ANGÉLIQUE
assez marquées qui la rendent plus recommandable dans les affections muqueuses, les fièvres catarrhales qui laissent après elles une si profonde langueur de l'estomac, et une tendance interminable à cette sécrétion blanchâtre et pultacée qui tapisse alors la muqueuse buccale, et dont la présence est tout à la fois cause et effet de cette inertie désespérante des forces digestives, qui entraîne des convalescences interminables, et peut être la source d'une foule de maux ultérieurs. L'infusion de jeunes tiges de l'Angélique rendra alors des services évidents. Le dégoût insurmontable des malades est souvent vaincu par l'excellente saveur de cette plante prise en infusion ou mâchée, telle que la préparent les confiseurs. Ce premier pas fait, l'Angélique développe sa vertu ; l'estomac, la muqueuse buccale, peuvent assimiler les saburres qui émoussaient leur sensibilité : celle-ci reprenant peu à peu sa vigueur et son type, sa sécrétion recouvre ses caractères ordinaires, l'appétit renaît, et c'était là ce qu'il fallait obtenir; car du moment où il est possible de le satisfaire, les accidents nerveux se dissipent, la fréquence du pouls, les sueurs partielles et affaiblissantes n'ont plus lieu, et les forces se rétablissent. Ce genre de propriété bien apprécié, on sent facilement les cas dans lesquels l'Angélique pourra remplir les indications où l'anis et d'autres ombellifères auraient été inefficaces. Le mélange que quelques nations font de cette plante avec les aliments les plus ordinaires, prouve mieux que tout ce qu'on pourrait en dire, ses vertus stomachiques et anticoliques. Ce n'est sans doute qu'à cause de son action sudorifique qu'on lui a attribué des propriétés alexitères, bien que, d'après des expériences de Pringle, elle dût jouir essentiellement de ces propriétés.
Comme analogues et succédanés de l'anis et de l'Angélique, que nous avons adoptés pour types de l'action thérapeutique de cette famille de végétaux, il faut que nous mentionnions le Persil, Apium petroselinum , que nous aurions dû peut-être ranger parmi les excitants spéciaux qui ont une action diurétique, à cause des propriétés assez marquées qu'a cette plante d'exciter la sécrétion urinaire; le Cerfeuil, Scandix cerefolium, qui a été donné très-souvent comme dépuratif dans les maladies de la peau; comme apéritif, désobstruant, anti-ictérique dans les maladies organiques du foie et les hydropisies qui en dépendent. Ce qui vient surtout à l'appui de cette action, c'est celle qu'il a, employé en cataplasmes, comme résolutif dans certains engorgements externes, dans les maladies des mamelles, en" fumigations dans les cas de tumeurs hémorrhoïdales douloureuses où nous l'avons vu souvent réussir, calmer lès cuissons déchirantes qu'éprouvent alors les malades, et faire rentrer le bourrelet hémorrhoïdal ; l'Ache, Apium graveolens, qui fait partie du sirop des cinq racines apéritives; la Coriandre, graine du Corindrium sativum; le Fenouil, graine de TAnethum feniculum; le Carvi, carum Carvi; le Cumin, Cuminum, Cyminum; l'Aneth, Anethum graveolens, etc., etc.... Ces cinq dernières ombellifères, dont on n'emploie que les fruits, se rapprochent plus de l'Anis que celles que nous avons
énumérées avant elles : le mode d'administration et les doses sont les mêmes.
La famille des Magnoliacées renferme une plante dont les propriétés thérapeutiques sont les mêmes que celles de l'Anis officinal, et que nous devons placer ici comme pouvant tout à fait remplacer ce dernier : c'est la Badiane ou Anis étoile, arbre qui croît à la Chine et au Japon. On en emploie les fruits aux doses et dans les mêmes circonstances que nous avons indiquées.