COLOMBO
Colombo, Columbo, racine du Menispermum palmatum(Lam.), Cocodus palmatus (D. C.) delà famille des Ménispermées.
Caractères génériques. Fleurs dioïques, calice de 6 à 12 sépales, 6 à 8 pétales; 6 à 24 étamines sur les fleurs mâles, 2 à 4 ovaires pédicellés pourlesfleurs femelles. Fruits drupacés, réniformes, reufermant une seule graine.
Caractères spécifiques. Arbuste dioïque, sarmenteux, rampant; racine épaisse, ramifiée, tige grêle, volubile, simple, couverte de longs poils roux. Feuilles alternes, pétiolées, orbiculaires, à 5 nervures; fleurs mâles sessiles; calice à 6 sépales, corolle à 6 pétales épais et cunéiformes. Six étamines plus longues que les pétales.
La racine est seule usitée.
Elle est apportée en rouelles ou en morceaux de 8 à 10 centimètres de largeur, sur 3 à 6 centimètres de diamètre. Ëcorce d'un brun verdàtre, épaisse et rugueuse. L'intérieur est formé de couches concentriques. Odeur désagréable, saveur amère.
L'analyse faite par M. Planche a donné beaucoup d'amidon, une matière animalisée, une matière jaune amère , un peu d'huile volatile, quelques sels. M. Wittstocken a retiré encore une substance cristallisée qu'il a appelée Colombine, laquelle est incolore, inodore, tiès-amère et cristallisée en prismes rhomboïdaux.
Lorsque, en 1820, la racine de Colombo disparut du commerce français, on lui substitua la racine du Fraseria Walteri (Mich.)
de la famille des Gentianées, et qui depuis lors prend le nom de faux Colombo.
Poudre de Colombo.
Préparation. Cette racine est très-friable et se pulvérise entièrement.
Hydrolé de Colombo.
L'eau agit sur la racine de Colombo de différentes manières, suivant sa température. L'infusion et la macération à froid ne dissolvent que le principe amer. La décoction, outre le principe amer, entraîne encore la substance amylacée, qui est dans une proportion considérable.
Teinture alcoolique.
Pr. : Racine de Colombo, 1 part.
Alcool à 56° (21 Cart.), 4
Faites macérer pendant quinze jours, passez avec expression et filtrez.
L'alcool s'empare de tout le principe amer de la racine.
Extrait de Colombo.
Pr. : Racine de Colombo pulvérisé, Alcool à 56° (1 Cart.),
Traitez par déplacement, distillez les liqueurs et évaporez au bain-marie.
THERAPEUTIQUE.
Employée, dit-on, depuis longtemps par les Indiens dans le traitement des maladies de l'estomac et des intestins, la racine de Colombo n'a été connue en Europe que vers 1770. C'est aux travaux de Percival (Médical and expérimental essays) et de Cartheuser (Dissertatio de radiée colombâ, 1773) que l'on doit la popularisation de ce médicament. On peut voir dans Murray (Apparat, med., t. VI, p. 154 et suiv.) quels sont les auteurs qui se sont particulièrement occupés de l'application thérapeutique du Colombo.
Au moment où cette substance fut introduite dans la matière médicale, elle prit une importance peut-être exagérée; mais, depuis cette époque, elle est tombée, du moins en France, dans une défaveur telle que, dans Paris, certains pharmaciens n'en vendent pas une seule fois dans le cours d'une année.
Nous avons assez souvent administré ce médicament. Nous dirons dans
QUASSIA AMARA. QUASSIA SIMAKOUBA. 379
quelles circonstances il nous a réussi. Dans les troubles fonctionnels de l'estomac, accompagnés d'une légère phlegmasie de la membrane muqueuse, d'amertume de la bouche, d'un sentiment de chaleur et de douleur à la région épigastrique, de nausées et d'un peu de diarrhée, et en même temps de quelques phénomènes fébriles, nous donnons avec avantage, trois ou quatre fois par jour, une tasse d'infusion de 60 centigrammes (12 grains) de racine de Colombo pour 200 grammes (6 onces) d'eau, après avoir préalablement administré un vomitif. Cette infusion est continuée pendant quelques jours, jusqu'à ce que les fonctions de l'estomac soient bien rétablies.
La même médication réussit encore très-bien dans les diarrhées aiguës apyrétiques, qui s'accompagnent d'anorexie, d'amertume de la bouche.
Quand il y a dyspepsie, vomissements habituels, diarrhée chronique alternant avec de la constipation, gastralgie, enfin tous les signes qui indiquent un état habituel de trouble du côté des organes digestifs, l'usage longtemps continué de l'infusion ou de la poudre de Colombo, ou de vin dans lequel on a fait macérer cette substance, remettent les fonctions digestives dans leur état normal.
Pringle, Cartheuser, Bertrand de la Grésie, employaient le Colombo, même dans la période aiguë de la dyssenterie; mais Percival fait observer que ce remède convient mieux sur le déclin de la maladie.
On l'a également conseillé dans le traitement des scrofules.
Mode d'administration et doses.
La racine de Colombo se donne en poudre à la dose de 30 à 25 centigrammes (6 grains àl scrupule), trois ou quatre fois par jour.
