‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 4)Chapitre 76 sur 147 · SERPENTAIRE DE VIRGINIE. ÉCORCE D'ORANGE · texte numérisé non relu

SERPENTAIRE DE VIRGINIE. ÉCORCE D'ORANGE

VÉcorce de Winter, Cortex Winteri, est fournie par le Drymis Winteri, Forster (Winterena aromatica, Solander), arbre qui croît au Magellan et qui appartient à la famille des Magnoliacées, polyandrie polygynie de Linné.

Cette écorce est en morceaux roulés, longs d'un pied environ, épais de 2 à 3 livres, raclés à l'extérieur et d'un gris rougeàtre,' présentant çà et là à la surface des taches rouges elliptiques, brunes et noirâtres à l'intérieur. Sa cassure est compacte , feuilletée; son odeur est forte, aromatique (odeur de basilic et de poivre mêlésj; sa saveur est acre et brûlante.

Analyse. M. Fleury a trouvé dans l'écorce de Winter de l'huile volatile, de la résine, un peu de matière extractive, du tannin et quelques sels.

Cette substance, peu employée maintenant, possède les mêmes propriétés toniques et stimulantes que la cannelle. On l'administre le plus ordinairement en foudre et en tisane (2 à 4 grammes pour 500 grammes d'eau).

Nous citerons aussi, comme ayant les mêmes propriétés radicales, la badiane [anis étoile, anis de la Chine), qui est le fruit de Y lllicitium anisatum,h., arbre exotique appartenant également à la famille des Magnoliacées. La capsule de la badiane, analyséeparMeisner, contient de l'huile volatile, une huile grasse, verte, très acre, une résine, du tannin, de la matière extractive, de la gomme, de l'acide benzoique et quelques sels. C'est à l'huile essentielle et à l'huile grasse que la badiane doit ses qualités thérapeutiques ; le mode d'administration de cette substance est le même que celui de l'écorce de Winter.

La Muscade (Nux moschala) est le fruit àxxMyrislicaaromatica, Lam. (M.Moschata,

Thunberg), arbre des ïlesMoluques, et cultivé à l'île de France, à Bourbon, aux Antilles, etappartenant à la famille des Myristicées.

Le fruit du muscadier est un drupe pyriforme, dans lequel on remarque trois parties distinctes : 1° une enveloppe ou brou, s'ouvrant lors de la maturité en deux valves charnues : 2" une deuxième enveloppe ou arille, partielle, laciniée, d'un beau rouge lorsqu'elle est récente, mais devenant jaune avec la dessiccation (c'est ce qu'on nomme vulgairement le macis); 3° una noix, offrant une coque mince, brune et fragile, qui recouvre une amande qui n'est autre chose que la Muscade du commerce. Cette amande est marbrée de rouge et de blanc intérieurement; sa surface est creusée de légers sillons.

On distingue dans lecommerce deux espèces de Muscades : 1° la Muscade femelle ou M. cultivée, fournie par le Myristica mosc/iata;2°laMuscadem(He, plusgrosse,àmacisnonlacinié, fournie par le M. tomentosa, Thunberg. Dans lapremière espèce, lefruit est glabre; dans la deuxième,, il est cotonneux.

Les plus usitées en médecine sont principalement la noix-muscade et l'arille ou macis. Ces deux substances contiennent deux huiles, l'une volatile, l'autre fixe et solide ; de plus de la gomme et de l'amidon (Henry).

D'après Bonastre, la Muscade mâle est composée de : stéarine, élaine, essence, fécule, gomme, acide.

D'après Henry, le macis contiendrait, outre l'essence, une huile fixe jaune, une autre rouge, de la gomme et de l'amidon.

Beurre de Muscade.

(Oleum concretum seminis moschatœ,

Codex.)

Pr. ; Muscades- q. S.

MÉDICAMENTS ÇXCÎTANTS.

Pilez les Muscades ou passez-les au moulin pour les réduire en poudre assez fine, exposez-les en cet état à l'action de la vapeur d'eau bouillante pour ramollir les corps gras, puis exprimez-les entre des plaques de fer échauffées, laissez refroidir pour séparer l'humidité, faites fondre le beurre et filtrez dans un appareil échauffé par l'eau bouillante.

Alcoolat de Muscades,

Pr. : Muscades concassées, Alcool à 80°,

i part.

Faites macérer pendant quelques jours et distillez à siccité.

La Muscade et le macis ne sont presque jamais employés isolément; ils sont presque toujoursassociésàd'autres médicaments et forment des composées plus ou moins complexes, tels que l'esprit carminatif de Sylvius, Veau de mélisse, le baume de Fioraventi, etc.

Le Gérofle, Girofle ou clou de Girofle, est la fleur non épanouie du Géroflier des îles Moluques , Caryophyllus aromalicus, L., arbrisseau de la famille des Myrtinées, naturalisé à Bourbon, à Cayenne,' aux Antilles, etc.

Caractères botaniques. Les fleurs du Géroflier, disposées en corymbes, sont composées d'un calice infundibuliforme, dont le lobe est étroit, allongé, divisé supérieurement en quatre parties; d'une corol le àquatre pétalesrapprochés ; d'unovaire placéau fond du calice. Ou cueille ces fleurs lorsque les pétales, encore soudées, forment une tête rondeau-dessus du calice ; on les fait sécher au soleil ou brunir à la fumée ; l'odeur du Gérofle est forte, aromatique; la saveur en est chaude et piquante.

Analyse. Le Gérofle contient, d'après Trommsdorff, de l'huile volatile, du tannin, de la gomme, de la résine, un extractif et de la caryophylline, qui parait en être le principe actif.

On fait peu d'usage des préparations simples de Gérofle ; on l'emploie le plus ordi-

nairement sous forme de poudre et de teinture.

On emploie aussi quelquefois son huile essentielle.

Disons en outre que le Gérofle entre dans la composion du laudanum de Sydenham.

La Serpentaire de Virginie, ou vipérine de Virginie, est la racine de VAristolochia serpentaria, L., plante de la famille des Aristolochiées , gynandrie hexandrie de Linné ; elle croît dans l'Amérique septentrionale, la Caroline, la Virginie, etc.

Cette racine est composée de petites souches irrégulières; elle est chevelue et de couleur cendrée, douée d'une odeur forte, camphrée, d'une saveur acre, chaude, aromatique.

MM. Chevalier et Bucholz ont trouvé à l'analyse qu'elle contenait : de l'huile volatile, de la résine molle, un extractif amer, un extractif gommeux, de l'albumine, de l'amidon et quelques sels.

M. Chevalier attribue à la matière extractive les propriétés de cette racine; M. Soubeiran pense au contraire qu'elles sont dues à l'huile volatile et à la résine.

La Serpentaire de Virginie s'administre ordinairement sous forme de boisson et de tisane (8 à 16 grammes pour 1000 grammes d'eau) .

Llle entre dans la composition de Veau thériacale, de l'orviétan, etc.

Les racines des aristoloches longue et ronde, Aristolochia longaet rotunda, jouissent de propriétés analogues à celles de la Serpentaire de Virginie, quoiqu'un peu moins excitantes, et sont employées aux mêmes usages.

Écorces d'orange et de citron. Elles proviennent des espèces Citrus aurantium et Citrus medica. Ces écorces sont assez connues pour que nous puissions nous dispenser de les décrire, ainsi que les fruits qui les fournissent.

On les emploie le plus souvent en infusion, quelquefois en poudre. On en fait des huiles essentielles, des sirops, des teintures employées à titre d'excitants, moins énergiques cependant que ceux dont nous venons de parler. '

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