l'écorce du Pérou.
Stone [Philos, transact., vol. LUI, p. 495) cite cinquante cas de guérisons de fièvre intermittente légitime, obtenues à l'aide de l'écorce de Saule donnée à la dose de 1 gramme et demi à 3 grammes (1 ou 2 scrupules) toutes les heures, pendant l'apyrexie. Clossius (Nov. variol. med. meth., p. 128) vante le même remède dans le traitement de la fièvre quotidienne et de la fièvre tierce. Dans l'ouvrage de Pierre Koning (De cortice Salicis albse, ejusque in medicinâ usa, 1778), on peut lire des faits très-nombreux qui témoignent de l'efficacité de ce moyen, non-seulement dans des fièvres intermittentes récentes, mais encore dans celles qui duraient déjà depuis fort longtemps. Coste et Willemet (Essai sur quelques plantes indigènes, p. 57) témoignent dans le même sens. Enfin, plus récemment, Gilibert (1797), Monnier, médecin à Apt (1805), Bertrand (1808), Vanters (1810), Dureau de la Malle (1818), appelèrent de nouveau l'attention sur les propriétés fébrifuges de l'écorce de Saule blanc. (Mérat et de Lens, Dict. de mat. méd., t. VI, p. 180.)
Mais la découverte du principe actif du Saule blanc, la salicine, faite en 1825 par Fontana, pharmacien à Lariza, près Vérone, et surtout les travaux mieux connus de notre compatriote Leroux, qui obtint cette substance parfaitement pure, appelèrent de nouveau l'attention sur les vertus fébrifuges du Saule.
D'assez nombreuses expériences ont été tentées depuis quelques années, et il est à regretter qu'elles soient aussi contradictoires.
Il est bien probable que le Saule, ainsi que la plupart des prétendus succédanés du quinquina, ne jouit d'aucune vertu fébrifuge, et que les cas de guérison que l'on cite n'ont pas été observés avec cette philosophie d'expérimentation qu'il faut apporter quand on agite une question thérapeutique aussi grave que celle.qui consiste à enlever au quinquina une suprématie si justement acquise.
Quant aux propriétés toniques de l'écorce de Saule, elles sont à peu près les mêmes que celles du quinquina. A l'intérieur, la poudre, l'infusion, la décoction, ont été avantageusement employées dans le traitement de certaines diarrhées, des débilités de l'estomac.
Extérieurement , et sous les mêmes formes que l'écorce du Pérou , le Saule s'emploie dans le traitement des gangrènes, des ulcères de mauvaise nature, etc., etc.
Enfin, ses propriétés anthelmintiques ont été constatées par Hartmann et Luders (Dissert, de virtute Salicis antkelminticâ , Traject. ad Viader., 1781). Ils donnaient à prendre une décoction d'écorce de Saule, 30 grammes (1 once) pour 500 grammes (1 livre) d'eau. Ce n'était pas le Saule blanc, mais l'osier rouge ou Salix pentandra qu'ils employaient dans cette circonstance.
MÉDICAMENTS TONIQUES NÉVROSTHÉNIQUES.