En infusion ou en décoction, à la dose de % à A grammes (1 demi-gros àl gros) pour 250 grammes (1 demi-livre) d'eau.
La teinture, à la dose de 2 à 4 grammes (1 demi-gros à 1 gros); l'extrait, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme (10 à 20 grains).
QUASSIA AMARA. QUASSIA S1MAROUBA.
LeQuassia amaraetle Quassia simarouba Quassia amara, Quassie amère. sont deux arbres exotiques de la famille des
Rutacées, tribu des Simaroubées. Partie usitée. La racine. — Nom phar-
Caractères génériques. Fleurs herma- maceutique, Radix Quassise amarœ. Bois de
pbrodites ; calice court, persistant, étalé, à Surinam.
cinq divisions profondes ; corolle de cinq Caractères spécifiques. Arbrisseau de 2 à pétales dressés, beaucoup plus longs que le 3 mètres d'élévation, àécorce cendrée, trèscalice. Dix étamines munies à leur base amère. Feuilles glabres, quino-pinnées. d'une écaille velue; arbrisseaux à feuilles Fleurs en épi terminal multiflore, dressées, imparipinnées, à folioles opposées. hermaphrodites, inodores, rouges. Corolle
380 MÉDICAMENTS TONIQUES NÉVROSTHÉNIQUES.
de cinq pétales incombants dressés. Ovaires Vin de Quassia. globuleux à cinq côtes, à cinq loges.
La racine que Ton importe dans nos pays Pr. : Quassia amara, 30 gram. (1 once),
est cylindrique, d'une grosseur variable, gri- Alcool à 56° (21
sâtre et tachetée extérieurement, blanchâ- Cart.), 30 gram. (1 once),
tre en dedans, inodore. Saveur extrêmement Vin blanc, 1000 gram. (2 livr.).
amère. F s a
L^principe amer que Thompson a appelé ' ' ' quassine est très-soluble dans l'eau et dans
l'alcool. Wiggers l'a obtenu à l'état de pu- Quassia simarouba, simarouba de Guyane,
reté sous forme de prismes blancs ; il le simarouba Guyannensis. nomme Quassit. »
Préparationspharmaceutiques. On n'em- Parties usitées. Ecorce de la racine. —
ploie guère la racine de Quassia amara que Nom pharmaceutique, Cortex simaroubx.
sous forme de tisane, de vin ou d'extrait. Caractères spécifiques. Très-grand arbre
dioïque, atteignant 20 à 25 mètres d'éléva- Tisane de Quassia. tion. Feuilles alternes, pinnées, glabres. . . . Fleurs dioïques blanchâtres, petites, dispo- Bois de Quassia râpe ou sées en nne très-grande panicule ramifiée, coupe menu, 8 gram. 2 gros). Fleurs mâles . calice COUrtement campa- Eau. 1300 gram. (2 liv.). nuléj pubescent; corolle de 5 pétales dres- „ .. . . a * a ï.„ « ,.« sées. Dix étamines, filets dressés, filiformes. Faites infuser pendant deux heures et Anthères introrses. Fleurs femelles; dkéta- Passez- mines avortées très - courtes. Pistil plus Extrait de Quassia. lonS <Iue la corolle. Ovaire arrondi à cinq
coques ovoïdes. Style et stigmate épais.
Quassia amara, q. s. L'analyse a démontré dans cette écorce
Eau, q. v. une matière résineuse, un peu d'huile volatile, de la Quassine, de fulmine, quelques
Pulvérisez la racine, tassez dans un ap- sels,
pareil à déplacement et lessivez avec l'eau. On n'emploie que l'infusion, qui se pré-
Évaporez les liqueurs à consistance d'extrait, pare comme celle du Quassia amara.
THERAPEUTIQUE.
Le Quassia est d'une extrême amertume. Il ne contient ni tannin ni acide gallique, ce qui le range parmi les amers purs. A très-haute dose, il cause des vertiges et des vomissements, ce qui tient à un principe resté jusqu'ici inconnu, mais qui existe évidemment, comme le démontrent les expériences de Buchner (Journal analyt., t. I, p. 535).
Il a été conseillé dans la dyspepsie, lorsque cette maladie survient à la suite de convalescences pénibles, et que rien ne peut faire supposer l'existence d'une inflammation de la membrane muqueuse de l'estomac. Il convient aussi dans les diarrhées chroniques parfaitement apyrétiques, et dans lesquelles la supersécrétion intestinale n'est pas entretenue par la présence d'ulcérations intestinales.
Nous avons vu (tome Ier, voy. Soude) quelle influence heureuse avait l'infusion de Quassia amara donnée matin et soir, pendant plusieurs jours, après l'abministration préalable du bicarbonate de soude et de la magnésie, chez les personnes qui étaient atteintes de ces vertiges singuliers, sur lesquels M. Bretonneau a plus particulièrement fixé l'attention des praticiens.
Il a été vanté également dans le traitement des scrofules. M. Schultze, de Spandau, l'a employé, avec succès, en décoction, dans le traitement des ascarides vermiculaires. Il donne, pour un lavement, la décoction de 15 à 30 grammes (1/2 once à 1 once) de Quassia amara.
La dose ordinaire de Quassia amara en infusion est de 2 à A grammes