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tuosités, le ténesme, que ces remèdes occasionnent à beaucoup de personnes : il y a de belles considérations à déduire de ce fait pour la thérapeutique des coliques. Dans certains pays, on mêle de l'Anis au pain : ainsi préparé, cet aliment est, dit-on, plus léger, ce qui veut dire qu'on le digère plus facilement.
Nous ne faisons qu'indiquer ces objets. Il faudrait examiner ici ce que c'est qu'une colique, comme elle diffère des maladies abdominales qui déterminent de la douleur sans qu'il y ait colique, et quels caractères doit avoir une douleur abdominale pour permettre l'usage des stimulants aromatiques qui jouent un si grand rôle dans la thérapeutique de ces affections. C'est aussi en infusion qu'il faut prendre les ombellifères contre les coliques. Certains goutteux, beaucoup d'hypochondriaques , ne digèrent qu'autant qu'ils prennent après leur repas une petite quantité d'anisette. Plusieurs d'entre eux, ainsi que quelques asthmatiques, dissipent les flatuosités et l'oppression qu'ils éprouvent alors en fumant des fruits d'Anis.
Nous avons vu des nourrices calmer les coliques de leurs nourrissons en buvant elles-mêmes une infusion d'Anis, et nous nous sommes assurés que le lait de ces femmes avait une odeur d'Anis assez prononcée.
On emploie rarement les ombellifères comme emménagogues, bien qu'elles puissent faciliter la menstruation dans les cas où nous avons spécifié l'utilité du Castoréum et du Camphre. Leur vertu diurétique est assez prononcée dans le cerfeuil, et surtout le persil.
L'Anis a joui d'une grande réputation, comme augmentant la quantité du lait chez les nourrices. Peut-être n'est-ce qu'en rendant leurs digestions meilleures et plus promptes. Il serait pourtant, de cette manière, difficile de se rendre compte de la propriété d'accroître la sécrétion du lait attribuée aux cataplasmes et aux fomentations faits avec l'infusion de fruits d'Anis et appliqués sur les seins. Comment accorder ces faits avec l'efficacité antilaiteuse attribuée à la menthe, plante qui a tant d'analogie thérapeutique avec celles que nous étudions?
L'action expectorante de l'Anis est faible et bien douteuse. Il serait administré avec plus de succès comme céphalique ; c'est-à-dire comme pouvant calmer quelques céphalalgies, surtout celles des personnes nerveuses, et celles qui paraissent dépendre d'un mauvais état des voies digestives. La qualité de céphalique le fait recommander aussi dans les vertiges, les éblouissements, en un mot tous les troubles nerveux du cerveau et des sens ; car c'est aux médicaments capables de combattre ces divers phénomènes qu'on a donné le titre de céphaliques.
L'Anis et les médicaments analogues ont toujours passé pour antipituiteux. Ainsi on les a préconisés dans les catarrhes froids ou chroniques. Gomme boisson ordinaire, on les a administrés dans les fièvres catarrhales et dans les fièvres muqueuses, mais bien plus souvent dans cet état particulier des premières voies où l'anorexie, la dyspepsie, les nausées, les vomissements, etc., etc., paraissent sous la dépendance d'une sécrétion vicieuse ou exagérée de la membrane muqueuse pharyngienne et gastri-
que, qui est toujours chargée d'une grande quantité d'un mucus tenace , très-visqueux, transparent, se détachant avec peine, et donnant lieu, le matin principalement, à des crachotements, des cardialgies et des vomituritions très-pénibles. Nous reviendrons sur cet état morbide à propos de certaines plantes de la famille des composées, la camomille en particulier, qui sont plus appropriées au traitement de ce genre d'indisposition que l'Anis et ses analogues.
L'infusion théiforme, les fruits recouverts de sucre, connus sous le nom d'Anis de Verdun, pour la perfection avec laquelle, dans cette ville, on fabrique cette sorte de sucrerie; l'huile essentielle d'Anis, sont les formes sous lesquelles ce remède est le plus souvent employé. Cette dernière préparation peut très-avantageusement faire partie de potions antispasmodiques calmantes, carminatives, purgatives. Le baume de soufre anisé est composé de soufre et d'huile essentielle d'Anis : on le donne dans les catarrhes pulmonaires chroniques. L'eau générale, l'esprit carminatif de Silvius, le catholicum, etc., contiennent de cette huile. La dose des fruits en infusion est de 8 à 12 grammes pour 1 livre d'eau bouillante.
Nous avons dit ailleurs (Art de formuler) que les fruits d'Anis connus vulgairement sous le nom de semences avaient quelquefois déterminé des accidents graves qui avaient été expliqués par leur mélange avec les fruits de ciguë; ceux-ci se distinguent par leur couleur plus blanche et par leur forme légèrement recourbée en croissant.